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Auteur Fil de discussion: Le pétrole est le principal enjeu en Algérie et non pas la religion ou l'arabi..  (Lu 1195122 fois)
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« Répondre #135 le: 05/01/2008 - 18:30:58 »

Maintenant, l'excrément du diable (le pétrole incluant le gaz naturel) est la "mère de tous les prétextes" et tous les coups sont permis pour piller ses derniers morceaux.

Il n'y a plus de souveraineté ou d'indépendance de l'Algérie mais seulement la loi du plus fort, du plus avide et de sécurisation militaire "terroriste" par les occidentaux et leurs mercenaires de leurs approvisionnements en hydrocarbures Algériens qui commencent, à décroître dangereusement et qui se tariront d'ici 18 ans.

L'Algérie est bien en route vers une "irakisation précédée par une pakistanisation terribles et sanglantes ".

Une guerre plus terrible que la guerre des années 90s est déjà déclarée par les idôlatres fanatiques (descendances incluses) "algeriens" de l'excrément du diable (le pétrole incluant le gaz naturel)  et des matières premières avec le support de leurs maudits alliées étrangers (occidentaux et arabes du Golfe incluant l'egypte) contre les "Algériens pauvres" et les Touaregs  ::)


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VOILA COMMENT TERRORISER LES "ALGERIENS" AINSI QUE LES "TOUAREGS" POUR MIEUX LEURS "IMPOSER" L'AFRICOM OU COMMANDEMENT UNIFIE POUR L'AFRIQUE EN ALGERIE (BASE DEJA EN CONSTRUCTION A TAMANRASSET TRES PROCHE DES GISEMENTS D'URANIUM, D'OR, etc...voir http://www.mem-algeria.org/mining/c_pot.htm,

D'APRES VOUS POURQUOI BOUTEFLIKA VA FAIRE UNE "VISITE" A TAMANRASSET, voir Bouteflika à Tamanrasset les 7 et 8 janvier.

AU FAIT L'EXPLOITATION, POLLUANTE, DES GISEMENTS D'URANIUM, D'OR, etc.. NECESSITE BEAUCOUP D'EAU ET DE PROTECTIONS ARMEES
ET
QUI EST REELLEMENT LE GSPC, "Al-Qaida au Maghreb "
voir " Al-Qaida au Maghreb ", ou la très étrange histoire du GSPC algérien sur http://www.algeria-watch.org/fr/aw/gspc_etrange_histoire.htm).

LES CRISES ENERGETIQUES ET FINANCIERES A LA VEILLE DE L'APRES PETROLE VONT ETRE TRES TRES DURES ET LES "ALGERIENS PAUVRES" AINSI QUE LES TOUAREGS" VONT PAYER LE PRIX FORT. CES DERNIERS SERONT "SADIQUEMENT DEPOUILLER, HUMILIER PUIS TRAITREUSEMENT POIGNARDER" DANS LEURS DOS PAR LES IDOLATRES FANATIQUES (descendances incluses) "ALGERIENS" DE L'EXCREMENT DU DIABLE ( LE PETROLE INCLUS LE GAZ NATUREL)  ET DES MATIERES PREMIERES AVEC LE SUPPORT DE LEURS MAUDITS ALLIEES ETRANGERS (occidentaux et arabes du Golfe incluant l'egypte)


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Révélation : les services secrets français contrôlent la lutte anti-terroriste en Algérie
le 05 Janvier, 2008- le Matin - H.K.
http://www.lematindz.net/news/revelation-les-services-secrets-francais-controlent-la-lutte-ant.html
http://www.defense.gouv.fr/dgse
http://fr.wikipedia.org/wiki/Direction_g%C3%A9n%C3%A9rale_de_la_s%C3%A9curit%C3%A9_ext%C3%A9rieure
http://www.monde-magouilles.com/


Les services de la DGSE française suivent les communications téléphoniques d’Al-Qaida Maghreb (ex-GSPC) en Algérie, alertent les gouvernements maghrébins  et organisent des plans d’intervention militaires en coordination avec les services américains et différents Etats maghrébins.

C’est ce qu’a révélé Roland Jacquard, Président de l'observatoire international du terrorisme et du centre  et expert auprès des pays membres du conseil de sécurité de l'ONU.

« Ce sont les services de la DGSE qui ont capté des communications téléphoniques importantes  d’Al-Qaida Maghreb (ex-GSPC) implantée en Algérie en direction de l’organisation d’Al-Qaida activant au Sahel  et qui ont alerté sur des projets d’attentats sur le Paris-Dakar mais aussi au Mali et en Mauritanie », a affirmé Roland Jacquard qui s’exprimait sur la radio France Infos.

L’expert a révélé que les terroristes étaient dotés d’armes sophistiquées et s’apprêtaient à frapper le rallye du Dakar au moyen de lances missiles et de lance-roquettes montées sur des 4X4 informations et qui peuvent facilement atteindre les cibles.

Roland Jacquard  a également déclaré que les informations en possession de la DGSE sont inquiétantes. « Depuis plusieurs mois les secrets français ont alerté les gouvernements maghrébins  et africains sur l’existence d’ une Légion salafiste du désert, avec des camps d’entrainement pour  kamikazes. Cette armée est dotée de gros moyens de communication et de frappe, notamment des 4x4 équipées de lances missiles et de lances roquettes qui peuvent atteindre les cibles.

Cette Légion salafiste du désert a beaucoup recruté dans plusieurs pays africains et dispose de 4 régions militaires dirigées par des émirs locaux », a-t-il souligné.

La Légion salafiste du désert  est en mesure de déstabiliser des Etats maghrébins.  

Elle a commis plusieurs attaques de  garnisons en Mauritanie et au Mali ainsi que des tentatives   d’ infiltration en Libye et  au Niger.

« C’est pourquoi libyens  et français, en accord avec les américains qui sont très inquiets du développement d’Al-Qaida Maghreb dans cette région, ont entamé une  étroite collaboration entre services de renseignement et même de services militaires » a conclu M. Jacquard.

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ha ha ha quelle coincidence

L'AFRICOM OU COMMANDEMENT UNIFIE POUR L'AFRIQUE : L’ambassade US à Alger organise une vidéo-conférence
Par :Rubrique Radar - LIBERTE - Edition N° 4656 du Dimanche 06 Janvier 2008
http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=88418&titre=L%E2%80%99ambassade%20US%20organise%20une%20vid%C3%A9o-conf%C3%A9rence

http://www.africom.mil/
http://fr.wikipedia.org/wiki/United_States_Africa_Command
http://algiers.usembassy.gov/

L’ambassade des États-Unis à Alger organise une vidéo-conférence sur le Commandement américain en Afrique (Africom) le 15 janvier 2008 à 9h, et ce, pour expliquer les objectifs du commandement.

La conférence sera animée par l’ambassadrice Mary Carlin Yates, l’adjointe du commandant pour les activités civilo-militaires (DCMA).

L’ Africom a pour objectif la mise en place d’installations militaires américaines sur le continent africain, notamment au Sahel pour lutter contre le terrorisme.

Et la c'est mortellement "burlesque" de par des commanditaires et maitres du jeu des Opérations Condor, Phoenix, Gladio et "11 Septembre 2001"

UNE TÉLÉCONFÉRENCE A ÉTÉ ANNULÉE À L’AMBASSADE US À ALGER
Le flou demeure entier sur l’Africom

Brahim TAKHEROUBT - 16 Janvier 2008 - L'Expression
http://www.lexpressiondz.com/article/2/2008-01-16/48943.html


Un extincteur mal réglé a créé la panique et laisse les invités sur leur faim.

La téléconférence sur l’Africom programmée hier, dans le nouveau siège de l’ambassade américaine à Alger, a été interrompue suite à un incident technique. Le siège de l’ambassade a été évacué et la téléconférence a été écourtée laissant ainsi sur leur faim les journalistes, les diplomates et les attachés militaires présents à ce rendez-vous pour avoir plus d’éclaircissements sur ce qui ce trame à travers la nouvelle trouvaille américaine dénommée: Africom. Un extincteur mal réglé a provoqué la panique et le flou demeure ainsi entier sur l’Africom.

Cependant, le commandant adjoint de l’Africom, chargée des activités civiles et militaires (Dcma), Mme Mary Carlin Yates, a apporté quelques bribes de réponses avant ce «fâcheux incident»: «Nous voulons construire une coopération militaire soutenue avec les pays africains, car de la sécurité vient le développement», a déclaré Mme Yates qui s’exprimait depuis Paris. Devant les journalistes, les députés et attachés militaires africains accrédités à Alger qui suivaient la conférence à partir d’Alger, elle a rappelé qu’«il n’y aura pas de nouvelles bases ni un déploiement de troupes américaines sur le continent africain. Avec le développement de nos activités, dans le futur, nous comptons ouvrir des représentations dans quelques pays africains, là où nous serons invités».

C’est pour la énième fois qu’un responsable américain s’exprime de la même façon sur cet Africom. «Aucune décision» n’a, cependant, encore été prise quant à la localisation de ces «représentations», a-t-elle assuré. Le gouvernement américain «offre son expérience et son aide aux pays africains pour qu’ils assument eux-mêmes leur propre sécurité», a affirmé Mme Yates. De septembre 2005 à septembre 2007, l’ambassadrice Mme Yates a servi en tant que conseillère en politique étrangère (Polad) au sein du Commandement européen des Etats-Unis (Eucom).

La responsabilité du commandement européen inclut 92 pays en Europe, en Eurasie, en Afrique et au Moyen-Orient. Elle a servi également en tant qu’ambassadrice des Etats-Unis en République du Ghana de 2002 à 2005.

Le quartier général (QG) du nouveau Commandement militaire américain pour l’Afrique (Africom) demeurera à Stuttgart, en Allemagne, pour «quelques années» encore, a ajouté la responsable américaine précisant que cette structure comprendra à terme un effectif de 1300 hommes.
Le commandement militaire américain comprend six commandements régionaux, avec l’Africom et l’Eucom (Europe), Centcom (Moyen-Orient et Asie centrale), Pacom (région de l’Océan pacifique), Northcom (Amérique du Nord) et Southcom (Amérique du Sud).

Une grande polémique a accompagné l’annonce de sa création au sein des pays africains. Théoriquement, cette structure a été créée pour protéger et promouvoir ce que le président Bush appelle «les exigences non négociables de la dignité humaine». Mais dans la pratique, les pays africains y voient autre chose dans cette structure que celle «d’apporter une valeur ajoutée à la politique américaine dans le continent africain», autre chose que «la coopération sécuritaire en Afrique», autre chose que «le renforcement de la stabilité»...

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Le Congrès met en garde contre une gestion militaire des ambassades dans des pays arabes et africains : « L’ambassade des Etats-Unis en Algérie s’est transformée en caserne militaire »
Par M. Salhi/ Traduit par B. A - El Khabar, 28 novembre 2007
http://www.algeria-watch.org/fr/article/pol/us/ambassade_caserne.htm

Selon un rapport du Congrès américain les ambassades des Etats-Unis dans plusieurs pays arabes et africains, dont l’Algérie, se sont transformées en centres de commandement militaire de l’armée américaine. Ces représentations s’intéressent à l’aspect sécuritaire et militaire au dépend des fonctions diplomatiques. Des experts stratégiques ont appelé à améliorer la performance diplomatique suggérant son renforcement en employant mille nouveaux diplomates.

Le rapport en question, rapporté par l’hebdomadaire jordanien « Elioua », a indiqué que les pays où les ambassades ont été militarisées sont l’Algérie, la Tunisie, l’Arabie Saoudite, le Mali, le Tchad et Djibouti. Il a ajouté que « certaines ambassades des Etats-Unis en Afrique se sont transformées en centres de commandement militaire dirigés par des employés militaires à la place de diplomates ».

Le document a attribué cela à la prédisposition du secrétariat d’Etat américain à la défense à établir un commandement militaire en Afrique « Africom » au milieu d’un refus unanime de la démarche américaine.

Le rapport est allé jusqu’à dire que la maison blanche veut étendre la militarisation de ses ambassades vers d’autres pays loin de la région du sahel, qui étaient jusqu’à il n’y a pas si longtemps à l’abri des menaces terroristes d’Al Qaida (CIA), comme le Nigéria, la Guinée, le Gabon, l’Angola, le Congo Démocratique et la République du Congo.

A lire terrorisme + services secrets = al-qaïda ? http://questionscritiques.free.fr/terrorisme/terrorisme_index.htm

RETOUR SUR UN TERRORISME D’ETAT BÉNI PAR LES ETATS-UNIS : « Opération Condor», cauchemar de l’Amérique latine. http://www.monde-diplomatique.fr/2001/05/ABRAMOVICI/15179

Amérique latine: Les serres françaises du plan Condor
http://www.humanite.fr/2003-09-20_International_-Les-serres-francaises-du-plan-Condor


serres = Homme, femme attachés au domaine qu’ils cultivaient moyennant redevance au seigneur qui en était le propriétaire. http://fr.wiktionary.org/wiki/serf  http://fr.wikipedia.org/wiki/Serf

La répression en Amérique latine: le plan condor. http://bricabraque.unblog.fr/2007/12/13/la-repression-en-amerique-latine/

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Amérique latine: Les serres françaises du plan Condor
Bernard Duraud - Article paru le 20 septembre 2003 - humanite.fr
http://www.humanite.fr/2003-09-20_International_-Les-serres-francaises-du-plan-Condor

La traque des opposants aux dictatures du cône Sud dans les années soixante-dix - quatre-vingt a été inspirée par les méthodes mises en place par les Français en Indochine et en Algérie. Paris, carrefour du plan Condor.

En ce mois du souvenir de la chute d’Allende au Chili, il y a trente ans, jamais le besoin de vérité ne s’est fait aussi pressant, comme si l’Amérique latine sortait de ses cauchemars. Les productions littéraires et audiovisuelles, à l’instar du documentaire de Marie-Dominique Robin Escadrons de la mort : l’école française, diffusé récemment sur Canal Plus, montrent si besoin était que toute une histoire est en mouvement. Au Chili ou en Argentine, en France ou en Espagne on enquête, on juge et on se mobilise pour exhumer cette vérité si complexe quand les dictatures ensanglantaient les pays latino-américains les uns après les autres. Dans leur entreprise destructrice, les bourreaux ont uni leurs efforts créant une internationale du crime et de la terreur, connue aujourd’hui sous le nom de " plan Condor ", et dont les connexions loin d’être " inattendues ", se trouvent être aux États-Unis, en Europe, notamment en France, en Italie, ou bien en Allemagne où des centaines de milliers d’exilés dans les années soixante-dix - quatre-vingt avaient trouvé refuge. Le devoir de mémoire passe aussi par ici.

Saura-t-on un jour tout sur la pieuvre Condor, dont on connaît mieux aujourd’hui l’organisation grâce à la découverte de documents au Paraguay en 1992, les " Archives de la terreur ", par l’avocat Martin Almada, victime du régime du général Stroessner ? Condor était une collaboration secrète entre les polices des pays d’Amérique du Sud pour mieux traquer les opposants, les progressistes, les militants révolutionnaires. Ce pacte a été conclu en 1975 à Santiago, mais déjà lors des années soixante s’ébauche cette " internationale " des pays du cône Sud sous l’égide des États-Unis. Washington craint alors une contagion castriste sur tout le continent, et Eisenhower lui-même crée un office de sécurité chargé de lutter contre la subversion. Les spécialistes américains s’inspirent largement des méthodes antisubversives utilisées par les militaires français en Indochine et surtout en Algérie, en particulier lors de la bataille d’Alger. Le général Ramon Camps, féroce exécuteur des basses ouvres de la dictature argentine dans la province de Buenos Aires reconnaîtra en tout cas ses maîtres en 1981 : " Les Français ont été les premiers, les plus complets. "

Des officiers français appartenant le plus souvent aux services spéciaux, sont envoyés aux États-Unis ou en Argentine où ils enseignent les théories de la guerre psychologique et antisubversive. Des missions se multiplient, dés la fin des années soixante en Argentine sous la dictature du général Ongania, et au Brésil tombé sous le joug des militaires. Elles reçoivent l’aval de Paris. Parmi ces instructeurs, un certain Aussaresses… qui deviendra attaché militaire de l’ambassade de France au Brésil durant les années soixante-dix, après avoir été instructeur aux États-Unis à Fort Bragg. Le colonel Robert Servant s’installera lui à Buenos Aires. Au juge Le Loire, qui enquête sur la disparition de citoyens français au Chili et en Argentine, Aussaresses a dit ne rien savoir du plan Condor. Mais la pratique de la torture généralisée et le concept de " guerre moderne ", impliquant l’élimination de toute forme d’opposition, ont trouvé leurs meilleurs théoriciens dans la figure de militaires français tels que le général Massu, le général Salan et surtout le lieutenant Roger Trinquier, rédacteur de manuels diffusés dans les académies militaires latino-américaines.

Les missions françaises ont réellement commencé à la fin des années soixante et la présence de ces experts a servi à alimenter l’enseignement des dictateurs en herbe : la clandestinité, la pression psychologique, la moralité restreinte, la recherche de l’information (comme les fameux DOP en France), les arrestations et l’élimination des suspects dans les endroits cachés. Le général Camps, toujours lui, dans la Prensa en 1981 : " En Argentine nous avons d’abord reçu l’influence française, puis la nord-américaine. Nous les avons appliquées respectivement de façon séparée, ensuite en prenant les concepts des deux, jusqu’à ce que prédomine la nord-américaine. "

Les leçons des Français ont porté leurs terribles fruits. La pratique de la torture s’est généralisée dans les casernes et les officines de la police dans les pays latino-américains, les escadrons de la mort ont traqué les opposants, et souvent les agents de la CIA ont mis la main dans cette sale guerre, à l’image de Daniel Mitrione, héros national, l’homme dont l’histoire a inspiré Costa Gavras dans État de siège. Le plan Condor va ainsi institutionnaliser la terreur dans les six pays du cône Sud.

La CIA n’est pas restée inerte. Les soupçons se portent notamment sur Henri Kissinger, qui fut secrétaire d’État du président Nixon entre 1972 et 1977. Selon les documents d’époque progressivement déclassifiés aux États-Unis, une note rédigée le 28 septembre 1976 par le responsable du FBI à Buenos Aires, Robert Scherrer, prouve que l’administration américaine savait. Non seulement le plan Condor était une union sacrée pour éliminer les opposants, mais sa phase trois " la plus secrète " prévoyait de porter le fer contre-révolutionnaire " partout dans le monde ", notamment en France et au Portugal.

Les États-Unis n’ont pas été seuls. Les services français, notamment la DST, ont aussi collaboré à cette ouvre de mort et Paris en jouant en eaux troubles y a pris sa part. Plusieurs meurtres non élucidés ont eu lieu, tant en France qu’en Italie et en Allemagne. La France est concernée donc… Et ce, d’autant plus qu’elle a accueilli des centaines de milliers de réfugiés, en a livré certains, et laissé emprisonner et éliminer d’autres par les sbires des généraux. Des Français ont disparu au Chili, en Argentine… Autant de victimes du plan Condor à qui l’on doit aujourd’hui de dire la vérité.

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Algérie : Bouteflika à Tamanrasset les 7 et 8 janvier
Par rafik tayeb - le 05/01/2008 - toutsurlalgerie.com
http://www.toutsurlalgerie.com/algerie-bouteflika-visite-tamanrasset-2278.html

Après une longue période d’absence, le président Bouteflika reprend ses visites dans les wilayate du pays. Selon des informations recueillies par « toutsurlalgerie.com » auprès d’une source proche de la présidence de la République, le chef de l’Etat effectuera une visite de travail de deux jours, les 7 et 8 janvier, à Tamanrasset, sa première sortie depuis qu'il a été la cible d'un attentat kamikaze à Batna.

Ce déplacement était en effet initialement prévu en septembre dernier. Mais l’attentat kamikaze qui avait ciblé le cortège présidentiel le jeudi 6 septembre à Batna avait contraint le président Bouteflika a modifié tout son programme de déplacement à travers les wilayate du pays. Après la confirmation que le kamikaze ciblait bien Bouteflika, des mesures draconiennes destinées à assurer la sécurité du président ont été prises. Parmi elles : l’annulation de toutes les sorties prévues en dehors de la wilaya d’Alger.

Dans  la wilaya de Tamanrasset, le Président inaugurera où lancera plusieurs projets d’envergure. En tête, celui de transfert d’eau de la nappe albienne de In-Salah vers Tamanrasset  sur une distance de 740 Km. D’un montant d’un milliard de dollars, ce gigantesque projet a été confié à une entreprise chinoise.

Bien entendu, dans cette wilaya, il ne sera pas seulement question de projets de développement. Le Président aura aussi l’occasion de tâter le  pouls de l’opinion publique concernant le projet d’amendement de la constitution qui lui ouvrirait la voie à un troisième mandat.

La campagne menée par le premier ministre Belkhadem en faveur d’un amendement de la constitution semble timide et n’a pas encore réunie un consensus politique au sein de l’alliance présidentielle et de la société civile. Par ses sorties sur le terrain, le président Bouteflika compte apporter un peu plus d’enthousiasme autour de cette initiative politique. Sauf que la multiplication de ce genre de visites et surtout les bains de foule vont poser de sérieux problèmes de sécurité. Un vrai dilemme pour la présidence.

Algérie : l’extraordinaire équipée présidentielle
Par said kaced le 07/01/2008 - toutsurlalgerie.com
http://www.toutsurlalgerie.com/algerie-visite-bouteflika-securite-tamanrasset-2288.html

Il aura fallu l’appui des forces aériennes à 5000 policiers au sol, dépêchés du nord, pour sécuriser le déplacement de Bouteflika à Tamanrasset, selon une information de nos confrères du Soir d’Algérie. Une grande première dans les annales des visites présidentielles, mais un grand motif d’inquiétude sur le niveau d’insécurité atteint par l’Algérie en quelques mois de recrudescence des attentats terroristes.

Le gouvernement avoue-t-il là son incapacité à maîtriser la nuisance des groupes islamistes liés à Al Qaïda au Maghreb (AQMI)? Quel réconfort apportera ce voyage aux populations de ces lointaines contrées du sud à l’écart du développement si leur «cher président» doit se mouvoir dans une bulle protectrice impossible à approcher ? Pour soigner l’image de la santé retrouvée du chef de l’Etat, faut-il confirmer au monde, de manière aussi ostentatoire et inutile, ce qu’il sait déjà sur «l’infréquentabilité» chronique de notre pays ?

Certes, le désert algérien, mis à part les camps retranchés de production des hydrocarbures, reste un immense terrain de chasse pour les affidés de l’AQMI, mais est-il nécessaire de programmer cette visite juste pour démontrer la capacité physique de Bouteflika à assumer ses charges présidentielles, surtout si elle est effectuée sous ce fantastique «parapluie» sécuritaire ? Les derniers touristes téméraires, nationaux ou étrangers, sauront désormais qu’ils pourront admirer ces merveilleux sites du Hoggar ou du Tassili sur… des prospectus jaunis !

Après cette pharaonique, mais éphémère manifestation de «l’autorité de l’Etat», Tamanrasset retournera, à l’instar de ses consœurs du Grand sud, à ses problèmes rituels : décollage économique retardé, chômage endémique, immigration clandestine récurrente, menace terroriste partout présente… mais, il est heureux d’apprendre que le gouvernement va consacrer un milliard de dollars pour «étancher la soif» de milliers d’habitants contraints à la débrouille pour se procurer le précieux liquide.

Preuve que nos gouvernants savent aussi s’appesantir, à l’ombre d’une prospérité financière venue des tréfonds riches de ce Sahara si pauvre en surface, sur les souffrances de leur population. Même s’il faut pour ce noble dessein de paix, déplacer la coûteuse mais guère rassurante machine de guerre de l’Etat pour protéger le premier des Algériens…

Des avions militaires et 5000 policiers pour protéger Bouteflika
F.N. - le 07 Janvier, 2008 - lematindz.net
http://www.lematindz.net/news/des-avions-militaires-et-5000-policiers-pour-proteger-bouteflika.html

Fini le temps où le président Bouteflika plastronnait devant Chirac qu’ils pouvaient « aller à pied de Maghnia à Tébessa » ! Désormais, pour se déplacer, il lui faut être accompagné de plus de 5 000 policiers et de toute la flotte de l’armée de l’air réquisitionnée pour la circonstance ! C’est en tout cas le dispositif prévu pour protéger le président Abdelaziz Bouteflika à Tamanrasset aujourd’hui et demain, selon le Soir qui cite des « sources sécuritaires. » Le nombre de policiers rappelés du nord pour renforcer la sécurité du président s’explique par le souci d’éviter que le scénario de Batna ne puisse se reproduire. La menace terroriste, dans la région sahélo-saharienne, explique ce déploiement coûteux.

Le déplacement va coûter des milliards. «A chaque fois qu’un avion décolle du nord vers le sud, c’est l’équivalent de 20 millions de centimes de carburant qui s’envolent, sans compter le dispositif sécuritaire déployé à l’occasion», de l’avis des observateurs qui notent avec étonnement. Mais l’essentiel est que « la paix soit revenue ! »

MÉGAPROJET DE TRANSFERT D’EAU DE IN SALAH À TAMANRASSET: De l’eau en abondance dans 36 mois
Yazid Benhaïmi. - 06 janvier 2008 - HORIZONS
http://www.horizons-dz.com/rubriques/actualite.htm#6

Trois ans. C’est le temps que les 230 000 habitants de Tamanrasset et toute la région de l’Ahaggar devraient attendre pour étancher leur soif. L’un des projets hydrauliques les plus audacieux au monde ouvrira, en effet, ses vannes dans 36 mois.

Il s’agit du mégaprojet de transfert d’eau de In Salah à Tamanrasset, qui vise à alimenter avec un débit de 50 000 m3/jour jusqu’à 100 000 m3/jour d’ici 2025, ces régions de l’extrême-sud à partir des eaux de la nappe albienne de In Salah, sur une distance de 750 kilomètres. Pour cause de son importance, le projet a été subdivisé en 07 lots.

Pour alimenter Tamanrasset en eau, il est ainsi nécessaire de mettre en place de 1259 km de conduites, 24 forages et 6 stations de pompage, pour un coût global estimé à 1,3 milliard de dollars. Les besoins en eau potable de la région sont estimés à 90 000 m3 par jour en 2050, soit pour une population estimée à 340 000 habitants (265 litres par /habitant).

Côté réalisation, il faut savoir que six entreprises sur les 16 préqualifiées ont été retenues par l’Algérienne des eaux (ADE) pour le mégaprojet : l’entreprise chinoise China Petroleum Construction, le groupement CGC/Sinopec (Chine), le groupement Andrade Gutierrez (Brésil) et Zagope/Monteadriano (Portugal), le groupement Cosider (Algérie) et Zahkem (Liban), Erciyas (Turquie), le groupement algéro-portugais ETRHB/Teixiera Duarte ainsi que l’entreprise russe Stroystrangaz.

Sur ces 6 entités sélectionnées, l’ADE doit choisir au moins 03 entreprises pour réaliser le volet conduite subdivisé en trois lots (le 1er de 414 km, le 2e de 383 km et le 3e de 462 km).
Il faut savoir qu’à l’heure actuelle, la réalisation de 24 forages a momentanément été attribuée à l'entreprise chinoise CGCOC. «Les Chinois ont déjà entamé les travaux sur ces forages», nous a confirmé le directeur de la communication du ministère des Ressources en eau.

Quant à la réalisation des 6 stations de pompage et la pose des canalisations, des offres techniques émanant d'entreprises chinoises, espagnoles, portugaises, russes et françaises sont en cours d’évaluation. Il y a aussi la réalisation de réseaux de 100 km de conduites, 8 châteaux d’eau et un réservoir de 50 000 m3. A ces derniers, il faut ajouter la construction d’une station de déminéralisation d’une capacité de 100 000 m3/jour et d’un réservoir terminal de 50 000 m3. Le «projet du siècle», en plus de alimenter en eau potable la capitale de l’Ahaggar, permettra la création de nouvelles villes tout le long de son tracé. Les ressources en eau souterraines sont capables, selon des experts, de répondre aux besoins des populations du Sud durant plusieurs siècles. Avec des réserves estimées à 60 000 milliards de m2, la nappe constitue l'un des plus grands aquifères fossiles au monde, s'étendant sur 600 000 km2 entre l’Algérie, la Tunisie et la Libye.

Par ailleurs, il faut également souligner que ce projet est soutenu par le Conseil mondial de l’eau. Il a, ainsi, été salué à l’occasion du deuxième colloque international sur l'eau et l'environnement à Alger, notamment par le président du Conseil. Il a estimé qu'il s'agit d'un projet «rare dans le monde», le qualifiant de «courageux et audacieux».

Algérie : 300 millions d’euros pour créer une canalisations d'eau dans le Sahara
Par toutsurlalgerie.com (avec AFP) Lundi 07 Janvier 2008
http://www.toutsurlalgerie.com/algerie-bouteflika-tamanrasset-canalisation-d-eau-2290.html

Le président Abdelaziz Bouteflika a lancé lundi le projet de construction d'une canalisation, sur 700 kilomètres, dans le Sahara, pour transporter de l'eau potable d'In Salah à Tamanrasset, pour un coût de 300 millions d'euros, a-t-on indiqué de source officielle.

Cette canalisation devrait relier dans trois ans ln Salah (à environ 1.300 kilomètres au sud d'Alger) à Tamanrasset. Le projet devrait satisfaire les besoins en eau de la région de Tamanrasset jusqu'en 2050, selon cette source. "C'est avec de l'eau que le développement pourra être amorcé" dans le Sahara algérien, a déclaré le président Bouteflika, qui a entamé lundi une visite de deux jours dans cette région.

Début 2006, le ministre des Ressources en eaux, Abdelmalek Sellal, avait affirmé qu'il y avait dans le Sahara algérien des réserves en eau estimées à 40.000 milliards de m3. Selon des études menées depuis plusieurs années, cette eau contenue dans le sous-sol du Sahara algérien, est "potable et se trouve en grande quantité", avait-il précisé.

Le ministre avait expliqué qu'il y avait dans le Sahara algérien un gisement dit "albien terminal", aux eaux pures et peu profondes dans les régions de Tidikelt, El-Menéa, Adrar et Ghardaïa. Un autre albien, dit "intercalaire" couvre une superficie de 7.000 km2 touchant l'Algérie, la Tunisie et la Libye. Ses eaux profondes et chaudes sont actuellement exploitées par la Libye, avait ajouté Abdelmalek Sellal.

La Libye avait entamé, en 1984, le creusement du Grand fleuve artificiel, inauguré en 1991, et visant essentiellement à exploiter l'eau située à une grande profondeur dans le Sahara et à l'acheminer par d'énormes canalisations, vers les régions du nord. En avril 2005, l'Algérie, la Tunisie et la Libye avaient décidé de mettre en place un mécanisme de gestion concertée de leurs ressources en eaux profondes dans le cadre d'un projet de l'Observatoire du Sahel et du Sahara (OSS), organisme international oeuvrant dans le cadre de la lutte contre la désertification et la pauvreté en Afrique.

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SÉCURISATION DU TRANSPORT DES HYDROCARBURES 16 000 km de canalisations sous haute surveillance
le 6/1/2008
http://www.dzira.com/actualites/article-5822.htm

Une journée de sensibilisation et de communication a été organisée par Sonatrach au sujet du danger des canalisations de transport des hydrocarbures qui se trouvent à proximité des zones d’habitation. Des experts de différents secteurs ont été réunis afin de cerner les actions à entreprendre dans le but de circonscrire les risques d’accidents.

Présent à cette manifestation, Chakib Khelil a souligné que la situation est devant une problématique double. La première est en rapport avec les zones qui se trouvent sous la responsabilité de Sonatrach pendant que la seconde concerne les endroits qui ne sont pas sous la couverture de l’entreprise. Le ministre de l’Energie a expliqué que Sonatrach a procédé à la déviation et à la réhabilitation des canalisations contiguës aux zones d’habitation. Un travail d’expertise a été effectué et a permis de localiser les tronçons qui présentent de hauts risques. Des dispositions ont été prises pour leur réfection. Au total huit kilomètres de canalisations ont été refaits. Le conférencier a, par ailleurs, souligné qu’un budget de 1 milliard de dollars a été retenu du programme de développement, ceci pour la réhabilitation du réseau national de canalisations estimé à 16 000 kilomètres. Sur ce total 10 000 km vont être inspectés à l’horizon 2012. Il s’agit entre autres de remplacer les parties touchées par la corrosion et autres formes de dégradation. Chakib Khelil, a par ailleurs insisté sur la nécessité de sensibiliser et d’associer les autres départements sur cette question. Il s’agit du ministère de l’Intérieur et des collectivités locales, celui de l’Aménagement du territoire, ainsi que le ministère de la Défense nationale. «Les collectivités locales doivent jouer le jeu. Elles ne doivent pas construire près des canalisations. Des écoles, des lycées et autres infrastructures sont bâtis sans tenir compte de leur proximité avec les gazoducs et oléoducs», a souligné le ministre de l’Energie. Au total 136 points d’empellements ont été recensés à l’échelle nationale. 10 % soit 60 cas représentent des écoles, des entreprises économiques ainsi que des industries. Des ateliers de travail ont été organisés. Des responsables de plusieurs départements sont entrés en concertation afin de trouver un plan d’action collégial.

Algérie : La SONATRACH veut sécuriser ses installations pétrolières et gazières
6 janvier 2008
http://maghrebinfo.mypressonline.com/algerie-la-sonatrach-veut-securiser-ses-installations-petrolieres-et-gazieres/

La société nationale des hydrocarbures SONATRACH se donne 2 ans pour entièrement sécuriser le transport de ses hydrocarbures (oléoducs, gazoducs); plus de 16000 km de pipelines qui seront réhabilités si nécessaire, l’accent étant mis sur les installations proches des habitations.

Fil des années, en effet, des habitations individuelles, des écoles ou bien encore des entreprises ont été construites à proximité de ces installations à l’intérieur même des périmètres de sécurité, d’où le risque important d’accidents industrielles que court ces populations. Ces quatre dernières années, les accidents de ce type ont fait 1 mort et 80 blessés, plus de 530 points dangereux ont été recensés a travers le pays dans plus de 200 communes ; dans ces cas précis, les canalisations seront déviées ou bien les populations déplacées, ce sont ainsi près de 2 milliards de dollars qui seront débloqués pour financer ces travaux de réhabilitation. Le ministre algérien a appelé d’ailleurs hier à la responsabilité des collectivités locales pour qu’elles mettent un terme à ces constructions anarchiques.

Parallèlement, pour faire face à la demande croissante, la SONATRACH va consacrer 6 autres milliards de dollars à l’extension de son réseau de canalisation pour le faire passer d’ici 2011 de 16000 à plus de 21000 km.

La SONATRACH a par ailleurs crée une holding pour gérer ses activités industrielles hors hydrocarbures, autrement dit cette filière aura pour mission de développer, négocier et gérer l’ensemble des participations de la SONATRACH dans les mines, l’électricité et l’eau.

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Exemple de l'avidite sur les matières premières
Exploitation minière au Toit du Monde

R. Andresy  - Le 17 juin 2007
http://www.chine-informations.com/actualite/chine-exploitation-miniere-toit-monde_6805.html

Des centaines de tibétains auraient violemment manifesté, le 27 mai, dans la ville de Bamei ( Sichuan), pour protester contre l'exploitation minière du mont Yala, une des neuf montagnes sacrées dans la culture tibétaine. Cette manifestation aurait dégénéré en attaque contre les locaux de la compagnie minière et des fonctionnaires gouvernementaux, plusieurs voitures auraient été brûlées et au moins une vingtaine de maisons détruites. L'information, dévoilée par Reuters le 11 juin, fait état de morts dans les rangs des manifestants, donnée non confirmée par les autorités et démentie par plusieurs résidents locaux. Les résidents, ont affirmé par téléphone à l'agence Reuters, que huit représentants ayant porté une pétition à Chengdu, capitale du Sichuan, manquent à l'appel.

La Chine a un cruel besoin d'énergie, de métaux et d'autres ressources naturelles, pour soutenir son rapide développement économique. En février, le site China Tibet Information révélait que plus de 1000 géologues, répartis en 24 groupes, avaient exploré le plateau Qinghai-Tibet pour en dresser une carte géologique. Ils ont découvert, sur seulement la moitié du territoire,16 dépôts majeurs de minéraux, y compris, outre le pétrole et le gaz, du charbon,de l'uranium, du cuivre (40 millions de tonnes), du plomb et du zinc (40 millions de tonnes) et plus de un milliard de tonnes de fer. Evaluation totale : 128 milliards de dollars. De juillet 2006 à février dernier, la nouvelle ligne de chemin de fer Qinghai-Tibet a convoyé 1,16 millions de tonnes de fret, probable raison de cet investissement ferroviaire. Lorgnant sur les réserves de pétrole brut et de gaz dans l'Ouest du Tibet, Pékin prolonge d'ailleurs la voie Qinghai-Tibet après le terminal actuel de Lasha, vers la ville de Xigazê ( à 280km au sud-ouest) et au-delà.

Cependant, toute exploitation des ressources du Tibet est susceptible de réveiller les critiques en Occident. En 2003, la compagnie minière australienne Sino Gold Ltd a ainsi abandonné ses droits d'exploration dans une région à majorité tibétaine du Sichuan, après une campagne des activistes pro-Tibet basés en Australie. Dimanche 10 juin, l'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW) publiait un rapport dénonçant la politique de sédentarisation forcée de 700.000 bergers Tibétains, contraints depuis 2000 de tuer yaks, moutons et chèvres avant de finir dans des zones urbaines, incapables de trouver un emploi, faute de maîtriser la langue chinoise. Et HRW de soupçonner une « sinisation forcée ».

Conscient de la portée que peuvent avoir de telles critiques au niveau international, notamment avant les JO, Pékin répliquait au nom du développement et de la modernisation du Grand Ouest chinois, et de la sauvegarde de l'environnement : interrompre la transhumance permettrait le reboisement des pâturages et d'éviter l'érosion des sols, sources d'inondations. Puis, le 13 juin, les autorités du Tibet annonçait interdire l'extraction de l'or, du mercure, de l'arsenic et de la tourbe dans un souci de protéger l'environnement. Cité par l'agence Xinhua, Wang Baosheng, directeur du département du territoire et des ressources naturelles de la région autonome du Tibet, affirmait que «  l'extraction de mercure et d'arsenic peut polluer les réserves d'eau, l'extraction de tourbe détruire les zones humides et l'extraction d'or endommager les prairies et les rivières  ».

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Les conditions d’exploitation de l’uranium par les filiales d’AREVA… et les normes ISO

par Criiad - Mondialisation.ca, Le 24 avril 2007
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=5476
http://www.criirad.org/

L’exploitation des mines d’uranium constitue une des étapes les plus polluantes du cycle du combustible nucléaire non seulement pendant l’exploitation, mais également longtemps après la fermeture et le réaménagement des sites. En effet, l’extraction de l’uranium entraîne la dispersion dans l’environnement de matières radioactives et la constitution de stocks de déchets à très longue durée de vie.

AREVA [1], la contamination durable en France

Les différentes études conduites par le laboratoire de la CRIIRAD depuis plus de 15 ans montrent que, sur le territoire français, des problèmes radioécologiques sont rencontrés systématiquement sur les anciens sites d’extraction d’uranium et que les maigres progrès enregistrés ne le sont que sous la pression des associations de protection de l’environnement. En France, la CRIIRAD découvre des situations de pollution ou de violation de la réglementation chaque fois qu’elle réalise des contrôles à proximité de sites dépendants du groupe AREVA NC.

Ce fut encore le cas ces derniers mois à Malvesi (Aude – usine COMURHEX qui reçoit tous les concentrés uranifères traités en France), à Saint-Pierre (Cantal – ancienne mine et usine d’extraction de l’uranium) ou à Gueugnon (Saône et Loire – ancienne usine CEA- COGEMA qui a reçu en son temps les préconcentrés uranifères en provenance du Gabon)

Et à l’étranger

La France est totalement dépendante en termes d’approvisionnement en uranium. La dernière mine d’uranium située sur le territoire français a fermé en 2001. Actuellement, pratiquement tout l’uranium utilisé en France provient de l’étranger. L’uranium qu’a produit le groupe AREVA NC en 2005 (plus de 6000 tonnes d’uranium soit 10 % de plus qu’en 2003) provient de sites situés à l’étranger, principalement au Canada, au Niger et au Kazakhstan.

SHERPA [2], Médecins du Monde et la CRIIRAD ont rendu publics le 4 avril 2007, à Paris, les résultats des enquêtes menées depuis 2003, en Afrique, en collaboration avec des ONG locales regroupant d’anciens travailleurs des filiales d’AREVA en charge de l’exploitation de l’uranium au Niger et au Gabon. Il est apparu que les informations données par AREVA sur l’impact environnemental et sanitaire de ses activités ne rendent absolument pas compte de la réalité.

Les problèmes concernent aussi bien les sites en cours d’exploitation (Niger) que les sites réaménagés (Gabon).

Le Gabon

Le CEA (Commissariat pour l’énergie atomique, France) puis la COGEMA [Compagnie générale des matières nucléaires, jusqu'au 1er mars 2006; aujourd’hui AREVA NC, soit Nuclear cycle], ont exploité à travers la société COMUF plusieurs gisements d’uranium au Gabon, à Mounana, entre 1958 et 1999.

AREVA a annoncé en 2007 sur son site web que le réaménagement du site de Mounana était terminé. Il s’agit du «premier réaménagement en forêt équatoriale conforme aux standards internationaux. La qualité du réaménagement a été confirmée par quatre missions de l’AIEA [Agence internationale pour l’énergie atomique] effectuées de 2001 à 2006 pour le compte du gouvernement gabonais».

A partir de l’enquête conduite sur place par SHERPA, en juin 2006,, des témoignages d’anciens travailleurs Gabonais et d’expatriés, et des documents consultés par la CRIIRAD, il ressort que:

• La protection des travailleurs n’était pas correctement assurée (formation et information sur les risques très insuffisantes, situations avec exposition à des poussières radiotoxiques sans port de masque respiratoire adapté).

La CRIIRAD rappelle que de l’uranate à 75 % d’uranium présente une activité en uranium de 19 millions de Becquerels par kilogramme, sans compter les premiers descendants radioactifs de l’uranium 238 et 235.

L’inhalation de seulement 0,006 et 0,12 gramme de poussière d’uranate pourrait alors conduire à dépasser la dose maximale annuelle admissible actuellement en vigueur respectivement pour les personnes du public et les travailleurs du nucléaire (coefficients de la directive Euratom 96 / 29). Cela correspond à l’inhalation de respectivement 17 et 329 microgrammes par jour sur l’année.

Dans ces conditions, le travail au contact de ces matières radioactives sans masque, sans gants, sans information sur les risques et sans précautions élémentaires (ne pas manger, ne pas fumer, à proximité de ces matières) conduit à des risques de contamination interne très élevés.

A ces risques de contamination interne, il faut ajouter les risques liés à l’exposition externe. Des mesures réalisées par le laboratoire de la CRIIRAD en septembre 2006 au droit du parc de stockage des concentrés uranifères de l’usine COMURHEX-AREVA de Malvési (Aude) ont montré que l’excès de rayonnement gamma est mesurable à plus de 200 mètres au droit de la clôture.

• Le suivi médical était inadapté et les médecins non formés.

• Des bâtiments ont été construits à Mounana avec des matériaux radioactifs (maternité, école, marché). Certains bâtiments ont dû être détruits.

De telles situations ont malheureusement eu cours également sur le territoire français. Dans certains cas des situations conduisant à un risque sanitaire inacceptable pour le public ont été révélées par le laboratoire de la CRIIRAD en des lieux qui avaient pourtant été précédemment contrôlés par la COGEMA. Ce fut le cas par exemple lorsqu’en 2001 la CRIIRAD démontra que dans une scierie construite sur des remblais radioactifs de l’ancienne mine d’uranium CEA-COGEMA des Bois Noirs (Loire), les concentrations en radon conduisaient à un dépassement d’un facteur supérieur à 20 des normes sanitaires pour le public. Ce site avait pourtant été contrôlé quelques années auparavant par un technicien de la COGEMA. Suite aux mesures de la CRIIRAD, les autorités ont imposé à la COGEMA la décontamination du site.

• A Mounana, plus de 2 millions de tonnes de résidus radioactifs ont été simplement déversés dans la rivière entre 1961 et 1975. La CRIIRAD tient à rappeler que de tels résidus posent des problèmes radiologiques à long terme car ils sont caractérisés par:

• Une radioactivité importante, supérieure à 100 000 Bq / kg et parfois à plus de 500 000 Bq / kg. Le rapport COMUF 1983 indique que la teneur typique du minerai était de 3 à 4 kg d’uranium par tonne. Même en supposant un rendement d’extraction de l’usine à 100 % (extraction de tout l’uranium métal), il subsiste dans les résidus issus d’un minerai à 4 Kg U / Tonne une radioactivité égale à 50 000 Bq / kg pour les descendants de l’uranium 238 à partir du thorium 230, soit une activité totale qui peut dépasser 500 000 Bq / kg.

• Une faible granulométrie (boue fine) qui favorise la dispersion ultérieure des radionucléides. Le minerai initial, roche dure située en profondeur, devient un résidu d’extraction sous forme d’une boue de très fine granulométrie. Lorsque cette boue sèche, les poussières radioactives qu’elle contient peuvent être dispersées par le vent. Si elle est humide, le transport est possible via les eaux. Or ces résidus contiennent des éléments très radiotoxiques par inhalation (thorium 230) et par ingestion (plomb 210 et polonium 210).

• La présence de 100 % du radium 226 initialement contenu dans le minerai. Sa désintégration génère en permanence un gaz radioactif, le radon 222, difficile à confiner.

• La présence de radionucléides à très longue période physique, ce qui pose la question du confinement à long terme. Ces déchets seront radioactifs pendant des centaines de milliers d’années compte tenu de la période physique du thorium 230 (75 000 ans).

• La présence de produits chimiques liés au traitement (attaque à l’acide sulfurique, éventuelle neutralisation à la chaux) dans une proportion de 100 kilogrammes par tonne environ.

• Le «réaménagement» des sites a consisté, semble-t-il, à simplement recouvrir certains secteurs radioactifs de remblais en terre végétale. Les déchets radioactifs sont toujours dans le sol. Compte tenu de leur très longue période physique, la procédure de «réaménagement» est totalement insuffisante. Les frais de ce «réaménagement» ont été pris en charge par un budget Européen (Fond Européen de Développement). AREVA n’est même pas en mesure d’assumer sa responsabilité financière.

• La «qualité» du réaménagement a été vérifiée par l’AIEA (Agence Internationale de l’Energie Atomique). Ceci pose problème quant à la neutralité des contrôles compte tenu de la vocation affichée de l’Agence (développement du nucléaire).

La CRIIRAD a déjà mis en évidence dans le passé la partialité et l’insuffisance des diagnostics radiologiques de l’AIEA (atoll de Moruroa). La CRIIRAD a adressé une demande aux autorités de radioprotection du Gabon pour obtenir copie des résultats des contrôles radiologiques effectués à Mounana. Le Ministère compétent a refusé de transmettre ces données.

Niger

La SOMAÏR (société des mines de l’Aïr) et la COMINAK, (compagnie minière d’Akouta) exploitent – depuis respectivement 1971 et 1978 – des gisements d’uranium situés dans le nord du NIGER, en bordure du Sahara [3].

 Outre les mines, chacune de ces sociétés exploite une usine d’extraction physico-chimique de l’uranium. La production s’élève à 3 000 tonnes de concentré d’uranium par an, un apport essentiel pour l’approvisionnement des centrales nucléaires françaises.

En ce qui concerne l’impact de ces activités sur la population nigérienne, le site internet de la Cogema précise: «La présence de SOMAÏR [et de] COMINAK apporte non seulement des emplois, mais aussi un support sanitaire et social aux populations locales dans une région isolée et économiquement défavorisée.».

La réalité peut être approchée à partir des constats issus des rapports CRIIRAD, SHERPA et des témoignages des membres de l’ONG AGHIR IN MAN [4].

• Les filiales d’AREVA ont fait pression sur l’ONG AGHIR IN MAN pour faire annuler la mission CRIIRAD de décembre 2003. Les appareils de mesure de la CRIIRAD ont été confisqués à l’atterrissage à Niamey.

• Les investigations conduites par la CRIIRAD, en décembre 2003, à l’aide d’un petit radiamètre dans le cadre de la formation dispensée aux membres d’Aghir in’man ont permis de mettre le doigt sur un problème très sérieux: la dispersion des ferrailles contaminées. Compte tenu du niveau de vie très bas de la population nigérienne, tout est susceptible d’être récupéré et utilisé pour la construction des maisons, de l’outillage, des ustensiles de cuisine, etc. Le tuyau métallique acheté par la CRIIRAD sur le marché d’ARLIT était contaminé par un dépôt contenant une très forte activité en radium 226 (235 000 Bq / kg). Malgré l’alerte donnée par la CRIIRAD, en fin décembre 2003, AREVA a attendu plus d’un an pour lancer en mars 2005 une «campagne systématique de recensement et de détection radioactive des ferrailles proposées à la vente sur les marchés».

• Les eaux industrielles et les eaux potables sont puisées dans une nappe fossile, c’est-à-dire non renouvelable (40 % de cette eau douce sert aux besoins industriels). Les mesures réalisées par la CRIIRAD entre 2003 et 2005 sur des échantillons d’eau distribuée par les compagnies minières ont permis de constater une contamination en uranium conduisant à une exposition supérieure aux normes de l’OMS. Pourtant les documents AREVA à destination du grand public évoquent: «l’absence de contamination des eaux». Récemment encore (juillet 2006), au niveau du camp d’Imouraren, la COGEMA a laissé consommer pendant plusieurs semaines des eaux chargées en uranium.

• Les stériles (déchets d’extraction du minerai) constituent d’immenses verses accessibles à tous, hommes comme animaux.

• Les résidus (déchets d’extraction de l’élément uranium) qui se présentent sous forme de sable fin particulièrement radiotoxique (activité supérieure à 500 000 Bq / kg pour les déchets de COMINAK), constituent de véritables montagnes (verse COMINAK de 50 hectares et plus de 10 millions de tonnes de déchets). Les sociétés minières n’ont même pas fait l’effort de creuser le sol pour y enfouir les déchets et les protéger un minimum de l’érosion éolienne.

• Les activités minières conduisent à la dispersion de poussières radioactives et à de forts transferts de gaz radioactif (radon) à l’atmosphère.

• Les concentrés uranifères sont transportés dans des conditions de sécurité très insuffisantes (présence de passagers assis sur les fûts irradiants, chauffeurs payés de façon irrégulière, mauvais état des pneumatiques). En janvier 2004 un accident de transport a fait 5 morts. De la matière radioactive s’est répandue sur la chaussée et malgré les injonctions du Centre National de Radioprotection de Niamey, l’exploitant a mis plus d’un mois pour finir la décontamination, laissant ainsi dans l’environnement des sols dont la contamination en uranium était 1000 à 10’000 fois supérieure à la normale selon les mesures de la CRIIRAD.

• Les ordures des cités minières collectées pour le compte des exploitants sont déversées à même le sol en périphérie immédiate des villes d’Arlit et d’Akokan. Femmes, enfants et animaux s’y rendent quotidiennement à la recherche de nourriture, d’objets et de matériaux à récupérer.

Pourtant le Groupe AREVA indique sur son site web: «SOMAIR et COMINAK, filiales minières de COGEMA, sont les deux premières entreprises à être certifiées ISO 1400 au Niger. Leurs certifications attestent de la mise en place d'un système de management environnemental comparable à celui pratiqué par les plus grandes entreprises certifiées à travers le monde. Ces deux filiales nigériennes appartiennent au cercle très restreint des entreprises certifiées ISO 14001 en Afrique de l'ouest».

Que peut-on faire ?

Les citoyens doivent ouvrir les yeux et ne plus se contenter des affirmations rassurantes du grand groupe industriel, dont les certifications ISO 14 001 cachent une réalité qui est loin de correspondre à des pratiques réellement respectueuses de l’environnement et de la santé des salariés et des populations. Compte tenu des bénéfices que tire la France de l’exploitation minière à l’étranger, il importe que les citoyens français se mobilisent pour aider les citoyens de ces pays à défendre leurs droits: droit à une surveillance des activités à risque par leur propre gouvernement, droit à la réalisation de contrôles indépendants, droit à la gestion correcte des déchets toxiques, droit à l’information, droit à la préservation de leur environnement et de leur santé. Il est essentiel d’assurer un suivi médical de qualité et des soins aux anciens travailleurs des mines et usines d’extraction de l’uranium, et ceci plusieurs décennies après la fermeture des mines. En effet, certaines pathologies et en particulier les cancers ne se déclarent parfois que plusieurs décennies après l’exposition.

Or les travailleurs locaux de la COMUF (Gabon) et les expatriés, ne font pas l’objet d’un tel suivi médical. L’hôpital de Mounana a fermé avec la fin de l’extraction.

La CRIIRAD s’efforcera pour sa part d’alerter les autorités françaises et l’opinion publique nationale et internationale afin que les sociétés minières assument pleinement leurs responsabilités en matière de protection de l’environnement et de protection sanitaire de leurs anciens employés et des populations locales.

Est-il normal de produire à moindres coûts l’uranium qui alimente les centrales nucléaires des pays riches au détriment de la santé des populations des pays les plus pauvres ?

* CRIIRAD: Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité, 471 av. V. Hugo - 26000 Valence Compléments .

Notes

1. AREVA: groupe français qui se présente comme «expert mondial dans les métiers de l'énergie, propose à ses clients des solutions technologiques pour produire l'énergie nucléaire et acheminer l'électricité en toute fiabilité». Cette société emploie directement 61'000 salarié·e·s dans le monde.

2. SHERPA regroupe des juristes qui se sont fixés pour mission de défendre les droits des travailleurs et des populations de toutes nationalités face aux multinationales.

3. La Cogéma est l’actionnaire principal de ces 2 sociétés: elle détient 63 % de participation de Somaïr et 34 % de participation de Cominak. Les autres actionnaires sont le gouvernement nigérien, des compagnies japonaises (OURD) et espagnoles (ENUSA).

4. Cette ONG dont le nom signifie «bouclier vivant» a pour objectif le mieux être des populations (santé, éducation, condition des femmes...) et la préservation de leur environnement. Les comptes rendus de missions au Niger et au Gabon peuvent être consultés sur les sites internet de la CRIIRAD: www.criirad.org et de SHERPA: asso-sherpa.org

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Annulation du rallye Dakar : Al Qaida sème la panique à la DST
Par Hamid Yes/ Traduit par B. A - samedi 5 janvier 2008 - El Khabar
http://elkhabargroupe.com/quotidienFrEn/lire.php?idc=107&ida=91848
http://fr.wikipedia.org/wiki/DST
http://www.paranos.com/interviews/dst.html
http://www.rue89.com/dst
http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_l_interieur/la_police_nationale/organisation/dst
http://www.liberation.fr/actualite/societe/278352.FR.php


Les appareils sécuritaires français ont réussi à convaincre le comité organisateur du rallye « Lisbonne- Dakar », d’annuler la course. Motif invoqué la menace d’Al Qaida au Maghreb Islamique. Ainsi l’organisation terroriste a eu ce qu’elle voulait réalisant au passage un coup médiatique inespéré.
Le comité organisateur du rallye a annoncé hier de Lisbonne sa décision d’annuler la course après « plusieurs contacts avec le Gouvernement français, notamment le ministre des Affaires Etrangères, Bernard Kouchner, et ce après les menaces des organisations terroristes ». Cette décision reflète, selon la même source, « l’actuelle tension internationale », liée à l’assassinat des quatre touristes français en Mauritanie le 24 décembre, rapporte l’AFP. Tous les regards se sont dirigés vers Al Qaida au Maghreb Islamique qui n’a jusqu’à présent pas revendiquée cette opération.

El Khabar a su de sources locales que l’annulation s’est faite après des mises en garde des services secrets français qui ont pris au sérieux les menaces d’Al Qaida, cinq jours après l’assassinat des touristes français. Selon un communiqué de l’organisation, daté du 29 décembre, elle accuse le régime mauritanien « d’être un agent des infidèles et d’être trop impliqué dans la lutte contre le djihad ». Les services de renseignements français ont considéré cela comme une menace directe à la course, ce qui les a poussés à « conseiller » au comité organisateur de l’annuler, même si le GSPC a déjà menacé de frapper le rallye sans que cela ne sois jamais pris au sérieux par les organisateurs. Selon des sources sécuritaires étrangères l’annulation est en relation avec l’assassinat des touristes français.

A noter que la course devait démarrer de Lisbonne aujourd’hui et s’achever à Dakar le 20 janvier. Depuis le lancement du rallye, il y a 30 ans, c’est la première fois qu’il est annulé.

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Paris-Dakar : les vraies-fausses menaces
bakchich.info | samedi, 5 janvier 2008 | par Renée de Saissandre
http://www.bakchich.info/article2278.html

L’annulation du rallye Paris-Dakar est-elle justifiée par de réelles menaces d’Al Qaïda en Mauritanie ou par une "raison d’Etat" assez floue ? Les dessous d’une décision qui semble disproportionnée.

Mais de quoi a donc tant peur la France de Sarkozy au point de pousser les organisateurs du rallye Paris-Dakar à annuler pour la première fois de son histoire ce prestigieux – et juteux – rendez vous sportif ?

La décision, annoncée officiellement à la veille de son lancement par les responsables de l’Amaury Sport Organisation (ASO) - à qui incombe la responsabilité en dernier ressort de trancher - a été justifiée par l’existence de « menaces directes lancées contre la course par des mouvances terroristes », dont les services français se seraient alarmés.

Ces menaces ont dû apparaître vraiment terribles aux organisateurs, au point de ne supporter aucune autre alternative, dont celles qui ont déjà été expérimentées : des aménagements de parcours, comme ce fut le cas en 2007, ou la mise en place de ponts aériens en 2000 et 2006, qui avaient permis de réduire le risque et limiter ainsi la casse. Problème : le rallye prévoyait un itinéraire qui comprenait plus de sa moitié en territoire mauritanien.

Or, tout vient de là. L’assassinat des quatre touristes français à Aleg, dans le sud du pays, le 24 décembre dernier, ajoutée à l’attaque contre des soldats mauritaniens deux jours plus tard au nord est de Nouakchott, où quatre d’entre eux avaient été tués, avaient suggéré aux enquêteurs mauritaniens et français une implication du groupe algérien Al Qaïda dans le Maghreb islamique (AQMI). Qui, il est vrai, n’aime ni la France, ni le régime mauritanien.

Ce « double événement » aurait donc généré « un climat », selon Etienne Lavigne, directeur du rallye, qui tenait une conférence de presse vendredi 4 janvier à Lisbonne, capitale choisie comme point de départ de la course. Ce climat, donc, a réuni « toutes les conditions qui ont sans doute laissé penser au gouvernement français qu’il est impossible d’aller en Mauritanie ou ailleurs, d’ailleurs ». «  Sans doute » ? Un peu étrange pour prendre une telle décision. Les garanties données par les autorités mauritaniennes aux organisateurs depuis ces deux actions violentes semblaient pourtant l’avoir convaincu. L’organisateur ne déclarait-il pas, il y a encore deux jours, que « toutes les conditions de sécurité étaient réunies » pour permettre les étapes mauritaniennes, et que le nouveau dispositif de sécurité que s’engageaient à mettre en place ses hôtes - « le déploiement de 4000 hommes et une surveillance aérienne accrue » - ne mettait pas en péril l’édition ? Vendredi 4 janvier, les autorités mauritaniennes affirmaient encore qu’ « aucun élément nouveau ne justifie les craintes exprimées par les responsables français », .

Alors, il y a autre chose, Mr Lavigne, n’est-ce pas ? Euh, oui. « Un communiqué d’AQMI citant le Dakar. Je n’en connais pas la teneur mais le Quai d’Orsay l’a en sa possession ». Bakchich aussi, qui vous livre le passage explosif, maintenu au secret pour le risque évident qu’il représente s’il était rendu public et transmis à l’ASO, pour la sécurité nationale.

Selon ce communiqué, le régime mauritanien « jette en prison des jeunes musulmans et affame son peuple, et dans le même temps, protège ses maîtres, adhère sans retenue à la guerre contre le djihad et les moudjahiddines sous la bannière de la croix et » (attention, menace) « assure aux mécréants un cadre favorable au rallye ».

Cette citation assez vague est issue d’un communiqué mis en ligne par le groupe le 29 décembre. Or, dans ce texte, si le groupe AQMI revendiquait bien l’attaque contre les soldats mauritaniens et une série d’actions le même jour en Algérie, il ne mentionnait à aucun moment - pour s’en féliciter, en porter la paternité ou prendre ses distances - l’assassinat des Français, comme Bakchich l’avait alors révélé.

Alors, Mr Lavigne, ça ne marche pas. Qu’est-ce qu’il ya derrière ? Nous y voilà : « la raison d’Etat ». Ainsi, c’est elle qui a été «  invoquée pour nous recommander formellement de ne pas donner le départ du Dakar. Et la raison d’Etat ça ne s’explique pas et ça ne se commente pas. Malheureusement, je n’en sais pas plus ». Le genre d’argument qu’un pouvoir brandit quand il est à court d’argument. Et que les enjeux se situent ailleurs que ce pour quoi il dit y avoir recours. « Le terrorisme ne gagnera pas, parce que les démocraties ne sont pas faibles, parce que nous n’avons pas peur de la barbarie », affirmait Sarko, droit dans ses bottes, devant le Congrès américain en novembre dernier pour justifier le renforcement de la présence française en Afghanistan.

Mais sur ce dossier mauritanien, il n’a pas dit un mot. Pénalisant ainsi la Mauritanie, qui n’avait vraiment pas besoin de cela pour calmer sa frange radicale montante. En attendant, la France n’a pas demandé le départ des Français installées dans l’Algérie voisine, ou des entreprises sont implantées. Alors que la menace que représente, dans ce pays, le groupe armé d’Al Qaïda ne se limite pas à la seule rhétorique par voie de communiqué, comme les attentats du 11 décembre et les actions menées quasi quotidiennement sur le territoire le démontrent.

A se demander si la « raison d’état » invoquée sous couvert de menace terroriste ne serait décidément pas un régulateur de relations bilatérales… Paris ne veut pas fâcher Alger, mais prend moins de gants avec Nouakchott.

**************
 ;)
Nazi Gold And Oradour-sur-Glane, France
Source http://judicial-inc.biz/Oradour%20sur%20Glane.htm

June 10th, 1945, who really killed the 642 villagers ? A Communist gang of bank robbers, or an elite German unit. At The Heart Of It All Was Nazi Gold. The movie Kelly's Heroes was supposedly based on this story. The Only Witness Was A Communist. Did Nazis Really Slaughter An Isolated Village For No Reason ?. Or did the Communists do it to steal a gold shipment ?

Another Mysterious Massacre Courtesy Of The Jews

It was June 10th and a crack SS Panzer Battalion, 'Das Reich', left Toulouse and was racing to Normandy, to fight the invasion. The legend goes that a hundred (100) French Jews decided to engage the 13,000 strong 'Das Reich' and delay them from reaching the beaches of Normandy.

The Communist say that Nazis were so enraged, because of the three days delay, they herded an entire village, 180 men and 462 women and children, into a church, and burnt them alive.

According To The Jewish Communists

A French FTP leader, named Colonel Georges Guingouin, kidnapped a Major Helmut Kampfe, and threatened to burn him alive. He was held in Oradour sur Glane. The Nazis showed up in the town, rounded up innocent civilians, and when they refused to talk, the Nazis put them in a church, threw in poison gas, grenades, shot escapees, and then torched everything.

According To The Germans

Otto Weidinger, the last commander of 'Der Führer' regiment. Witnesses say the communists put the villagers in the church, and blew it up.

Who Were The People Involved

SS-Brigadeführer Heinz Lammerding : In April 1944, General Lammerding, and the 2nd SS Panzer Division "Das Reich" were transferred from the muddy Eastern front to rest and refit in Southern France

Sturmbannführer Adolf Diekmann : Battalion commander Diekmann who was the highest ranking officer present at Oradour-sur-Glane on June 10, 1944 the day that 642 men, women and children were murdered and the whole town was destroyed. He was he was killed in action on June 29, 1944 at Normandy.

Major Helmut Kämpfe : He is 34-year old Knight's Cross holder, Major Kampfe, the commander of Der Führer Battalion 3. He reconnoitering in advance of his unit, and while surveying Gueret (10 miles east of Oradour sur Glane), he is said to have been captured.

FTP = Francs-Tireurs et Partisans (FTP) : the French Communist resistance, these were mainly Jewish communists that did nothing the entire war. Communist Francs-tireurs et partisans (FTP) were created both organizations expanded during the winter of 1942–43, and a few individual resisters, such as Georges Guingouin in the Limousin, had already seen the potential for guerrilla action in the countryside before the impact of the STO.

Major Sylvester Stadler : Diekmann's commanding officer. When Stadler heard about the massacre and the destruction of Oradour-sur-Glane, he reported Diekmann to Brigadeführer Heinz Lammerding and requested that Diekmann be court martialed for exceeding his orders.

Colonel Georges Guingouin :  A ruthless communist leader, who was feared throughout the Limousin, he controlled the Sussac maquis. Guingouin who was in charge of FTP (Partisans) was really just a bank robber, black marketeer. The communists partisans did nothing during the war. Guingouin said he captured, and executed, Major Helmut Kämpfe, and that was the reason the SS killed 648 innocent Frenchman. He claimed to be behind the Tulle atrocity.

Madame Rouffanche : She was the only survivor. This Jewess claims to have jump 15 feet from an upper window, got up, was shot five times, but ran away. Next she dug a hole in a pea garden, and covered herself with plants.

Communist Partisans : The FTP partisans did absolutely nothing for five years, except run the black-market in gasoline, ration cards, and extort farmers. When the other partisans attacked St Laurent, the FTP refused to help. In late 1943 Guingouin went to London and meet with Churchill. Their interests were to see the communists in control of postwar France. Staging massacres, and assassinating Vichy leaders, was done to promote these ends.

Nothing Makes Sense

An elite Panzer division, enroute to the Normandy Invasion, is delayed for 3 days as it stops at a isolated village. Crack SS troops wipe out an entire village of 650 men, women, and children.

A hundred Communist partisans, who did nothing the entire war, decide to battle a the 13,000 strong 'Das Reich' panzer battalion?

Where Is The Truth

It was June 5th, 1944, and the Allies were in France. Nazi generals who had stashed their gold in Swiss banks were transferring the gold to ships, and onto South America.

The route was from Switzerland to the port of Bordeaux, and it ran through Limoges, St Julien, and Oradour sur Glane

Partisan's Ambush

The Communists blew a bridge, and forced a German Gold convoy to detour through Oradour sur Glane. They ambushed, and destroyed, the entire unit of 120 Germans, but had a town 0f 642 witnesses. They executed all the men, and herded the women and children in a church, using a bomb.

Total Destruction

The entire village was destroyed. London ordered a bombing attack, after the ambush.

Oradour-sur-Glane Trials

On January 12, 1953, a trial began against the surviving 65 of the about 200 soldiers before a military tribunal in Bordeaux. Only 21 of them were present. Seven Germans were put in jail for five yrs, and the released.

Turning Communist Killers Into War Heroes

London wanted war atrocities, and the French communists wanted to control post war France.

Killing a village of 642 was child's play for the Communists, since they killed 40 million in Russia. What you really have to wonder, is how high up this went for England to ahnilate the village in a bombing raid?

Jew in prison in 1953
   
Worse, Guingouin also found himself being accused of all kinds of wartime crimes by two former Vichy policemen, who came out of the woodwork to pursue their own vendetta against the Resistance leader with the complicity of two judges known for their antipathy towards the movement. These grave accusations were enough to have him put in prison at Christmas 1953.

Meanwhile, a leading local Socialist, Jean LeBail, published a series of writings holding him responsible for all the violations and acts of revenge that accompanied the liberation of Limousin. Guingouin was tortured, and on February 22, 1954, an attempt was made to kill him in his cell. He was taken to hospital in Toulouse.

Defended now by two young lawyers, Roland Dumas and Robert Badinter (both known to any student of the Mitterrand years, the former as Foreign Secretary, the latter as the man who abolished the death penalty in 1981), Guingouin was released on bail, but the investigations continued until 1959. Only then did the public prosecutor conclude that: “in all conscience, I cannot understand why proceedings were taken against Georges Guingouin”.

Then a little later in May, Guingouin personally, with just one helper attacked the Wattelez rubber-processing factory near Limoges.

Guingouin and his men had become such a nuisance, that the Vichy government in October 1943 made a determined effort (without success) to locate and destroy them, employing their own men and not German forces.

This needs to be re-stated, Frenchmen were used in large numbers to hunt other Frenchmen.

By early 1944, Guingouin and his men had become such an irritant, that no less a force that Das Reich (which was quartered around Montauban) was ordered to assist in the location and destruction of the FTP Resistance, or "Gangs" as the Germans called them. At first sight a group less suited to anti-partisan warfare than a Panzer Division would be hard to imagine, yet in this case there was some logic to it. The point being that Das Reich was in the area occupied by Guingouin's men at the time and many of its veterans had experience of fighting irregular forces (and dealing with the local civilian population). After the D-Day landings were seen to be serious and not just a diversionary feint, Das Reich's orders changed rapidly to send them north to Normandy. However for a few days they carried out what in effect became an anti-partisan operation whist they headed north towards Normandy.

There is no written evidence directly linking Guingouin with Helmut Kämpfe, but he was the "chief" of Jean Canou who abducted Kämpfe on 9th June (as described by Canou in 1953 at Bordeaux). As it is normally accepted practice that the head of an organisation, especially a military organisation, accepts responsibility for all its actions, Guingouin must therefore be regarded as having some considerable measure of responsibility for the events at Oradour on 10th June.

After the war Georges Guingouin became (communist) mayor of Limoges from 1945-47. He remained politically active until 1953 when he was thrown out of the French Communist Party amidst much angst and soul searching over his wartime record and accusations of abuse of power. Latterly he has enjoyed something of a revival in public opinion, but has still not given a full and frank account of his dealings with Kämpfe.
 
Criminal bank robber

A few days before the Allied breakout from Normandy in World War II, a Vichy government train was chugging through central France. Its freight: ten billion French francs (then worth $200 million) for the Bank of France in Limoges.

At a tank stop the train was boarded by a gang of armed Maquis, who threw the moneybags into waiting trucks and disappeared into the night. When the Allies reached Limoges a few weeks later, they were feted by a bunch of exceptionally free-spending French partisans. Most freehanded of all was lusty, red-faced Colonel Georges Guingouin.Guingouin, a Communist, was the hero of...

Georges Guingouin, French Resistance leader, was born on February 2, 1913. He died on October 28, 2005, aged 92.
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« Répondre #136 le: 07/01/2008 - 20:29:08 »

Algérie : à qui profitent les attentats ?
Par Eduardo Garcia - 7 janvier 2008 - solidariteetprogres.org
http://www.solidariteetprogres.org/spip/sp_article-breve.php3?id_article=3670

Paris, le 7 janvier 2008 (Nouvelle Solidarité) -- Désormais, les Algériens devront apprendre à retenir leur souffle au onzième jour de chaque mois, date symbolique des attentats du 11 septembre aux Etats-Unis. En effet, après les attentats du 11 avril et du 11 juillet, Alger a été, à nouveau, meurtrie par une double attaque à la voiture piégée le mardi 11 décembre 2007.

Ces deux opérations simultanées ont ciblé le nouveau siège du Conseil constitutionnel à Ben Aknoun et le siège du Haut commissariat aux réfugiés HCR à Hydra, faisant 22 morts et 167 blessés, selon les chiffres officiels avancés par le ministre de l’Intérieur. Une fois de plus, ces attentats ont été revendiqués par l’organisation d’Al-Qaeda au pays du Maghreb islamique AQMI, ex GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat).

La thèse développée dans notre dernier article paru dans Nouvelle Solidarité (28/09/07), sous le titre « Ces attentats qui cachent la guerre des matières premières », paraît être confirmée par le contexte entourant ces derniers événements. En effet, ils semblent être à l’origine de l’annulation des accords très vastes de coopération militaro-énergétique signés en 2006 par l’Algérie et la Russie.

Rappelons que c’est suite à la visite du président Poutine en Algérie en 2006 que deux très gros contrats ont été conclus entre les deux pays :

   1. Un mémorandum d’entente et de coopération entre Gazprom et la Société nationale des hydrocarbures algérienne Sonatrach, définissant toute une politique de coopération dans le domaine énergétique et laissant même planer l’idée de la création d’un cartel mondial du gaz ;
   2. La signature d’un important contrat d’armement de 8 milliards de dollars.

La question d’un cartel du gaz a suscité beaucoup de craintes parmi les pays européens, notamment la France, l’Italie, le Portugal et l’Espagne dont l’Algérie est un important fournisseur aux côtés de la Russie. La Grande-Bretagne a protesté par l’intermédiaire de son entreprise BP qui a qualifié cette idée de « stupide ».

Les Etats-Unis qui avaient déjà mal digéré la décision du président Bouteflika d’annuler la loi de privatisation des hydrocarbures et de surtaxer les revenus des groupes pétroliers étrangers lorsque le prix du pétrole dépasse les 30 dollars le baril, ont été les plus virulents contre la création d’une OPEP gazière.

En effet, le 11 juillet 2007 la Chambre des représentants américaine a adopté un projet de loi visant à contrecarrer la création d’une telle OPEP du gaz.

Le républicain Don Manzullo, l’un des dix auteurs de ce projet, a déclaré que la création d’un cartel de producteurs de gaz naturel réunissant, entre autres, la Russie, l’Iran, le Venezuela et le Qatar ruinerait l’industrie d’armement américaine et affecterait la capacité de défense des Etats-Unis : « Des substances issues du gaz naturel sont largement utilisées dan l’industrie d’armement. Une coupure des livraisons compromettra la base de l’industrie d’armement américaine et affectera nos capacités de défense ».

Plus loin il affirmait : « Nous ne devons pas laisser apparaître un nouveau groupe de maîtres chanteurs à l’instar de l’OPEP qui ne manquera pas d’accaparer les fournitures mondiales de gaz naturel et de les placer sous contrôle ». Le projet de loi stipule que « les efforts déployés en matière de création d’un cartel ou de tout autre mécanisme de manipulation des fournitures de gaz naturel sur le marché mondial en vue de fixer des prix arbitraires et hors marché à des fins de pression politique sont considérés par les Etats-Unis comme une démarche inamicale menaçant la sécurité des Etats-Unis et du monde entier ».

Plus loin le document résume : « Des officiers de l’OTAN ont pour leur part mis en garde contre le danger de dépendance croissante de l’Europe par rapport à l’énergie russe et à la possibilité que des fournisseurs de rechange, tels que l’Algérie, commencent à coopérer avec la Russie. ».

Or voici qu’à la veille des attentats du 11 décembre, dans un entretien avec le Wall Street Journal, le PDG de la Sonatrach, Mohamed Meziane, prétendait qu’en réalité le mémorandum qui liait sa compagnie à Gazprom depuis août 2006 n’avait rien donné de concret et avait expiré au début du mois d’août 2007, et qu’il n’avait pas pour but de « manipuler les prix ».

Pour le Wall Street Journal, les propos du PDG confirmaient que la perspective d’une OPEP du gaz n’était pas sérieusement envisagée. Il concluait que ces remarques manifestaient clairement la volonté de l’Algérie de se démarquer publiquement de Gazprom et de l’idée d’un cartel du gaz.

Le 11 décembre dans l’après-midi, juste après les attentats, la Sonatrach annonçait, dans un communiqué officiel, l’annulation du contrat qui la liait à Gazprom sans fournir le moindre détail justifiant cette décision. Le 12 décembre, au lendemain des attentats, un autre communiqué des autorités algériennes annonçait le gel du contrat d’armement avec la Russie, justifiant sa décision par la plainte adressée officiellement par le président Bouteflika, début août, au président Poutine, dans laquelle le Président algérien se plaignait de la non-conformité de la première livraison des MIG-29 avec les clauses du contrat signé par les deux pays.

C’est ce qui aurait motivé la décision de l’Algérie de mettre un terme à sa collaboration énergétique avec la Russie.

Alors que le quotidien algérien l’Expression du 6 décembre rapportait que quatre nouveaux avions de chasse de type Sukhoi Su-30MK, qu’il qualifiait d’avions hors pair, faisant partie du contrat, seraient livrés à l’Algérie avant la fin 2007 par le constructeur russe d’avions de chasse Irkout.

Plus loin, il note qu’ »en décembre, des avions de transport russes AN-124 et AN-22 ont effectué trois vols pour acheminer deux premiers MIG-29 SMT et deux MIG-29 UBT en Algérie ».

Ces informations font donc état d’une bonne entente dans l’exécution du contrat de coopération militaire.

Le quotidien marocain La Gazette rapportait le 20 octobre, qu’après les livraisons graduelles des avions MIG-29 et des chasseurs bombardiers Sukhoi, l’Etat russe avait donné instruction à son agence d’exportation d’armes Rosoboronexport, de répondre positivement à toutes les requêtes de l’armée algérienne pour obtenir des facilités financières, techniques et même au niveau des échéances.

La même source rapporte que le président de Rosoboronexport, Serguei Tchemezov, avait été vu la semaine précédente au cercle national de l’Armée à Alger, en compagnie du chef d’état-major, le général de corps d’Armée Ahmed Gaid Salah.

Tout ceci n’a aucun sens. Si la collaboration entre l’Algérie et la Russie battait de l’aile depuis août, pourquoi avoir attendu le jour même et le lendemain des attentats pour annoncer officiellement ces ruptures de contrat ?

Pourquoi geler un contrat impliquant plusieurs types d’avions, la construction de frégates et de sous-marins, des systèmes de défense aérienne et autres, alors que seuls les MIG 29 seraient en cause ? Pourquoi, enfin, lier ce problème à la question de la coopération énergétique ?

La vérité semble se trouver dans les conflits de lobbies mafieux internes aux services algériens (le DRS) où la loi est faite par les grands intérêts internationaux des hydrocarbures et bancaires, notamment anglais, et les Américains qui sont à leur traîne.

En effet, Le Courrier d’Algérie rapportait le 20 décembre que les autorités russes avaient laissé entendre que la présidence algérienne en tant que telle n’était pas d’accord avec ce gel, et que la prochaine visite du président Bouteflika à Moscou au mois de janvier prochain, serait consacrée à débloquer la situation afin de maintenir les bonnes relations qui lient les deux pays.

Selon les autorités russes, citées par Ria Novosti, la réponse à la requête de Bouteflika, rédigée en accord avec Poutine qui préside la commission créé pour traiter ce problème, n’a pas pu être remise au président Bouteflika lui-même, même par le biais de l’ambassadeur de Russie en Algérie !

Mais qui profite de ce énième changement d’alliances ? L’Angleterre d’abord qui, du Kenya à l’Afghanistan et au Pakistan, promeut une stratégie de tension, cherchant à tirer la carte gagnante dans le krach du système financier qui frappe actuellement le monde. L’Angleterre encore, qui mène une guerre sournoise contre la Russie, dans laquelle elle entraîne les anglophiles de l’administration Bush/Cheney, dans diverses parties du monde.

Enfin, les contrats qui ne vont pas à la Russie se placent en Occident. Le journal Al Khabar du 15 décembre mentionne des contrats stratégiques signés par la Sonatrach avec les grandes compagnies gazières comme la norvégienne Statoil, British Petroleum, British Gaz et l’italienne ENI. Pour les Russes, grands perdants dans cette affaire, il n’y a pas photo.

Ria Novosti note, le jour même de la résiliation du mémorandum, que « les Algériens ont conclu la semaine dernière un nouvel accord avec Gaz de France, aux termes duquel ils se sont engagés à livrer à la société française du gaz liquéfié jusqu’à 2019. Dans le même temps, Sonatrach construit deux gazoducs au fond de la Méditerranée, qui permettront à l’Algérie d’augmenter de 50 % ses livraisons de gaz à l’Europe ».

Gaz de France et Sonatrach ont signé d’importants accords début décembre, créant aussi une société mixte qui ambitionne de fournir le marché américain en gaz naturel liquéfié.

Plus troublant encore, quelques jours après les attentats, les autorités algériennes ont retiré un contrat à des firmes espagnoles pour la reprise du projet de Gassi Touil, le confiant à deux compagnies proches de la Maison Blanche, KBR Halliburton et Wheather Ford.

Bien que nous soyons totalement favorables, dans les pages de ce journal, à la coopération économique Nord-Sud, nous nous opposons fermement à cette loi de la jungle de chaque puissance pour soi, qui fait fi des véritables intérêts des populations à long terme. En organisant les marchés internationaux en faveur d’un projet comme celui de Pont terrestre eurasiatique que nous défendons dans ces pages, nous pourrons rétablir un ordre de croissance forte au service des peuples.


L’Algérie : ces attentats qui cachent la guerre des matières premières
par Eduardo Garcia - 5 décembre 2007 - solidariteetprogres.org
http://www.solidariteetprogres.org/spip/sp_article.php3?id_article=3573&var_recherche=algerie

Dans le cadre de la visite d’état de Nicolas Sarkozy en Algérie nous avons décidé de reprendre ici cet article publié dans Nouvelle Solidarité N° 17, XIIIième annéé, du 28 septembre 2007.

Une série d’attentats de plus en plus rapprochés a ensanglanté l’Algérie ces derniers mois, révélant un réveil virulent de la guerre des clans au pouvoir au fur et à mesure que la prochaine élection présidentielle approche, sur fond de lutte entre grandes puissances pour le contrôle des matières premières algériennes, notamment gaz et pétrole. C’est la seule hypothèse possible pour expliquer l’activisme de l’Organisation d’Al-Qaida au Maghreb, née de la fusion, annoncée le 11 septembre 2006, entre l’ancien GSPC (Groupe salafiste de prédication et du combat) et Al-Qaida, revendication reçue avec le plus grand scepticisme par la plupart des experts et politiciens, vu le contexte dans lequel ces attentats sont intervenus.

Le 11 avril 2007, deux attentats suicides avaient visé le Palais du gouvernement à Alger et le Quartier général oriental de la Police à Bab Ezzouar, faisant 30 morts et plus de 200 blessés. Le 6 septembre dernier, c’est le président Bouteflika qui a échappé de peu à un attentat suicide alors qu’il se rendait en visite à Batna, dans l’est de l’Algérie, attentat qui a fait 22 morts et 107 blessés. Un nouvel attentat suicide a été commis le samedi 8 septembre à Dellys, faisant 30 morts et 47 blessés. Plus récemment, le jeudi 19 septembre, dans une vidéo de 80 minutes, le numéro deux d’Al-Qaida, Ayman al Zaouahri, a invité les musulmans à « nettoyer » le Maghreb des Français et des Espagnols, afin d’y rétablir le règne de l’islam. Dès le lendemain, ces menaces étaient mises à exécution : une bombe à faible puissance explosait devant une voiture transportant deux Français et un Italien entre Alger et le barrage de Koudiat Acerdoune, au sud-est de la capitale, pendant que deux employés d’Aéroports de Paris travaillant à Alger ont dû être évacués après avoir reçu des menaces.

Mais les autorités algériennes ainsi que la plupart des experts mettent en doute la véritable identité d’Al-Qaida au Maghreb et dénoncent plutôt des puissances étrangères comme étant à l’origine de ces attentats. Suite à l’attentat qui l’a visé, le président Bouteflika a dénoncé « des capitales étrangères et des dirigeants étrangers », pendant que son ministre de l’Intérieur, Noureddine Yazid Zerhouni, précisait que c’est « le retour de l’Algérie sur la scène internationale qui, visiblement, gêne certains intérêts étrangers ».

Le retour de l’Algérie sur la scène internationale

Une analyse de ce que M. Zerhouni appelle le retour de l’Algérie sur la scène internationale révèle en effet un revirement quasi total d’alliances de l’Algérie sur le plan international. Si l’on avait pu parler d’une véritable « lune de miel » entre l’Algérie et les Etats Unis, entre 2003 et 2006, avec les visites de Donald Rumsfeld en février 2006 et de Dick Cheney en avril de la même année, dont l’un des principaux centres d’intérêt avait été la collaboration dans la « Global war on terror », cette alliance privilégiée a été clairement remise en cause par la faction au pouvoir autour du président Bouteflika.

Divers facteurs seraient à l’origine de ce changement. D’abord, l’augmentation considérable de la manne pétrolière, suite à la hausse des prix, qui donne des ailes aux ambitions des uns et des autres. Surtout, on parle de l’affaiblissement relatif des Etats-Unis à cause de ses difficultés en Irak, et a contrario, du renforcement d’autres puissances, notamment la Russie, la Chine, mais aussi le Venezuela ou l’Iran. Et comme pour le Niger, qui a récemment remis en cause le monopole de la France dans l’exploitation de l’uranium sur son territoire, la concurrence entre ces puissances a permis aux factions algériennes de s’affranchir de la toute puissante tutelle américaine.

Rappelons que les enjeux dans ce domaine sont considérables et concernent, au delà de l’Algérie, toute l’Afrique du nord et le Sahel. Selon l’expert pétrolier algérien Hocine Malti, les réserves avérées de pétrole de ces pays sont conséquentes : 39 milliards de barils pour la Libye, 31,5 milliards pour le Nigeria, 11,8 milliards pour l’Algérie, 1 milliard pour le Tchad, 700 millions pour le Sénégal, 563 millions pour le Soudan, 308 millions pour la Tunisie, 300 millions pour le Niger, 200 millions pour la Mauritanie, tandis que le Sahara Occidental aurait un sous-sol très prometteur.

C’est au niveau de la politique énergétique qu’on voit le plus clairement le changement en cours. En mai 2006, l’Algérie décidait brutalement d’abandonner la loi de privatisation des hydrocarbures qu’elle venait d’adopter un mois plus tôt. C’est vrai qu’entre-temps, M. Bouteflika avait reçu la visite d’Etat du président Hugo Chavez, du Venezuela, qui l’en avait dissuadé ! En effet cette loi préconisait le retour à l’ancien système de concession, qui aurait permis aux compagnies pétrolières internationales de disposer presque totalement du sous-sol Algérien.

Mais c’est le réchauffement considérable des relations avec la Russie depuis janvier 2007 qui confirme cette tendance. Avec un contrat d’achat d’armes d’un montant de 15 milliards de dollars signé à cette date, l’Algérie est, en effet, le premier partenaire de la Russie dans le domaine de l’armement, devançant même la Chine. Si ce contrat ne provoque pas d’inquiétude chez les principales puissances, ce n’est pas le cas pour ce qui est de l’idée de la création d’une OPEP du gaz autour d’une alliance algéro-russo-iranienne.

Cette démarche inquiète les Européens, en particulier, qui dépendent de la Russie pour 23 % de leur consommation de gaz, et de l’Algérie pour 13 %. Dans une conférence de presse donnée à Alger le 11 septembre, Christof Ruehl, l’économiste en chef de British Petroleum, déclarait que « la création d’une OPEP du gaz relève davantage de la manœuvre politique que d’une démarche à objectifs économiques », avant de la qualifier de « stupide ». La visite à Alger du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, au cours de laquelle des accords bilatéraux ont été signés notamment dans le domaine énergétique, est venue confirmer que cette option est bel et bien sur la table. La question d’une coopération dans le domaine du nucléaire civil a aussi été soulevée.

A l’arrivée de plus en plus encombrante des sociétés pétrolières et gazières russes (Gazprom, Lukoil, Rosneft, Stroytransgaz...), il faut ajouter celle, plus discrète, des chinoises et indiennes, en revanche très présentes dans les autres pays du Sahel.

Comme au Soudan ou au Niger, la Chine, n’en déplaise à la France qui se voit contrainte d’améliorer les conditions commerciales qu’elle propose à ses anciennes colonies, est de plus en plus présente en Algérie, où elle vient de rafler quelques contrats majeurs pour la construction d’autoroutes et d’un million de logements. Autre enjeu principal où la France avance elle aussi sa propre candidature, la volonté algérienne de faire de l’année 2008 l’année de l’investissement dans le nucléaire civil, un choix appuyé par un important contrat de coopération, signé juin dernier avec les Etats-Unis. L’Algérie possède déjà deux réacteurs nucléaires et la France devra, si elle veut être compétitive, proposer mieux que les Chinois et les Russes, principaux partenaires de l’Algérie dans ce domaine.

Le prétexte pour le déploiement de l’AFRICOM

Dans le domaine sécuritaire et militaire, le renversement des alliances de l’Algérie est là aussi frappant, car de principal allié des Etats-Unis dans la lutte contre le terrorisme dans la région (notamment après la prise d’otages de touristes européens par le GSPC, en janvier 2003), elle serait aujourd’hui la cible d’un terrorisme déployé par l’administration Bush/Cheney et ses contrôleurs en Angleterre. Les questions fusent à nouveau sur la véritable identité du GPSC/Al-Qaida, car l’augmentation des attentats depuis fin 2006 coïncide étrangement avec cette réorientation de la politique étrangère algérienne, et des médias tels qu’Al Watan ou les auteurs d’Algerie Watch n’hésitent pas à établir un lien entre ces actes de « terrorisme » et les pressions faites par l’administration Bush/Cheney pour obliger les pays du Maghreb à s’aligner et à accueillir des bases militaires américaines.

Pour bon nombre de spécialistes du terrorisme algérien, le GSPC a toujours représenté la faction « dure » du pouvoir - la Direction des renseignements militaires - qui est un relais en Algérie des politiques des Anglo-Américains. Lors de la prise d’otages de 2003, par exemple, le GSPC était dirigé par Abderrezak El Para, un ancien des forces spéciales algériennes et garde de corps du général Khaled Nezzar, ancien ministre de la Défense et membre du Haut Comité d’Etat.

De plus, l’action du GSPC/Al-Qaida à travers tout le Sahel bénéficie d’une aide importante du prince Bandar, ex-ambassadeur d’Arabie saoudite aux Etats-Unis et actuel patron de la sécurité dans son pays, dont le Sahel serait la chasse gardée. Le prince Bandar a récemment été attrapé la main dans le sac à financer des groupes rebelles au Darfour et au Tchad. Actuellement, des actions en justice au Royaume Uni et aux Etats-Unis mettent en cause son rôle dans un méga contrat d’armes et de pétrole, conclu entre la monarchie britannique et le régime saoudien à l’époque de Thatcher, impliquant la compagnie anglaise d’aéronautique BAE, contrat qui permet de générer des fonds abondants pour le financement d’attentats et autres sales coups.

L’activisme du GSPC/Al-Qaida à travers tout le Maghreb joue un rôle très utile pour les Américains, leur servant de prétexte pour tenter d’imposer le déploiement de bases militaires américaines à travers toute la région dans le contexte de leur nouveau commandement africain, l’Africom. C’est dans cette visée que les Américains ont conçu leur initiative « Pan-Sahel », devenue début 2005 « Initiative transsaharienne de lutte contre le terrorisme (TSCTI) », destinée à inclure dans une stratégie militaire américaine des pays comme l’Algérie, le Tchad, le Mali, la Mauritanie, le Maroc, le Niger, le Sénégal, le Nigeria et la Tunisie. Très important pour comprendre la nouvelle série d’attentats qui frappe l’Algérie, ce pays a refusé, tout comme la Libye et le Maroc, d’accueillir sur son sol des bases américaines sous couvert de lutte contre le terrorisme et de participer au projet américain de réorganisation du grand Moyen-Orient.

L’Algérie s’attaque directement à Dick Cheney

Notons que dans la même période, Bouteflika a lancé également une attaque frontale contre Dick Cheney, en démantelant Brown, Root and Condor (BRC), une joint venture créée en 1994 par la Sonatrach (Société nationale des hydrocarbures) (41 %), le CRND (Centre de recherche nucléaire de Draria) (10 %) et KBR (Kellogg Brown & Root) (49 %), filiale d’Halliburton dont le vice-président américain est toujours actionnaire.

C’est en octobre 2006 que le gouvernement algérien a lancé une enquête pour corruption à l’encontre de cette société, gérant des contrats pétroliers et d’armement. Riche en rebondissements, l’enquête a révélé, entre autres, que BRC avait sous-traité un contrat sur le gisement de Rhourde-Nouss à une société israélienne, Bateman Litwin, propriété du milliardaire israélien Benny Steinmetz, proche de la droite israélienne. Révélatrice aussi de la guerre d’influence que se livrent différentes puissances en Algérie, ce sont les services russes qui ont révélé au gouvernement algérien que des équipements de communication sophistiqués, commandés par BRC aux Etats-Unis pour le compte de l’Etat-major général algérien, étaient connectés en permanence aux systèmes d’intelligence électronique américains et israéliens ! En septembre dernier, KBR a été contraint de céder à la Sonatrach ses parts dans BRC.

Nous avons essayé, en rassemblant tous les éléments ci-dessus, de dépeindre l’environnement international complexe dans lequel est intervenue la récente vague d’attentats en Algérie. Que certaines factions au pouvoir en Algérie soient sorties des griffes de l’administration Bush/Cheney est une bonne chose.

Cependant, le tout n’est pas de jouer les uns contre les autres, mais de rétablir une politique orientée vers le bien commun, où les ressources seront développées pour le plus grand bien de l’Algérie et de ses générations futures. Avec ses quelque 100 milliards d’euros de réserves et en travaillant de concert avec la Russie, la Chine, l’Inde et les grands pays d’Amérique du Sud pour refonder l’actuel système économique et monétaire international, l’Algérie aura une chance de sortir de la crise dans laquelle elle est plongée depuis de trop longues années.

Bibliographie :

    * Al-Qaida au Maghreb et les attentats du 11 avril 2007 à Alger, par François Gèze et Salima Mellah, dans Algeria Watch (21 avril 2007).
    * Madjid Laribi, « Brown & Root Condor : une holding “militaro-énergétique”« , Le Maghrébin, 13 novembre 2006.
    * « Le P-DG de BRC sous mandat de dépôt », Le Jour d’Algérie, 1er avril 2007.
    * Madjid Laribi, « Que cache le dossier Brown Root & Condor », Le Maghrébin, 9 octobre 2006.
    * « L’un des kamikazes était un compagnon d’El Para », Le Jour d’Algérie, 14 avril 2007.
    * Hocine Malti, « De la stratégie pétrolière américaine et de la loi algérienne sur les hydrocarbures », Le Quotidien d’Oran , 9-10-11 juillet 2005.
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« Répondre #137 le: 07/01/2008 - 20:52:51 »

2008 fin de partie : un nouveau Bretton Woods ou le chaos !
Par Jeffrey Steinberg - 7 janvier 2008 - solidariteetprogres.org
http://www.solidariteetprogres.org/spip/sp_article-breve.php3?id_article=3671

Alors que le système financier mondial est sorti de tout contrôle, de l’aveu même de certains de ses plus grands défenseurs, une stratégie de chaos se répand aux quatre coins du monde : Pakistan, Kenya, Thaïlande, Asie du Sud-Ouest. Nous nous battons pour l’alternative.

Le 7 janvier 2008 (LPAC) -- L’ancien président de la Réserve fédérale, Sir Alan Greenspan, a fait des aveux éloquents le 27 décembre 2007, lors d’une interview à National Public Radio. A la veille du Nouvel an, il a reconnu que ce système financier et monétaire mondial, qu’il a tant contribué à façonner pendant les vingt ans (1987-2006) qu’il a passés à la tête de la banque centrale américaine, est bel et bien fini.

« Ce que je dois prévoir, déclara ce grand promoteur d’instruments financiers « exotiques », c’est que quelque chose d’inattendu va arriver et nous mettra à terre. (...) Les chances que cela arrive augmentent, car nous entrons dans des zones vulnérables ». Plus tard, il revint à la charge : « Nous sommes dans une phase de changement, et les améliorations extraordinaires [qu’a connues] l’économie mondiale ces quinze dernières années sont transitoires et vont changer. (...) Je pense que tout ce processus va commencer à s’inverser. »

Et encore, Sir Alan minimise l’ampleur du krach financier, qui est entré dans une nouvelle phase au début de l’année. Au point où nous en sommes, il n’existe aucune solution « monétaire » à la crise, il faut réorganiser tout le système, suivant les lignes d’un nouveau Bretton Woods.

Alan Greenspan n’est pas le seul à répandre la morosité ces dernières semaines. Ambrose Evans-Pritchard, un pion du renseignement britannique et correspondant financier du Daily Telegraph de Londres, publie depuis des mois des articles étonnamment lucides sur le krach financier.

Jacques Attali se fait, quant à lui, encore plus alarmiste dans L’Express du 3 janvier : « C’est le monde entier qui semble aller au précipice. Comme si se préparait la collision de trains lancés à vive allure », écrit-il.

Il est vrai qu’on estime à 1500 milliards de dollars la quantité d’actifs bancaires qui ont dû être épongés ces derniers mois, tandis qu’au moins autant de capitaux se sont volatilisés sur les marchés boursiers du monde. L’idée que les banques centrales puissent y remédier par des injections de nouvelles liquidités est absurde. Comparés aux crises prévues pour le premier semestre 2008, avec l’explosion du secteur des assurances et des produits dérivés, les désastres de 2007, notamment l’éclatement de la bulle hypothécaire américaine, paraîtront anodins.

C’est uniquement dans ce contexte que l’on peut comprendre la vague d’assassinats, de conflits ethnico-religieux et de chaos qui se répand dans le monde.

Il ne s’agit pas d’événements locaux ou régionaux. Tous font partie d’une même stratégie britannique, ayant un objectif global précis : la destruction des Etats-nations, le lancement d’une guerre asymétrique mondiale pour plusieurs générations et la consolidation de la mainmise des cartels anglo-hollandais sur les matières premières stratégiques du monde. Les historiens y reconnaîtront le modèle type de guerre oligarchique, où une élite se sert d’armées privées pour éliminer toute résistance à son pouvoir.

Certains lecteurs objecteront sans doute que Londres n’est plus une puissance impériale et n’a plus les moyens de déclencher un chaos global. L’élite britannique elle-même s’efforce de faire croire que « le soleil s’est couché depuis longtemps sur l’empire britannique » et que ce sont les Etats-Unis qui constituent aujourd’hui la principale puissance impériale. Au mieux, l’épicentre du pouvoir serait un duo « anglo-américain », dirigé par Washington et secondé par Londres. Mais en réalité, il n’y a qu’un système impérial traditionnellement britannique, qui compte aujourd’hui toutes sortes d’adhérents et d’agents à Washington, Wall Street, etc., qui sont des traîtres à la tradition américaine historique.

De ce point de vue, la forme actuelle de l’empire britannique « invisible » n’est pas si difficile à discerner.

Tout d’abord, presque tous les centres financiers offshore qui dominent le système dérégulé et mondialisé actuel sont situés dans des colonies britanniques ou hollandaises, comme les îles Caïman, les Antilles néerlandaises, l’île de Man, les Bahamas, etc.

Deuxièmement, depuis des décennies, l’entreprise de mercenaires est essentiellement britannique : des sociétés privées comme Executive Outcomes, Sandline, Defence Systems Ltd travaillent main dans la main avec les cartels de matières premières stratégiques qui possèdent la plus grosse part des métaux précieux d’Afrique, d’Australie et d’Amérique du Sud.

Les méthodes de contre-insurrection, mises au point aux plus beaux jours de l’empire britannique, sont encore appliquées par des agents clandestins et d’« anciens » officiers, opérant désormais à titre privé. Parallèlement, certains agents américains de l’empire, comme George Shultz et Felix Rohatyn, promeuvent la privatisation de la sécurité nationale aux Etats-Unis.

Troisièmement, le Commonwealth, dirigé par la reine Elisabeth, est composé de cinquante-trois pays à travers le monde, constituant un cinquième de la masse terrestre et un fort pourcentage de ses ressources stratégiques et de sa population. Se présentant formellement comme une alliance d’Etats indépendants, le Commonwealth fut fondé à la fin du XIXème siècle pour perpétuer l’empire britannique.

C’est cet appareil qui est à l’oeuvre pour provoquer conflits et chaos. Comme il est impossible de « réformer » le système financier actuel et que les intérêts financiers oligarchiques n’accepteront jamais de se soumettre volontairement à une mise en redressement judiciaire, ni de permettre aux nations de rétablir leur souveraineté sur leur monnaie et leur politique de crédit, ils ont recours au chaos.

L’oligarchie financière de Londres cherche à tout prix à provoquer des conflits entre les grandes puissances du monde - Etats-Unis, Russie, Chine et Inde - car si elles le voulaient, ces quatre forces, soutenues par d’autres pays plus petits, pourraient mettre en place un nouvel ordre financier plus juste, éliminant le pouvoir des centres offshore.

Dans les années 1920 et 1930, c’est dans des conditions d’effondrement financier et économique beaucoup moins graves que l’oligarchie anglo-hollandaise finança la montée du fascisme et du nazisme en Europe, provoquant la Deuxième Guerre mondiale. Aujourd’hui, elle veut empêcher, coûte que coûte, le retour en force de la tradition rooseveltienne, dont Lyndon LaRouche est le porte-drapeau.

C’est dans ce contexte qu’il faut situer l’assassinat de Benazir Bhutto au Pakistan et de nombreux autres « points chauds » dans le monde.

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L’aveu de Jacques Attali
3 janvier 2008
http://www.solidariteetprogres.org/spip/sp_article-breve.php3?id_article=3665

Lorsqu’un valet de l’oligarchie financière doit, à sa manière, confirmer nos analyses.

C’est le titre qui nous vient à l’esprit à la lecture de la rubrique bien informée de Jacques Attali, dans l’Express, qui arrive comme un véritable aveu lucide mais terriblement pessimiste :

« Vortex »

« Que l’assassinat d’une dirigeante de l’opposition dans un pays du Sud secoue gravement les marchés financiers d’Asie, et avec eux, ceux du monde entier, révèle l’extrême fragilité de la planète. Certes, le Pakistan n’est pas un pays comme les autres : puissance nucléaire, point de passage obligé de l’essentiel du gaz du monde, en première ligne dans le combat contre l’islamisme tout en étant un des repaires du terrorisme, sa déstabilisation peut conduire à une catastrophe. Mais, au-delà, c’est le monde entier qui semble aller au précipice. Comme si se préparait la collision de trains lancés à vive allure. Comme si, ainsi qu’en un vortex, ce tourbillon de l’eau s’écoulant au fond d’une baignoire, convergeaient cinq dangers.

    * Un système financier mondial en faillite. Outre les subprimes, bien d’autres dettes circulent, et nul ne sait comment les banques les honoreront : celles de hedge funds, des sociétés de rehaussement de crédit, des fonds de LBO et des détenteurs de cartes de crédit forment une pyramide au montant très supérieur à celui des fonds propres des banques, qui seraient depuis longtemps fermées si les banques centrales ne les finançaient à guichets ouverts.
    * Un système politique américain à l’abandon, pour un an, en raison des élections, et qui ne fera rien pour réduire ses déficits ou stabiliser sa monnaie.
    * Une Union européenne en déshérence, avec une Italie financièrement à la dérive, au point que l’existence même de l’euro pourrait être remise en question par les spéculateurs attaquant la trésorerie de Rome.
    * Un Moyen-Orient sans espoir, où Palestiniens et Israéliens continuent d’attendre que l’autre veuille bien disparaître de la surface de la terre pour le reconnaître.
    * Une pauvreté qui ne fait qu’augmenter, partout, déclenchant des vagues de désespoir et des mouvements de population croissants.

Tous ces dangers peuvent entrer en résonance, la crise financière aux Etats-Unis entraînant le retrait de la puissance américaine, causant l’explosion de l’euro et transformant le Moyen-Orient en champ de bataille où se rejoindront toutes les misères. »

Enfin, et c’est dans sa conclusion que Jacques Attali, toujours croyant à une solution venant de l’intérieur du système actuel, confond moyenne statistique et réalité du monde, en écrivant :

« Et pourtant, la croissance mondiale est là, si puissante qu’elle peut tout résoudre. Comme une baignoire qui se remplirait encore, pendant que d’autres tentent de la vider. »

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Régionalisme, sécessionnisme, fédéralisme : l’Europe de Leopold Kohr, projet d’un fascisme universel
par Karel Vereycken - 2 novembre 2007
http://www.solidariteetprogres.org/spip/sp_article.php3?id_article=3467

Introduction

Si je vous disais que je viens de découvrir qu’il existe un complot fasciste pour gommer de la carte des grandes nations comme la France ou l’Allemagne, je pense que peu d’entre vous me prendront au sérieux. D’abord le mot « fasciste » est excessif et la notion de complot n’est pas politiquement correcte. Pourtant, les passages que je viens de découvrir du livre  La décomposition des Nations  écrit par Léopold Kohr vers 1945 et publié en 1957 ont balayé mes réticences, car elles m’ont donné, et vous donneront, je l’espère, un peu la chair de poule.

Peu connu en France, ce théoricien politique autrichien y expose d’abord pourquoi, selon lui, il est nécessaire de dépecer les grandes nations et ensuite sa stratégie pour y arriver. Avec le recul du temps, on pourrait observer que Kohr ne s’est trompé que sur un seul point, car quand il posait (en 1945) la question « Le fera-t-on ? », sa réponse était : « Non ! On ne le fera pas ! » Cependant, on constate que depuis 50 ans, jour pour jour, par étapes, le projet de Léopold Kohr, est sournoisement mis en œuvre devant nos yeux et l’éclatement tragi-comique de la Belgique, avec lequel on rigole beaucoup à l’étranger, risque de s’avérer une phase importante dans un projet mondial qualifiable de fasciste.

Qui est Léopold Kohr

Kohr est né en 1909 près de Salzbourg en Autriche et meurt en Angleterre en 1994. Diplômé de sciences politiques à Vienne, il fuit les nazis et se retrouve à la London School of Economics -véritable  Science-po  du monde anglo-saxon-à une époque où un autre autrichien Friedrich Von Hayek y cristallise l’opposition au « trop social » prôné par le directeur de l’école, le grand fabien et disciple des Webb, Lord Beveridge. Un de ses professeurs d’alors, dont il tire une partie de son inspiration, est le redoutable Henry Calvert Simons, qu’on retrouvera lors de la fondation de la société du Mont Pèlerin en Suisse, et qui sera l’homme qui se chargera de former l’économiste ultra-libéral et père du monétarisme à Chicago, Milton Friedman, futur conseiller de Margaret Thatcher et du dictateur chilien Augusto Pinochet.

Leopold Kohr (1909-1994)

Ensuite, lors de la guerre civile d’Espagne, Kohr travaille comme correspondant free-lance pour le New York Times, et se forge la réputation d’un combattant anarchiste anti-totalitaire, rejetant aussi bien le fascisme que le communisme. Il partage le bureau d’Hemingway et fait la connaissance d’un certain Eric Blair -mieux connu sous le nom de George Orwell-, ancien fonctionnaire de la police impériale anglaise en Birmanie et délateur à la botte de l’Information Research Department du ministère de l’intérieur britannique, tout en écrivant, avec un plaisir pervers, des livres comme  1984  où il dénonce  Big Brother ...

Les objectifs de la décomposition

La décomposition des nations

En 1941, Kohr publie dans le magazine d’inspiration catholique new-yorkais The Commonweal son article « Disunion Now » [La désunion maintenant : un plaidoyer pour une société basée sur de petites unités autonomes], où l’on retrouve en embryon la substance de sa thèse.

Dans le débat parmi les élites anglo-américaines -qui commençaient à planifier des structures de gouvernance pour Europe de l’après-guerre qu’ils conçoivent essentiellement comme des garde-fous contre le nationalisme allemand et français- Kohr amorce son analyse à partir de la spécificité de la confédération helvétique. Il constate que bien qu’il existe plusieurs langues en Suisse (l’allemand, le français, l’italien), l’existence d’une multitude de 22 cantons permet d’empêcher toute domination d’un bloc linguistique sur un autre, « créant ainsi la condition préalable » d’un équilibre. « La grandeur de l’idée suisse, donc, » dit-il, « est la petitesse de ses cellules [les cantons] qui en sont le garant. » « Il faut se diviser pour mieux s’unir », nous dit-on. Si la défense du Kleinstaat, le petit état, amena Kohr à dire que « Chaque fois que quelque chose va mal, quelque chose est trop gros », son ami et disciple Fritz Schumacher reprendra à son compte le célèbre dicton de Kohr « Small is Beautiful » avec lequel on lavera le cerveau de toute une génération de baby boomers écolos.

Pour l’Europe d’après-guerre, Kohr exige dans son article que la « technique suisse et non seulement l’apparence de son résultat » soit appliquée :

« Ceci consistera dans la division de trois ou n’importe quel nombre de bloc inégaux, en autant de parties plus petites qu’il sera nécessaire, pour éliminer toute prépondérance numérique conséquente. C’est-à-dire qu’il faudrait créer 40 ou 50 états également petits au lieu de 4 ou 5 inégalement grands. » Sinon, dit-il, ceci, par le fait même qu’il y aura 80 millions d’Allemands contre 45 millions d’Italiens et autant de Français, finira par « une hégémonie allemande de façon tout aussi inévitable que la fédération allemande [de Bismarck], dans laquelle 24 petits états liés à la puissance d’une Prusse de 40 millions d’habitants, s’est terminé par l’hégémonie prussienne. »

« La suggestion, donc, consiste à diviser l’Allemagne dans un certain nombre d’états de sept à dix millions d’habitants ». Bien que, « avec la tendance naturelle de toutes les choses vivantes, l’Allemagne se réunirait à moins que toute l’Europe ne soit cantonisée en même temps. La France, l’Italie et la Russie doivent être divisées aussi. » Ainsi, « c’est seulement en découpant entièrement le continent européen qu’il sera possible d’éliminer honorablement l’Allemagne ou tout autre grande puissance sans avoir à infliger à aucune l’anathème d’un nouveau Versailles. »

Et c’est là que les masques tombent, car nous constatons bien que Kohr offre, devant ses maîtres anglais, une stratégie de domination politique.

Comment faire accepter ce projet ?

Ensuite, Kohr révèle dans le chapitre 10 de  La décomposition des Nations  sa stratégie pour faire accepter un tel dépècement des nations. Il constate que si les tyrans peuvent dépecer les pays par la force et par la guerre, « la guerre n’est heureusement pas le seul moyen par lequel on peut diviser les grandes puissances ».

Cependant, Kohr ne croit guère que l’on puisse convaincre une grande nation d’abandonner sa puissance :

« Englouties dans un marais d’émotivité infantile et attachant une valeur phénoménale au fait qu’elles sont grandes et puissantes, elles ne peuvent être persuadées d’opérer leur propre dissolution. Mais, étant infantiles et émotionnelles, on peut les y amener par la ruse. Alors, qu’elles rejetteraient leur division, si elle leur était présentée comme une exigence, elles pourraient tout à fait la désirer, si on la leur offrait sous l’apparence d’un cadeau. Ce cadeau serait : la représentation proportionnelle dans les instances dirigeant l’union fédérale dont elles font partie. L’acceptation de cette offre ne causerait rien moins que leur disparition finale. »

Et il rajoute :

« La France - pour illustrer la technique de division sur un pays qui s’accroche avec une ténacité particulière aux concepts de pouvoir et de gloire-ne consentirait jamais à être partagée en ses régions historiques originelles. Mais elle n’objecterait certainement pas à une invitation à être représentée dans les corps représentatifs du Conseil de l’Europe, par, disons, vingt délégués votants comparés avec, disons, un délégué du Luxembourg, trois délégués du Danemark et cinq délégués chacun de la Belgique et des Pays-Bas. »

Les petits pays seraient évidemment furieux de voir s’officialiser une situation qui est pourtant leur « désagréable condition réelle ». Ils n’accepteront cette règle que, dit Kohr, si « les vingt membres de la délégation française étaient élus, non nationalement, mais régionalement... » « Un tel changement » (...) « provoquerait la dissolution finale de la France. » Pour y arriver, la sous-division de la France en une vingtaine de « district conseil-européens ne serait pas suffisante » et donc un fort fédéralisme s’impose comme étape intermédiaire « vers l’intégration couronnée de succès dans une plus grande organisation internationale. »

Kohr cite ici ce que pensait son professeur à la London School of Economics, Henry C. Simons :

« Une grande vertu du fédéralisme ou de la décentralisation extrême dans de grandes nations est qu’il facilite leur extension vers l’organisation mondiale ou leur absorption dans de toujours plus grandes fédérations. Si les gouvernements centraux étaient, comme ils devraient l’être, en grande partie les dépositaires de pouvoirs non exercés, tenus simplement pour empêcher leur exercice par les unités constitutives ou des organisations extragouvernementales, alors l’organisation supranationale serait facile sinon presque gratuite. En fait, une telle décentralisation ou désorganisation de grande nation est à la fois la fin et les moyens de l’organisation internationale. »

La France acceptera-t-elle un tel projet ?

Se pose alors, la question de comment convaincre des grands pays à renoncer à leur puissance. En particulier la France, acceptera-t-elle un tel projet ? Pour Kohr :

« La réponse est oui, et pour différentes raisons. En premier lieu, (...) la division serait présentée sous forme d’un cadeau. » Egalement, puisque les pouvoirs gouvernementaux ne seront pas enlevés, « aucun sentiment patriotique ne serait blessé. Le changement révolutionnaire serait d’un caractère purement interne. Ce serait une destruction par laquelle rien qui compte ne serait détruit. Ce serait une élimination sans victimes. Il n’y aurait aucune loi étrangère, aucune occupation étrangère, aucun changement du commerce ou de quoi que ce soit sauf dans le fait que le gouvernement et la souveraineté se seraient soudainement rapprochés de l’individu, le dotant dans la sphère plus petite des nouvelles unités souveraines d’une dignité et d’une importance qu’il ne possédait pas précédemment. Il trouverait cela charmant, et non désagréable. »

Aldous Huxley, dont Orwell suivait les cours, n’avait-il pas dit qu’ « il y aura dès la prochaine génération une méthode pharmaceutique pour faire aimer aux gens leur propre servitude, et créer une dictature sans larmes, pour ainsi dire, en réalisant des camps de concentration sans douleur pour des sociétés entières, de sorte que les gens se verront privés de leurs libertés, mais en ressentiront plutôt du plaisir... »

Notez ici que Kohr, lorsqu’il suggère en 1945 la création d’un Conseil Européen avec siège à Strasbourg, cette institution n’existait pas encore. Il faut attendre le Congrès de La Haye de 1948, dirigé par Winston Churchill, qui, devant Raymond Aron, Denis de Rougemont, Coudenhove-Kalergi et Mitterrand parmi d’autres, y lançait un appel vibrant pour la création des « Etats-Unis d’Europe ». L’accord de La Haye deviendra en 1949 le traité de Londres... Ensuite, le livre de Kohr sortira en librairie en 1957, l’année de Spoutnik et l’année de la fondation des Communautés Economiques Européennes... Faisons l’Europe !

Northcote Parkinson et Freddy Heineken

Par la suite, un autre haut fonctionnaire de l’empire britannique, l’historien de la marine anglaise Cyril Northcote Parkinson (1909-1993), reprendra à son compte la thèse de Kohr. Si ce dernier voyait d’un bon œil la multiplication des administrations permettant à plein de gens de se penser importants, Parkinson y voyait le contraire, affirmant que les grands états créent d’énormes bureaucraties (sa « loi de Parkinson ») à l’opposé de petites entités sous la coupe de monarques qui eux savent gérer avec peu de personnel.

John Train, le banquier millionnaire new-yorkais qui a monté toute la campagne de dénigrement contre Lyndon LaRouche et son ami Jacques Cheminade en France, était un ami de « Cyril » en mémoire duquel il créa une fondation (rebaptisé récemment John Train Foundation) pour défendre la « libre entreprise ».

Freddy Heineken

Ensuite, à un moment donné, le parcours de Parkinson a croisé celui du roi de la pub hollandais, le magnat de la bière Freddy Heineken (1923-2002), selon certains en bons termes avec François Mitterrand. Heineken raconte dans une lettre qu’après sa rencontre avec Cyril Northcote Parkinson, il décide d’engager une équipe de géographes hollandais pour redessiner la carte de l’Europe suivant les critères défendus par ce génie.

Quelques semaines après la signature des accords de Maastricht, Heineken publia d’ailleurs un pamphlet  Les Etats-Unis d’Europe (a Eurotopia ?)  où il préconise la division de l’Europe en 75 régions ou mini-états possédant une taille dite « optimale » d’environ 5 à 7 millions d’habitants, parfaitement fidèle à l’esprit de Kohr.

Ce projet provoqua beaucoup de bruit. Heineken s’est même vu dans l’obligation de faire redessiner sa carte après que le gouvernement grec, consterné par la taille inquiétante qu’avait pris la Macédoine sur sa carte, déclara un embargo sur sa bière.... Certains serbes restent eux aussi assez intrigués par la similitude frappante entre la carte de Heineken et les frontières actuelles tracées par les diplomates à la fin de la guerre des Balkans.

Dans son pays natal, la carte d’Heineken a également fait débat, car la Belgique n’y est même pas divisée entre Flamands et Wallons (à l’horizontale), mais la logique d’un retour à des « nations » anciennes imposerait la réunification (à la verticale) du Brabant néerlandais avec le Brabant belge et de la province néerlandaise de la Hollande avec les Flandres belges et les Flandres françaises...

La globalisation à l’assaut de l’état-nation

Si jusqu’à ce jour des chefs d’états comme De Gaulle, ou d’autres, considéraient ses plans comme des foutaises maléfiques ou comme des simples hypothèses de lycéens attardés, les nouveaux facteurs économiques de la mondialisation font en sort que ce qui semblait loufoque et utopiste hier, risque malheureusement de se réaliser devant nos yeux.

D’abord, dans ses applications sur le terrain, la « mondialisation » a administré des véritables coups de bélier contre les états : les privatisations des grandes entreprises privées et publiques, les fusions acquisitions avec des groupes transnationaux et la politique des délocalisations effacent tout attachement sentimental qu’une population peut avoir avec l’état-nation qu’elle habite.

Ainsi, la Belgique, pour ne pas la nommer, a vu « s’évaporer » des secteurs nationaux entiers : Le groupe français Suez Lyonnaise des Eaux acquiert la totalité de la Société Générale, jadis le plus grand acteur économique du pays (à une époque 60 % de l’activité du pays). Le géant pétrolier anglo-français Total prend le contrôle de Petrofina, ING achète la Banque Brussel Lambert belge, le groupe français Usinor prend le contrôle de la société belge Cockerill Sambre, la banque française Dexia met la main sur le Crédit Communal et le géant français de l’assurance Axa acquiert la Royale Belge. Les forges de Clabecq sont fermées, les délocalisations font disparaître Renault Vilvoorde et la compagnie aérienne belge Sabena dépose le bilan après l’échec de l’alliance avec Swissair. Loin de faire naître des petits pays, et lors de l’occupation nazie, pendant qu’on promet aux crédules une « Flandre autonome » ou une « Wallonie indépendante » la mondialisation financière « évaporise » le plat pays.

Ensuite, jusqu’ici deux questions majeures avaient fortement retenu les candidats à la sécession : celle de frapper sa propre monnaie -une entreprise assez périlleuse, et la nécessité de pouvoir garantir l’accès à un grand marché pour pouvoir vendre ses produits. Cependant, il s’avère qu’aujourd’hui, si les candidats à l’indépendance font partie d’une « zone monétaire », tout devient possible -comme le dirait Sarkozy.

Robert Mundell et les zones monétaires optimales

En Europe, il est à remarquer qu’un des « pères de l’Euro » et donc de la banque centrale européenne a été l’économiste canadien néo-Keynesien Robert Mundell, né en 1932, prix Nobel d’économie en 1999, lui aussi sorti de la London School of Economics et actuellement professeur à l’Université Columbia à New York. Parmi les disciples de Mundell, on trouve le directeur actuel de la banque d’Italie Mario Draghi (champion des privatisations imaginées entre copains sur un yacht de luxe du nom de Britannica). Pendant la gouvernance Berlusconi, Draghi était un des hauts responsables de la banque d’affaires new-yorkaise Goldman Sachs pour l’Europe avant de redevenir le directeur de la banque centrale italienne sous Prodi. L’autre disciple de Mundell est l’ancien PDG de LTCM Alberto Giovannini, dont la firme spéculative, par sa faillite spectaculaire en septembre 1998, a failli conduire tout le système financier mondial à un « Tchernobyl financier ».

En « sciences économiques », Mundell a été avec Marcus Fleming à l’origine de « la théorie des zones monétaires optimales ». Dès 1960, donc trois ans après la création de la CEE et de la publication du livre de Kohr, Mundell affirme que pour que des zones économiques soient « optimales », il est nécessaire que les pays qui les composent n’aient pas de différentiel d’inflation, ne subissent pas de chocs asymétriques mais au contraire connaissent une libre circulation des individus (facteur travail) et des flux financiers (facteur capital). Vous voyez d’où viennent aussi bien la directive Bolkestein (facteur travail) que les fameuses « critères de convergence » purement monétaires (facteur capital) imposés préalablement à l’introduction de l’euro... et totalement contreproductifs du point de vue de l’économie réelle. Comme nous l’avons montré, le fait de faire partie d’une zone monétaire facilite fortement l’éventualité d’une sécession. Le deuxième facteur, implicite dans le premier, reste la question, pour un nouveau pays en rupture de ban, de disposer d’un marché autre qu’un marché domestique ou national. La transformation de l’Europe en une vaste zone de libre échange en osmose avec la mondialisation leur offre un marché Europe intégré dans un marché monde.

Le cas de la Belgique

Ces thèses destructrices sont au cœur de la décompositiondelaBelgique.Elleslesont àtravers The Size of Nations ,unlivre provocateur publié en 2003 au MIT par deux économistes italiens de grand renom travaillant aux Etats-Unis : Alberto Alesina, chef de la section économie à Harvard etEnricoSpolaoredel’UniversitéTufts.Tous deux ont travaillé pour le FMI et la Commission Européenne et ont des responsabilités au National Bureau for Economic Research(NBER) une institution privée financée exclusivement par les quatre fondations patriciennes directement mécènes de la secte néo-conservatrice américaine (Bradley, Scaife, Olin et Smith Richardson). Notez ici qu’en juin 2005, Alesina s’est rendu avec Mundell en Chine où ce dernier travaille comme conseiller auprès du gouvernement.

Faisant la synthèse entre Kohr et Mundell, les deux auteurs affirment que les frontières d’une nation ne résultent surtout pas d’un  vouloir vivre en commun , essence de toute république, mais d’un simple marchandage pragmatique sur  les avantages de la taille et le coût  de la gestion d’un territoire hétérogène.En bref, on applique l’analyse coût/bénéfice utilisé (souvent stupidement) en entreprise à la gestion de ce qu’ils pensent être la bête humaine. Après avoir examiné les avantages qu’offre un grand pays (faible coût des services publics par tête, meilleure répartition de la pression fiscale, meilleure défense, etc.) les auteurs s’interrogentsur la richesse. Si un grand pays devrait en théorie être plus riche, ils affirment qu’en réalité « le volume des dépenses dans un pays dépend essentiellement de l’ouverture de ce pays au commerce ». De là, évidemment, par pure logique aristotélicienne, découle l’argument qu’un pays « intégré dans le marché mondial possèdele monde comme marché » et que, par conséquent écrivent-ils, « l’intégration économique conduit à la désintégration politique ». La chose est dite : la mondialisation (l’intégration économique et financière), conduit, par sa propre nature, à la décomposition des nations. On saisit mieux pourquoi TheSize of Nations est devenu en Belgique le livre de chevet des indépendantistes flamands.

Frans Crols, le directeur flamand de la revue économique influente  Trends  et indépendantiste de coeur résume assez bien les conclusions du livre :

« En 2004 a été publié The Size of Nations d’Alberto Alesina et Enrico Spoaore, deux économistes italiens qui enseignent dans des grandes universitésaméricaines. Spolaore a été chercheur pendant quelques années à l’Université Libre de Bruxelles. La question qui intriguait Alesina et Spolaore était : sur le fédéralisme et la décentralisation il y a des tas d’études et des textes. Sur le phénomène de l’apparition de plus en plus rapide de nouveaux états, aucun manuel n’existe, aucun texte qui puisse lesguider. Voilà à quoi essaie de répondre le livre très bien accueilli The Size of Nations. Quelles en sont les conclusions :

1) Il existe plus de nations dans un monde démocratique que dans un monde non-démocratique (la démocratie fait tâche d’huile et le nombre de pays indépendants continuera à s’accroître. [En 1945 : 74 pays indépendant,en2003 :193]

2) Le nombre de pays va continuer à croître parce que des grandes zones de libre échange voient le jour comme l’Union Européenne et le Nafta (ALENA : Association de libre échange nord américain). Pour le Québec, rien ne changera avant ou après une séparation avec le Canada car il continuera à faire partie de l’Alena ; pour les Flandres, rien ne changera car, et la Flandre, et la Wallonie continueront de faire partie du marché unique européen et de l’UE.

3) Les coûts de l’hétérogénéité d’un pays peuvent devenir tellement élevé que les citoyens d’une sous division plus homogène décident de faire baisser les coûts en érigeant ensemble un low cost country basé sur plus de cohésion, plus de capital social, moins de disputes et moins de pertes de temps. »

Frans Crols est un des auteurs du Manifeste pour une Flandre indépendante en Europe, publié en décembre 2005 par le think-tank flamand  In de Warande , qui exige, sur la base d’un argumentaire « purement économique », la dissolution de la Belgique à l’image du divorce de velours qui a dissout la Tchécoslovaquie « à l’amiable » en 1992. Pour ces indépendantistes, il est souhaitable que Flandres et Wallonie deviennent des nations indépendantes, tandis que Bruxelles - aujourd’hui enclave à prédominance francophone dans la région flamande - obtiendrait un statut... du type Washington D.C.

Nous avons documenté ailleurs la nature néo-conservatrice de leur projet qui vise surtout à mettre fin à un des meilleurs systèmes de protection sociale du monde. Si après 1960 le transfert d’argent (à ne pas confondre avec la richesse) s’est inversé entre les Wallons et les Flamands, l’argent a été essentiellement utilisé pour renflouer des grands groupes financiers au détriment des populations. Retenons simplement ici le fait que, statistiques à l’appui, le manifeste de  In de Warande  étoffe l’argumentaire de The Size of Nations. Ce manifeste vient-il de simples militants indépendantistes flamands ? Non, le président du think-tank flamand est le banquier Rémi Vermeiren, ancien patron de la KBC Banque & Assurance, grand spécialiste des produits dérivés et administrateur d’une société minière spécialisée dans le cuivre, et ces membres sont des patrons plutôt de droite parfois membres investis dans des partis sécessionnistes.

Enrico Spolaore (à gauche, debout) au Parlement flamand. A droite, debout, Bart de Wever
Point étonnant donc qu’Enrico Spolaore, un des co-auteurs de The Size of Nations fut sollicité en juin 2005 à ouvrir les travaux d’un colloque au parlement flamand. Lors du débat, Bart de Wever, le président du parti indépendantiste Nieuw-Vlaamse Alliantie (ex-Volksunie), affirmait que « le romantisme est important, mais ne convainc pas les jeunes Flamands au XXIe siècle. Nous devons rationaliser notre discours », (c’est-à-dire parler à la cupidité bien moderne...). Le drame de la Belgique est le fait que De Wever, un historien formé à l’Université de Leuven qui se réclame de l’idéologie du penseur réactionnaire Edmond Burke, fait aujourd’hui partie des négociateurs officiels chargés de former un gouvernement d’une Belgique dont il souhaite la mort... Sa présence à l’enterrement du fondateur de Vlaams Blok Karel Dillen en mai 2007, en présence de Jean-Marie Lepen, mérite également réflexion.

Le 6 septembre 2007, The Economist de Londres, qui avait publié les premiers articles de Northcote Parkinson et très bien accueilli The Size of Nations, constatant cyniquement l’impasse survenue après trois mois d’efforts en vue d’un nouveau gouvernement belge, affirme sans aucune honte dans un article « C’est le moment d’en finir » que :

« le pays est devenu une monstruosité de la nature, un Etat où le pouvoir est tellement sous-délégué que le gouvernement est un vide que l’on tient en horreur. En bref, la Belgique a servi son objectif. Un divorce praline est à l’ordre du jour. Les belges ne devraient pas se sentir tristes. Les pays viennent et s’en vont ».

Comme sous l’occupation, les indépendantistes se font des grosses illusions en pensant que le diable va leur offrir une « belle petite république ». Nous leur donnons comme seul conseil de ne pas lire que les premières pages des œuvres de Kohr et d’Alesina, mais aussi les dernières...

Maastricht et Eurocities

On oublie parfois que le traité de Maastricht de 1991, ou le principe de la subsidiarité -qui affirme que ce sont les autorités les plus petites qui ont priorité de mandat-, a également donné naissance au Comité des Régions de l’Union Européenne que préside Michel Delebarre, maire de Dunkerque. Doublé du réseau Eurocities dont les membres sont des régions et une centaine de grandes villes d’Europe, un puissant lobbying en faveur de la décentralisation s’active. Le président actuel d’Eurocities est Gérard Collomb, maire de Lyon, tandis que Paris et Nantes comptent parmi les membres français.

Réunion d’Eurocities à Lyon

En 2002, peu de temps avant sa mort, Freddy Heineken a aussi pu exposer son projet, en session fermée, devant les représentants d’Eurocities réuni à Amsterdam. Heineken y plaisantait en disant que pour résoudre le problème politique de l’intégration européenne, il faudrait déporter l’ensemble de la population européenne aux Etats-Unis et de la faire revenir par la suite... Devant sa carte, un des participants remarqua avec optimisme et opportunisme que l’emplacement des 75 régions ou « Etats-Unis d’Europe » d’Heineken semblait coïncider avec l’emplacement de 75 grandes villes membre d’Eurocities...

En réalité, on ne prévoit même pas des mini-états, mais des « cités-unis d’Europe ». Ce que certains appellent à juste titre comme « la régression médiévale » de Kohr n’est donc plus un simple retour à des nations ou régions du passé, mais la création d’un empire global composé de cités états, plus ou moins dé-territorialisées. L’architecte designer austro-britannique Christopher Alexander, présent à la conférence d’Eurocities d’Amsterdam, est un autre propagandiste de cette démarche. Citant le Britannique décadent Lord Weymouth qui pense que les limites démographiques d’une région vont de 2 à 10 millions, Alexander affirme : « Faites ce que vous pouvez pour établir un gouvernement mondial, avec mille régions indépendantes à la place de pays. » Son inspirateur Lord Weymouth proposa ni plus ni moins qu’un gouvernement mondial avec un seul représentant pour chaque pays peuplé d’environ 10 millions d’habitants. Notons qu’il existe aux Pays-Bas un « club des dix millions » qui, inspiré par le chiffre de Lord Weymouth cherche à réduire la population du pays, actuellement au-delà de 16 millions, à 10 millions seulement ...

Robert Mundell

Sur le plan économique, ce n’est pas un hasard que Robert Mundell caresse le vieux fantasme d’une monnaie unique mondiale. En 2003, il a réuni dans son palais renaissance à Sienne un petit groupe de banquiers pour discuter du projet de « monnaie unique mondiale ». Feu Robert Bartley, qui fut l’ami de Mundell et le rédacteur émérite du Wall Street Journal (connu pour son animosité vis-à-vis de LaRouche) disait que « si l’euro peut remplacer le franc, le mark et la lire, pourquoi une nouvelle monnaie mondiale ne pourrait-elle pas fusionner le dollar, l’euro et le yen ? » Une telle monnaie pourrait être appellé le « dey » (contraction de « dollar, euro, yen »). Bartley ajouta que pour cela il fallait entreprendre « la plus grande de toutes les réformes, une banque centrale supranationale. »

Comme on le voit, les tenants de ce modèle prônent en réalité l’instauration d’un gouvernement malthusien mondial. Le cantonalisme, la régionalisation, le fédéralisme et aujourd’hui les sécessions ainsi que l’intronisation des grandes villes comme des entités politiques au-dessus des états-nations, ne sont que différentes facettes d’une politique visant à détruire les grandes nations afin de mieux pouvoir se débarrasser des petites.

Voir Venise et mourir

Comme on le voit sur la couverture de The Size of Nations -puisqu’on y voit un agrandissement de Venise- pour Alberto Alesina le modèle est cette Sérénissime République, car ce « pays pauvre » est peuplé de gens immensément riches ! Dans le chapitre 11, p.176, Alesina donne en exemple la belle épopée des cités-états du moyen age : « Venise, Lisbonne, Gênes, Anvers et Amsterdam dans l’ordre chronologique de leur leadership » ; et il ajoute que « les cités-états de cette période sont un exemple limpide d’une entité politique capable de prospérer économiquement même si extrêmement petite car son marché était sans relation avec sa frontière. »

Pas une ligne sur le trafic des esclaves, le pillage colonial d’autres pays, les croisades et autres spéculations financières à l’origine de la richesse de la Sérénissime République de Vénise... et de l’empire britannique par la suite.

Léopold Kohr, on s’en doutait, est lui aussi un admirateur farouche de Venise. Dans un roman de politique fiction « Le Duc de Bon-Conseil », Kohr élabore un scénario où un bidonville de Porto Rico devient une cité état prospère en appliquant ses préceptes. Le secret ? Il suffit de nommer un millionnaire comme duc du lieu avec l’obligation d’y résider et d’y faire éduquer sa progéniture. La duchesse, forcément, exigera la construction d’un palais, et quand le matin elle ouvre les fenêtres, elle ne supportera plus la vue sur le bidonville. Elle exigera de son mari d’entourer le palais de belles résidences et la construction de bonnes écoles avec les meilleurs enseignants que la planète puisse nous offrir et qui enseigneront aussi aux pauvres... L’article se termine avec la pirouette suivante qui montre qu’il s’agit de Venise :

« De même Venise a commencé sa carrière scintillante comme un taudis épouvantable. Si elle avait suivi les conseils modernes et attendu son développement jusqu’à ce que l’Italie ait été unie, les Nations Unies établies, le Marché Commun formé, elle serait toujours un taudis aujourd’hui. Et il en serait de même d’Urbino, Perugia, Assise, Parme, Padoue et la plus grande part des prestigieux autres. En allant de l’avant toute seule à la façon du Duc de Buen Consejo, elle a violé tous les principes d’une politique, d’une économie, d’une planification, d’une théorie de la localisation, saines, en fait de l’équilibre intellectuel lui-même. Car qui, excepté un imbécile ou un bohémien miséreux, construirait au milieu d’une lagune. Mais elle nous a donné Venise. »

Etats-Unis et la France

Si vous pensez que ceci est un complot américain, vous vous trompez complètement. Alesina attaque fortement les arguments de James Madison dans les Federalist Papers, où Madison plaide les avantages d’un vaste territoire d’une grande diversité nationale.

Depuis peu, des mouvements sécessionnistes se sont constitués aux Etats-Unis et entretiennent des liens avec leurs co-penseurs en Europe. Ils réclament une république du Texas, de la Californie, du Vermont, du New Hampshire. Le 4 octobre 2007, réunis à Chattanooga au Tennessee, les délégués ont adopté une déclaration commune. Affirmant que les questions de liberté dépassent le clivage gauche-droite, et que la mainmise des grandes corporations met en danger la santé et la prospérité des citoyens américains, ils y constatent que « l’empire américain n’est plus une nation ou une République, car devenu agressif à l’étranger et despotique à l’intérieur ». Au nom des droits inaliénables définis par la constitution américaine, qui justifiait la désunion avec l’empire anglais, la charte de Chattanooga autorise la décomposition des Etats-Unis.

Si les instigateurs de la manœuvre sont l’auteur écologiste radical Kirkpatrick Sale, spécialiste des Luddites qui fait parfois écraser des ordinateurs pendant ses discours, et le libertarien Thomas Naylor, professeur émérite de Duke University, et que le nombre de délégués reste très groupusculaire, la démarche « originale » fut largement couverte par le New York Times et USA Today. Le site Internet du Middlebury Institute que dirige Sale, étale toutes les cartes de Kohr et des chapitres entiers de  La décomposition des nations . Les sécessionnistes américains, au-delà de la transformation des « états » en « nations » revendiquent « l’ensemencement nucléaire » (l’utopie d’une immense multitude de petits noyaux de co-habitation) prôné par Leopold Kohr.

Mais, fait nouveau, Sale et Naylor, plutôt écolos et gauchisants n’ont pas hésité depuis peu à sceller un pacte avec les nostalgiques néo-confédérés sudistes en particulier ceux de la Ligue du Sud crée par James Michael Hill en 1994. Hill est un historien des « guerres celtiques » menées par les Irlandais et les Ecossais contre l’Angleterre. Il affirme vouloir éduquer la jeunesse de « Dixie » et préside le League of the South Institute (LSI), fondé avec l’argent de la Mary Noel Kershaw Foundation de Nashville, Tennessee. La fondation finance des monuments en mémoire des « héros » d’un sud esclavagiste et le LSI annonce la publication d’un « livre gris », véritable projet pour l’indépendance du Sud.

Enfin pour la France, la pensée de Kohr est entrée en France par deux petits détours. D’abord, il a écrit pour son ami, le fondateur du parti indépendantiste du pays de Galles, endroit où Kohr s’est installé à partir de sa retraite universitaire en 1977, un livre du nom « Is Wales viable Teddy Goldsmith, mécène de la « décroissance »

L’autre cheminement des idées de Kohr est le mouvement de « la décroissance ». Lors de la création du Fourth World Educational and Research Association Trust, Kohr en est administrateur aux cotés de l’auteur radical écolo et sécessionniste américain Kirkpatrick Sale et des aristocrates anglais Lord Beaumont, John Seymour, et l’inévitable Edward Goldsmith. C’est le même Goldsmith, propriétaire de la revue The Ecologist qui est le mécène du mouvement de « la décroissance », traduction française du terme anglais « de-development » apparu pour la première fois dans The Ecologist en 1977. Dans la même direction va la démarche intellectuelle de José Bové. Dans un entretien au Nouvel Observateur du 17 février 2002, après avoir affirmé que « l’état n’était plus le lieu des réponses aux questions que nous nous posons » et que « L’Etat-nation peut disparaître, cela ne changera pas grand-chose », Bové traitait d’escroc toute personne qui faisait « croire que l’Etat-nation peut être un rempart contre la mondialisation ! »

Leur combat pour la défense de l’environnement n’est qu’un simple prétexte moral pour combattre l’existence d’état-nations modernes. Car la maîtrise du nucléaire et d’autres technologies de pointe nécessitent une division de travail que seuls des états-nations développés puissent atteindre. Ce n’est pas « le nucléaire » ou « les OGM » qui les inquiètent, mais une société qui progresse par sa remise en cause permanente des limites, des « certitudes », des préjugés, des axiomes et l’imbécillité rurale qui contamine les bobos de villes.

Je pense qu’après ce tour d’horizon, nous pouvons conclure que « Small is often not beautiful at all »

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« Répondre #138 le: 08/01/2008 - 15:07:15 »

 8)
Les réserves d’hydrocarbures en Algérie : Pour combien d’années aurons-nous encore du pétrole ?
Liès Sahar - El Watan - 8 janvier 2008
http://www.elwatan.com/spip.php?article84273

A voir LA MAFFIA DE L'OR - GOLD MAFFIA - Gold Scandal - Switzerland
http://www.liveleak.com/view?i=f12_1195866500
http://www.liveleak.com/view?i=135_1179593914
http://www.liveleak.com/view?i=89d_1199723853


L’évocation de l’état des réserves de pétrole et d’hydrocarbures de l’Algérie par un ancien PDG de Sonatrach et par l’actuel ministre de l’Energie et des Mines a pris l’allure d’une polémique non voulue par celui qui avait abordé ce thème, en l’occurrence l’ancien PDG de Sonatrach et ancien ministre des Ressources en eau, Abdelmadjid Attar.

Lors d’un entretien avec le quotidien El Khabar au mois de décembre 2007, M. Attar avait indiqué que les réserves prouvées de pétrole de l’Algérie suffisaient pour 18 ans encore en matière d’exportation et de consommation interne.

Quelques jours plus tard et lors d’un point de presse à Skikda, le ministre de l’Energie et des Mines, Chakib Khelil, avait déclaré que l’Algérie dispose d’un potentiel considérable de réserves pétrolières et gazières en affirmant que « nos réserves peuvent s’étaler au-delà de quarante années ».

Un site d’information sur internet avait relevé les différences entre les deux déclarations en évoquant une polémique, ce qui a amené M. Attar à faire une mise au point pour reconstituer sa déclaration dans le contexte. « Suite à l’article paru le 13 décembre 2007 dans le quotidien El Khabar (rubrique Foutour Essabah), j’ai répondu à plusieurs questions relatives à des sujets d’actualité dont les réserves pétrolières de l’Algérie. Mes déclarations ont été par la suite reprises par d’autres médias et interprétées de rumeurs, de critiques ou de contradictions vis-à-vis d’autres sources », a indiqué M. Attar « Cette opinion n’était destinée à contredire personne, encore moins à induire en erreur ou faire du tort à quiconque. Je n’ai de leçon à donner à personne. L’objectif était plutôt de faire prendre conscience que les ressources pétrolières de l’Algérie ne sont pas éternelles et qu’il fallait en urgence prévoir leur remplacement par de nouvelles ressources financières (emplois et investissements créateurs de richesses durables) et des ressources énergétiques renouvelables », a expliqué M. Attar. « Quant aux chiffres que j’ai avancés, je persiste et je les confirme, sauf qu’il faut préciser que j’ai avancé 18 ans d’exploitation – à partir des réserves prouvées – au cours desquels l’Algérie pourra encore exporter du pétrole liquide – et je suis optimiste –, étant entendu qu’au-delà on pourra encore produire pour les besoins de la consommation intérieure seulement, bien que je ne sois pas sûr que cela suffira à couvrir les besoins du pays à partir de cette date, à moins que nous fassions de nouvelles découvertes importantes – je le souhaite –, ou que nous soyons prêts à ce moment-là à produire et maîtriser les énergies renouvelables et le nucléaire », a-t-il ajouté.

Les statistiques de BP

Mais sur quoi se basent les deux pétroliers pour affirmer deux choses en apparence contradictoires. M. Attar se base sur les statistiques publiées annuellement par le groupe pétrolier BP qui attribue à l’Algérie des réserves de pétrole prouvées dont le ratio serait d’environ 16,8 ans sur la base du niveau d’extraction actuel.

Ces réserves qui étaient de 8,8 milliards de barils de pétrole en 1986 sont passées à 10,8 milliards de barils en 1996. A la fin de l’année 2006, BP les a estimées à 12,3 milliards de barils. Pour le gaz, le ratio est plus important puisque selon BP l’Algérie dispose de réserves qui lui permettent de produire au taux actuel plus de 50 années. Le ratio calculé par BP est de 53,3 ans. Si M. Attar a raison de déclarer que les réserves de pétrole suffisent pour 18 ans environ, M. Khelil a lui aussi raison de déclarer que l’Algérie dispose d’un potentiel considérable de réserves pétrolières et gazières en affirmant que « nos réserves peuvent s’étaler au-delà de quarante années ». Selon les statistiques de BP, les réserves de gaz étaient de 3220 milliards de mètres cubes en 1986. Elles sont passées à 3660 milliards de mètres cubes en 1996. En 2005, elles ont encore augmenté à 4552 milliards de mètres cubes pour se maintenir encore à ce niveau en 2006. Comme on le voit, les réserves d’hydrocarbures ne sont pas statiques, elles évoluent selon une dynamique marquée par l’effort d’exploration et l’évolution technologique. Les anciens du secteur de l’énergie rappellent souvent une anecdote significative. Au début des années 1970, le responsable en charge du secteur, Belaïd Abdeslam, leur avait déclaré que l’Algérie doit se préparer à l’après-pétrole, car ses réserves seront épuisées en 2000 et elle sera obligée d’importer du pétrole en 2000. Trente ans après, soit durant la même année 2000 ciblée comme marquant la fin du pétrole en Algérie, les réserves de pétrole de l’Algérie étaient supérieures à celles de 1971, malgré les quantités importantes exportées et consommées localement durant 30 ans. Cette reconstitution des réserves a été permise par le grand effort d’exploration grâce au partenariat avec les compagnies internationales et l’introduction des nouvelles technologies.

L’évaluation de Sonatrach

Selon les données de Sonatrach révélées par l’ancien PDG, le défunt Djamel Eddine Khene, qui s’exprimait en qualité de vice-président amont au mois de février 2003 au cours d’un séminaire sur la géologie pétrolière, les estimations faites dernièrement indiquent que « plus de 40 milliards de barils équivalent pétrole récupérables et 5400 milliards de mètres cubes de gaz peuvent faire l’objet d’exploration au cours des prochaines années ». « La technologie a beaucoup évolué et elle permet de mieux visionner les gisements et de les connaître grâce au satellite et à des logiciels performants », avait-il ajouté. Revenant sur le bilan, il avait estimé que « le défi à relever est important dans la mesure où les 150 milliards de barils équivalent pétrole qui ont été découverts en Algérie depuis l’origine ne représentent qu’une petite fraction (5%) du potentiel d’hydrocarbures généré par les différentes roches mères ».

Le pays est encore sous exploré

Si la moyenne mondiale donne 100 puits d’exploration pour 10 000 km2, en Algérie cette moyenne est encore de 9 puits pour 10 000 km2. Les réserves de pétrole citées par M. Attar sont celles qui sont prouvées et qui peuvent être exploitées et commercialisées. Les réserves probables et possibles sont encore plus importantes. Si l’Algérie n’est pas le Koweït, elle recèle néanmoins un potentiel important comme l’avait précisé dans ces mêmes colonnes un autre ancien PDG de Sonatrach, devenu Premier ministre, Sid Ahmed Ghozali. Mais ces données ne doivent pas faire oublier le principe de base qui concerne les hydrocarbures. Elles ne sont pas renouvelables. Quelle que soit la durée de vie de ces réserves, 10, 20 ou 50 ans, l’Algérie est tenue d’amoindrir sa dépendance économique vis-à-vis des hydrocarbures qui représentent 98% de ses recettes d’exportation. Comme elle est tenue, pour ne pas être à la traîne, de se préparer dès maintenant à la maîtrise de la technologie des énergies alternatives comme le nucléaire et les énergies renouvelables, comme la technologie du solaire. En matière de solaire, le potentiel qui se trouve en Algérie est unique au monde.C’est là où peuvent intervenir ces hydrocarbures. Leurs recettes peuvent aussi aider à relever les défis à venir pour sécuriser l’approvisionnement énergétique et diversifier l’économie pour ne plus dépendre de ses mêmes hydrocarbures.
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« Répondre #139 le: 08/01/2008 - 15:59:51 »

informaticien,

Tu dis vrai et bravo concernant la fuite en avant, avec le support et soutien de "cerveaux et mains étrangères", sur des centaines de milliers de cadavres Algériens innoncents et naifs hommes, femmes et enfants (incluants les braves et naifs Touaregs), des idôlatres fanatiques (descendances incluses) "algeriens" de l'excrément du diable (le pétrole incluant le gaz naturel)  et des matières premières. Ces derniers "diables" sont des genocidaires, un milliard de fois pire que les nazis.

Des centaines de milliers de morts innoncents plus au moins manipulés ou "maléfiquement endoctrinés" , avec le support et soutien de "cerveaux et mains étrangères", par les idôlatres fanatiques (descendances incluses) "algeriens" de l'excrément du diable (le pétrole incluant le gaz naturel)  et des matières premières, seront les "sacrifices humains" d'un nouveau genre de ces immondes et maléfiques idôlatres fanatiques (descendances incluses) "algeriens" de l'excrément du diable (le pétrole incluant le gaz naturel)  et des matières premières.

Voir

La face cachée du monde occidental : Secrets et liaisons dangereuses http://www4.fnac.com/Shelf/article.aspx?PRID=1661252&Mn=5&Origin=fnac_google&Ra=-1&To=0&Nu=1&Fr=0

L’URANIUM EN ALGÉRIE : RESSOURCES ET PERSPECTIVES

Wilaya de Tamanrasset http://fr.wikipedia.org/wiki/Wilaya_de_Tamanrasset

Uranium - Les Touaregs en danger http://www.france.attac.org/spip.php?article8029

Exploitaion des gisements d'Uranium - Les risques pour la santé http://www.ccnr.org/uranium_cnp_f.html

Extraction de l'uranium
http://fr.wikipedia.org/wiki/Mine_d'uranium

danger gisement uranium

A voir LA MAFFIA DE L'OR - GOLD MAFFIA - Gold Scandal - Switzerland
http://www.liveleak.com/view?i=f12_1195866500
http://www.liveleak.com/view?i=135_1179593914
http://www.liveleak.com/view?i=89d_1199723853

http://www.google.fr/search?hl=fr&q=danger+gisement+uranium&btnG=Recherche+Google&meta=

---------

Flambée du pétrole : Une chance pour la France, leader du nucléaire
Marc Durin-Valois - Le Figaro, 09/11/2007
http://www.fsa.ulaval.ca/personnel/vernag/EH/F/cause/lectures/france__leader_du_nucl%E9air.htm
http://www.fsa.ulaval.ca/personnel/vernag/EH/F/cause/infra_energie.htm

Voir Le monde caché des affaires ou le monde des affaires cachées...
http://www.fsa.ulaval.ca/personnel/vernag/EH/F/deff/noir.html


L’énergie atomique est dopée par le baril attendu à 100 dollars, la fringale énergétique des nouvelles puissances industrielles et la lutte contre le réchauffement climatique. Dans l’âge nucléaire qui s’ouvre, instable et complexe, la France part en pole position.

A 40 dollars le baril de pétrole, l’énergie nucléaire est fortement compétitive. « A 100 dollars le baril - seuil psychologique qui marque un troisième choc pétrolier -, elle devient une véritable rente », dit Philippe Chalmin, le spécialiste français des matières premières. Surtout pour un pays comme la France qui, depuis une quarantaine d’années, aura investi près de 80 milliards d’euros dans l’atome pour assurer son indépendance énergétique. 78 % de la production française d’électricité relève ainsi du nucléaire (17 % de la consommation globale d’énergie), proportion qui place l’Hexagone en tête des grandes nations atomiques du monde.

Dans ce contexte particulier, Nicolas Sarkozy a décidé de faire tomber les tabous : « La France est prête à aider tout pays qui veut se doter de l’énergie nucléaire civile », a-t-il déclaré à l’ONU le 24 septembre dernier devant les représentants de 150 pays, dont 80 chefs d’Etat. Une provocation en pleine crise iranienne ? Plutôt une manière de définir une doctrine pour une France décidée à devenir l’acteur majeur d’un monde converti au nucléaire civil. Et d’affirmer les ambitions de notre filière industrielle menée par deux champions mondiaux, Areva et EDF, sur un gâteau mondial estimé par l’Agence internationale de l’énergie à plus de 100 milliards d’euros pour les deux prochaines décennies.

On avait ainsi connu un Jacques Chirac VRP multicartes de l’industrie aéronautique. Nicolas Sarkozy se pose, lui, en ambassadeur mondial de l’atome. Sans état d’âme. Et le président français n’a pas tardé à mettre en musique sa nouvelle doctrine. En visite à Rabat, il proposait le 22 octobre dernier que le Maroc « se dote d’une filière civile en partenariat avec la France ». En Libye, la résolution de l’affaire des infirmières bulgares aura eu son pendant nucléaire. Partout, Areva poursuit une intense activité commerciale dans un monde largement converti à l’atome.

Pour cela, il aura fallu une véritable révolution qui permette à une industrie décriée et en perte de vitesse - portant le spectre des accidents de Tchernobyl et de Three Mile Island - de figurer désormais comme une activité respectable, capable de générer la nouvelle révolution industrielle du troisième millénaire. Une multiplicité de facteurs complexes se sont imbriqués en un temps record. D’abord, la prise de conscience par les gouvernements de l’assèchement inexorable des réserves mondiales de pétrole et de gaz. D’où le sentiment d’aller droit dans un mur, alors qu’on attend en quarante ans un doublement mondial des consommations d’énergie, et que les énergies renouvelables peinent à représenter une production de masse. Autre menace nous prenant à revers au rythme galopant d’une marée : celui du réchauffement climatique, qui disqualifie autant le pétrole que le charbon ; ce dernier étant véritablement calamiteux en termes de rejets, malgré des réserves pléthoriques.

Or, le nucléaire dégage aussi peu de dioxyde de carbone que l’énergie éolienne ! La France affiche ainsi l’un des plus bas taux de rejet de CO2 lié à l’énergie des pays de l’OCDE, avec 1,68 tonne par habitant (contre 2,4 pour la Grande-Bretagne, 2,8 pour l’Allemagne, et 5,36 pour les Etats-Unis). Mutation spectaculaire, autrefois cauchemar des Verts, le nucléaire est devenu - c’est une révolution ! - écologique.

Une ruée planétaire

Le co-fondateur et ancien directeur de Greenpeace, Patrick Moore, a même lancé le 16 avril 2006 un véritable plaidoyer, inimaginable il y a encore quelques années, en faveur de l’atome. « En trente ans, mes idées ont évolué... Le nucléaire est peut-être la source d’énergie qui peut préserver notre planète. Les mouvements verts doivent revoir leur position », a-t-il écrit dans le Washington Times.

Un sentiment aujourd’hui qui prévaut autant à l’ONU qu’au sein de l’Europe, dont 35 % de la production électrique provient de l’atome. La Commission européenne, qui veut réduire les émissions de CO2 de 20 % à l’échéance 2020, s’est prononcée en janvier dernier en faveur d’une « nouvelle révolution industrielle » intégrant le nucléaire. En précisant qu’à cette date, la capture obligatoire du CO2 provoquera un surcoût de 25 à 30 % du charbon et du gaz, ce qui rendra l’atome encore plus attractif.

« Encore faut-il le rendre acceptable par les opinions européennes », précise Pierre Gadonneix, patron d’EDF. En Europe en 2005, un eurobaromètre mené auprès de 25 000 citoyens a montré que 55 % des habitants y étaient opposés contre 37 % favorables. Mais - évolution non négligeable -, dans cette étude, 62 % des habitants estimaient que le nucléaire permettait de diversifier ses sources d’énergie contre 41 % quatre ans plus tôt. Le signe d’un renversement de tendance que la hausse actuelle du baril devrait encore accroître.

Autant d’éléments qui font que, d’un bout à l’autre de la planète, c’est la ruée. Les 439 centrales exploitées dans 31 pays ne représentent que 17 % de la production d’électricité mondiale. Mais 33 nouveaux sites sont déjà en cours de construction. Chaque jour voit émerger de nouveaux projets : mi-2007, on en recensait 222 (dont 96 déjà planifiés), soit un bond de 46 % en un an. Et la France est aujourd’hui la mieux placée pour prendre une part prépondérante dans ce marché colossal qui devrait courir le long du siècle.

Car la vitrine nucléaire du monde, c’est l’Hexagone. La décision d’installer à Flamanville (Manche) une centrale de troisième génération relève d’ailleurs de cette logique : montrer aux clients internationaux que la technologie française est la meilleure du monde. Les projets pharaoniques dans l’Hexagone se poursuivent : Iter, qui prépare l’eldorado nucléaire via la fusion, constitue l’un des deux plus grands programmes scientifiques de la planète (10 milliards d’euros sur trente ans) et vient de poser sa première pierre à Cadarache. Au même endroit, on réfléchit aux surgénérateurs de la quatrième génération. Areva investit par ailleurs 3 milliards d’euros dans la plus grande usine d’enrichissement du monde à Tricastin, près de Valence : Georges Besse II prendra la suite d’Eurodif (un quart de l’uranium enrichi du globe) en 2014.

Les résultats économiques sont eux aussi scrutés à la loupe par nos partenaires et concurrents. Or le choix atomique fait par la France, juste après le choc pétrolier de 1973, se révèle visionnaire. Notre taux d’indépendance avoisine les 50 %. Sur une facture énergétique de 46 milliards d’euros en 2006 toutes énergies confondues, le nucléaire a évité l’importation de 13,5 milliards d’euros de gaz supplémentaire. La « rente nucléaire » profite autant aux entreprises qu’aux particuliers. Il y a non seulement la stabilité des tarifs de l’électricité qui nous rend moins vulnérables au prix du gaz. Mais en outre, selon Eurostat, la France est devenue le pays de l’Europe des Quinze où le prix de l’électricité à usage industriel est le plus bas. Et pour l’électricité à usage domestique, « les tarifs sont inférieurs de 20 % à la moyenne de l’Europe des Quinze », commente l’Observatoire de l’énergie.

Autre avantage : « 90 % des dé-penses du nucléaire sont effectuées sur le territoire national », rappelle le Commissariat à l’énergie atomique. Ce qui a permis la naissance d’une filière unique au monde. EDF, qui exploite les 58 réacteurs sur 19 sites en fonctionnement (leur âge moyen tourne autour de 20 ans) est devenu le premier électricien de la planète du nucléaire. Areva (ex-Cogema, créée comme fer de lance de cette politique) est aujourd’hui la seule entreprise internationale à être présente à toutes les étapes du nucléaire. Ce leader mondial fait travailler toute une industrie ; à commencer par Alstom, qui fournit les turbines des réacteurs. Seule inquiétude : Areva pourra-t-elle répondre à une telle hausse mondiale de la demande ? Sa présidente Anne Lauvergeon plaide pour une ouverture d’urgence de son capital.

Le choix du nucléaire se fait en outre sans confrontation majeure avec l’opinion publique française. Le Credoc constate que la perception des avantages dépasse celle des inconvénients. Le dernier Grenelle de l’environnement aura d’ailleurs été particulièrement discret sur le sujet. « On peut véritablement parler d’un «Grenelle radioactif», s’insurge le réseau Sortir du nucléaire. Car Nicolas Sarkozy a déminé la question écologique sans que soit remis en cause l’atome. » Le collectif Ecologistes pour le nucléaire rétorque, a contrario, que si cette électricité avait été produite par des centrales au gaz, la France aurait émis 128 millions de tonnes de CO2 supplémentaire renforçant l’effet de serre.

La matière première conforte le modèle économique du nucléaire : l’uranium ne représente en effet que 5 % du coût de l’électricité ainsi produite (contre 40 % pour le charbon et 70 % pour le gaz). Et ses réserves estimées assurent une consommation d’un siècle minimum. Areva sécurise ses approvisionnements pour une moitié au Canada - elle vient d’acquérir UraMin - et pour 40 % au Niger.

Une stratégie sécuritaire globale

On l’aura compris. La France tient une chance historique d’être au coeur de la révolution industrielle du troisième millénaire, associant le nucléaire aux autres énergies propres, tout en participant à une planète propre. Le démantèlement des usines en fin de vie et le traitement des déchets ultimes font partie des défis technologiques du secteur.

Mais la nucléarisation du monde donne aussi à l’Hexagone une responsabilité planétaire. D’une part, les risques d’accident comme la catastrophe de Tchernobyl ou de Three Mile Island imposent la mise en place d’installations toujours plus sûres visant à contenir les dégagements radioactifs dans l’atmosphère. EPR a ainsi intégré la leçon de Tchernobyl. Les prochaines centrales seront toujours plus axées sur la sécurité, qui inclut aussi la prévention d’attentats terroristes, notamment ceux voulant utiliser des avions gros porteurs en prenant les réacteurs pour cibles. Ces programmes de sécurisation tiennent aussi compte du transport des déchets et du recrutement du personnel des centrales.

L’autre aspect relève des considérations diplomatico-militaires. L’accession de certains pays au nucléaire civil n’est jamais exempte d’arrière-pensées dans le domaine militaire. C’est la théorie du peloton cycliste. « Tout pays tentant une échappée hors des règles légales entraîne dans son sillage un peloton de pays inquiets de maîtriser des technologies comparables : ainsi la Corée du Nord a provoqué la réaction du Japon, de Taïwan, et de la Corée du Sud ; l’Iran, celle de l’Egypte, de l’Arabie saoudite, de la Turquie et du Maghreb. Cela fait aussi partie de l’engouement actuel pour le nucléaire civil », remarque une source proche des services secrets français.

La sécurisation atomique de la planète suppose ainsi la mise en place d’une force d’intervention internationale, brutale, efficace, immédiate pour contrer les actions terroristes ou celles d’un Etat voyou. En attendant, l’Iran sert aujourd’hui de test. De la réponse donnée aux provocations atomiques de Téhéran et de la capacité à sortir de la crise dépendent aussi la cohérence et la stratégie de cette nucléarisation du monde.

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Uranium - Les Touaregs en danger
article publié le 3/01/2008
Issouf Ag MAHA - Maire commune Tchirozérine - Agadez Niger
Mardi 4 décembre 2007
http://www.france.attac.org/spip.php?article8029

On sait les propriétaires du capital, et leurs affidés publics et privés, prêts à tout pour préserver et accroître leurs profits (cf. dans ce numéro la présentation du dernier rapport du PNUD).
Alors que peuvent bien peser quelques tribus touarègues pas même sédentaires ?
Issouf Ag Maha, maire de Tchirozérine, proche d’Agadez au Niger, lance ce cri de révolte. Mais quels désastres pour les êtres humains et leur planète faudra-t-il donc encore avant que nous ne criions tous, déterminés et donc victorieux : « Stop » ?

Bravo pour la France,
félicitation pour Areva,
dommage pour les Touaregs


La France se glorifie à juste titre de sa nouvelle victoire, une performance qui lui a permis de signer un contrat fort alléchant avec la Chine pour la fourniture de deux réacteurs nucléaires EPR. Au mois de septembre c’était avec la Libye que le géant du nucléaire Areva vantait ses prouesses en promettant d’importants bénéfices au profit de la France. Quant à nous, touaregs du nord Niger, à chaque tournant de cette implacable tourmente, la sueur froide est de mise.

Il y a quelques mois je disais ceci :

« Aujourd’hui, les touaregs s’inquiètent de la distribution tous azimuts de permis de recherche et d’exploitation d’uranium sur leurs territoires sans que ne soit envisagée aucune mesure de compensation visant à en amortir les conséquences. Les tribus concernées devront quitter les lieux à la recherche d’hypothétiques territoires d’attache et de nomadisation. Les ressources exploitées donnent à l’État les moyens de les combattre, les maîtriser et les réduire à l’état de réfugiés dans leur propre pays.

Cet acheminement hélas fatal, du fait de la logique géopolitique et des intérêts des uns et des autres, amputera l’humanité d’un des éléments unique de sa richesse, la culture touarègue, une culture basée sur un code de conduite morale imposé à chacun dans la perspective d’affronter les conditions d’une vie saharienne austère et rudimentaire.

La situation est d’autant plus complexe que les permis d’exploitation ont été attribués à des pays comme la Chine qui, malheureusement, n’a aucune politique de respect pour les communautés locales et encore moins l’environnement constituant leur cadre de vie. Leurs méthodes « espèces sonnantes et trébuchantes » intéressent en revanche les gouvernants de ce monde.

C’est dans cette logique infernale qu’un conflit armé a éclaté dans le nord Niger avec la création d’un mouvement des Nigériens pour la Justice. Du fond de leur désert ses animateurs luttent pour se faire entendre, alerter la planète et tenter de dénoncer cette situation afin de sauver ce qui peut l’être.

Face à eux, un Niger qui décide de les anéantir, crée les conditions d’un affrontement sans précèdent et refuse toute idée de dialogue. Les libertés individuelles sont confisquées, les débats contradictoires sont interdits, les radios internationales sont suspendues, les journaux indépendants sont menacés et certains supprimés.

La région touarègue est déclarée en état d’urgence et l’armée s’arroge le droit d’emprisonner, torturer et tuer au besoin sans aucune forme de procès. La communauté internationale passe sous silence cette situation contraire à la Déclaration Universelle des Droits Humains.

Le schéma qui se dessine devient très préoccupant et même d’une extrême gravité. En effet, la partie septentrionale du Niger regorge d’impressionnantes ressources minières, uranifères et pétrolifères notamment. Les populations disséminées dans ce désert sont désormais perçues comme une véritable entrave dans la perspective de l’exploitation massive de cette manne.

L’énergie nucléaire dans sa fulgurante ascension d’énergie « propre » devient plus que jamais un enjeu planétaire. De la même manière, la montée progressive du prix du baril rend le pétrole nigérien économiquement intéressant. Que représente une poignée de nomades totalement absents du système économique mondial devant de tels enjeux ? Les grandes puissances de cette planète vont alors laisser le dictateur faire le ménage afin de s’en prendre à « l’énergie propre dans un environnement propre (dégagé de toutes ces populations) ». Le tour est joué, le gouvernement nigérien et les puissances étrangères auront tiré leur épingle du jeu. »

Trois mois plus tard ce schéma se confirme inexorablement.

On connaît parfaitement les conséquences néfastes qui résultent des deux permis d’exploitation octroyés il y a quarante ans à la France pour l’extraction des gisements d’uranium à Arlit et Akokan (voir étude Criirad et Sherpa). La population nomadisant dans cet espace a été contrainte de partir sous d’autres cieux. La faune a totalement disparu. Les nappes phréatiques sont polluées. La population fait face à des sérieux problèmes de santé publique.

Cette année, l’état du Niger a octroyé 122 permis d’exploitation d’uranium. En superposant la carte du nord Niger et les limites géographiques des concessions on se rend compte de la catastrophe qui se prépare : pollution des nappes phréatiques, destruction des airs des pâturages, spoliation des terres des éleveurs, élimination des puits pastoraux et bouleversement de la gestion pastorale.

Qu’en est-il de la Déclaration des droits des peuples autochtones adoptée en septembre à l’ONU ? Notre monde a-t-il le droit de laisser passer sous silence la destruction de tout un peuple dont le crime originel serait d’habiter un Sahara jadis inculte mais devenu immensément riche ?

Souhaitez vous vraiment que le peuple Touareg disparaisse à jamais si cela permettait à votre économie de bien se porter ? Acceptez vous de participer à travers la politique de votre pays à la mort d’une population innocente sous prétexte que cela vous permet d’éclairer vos maisons et de cuisiner sur la plaque chauffante ? Les touaregs n’ont d’autre choix que de se battre ou disparaître. Un choix fort douloureux qui les a amené à prendre les armes et à risquer leur vie.

L’armée Nigérienne, qui a le soutien matériel de la France, de la Chine et des États-Unis, vient de lancer une offensive sur l’Aïr dans le but de nous réduire au silence. Nos hommes tentent de la contenir avec des moyens bien moins importants. L’armée a réussi à ravitailler la caserne d’Iferouane mise sous embargo par les troupes MNJ depuis le 25 août dernier, mais cela ne change en rien les données du problème.

Nous sommes déterminés à défendre nos terres car c’est une question d’existence. Déterminés et rassemblés, nous réussirons à empêcher à toutes ces sociétés de s’installer chez nous sans notre consentement. Encore une fois sont mis en balance et de manière flagrante la richesse matérielle et la valeur humaine. La réalité est là, inutile de se voiler la face.

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Uranium - Les Touaregs en danger : Les conditions d’exploitation de l’uranium par les filiales d’AREVA… et les normes ISO

par Criiad - Mondialisation.ca, Le 24 avril 2007
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=5476
http://www.criirad.org/

L’exploitation des mines d’uranium constitue une des étapes les plus polluantes du cycle du combustible nucléaire non seulement pendant l’exploitation, mais également longtemps après la fermeture et le réaménagement des sites. En effet, l’extraction de l’uranium entraîne la dispersion dans l’environnement de matières radioactives et la constitution de stocks de déchets à très longue durée de vie.

AREVA [1], la contamination durable en France

Les différentes études conduites par le laboratoire de la CRIIRAD depuis plus de 15 ans montrent que, sur le territoire français, des problèmes radioécologiques sont rencontrés systématiquement sur les anciens sites d’extraction d’uranium et que les maigres progrès enregistrés ne le sont que sous la pression des associations de protection de l’environnement. En France, la CRIIRAD découvre des situations de pollution ou de violation de la réglementation chaque fois qu’elle réalise des contrôles à proximité de sites dépendants du groupe AREVA NC.

Ce fut encore le cas ces derniers mois à Malvesi (Aude – usine COMURHEX qui reçoit tous les concentrés uranifères traités en France), à Saint-Pierre (Cantal – ancienne mine et usine d’extraction de l’uranium) ou à Gueugnon (Saône et Loire – ancienne usine CEA- COGEMA qui a reçu en son temps les préconcentrés uranifères en provenance du Gabon)

Et à l’étranger

La France est totalement dépendante en termes d’approvisionnement en uranium. La dernière mine d’uranium située sur le territoire français a fermé en 2001. Actuellement, pratiquement tout l’uranium utilisé en France provient de l’étranger. L’uranium qu’a produit le groupe AREVA NC en 2005 (plus de 6000 tonnes d’uranium soit 10 % de plus qu’en 2003) provient de sites situés à l’étranger, principalement au Canada, au Niger et au Kazakhstan.

SHERPA [2], Médecins du Monde et la CRIIRAD ont rendu publics le 4 avril 2007, à Paris, les résultats des enquêtes menées depuis 2003, en Afrique, en collaboration avec des ONG locales regroupant d’anciens travailleurs des filiales d’AREVA en charge de l’exploitation de l’uranium au Niger et au Gabon. Il est apparu que les informations données par AREVA sur l’impact environnemental et sanitaire de ses activités ne rendent absolument pas compte de la réalité.

Les problèmes concernent aussi bien les sites en cours d’exploitation (Niger) que les sites réaménagés (Gabon).

Le Gabon

Le CEA (Commissariat pour l’énergie atomique, France) puis la COGEMA [Compagnie générale des matières nucléaires, jusqu'au 1er mars 2006; aujourd’hui AREVA NC, soit Nuclear cycle], ont exploité à travers la société COMUF plusieurs gisements d’uranium au Gabon, à Mounana, entre 1958 et 1999.

AREVA a annoncé en 2007 sur son site web que le réaménagement du site de Mounana était terminé. Il s’agit du «premier réaménagement en forêt équatoriale conforme aux standards internationaux. La qualité du réaménagement a été confirmée par quatre missions de l’AIEA [Agence internationale pour l’énergie atomique] effectuées de 2001 à 2006 pour le compte du gouvernement gabonais».

A partir de l’enquête conduite sur place par SHERPA, en juin 2006,, des témoignages d’anciens travailleurs Gabonais et d’expatriés, et des documents consultés par la CRIIRAD, il ressort que:

• La protection des travailleurs n’était pas correctement assurée (formation et information sur les risques très insuffisantes, situations avec exposition à des poussières radiotoxiques sans port de masque respiratoire adapté).

La CRIIRAD rappelle que de l’uranate à 75 % d’uranium présente une activité en uranium de 19 millions de Becquerels par kilogramme, sans compter les premiers descendants radioactifs de l’uranium 238 et 235.

L’inhalation de seulement 0,006 et 0,12 gramme de poussière d’uranate pourrait alors conduire à dépasser la dose maximale annuelle admissible actuellement en vigueur respectivement pour les personnes du public et les travailleurs du nucléaire (coefficients de la directive Euratom 96 / 29). Cela correspond à l’inhalation de respectivement 17 et 329 microgrammes par jour sur l’année.

Dans ces conditions, le travail au contact de ces matières radioactives sans masque, sans gants, sans information sur les risques et sans précautions élémentaires (ne pas manger, ne pas fumer, à proximité de ces matières) conduit à des risques de contamination interne très élevés.

A ces risques de contamination interne, il faut ajouter les risques liés à l’exposition externe. Des mesures réalisées par le laboratoire de la CRIIRAD en septembre 2006 au droit du parc de stockage des concentrés uranifères de l’usine COMURHEX-AREVA de Malvési (Aude) ont montré que l’excès de rayonnement gamma est mesurable à plus de 200 mètres au droit de la clôture.

• Le suivi médical était inadapté et les médecins non formés.

• Des bâtiments ont été construits à Mounana avec des matériaux radioactifs (maternité, école, marché). Certains bâtiments ont dû être détruits.

De telles situations ont malheureusement eu cours également sur le territoire français. Dans certains cas des situations conduisant à un risque sanitaire inacceptable pour le public ont été révélées par le laboratoire de la CRIIRAD en des lieux qui avaient pourtant été précédemment contrôlés par la COGEMA. Ce fut le cas par exemple lorsqu’en 2001 la CRIIRAD démontra que dans une scierie construite sur des remblais radioactifs de l’ancienne mine d’uranium CEA-COGEMA des Bois Noirs (Loire), les concentrations en radon conduisaient à un dépassement d’un facteur supérieur à 20 des normes sanitaires pour le public. Ce site avait pourtant été contrôlé quelques années auparavant par un technicien de la COGEMA. Suite aux mesures de la CRIIRAD, les autorités ont imposé à la COGEMA la décontamination du site.

• A Mounana, plus de 2 millions de tonnes de résidus radioactifs ont été simplement déversés dans la rivière entre 1961 et 1975. La CRIIRAD tient à rappeler que de tels résidus posent des problèmes radiologiques à long terme car ils sont caractérisés par:

• Une radioactivité importante, supérieure à 100 000 Bq / kg et parfois à plus de 500 000 Bq / kg. Le rapport COMUF 1983 indique que la teneur typique du minerai était de 3 à 4 kg d’uranium par tonne. Même en supposant un rendement d’extraction de l’usine à 100 % (extraction de tout l’uranium métal), il subsiste dans les résidus issus d’un minerai à 4 Kg U / Tonne une radioactivité égale à 50 000 Bq / kg pour les descendants de l’uranium 238 à partir du thorium 230, soit une activité totale qui peut dépasser 500 000 Bq / kg.

• Une faible granulométrie (boue fine) qui favorise la dispersion ultérieure des radionucléides. Le minerai initial, roche dure située en profondeur, devient un résidu d’extraction sous forme d’une boue de très fine granulométrie. Lorsque cette boue sèche, les poussières radioactives qu’elle contient peuvent être dispersées par le vent. Si elle est humide, le transport est possible via les eaux. Or ces résidus contiennent des éléments très radiotoxiques par inhalation (thorium 230) et par ingestion (plomb 210 et polonium 210).

• La présence de 100 % du radium 226 initialement contenu dans le minerai. Sa désintégration génère en permanence un gaz radioactif, le radon 222, difficile à confiner.

• La présence de radionucléides à très longue période physique, ce qui pose la question du confinement à long terme. Ces déchets seront radioactifs pendant des centaines de milliers d’années compte tenu de la période physique du thorium 230 (75 000 ans).

• La présence de produits chimiques liés au traitement (attaque à l’acide sulfurique, éventuelle neutralisation à la chaux) dans une proportion de 100 kilogrammes par tonne environ.

• Le «réaménagement» des sites a consisté, semble-t-il, à simplement recouvrir certains secteurs radioactifs de remblais en terre végétale. Les déchets radioactifs sont toujours dans le sol. Compte tenu de leur très longue période physique, la procédure de «réaménagement» est totalement insuffisante. Les frais de ce «réaménagement» ont été pris en charge par un budget Européen (Fond Européen de Développement). AREVA n’est même pas en mesure d’assumer sa responsabilité financière.

• La «qualité» du réaménagement a été vérifiée par l’AIEA (Agence Internationale de l’Energie Atomique). Ceci pose problème quant à la neutralité des contrôles compte tenu de la vocation affichée de l’Agence (développement du nucléaire).

La CRIIRAD a déjà mis en évidence dans le passé la partialité et l’insuffisance des diagnostics radiologiques de l’AIEA (atoll de Moruroa). La CRIIRAD a adressé une demande aux autorités de radioprotection du Gabon pour obtenir copie des résultats des contrôles radiologiques effectués à Mounana. Le Ministère compétent a refusé de transmettre ces données.

Niger

La SOMAÏR (société des mines de l’Aïr) et la COMINAK, (compagnie minière d’Akouta) exploitent – depuis respectivement 1971 et 1978 – des gisements d’uranium situés dans le nord du NIGER, en bordure du Sahara [3].

 Outre les mines, chacune de ces sociétés exploite une usine d’extraction physico-chimique de l’uranium. La production s’élève à 3 000 tonnes de concentré d’uranium par an, un apport essentiel pour l’approvisionnement des centrales nucléaires françaises.

En ce qui concerne l’impact de ces activités sur la population nigérienne, le site internet de la Cogema précise: «La présence de SOMAÏR [et de] COMINAK apporte non seulement des emplois, mais aussi un support sanitaire et social aux populations locales dans une région isolée et économiquement défavorisée.».

La réalité peut être approchée à partir des constats issus des rapports CRIIRAD, SHERPA et des témoignages des membres de l’ONG AGHIR IN MAN [4].

• Les filiales d’AREVA ont fait pression sur l’ONG AGHIR IN MAN pour faire annuler la mission CRIIRAD de décembre 2003. Les appareils de mesure de la CRIIRAD ont été confisqués à l’atterrissage à Niamey.

• Les investigations conduites par la CRIIRAD, en décembre 2003, à l’aide d’un petit radiamètre dans le cadre de la formation dispensée aux membres d’Aghir in’man ont permis de mettre le doigt sur un problème très sérieux: la dispersion des ferrailles contaminées. Compte tenu du niveau de vie très bas de la population nigérienne, tout est susceptible d’être récupéré et utilisé pour la construction des maisons, de l’outillage, des ustensiles de cuisine, etc. Le tuyau métallique acheté par la CRIIRAD sur le marché d’ARLIT était contaminé par un dépôt contenant une très forte activité en radium 226 (235 000 Bq / kg). Malgré l’alerte donnée par la CRIIRAD, en fin décembre 2003, AREVA a attendu plus d’un an pour lancer en mars 2005 une «campagne systématique de recensement et de détection radioactive des ferrailles proposées à la vente sur les marchés».

• Les eaux industrielles et les eaux potables sont puisées dans une nappe fossile, c’est-à-dire non renouvelable (40 % de cette eau douce sert aux besoins industriels). Les mesures réalisées par la CRIIRAD entre 2003 et 2005 sur des échantillons d’eau distribuée par les compagnies minières ont permis de constater une contamination en uranium conduisant à une exposition supérieure aux normes de l’OMS. Pourtant les documents AREVA à destination du grand public évoquent: «l’absence de contamination des eaux». Récemment encore (juillet 2006), au niveau du camp d’Imouraren, la COGEMA a laissé consommer pendant plusieurs semaines des eaux chargées en uranium.

• Les stériles (déchets d’extraction du minerai) constituent d’immenses verses accessibles à tous, hommes comme animaux.

• Les résidus (déchets d’extraction de l’élément uranium) qui se présentent sous forme de sable fin particulièrement radiotoxique (activité supérieure à 500 000 Bq / kg pour les déchets de COMINAK), constituent de véritables montagnes (verse COMINAK de 50 hectares et plus de 10 millions de tonnes de déchets). Les sociétés minières n’ont même pas fait l’effort de creuser le sol pour y enfouir les déchets et les protéger un minimum de l’érosion éolienne.

• Les activités minières conduisent à la dispersion de poussières radioactives et à de forts transferts de gaz radioactif (radon) à l’atmosphère.

• Les concentrés uranifères sont transportés dans des conditions de sécurité très insuffisantes (présence de passagers assis sur les fûts irradiants, chauffeurs payés de façon irrégulière, mauvais état des pneumatiques). En janvier 2004 un accident de transport a fait 5 morts. De la matière radioactive s’est répandue sur la chaussée et malgré les injonctions du Centre National de Radioprotection de Niamey, l’exploitant a mis plus d’un mois pour finir la décontamination, laissant ainsi dans l’environnement des sols dont la contamination en uranium était 1000 à 10’000 fois supérieure à la normale selon les mesures de la CRIIRAD.

• Les ordures des cités minières collectées pour le compte des exploitants sont déversées à même le sol en périphérie immédiate des villes d’Arlit et d’Akokan. Femmes, enfants et animaux s’y rendent quotidiennement à la recherche de nourriture, d’objets et de matériaux à récupérer.

Pourtant le Groupe AREVA indique sur son site web: «SOMAIR et COMINAK, filiales minières de COGEMA, sont les deux premières entreprises à être certifiées ISO 1400 au Niger. Leurs certifications attestent de la mise en place d'un système de management environnemental comparable à celui pratiqué par les plus grandes entreprises certifiées à travers le monde. Ces deux filiales nigériennes appartiennent au cercle très restreint des entreprises certifiées ISO 14001 en Afrique de l'ouest».

Que peut-on faire ?

Les citoyens doivent ouvrir les yeux et ne plus se contenter des affirmations rassurantes du grand groupe industriel, dont les certifications ISO 14 001 cachent une réalité qui est loin de correspondre à des pratiques réellement respectueuses de l’environnement et de la santé des salariés et des populations. Compte tenu des bénéfices que tire la France de l’exploitation minière à l’étranger, il importe que les citoyens français se mobilisent pour aider les citoyens de ces pays à défendre leurs droits: droit à une surveillance des activités à risque par leur propre gouvernement, droit à la réalisation de contrôles indépendants, droit à la gestion correcte des déchets toxiques, droit à l’information, droit à la préservation de leur environnement et de leur santé. Il est essentiel d’assurer un suivi médical de qualité et des soins aux anciens travailleurs des mines et usines d’extraction de l’uranium, et ceci plusieurs décennies après la fermeture des mines. En effet, certaines pathologies et en particulier les cancers ne se déclarent parfois que plusieurs décennies après l’exposition.

Or les travailleurs locaux de la COMUF (Gabon) et les expatriés, ne font pas l’objet d’un tel suivi médical. L’hôpital de Mounana a fermé avec la fin de l’extraction.

La CRIIRAD s’efforcera pour sa part d’alerter les autorités françaises et l’opinion publique nationale et internationale afin que les sociétés minières assument pleinement leurs responsabilités en matière de protection de l’environnement et de protection sanitaire de leurs anciens employés et des populations locales.

Est-il normal de produire à moindres coûts l’uranium qui alimente les centrales nucléaires des pays riches au détriment de la santé des populations des pays les plus pauvres ?

* CRIIRAD: Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité, 471 av. V. Hugo - 26000 Valence Compléments .

Notes

1. AREVA: groupe français qui se présente comme «expert mondial dans les métiers de l'énergie, propose à ses clients des solutions technologiques pour produire l'énergie nucléaire et acheminer l'électricité en toute fiabilité». Cette société emploie directement 61'000 salarié·e·s dans le monde.

2. SHERPA regroupe des juristes qui se sont fixés pour mission de défendre les droits des travailleurs et des populations de toutes nationalités face aux multinationales.

3. La Cogéma est l’actionnaire principal de ces 2 sociétés: elle détient 63 % de participation de Somaïr et 34 % de participation de Cominak. Les autres actionnaires sont le gouvernement nigérien, des compagnies japonaises (OURD) et espagnoles (ENUSA).

4. Cette ONG dont le nom signifie «bouclier vivant» a pour objectif le mieux être des populations (santé, éducation, condition des femmes...) et la préservation de leur environnement. Les comptes rendus de missions au Niger et au Gabon peuvent être consultés sur les sites internet de la CRIIRAD: www.criirad.org et de SHERPA: asso-sherpa.org

**************

pour avoir un aperçu des motivations et objectifs maléfiques de ces immondes "personnages" et de leurs répugnants vassaux "Algériens", je recommande de lire ce livre :La face cachée du monde occidental : Secrets et liaisons dangereuses (Broché) de Thierry-P Millemann (Auteur). Date de parution: 01/03/2005

ISBN-10: 2915036632
ISBN-13: 978-2915036633

http://www4.fnac.com/Shelf/article.aspx?PRID=1661252&OrderInSession=1&Mn=1&SID=574ba799-c3bb-e958-9e5f-39fd673fb288&TTL=290820070940&Origin=fnac_google_home&Ra=-1&To=0&Nu=1&UID=0699bff0b-cf8a-bba9-c94f-f483f68ad4e6&Fr=0
http://www.editoo.com/librairie/ouvrages.asp?num=1280
http://www.priceminister.com/offer/buy/7692119/P-Millemann-Thierry-La-Face-Cachee-Du-Monde-Occidental-Livre.html
http://www.amazon.fr/face-cach%C3%A9e-monde-occidental-dangereuses/dp/2915036632/ref=sr_1_1/402-5944794-7590541?ie=UTF8&s=books&qid=1188286176&sr=8-1

Thierry Millemann a été consultant international sur les questions concernant l’implantation et le développement des industries françaises à l’étranger. Il a vécu aux Etats-Unis et a eu des contacts très importants avec des Généraux américains inquiets de voir la tournure des événements qui se multiplient sur notre planète et sont un risque pour la survie de l’humanité.

Dans les années 1950, un rapport est déposé sur la table du Président des Etats-Unis. Une question est posée : comment lutter contre une expansion démographique incontrôlable et préserver le développement de l’Occident ? A partir de là, Thierry Millemann estime que la plupart des grands faits des événements doivent se lire avec cette clé de lecture et il dévoile la face cachée du monde occidental en expliquant les conflits, la décolonisation, le terrorisme, le sida, etc.

Un livre à découvrir, qui décrypte la moindre des énigmes et redonne au puzzle que représente l’échiquier mondial un sens. Faut-il être désespéré ou, au contraire, parviendrons-nous à limiter le cercle infernal dans lequel le monde est entré ? C’est à cette question que répond Thierry Millemann. Un pari hasardeux qui repose sur le besoin de faire prendre conscience à chacun d’entre nous que l’avenir peut être différent si les populations prennent conscience de l’engrenage dans lequel elles sont entraînées. Ce livre n’a pas d’autre but que de se préparer un meilleur monde pour les générations à venir, à condition de se battre en gardant à l’esprit la nécessité d’une meilleure cohésion entre nous.

Pourquoi le terrorisme ? Pourquoi la décolonisation ? Pourquoi l’Irak ? Pourquoi le 11 septembre ? Que se passe-t-il en Algérie ? en Argentine ? Au Brésil ? En Afrique ? etc.

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Etienne Mougeotte, le rebelle de l’info
Chronique | dimanche, 25 novembre 2007 | par Paul Litzer
http://www.bakchich.info/article1992.html

Le nouveau patron du Figaro a toujours cru en l’information. Mais seulement quand elle sert les puissants ou les intérêts financiers

C’est un vrai rebelle que l’avionneur Serge Dassault porte à la tête du Figaro. Pour remplacer Nicolas Beytout, arrivé il y a trois ans sur les conseils amicaux de Nicolas Sarkozy mais qui a décidé de rejoindre le pôle médias de LVMH, acquéreur récent des Echos, il a décidé de nommer Étienne Mougeotte à la tête des rédactions du quotidien et de ses satellites. L’ancien patron des programmes de TF1 dirigeait déjà depuis quelques mois Le Figaro Magazine. Où il a montré un esprit d’indépendance remarquable.

Prenons le dernier numéro. En couverture : un dossier sur la flambée du pétrole. Le titre ? « Une chance pour la France, leader du nucléaire ». De quoi gêner notre président Super-Sarko, qui essaie de fourguer des centrales nucléaires à tout le monde, notamment son nouvel ami Mouammar Kadhafi. Dans son édito, l’Étienne se lance : « On ne rendra jamais assez hommage à Georges Pompidou qui, lors du premier choc pétrolier, au début des années 70, a eu l’instinct visionnaire et le volontarisme politique pour imposer le programme nucléaire d’EDF et permettre à la France de produire, trente-cinq ans plus tard, 78% de son électricité à partir de ses centrales nucléaires ». On est obligé de citer le passage en entier tant se dégage la puissance du verbe de l’éditorialiste. On a du mal à s’en remettre.

Étienne Mougeotte

Autre article plaisant : une interview du président tunisien Ben Ali qui, « pour la première fois depuis des années », ouvre son palais de Carthage à l’hebdo. Il en profite pour lancer une forte parole : « Nous n’avons jamais refusé la critique ». Non, mais. Merci au Figaro Mag de rétablir la vérité sur la vraie nature de notre ami Ben Ali, un homme bon et généreux, malgré les risques importants que cela comporte. Les lecteurs de Bakchich en sont informés jour après jour. Il est comme ça, l’Étienne : toujours rebelle, n’hésitant pas à bousculer l’ordre établi.

Il a commencé il y a longtemps. Dans les années 1970, alors à Europe 1, où la direction avait vidé peut auparavant les persifleurs comme Maurice Siégel, il n’hésitait pas à tresser des lauriers à Giscard, un homme moderne qui n’hésitait pas à bousculer la France. Malheureusement pour notre camarade, les socialos n’ont rien compris et après la victoire de Mitterrand en 1981 certains ont osé scander « Mougeotte aux chiottes ». Il n’a pas fini dans les lieux d’aisance mais à la tête de Télé 7 Jours, un hebdo télé appartenant à Lagardère.

De ce poste stratégique, l’Étienne a évidemment compris le fonctionnement de l’audiovisuel et s’est retrouvé naturellement dans l’équipe de Jean-Luc Lagardère quand celui-ci s’est lancé dans la bataille pour TF1. Après l’échec du Gascon, se rendant compte un peu tard que les dés étaient pipés au profit de Bouygues, l’Étienne ne perdit pas de temps et rejoignit TF1 en mettant son immense talent au service des nouveaux propriétaires. Pour l’info, il n’hésita pas à prendre des risques considérables en nommant PPDA, ancien jeune giscardien, à la tête du 20 heures. En 1995, il engagea la chaîne derrière Balladur pour la présidentielle. Un vrai acte de transgression. Mais les forces conservatrices l’emportèrent avec Chirac. L’Étienne se lança alors dans la « quête de sens » en proposant des émissions de télé-réalité. Pradel, Morandini devinrent alors les fers de lance de TF1 avant l’arrivée de programmes vraiment borderline comme la Star Ac. Malheureusement, ces malotrus de Bouygues jugèrent que l’Étienne était un peu vieux désormais.

Mais papy Dassault était là pour aider notre ami à montrer ce qu’est un rebelle.
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« Répondre #140 le: 09/01/2008 - 11:28:59 »

Bhutto aurait-elle gaffé en disant lors d'une interview que Ben Laden a été assassiné, et cela lui a t-il coûté la vie ?
Mondialisation.ca, Le 8 janvier 2008
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=7743
http://www.checkpoint-online.ch/

A lire terrorisme + services secrets = al-qaïda ? http://questionscritiques.free.fr/terrorisme/terrorisme_index.htm

Charles Wilson http://en.wikipedia.org/wiki/Charles_Wilson_(politician)
La Guerre Selon Charlie Wilson http://www.premiere.fr/premiere/cinema/films-et-seances/fiches-film/la-guerre-selon-charlie-wilson
http://www.amazon.fr/s/ref=nb_ss_w?__mk_fr_FR=%C5M%C5Z%D5%D1&url=search-alias%3Daps&field-keywords=La+Guerre+Selon+Charlie+Wilson&Go.x=19&Go.y=4&Go=Go

Les services secrets : http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_services_de_renseignements
http://www.monde-magouilles.com/

Voir et écouter la vidéo

Au cours d'une interview de David Frost, journaliste britannique à la BBC (son émission "Breakfeast with David Frost" est prisée pour les interviews de personnalités politiques connues sur la scène internationale) le 2 novembre 2007, Benazir Bhutto dit suspecter plusieurs groupes de vouloir l'assassiner. Vers la fin de cette interview (2mn14) elle parle d'un homme qui selon ces dires a assassiné Ben Laden. (« The man who murdered Ossama Bin Laden »).

Certains ont dit que ces mots étaient un lapsus car le lendemain sur la chaîne américaine CNN, elle reconnaissait que Ben Laden était en vie.

Alors, s'est-elle rendant compte de la dangerosité de ce qu'elle venait de dire le jour précédent, compte tenu de l'importance du mythe Ben Laden dans la « guerre contre le terrorisme « menée par les US et leurs alliés, et a-t-elle voulu rattraper sa gaffe ?

Sachant l'importance cruciale que représente Ben Laden dans l'opération psychologique (psyop) médiatique machavièlique pour justifier auprès de l'opinion publique la politique étrangère de violence colonialiste des US, les mesures prises partout dans le monde par les gouvernements pour limiter les libertés individuelles, les programmes de surveillance rapprochée des populations civiles, les arrestations multiples de « suspects » souvent très vite relâchés, ou détenus et torturés comme à Guantanamo, la peur distillée régulièrement par les médias sur la « menace Ben Laden », Bhutto a-t-elle été éliminée, entre autres, par la CIA/ISI pour cette « gaffe « ?

A noter que le gouvernement pakistanais s'est empressé d'accuser Al Qaeda de l'assassinat de Bhutto, qu'il a cherché à dissimuler la version comme quoi elle aurait été assassinée par balle alors qu'une vidéo prouve le contraire.

Un assassinat par balle ne correspond pas aux méthodes d'assassinat d'Al Qaeda. On peut argumenté qu'un kamikase s'est ensuite fait explosé, mais celui-ci n'est pas, selon la vidéo de l'assassinat, celui qui a tiré. Cet assassinat s'apparente plus à une exécution de sang froid menée par des services secrets et maquillée en attentat suicide. Pour certains, l'attentat suicide aurait ciblé le tueur lui-même pour effacer toute preuve. Les preuves matérielles ont d'ailleurs été rapidement effacées car l'endroit a été rapidement nettoyé. Il est fort peu probable que les enquêteurs de Scotland Yard, dont le gouvernement pakistanais a finalement accepté la venue trouve quoi que ce soit de substanciel. Cette "enquête" serait plutôt une opération de communication à destination du public pakistanais pour calmer les esprits.

Alors Bhutto aurait -elle vendu la mèche : Ben Laden a été assassiné, Ben Laden est mort ?

Voir et écouter la vidéo
Source de l'information sur notre site en anglais http://www.globalresearch.ca/
Version française: Mireille Delamarre, www.planetenonviolence.org

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Ambitions anglo-américaines derrière l'assassinat de Benazir Bhutto et déstabilisation du Pakistan
Par Larry Chin - Le 8 janvier 2008
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=7742
http://www.planetenonviolence.org/
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=listByAuthor&authorFirst=Larry&authorName=Chin

VOIR LES VIDEOS DE L'ASSASSINAT CRAPULEUX DE BENAZIR BHUTTO

http://www.liveleak.com/view?i=d2a_1199047237
http://www.liveleak.com/view?i=937_1199003091
http://www.liveleak.com/view?i=53d_1199358708


En voyant les videos de l'assassinat, on constate une diabolique et bizarre "tactique",

coincidence,

Bouteflika a t il échappé à Batna à la même "tactique diabolique", tireur puis un "pseudo-kamikaze" pour faire diversion et "detruire" les temoins directs et les traces,

sur les videos on observe pour des yeux exercés, la présence d'au moins 8 complices du tireur qui le "couvrent" et "protegent sa ligne, son angle, et son champ de tir.

Cette coincidence prouve clairement l'existence d'une organisation et une coordination centrales militaires internationales des deux evenements, et c'est trop sophistiqué pour venir du cerveau malade d'un minable mercenaire "d'al-qaida = CIA",

maintenant on sait que L'ISI (Inter-Services Intelligence – services secrets pakistanais), en fait une branche de la CIA, est le "maître d’œuvre" de l'assassinat d'une dame désarmée, Benazir Bhutto, ha quel courage et quel exploit "militaire" pour vous l'ISI et la CIA, vous "méritez", des mains de Bush-Cheney, la médaille Silver Star pour cette minable excécution militaire
.

Les mercenaires assassins pris en flagrant délit de mensonge et désinformation http://fr.youtube.com/watch?v=8qNaFNKLI_M&feature=related
http://www.liveleak.com/browse?q=Benazir+Bhutto&s=Search+All


On sait depuis des mois que l'administration Bush – Cheney et leurs alliés ont manœuvré pour renforcer leur contrôle politique sur le Pakistan, pavant la voie à l'expansion et à l'enracinement de la « guerre contre le terrorisme » dans la région. En fait cela simplifie les options de Bush - Cheney.

Ambitions Anglo-Américaines Derrière l'Assassinat de Benazir Bhutto et Déstabilisation du Pakistan
Pour semer le Chaos, un prétexte


« Apporter la démocratie au monde musulman » c'est la rhétorique Orwellienne utilisée pour masquer l'utilisation par Bush-Cheney de la pression et de la force, leur tentative dramatique de modifier le gouvernement pakistanais pour en faire une coalition Bhutto/Sharif – Musharraf, et les plans en coulisse pour une intervention militaire. Différents plans de déstabilisation américains, connus de responsables et d'analystes, proposaient de renverser le pouvoir militaire au Pakistan.

L'assassinat de Bhutto semble avoir été anticipé. On a même rapporté qu'il y avait eu des « bavardages » parmi les responsables US sur de possibles assassinats, soit de Pervez Musharraf soit de Benazir Bhutto, bien avant que les tentatives récentes n'aient eu lieu.

Comme Jeremy Page l'a succinctement résumé dans son article
« Qui a tué Benazir Bhutto ? Les principaux suspects» , les principaux suspects sont :

1) « des militants pakistanais et étrangers islamistes qui voyaient en elle une hérétique et un larbin des américains »

et

2) L'ISI (Inter-Services Intelligence – services secrets pakistanais ndlt), en fait une branche de la CIA. Le mari de Bhutto Asif Ali Zardari a accusé l'ISI d'avoir été impliqué dans l'attaque d'octobre.

L'assassinat de Bhutto a été comme prévu imputé à « Al Qaeda » sans qu'on mentionne le fait qu'Al Qaeda elle- même est une opération des services de renseignements anglo américains.

L'article de Page a été l'un des premiers à nommer l'homme qui a maintenant été visé comme étant le principal suspect : Baitullah Mehsud, un prétendu militant Taliban combattant l'armée pakistanaise à partir du Waziristan. Des rapports conflictuels établissent un lien entre Mehsud « Al Qaeda », le Taliban Afghan, et le Mullah Omar. D'autres analystes établissent un lien entre lui et le terroriste A.Q. Khan.

Le profil de Mehsud et la façon dont on parle de lui font écho à la manière dont la propagande traite tous les « terroristes » post 11 septembre. Ceci renvoie à son tour aux questions habituelles sur l'implication de la propagande des services secrets anglo –américains. Est –ce que Mehsud est lié au ISI ou à la CIA ? Que connaissaient la CIA et l'ISI sur Mehsud ? Plus important, est ce que Mehsud, ou la manipulation de la propagande l'entourant, fournit à Bush-Cheney un prétexte pour une agression futur dans la région ?

Propagande classique de la « guerre contre le terrorisme »

Alors que des détails de l'assassinat de Bhutto continuent d'être révélés, ce qui est clair c'est que c'était un coup politique, du même type que celui de l'agent US Rafik Hariri au Liban. Comme le coup très suspect d'Hariri, l'assassinat de Bhutto a été décrit par les médias de masse comme étant le martyr d'une grande messagère de la « démocratie » à l'Occidentale. Pendant ce temps, les actions brutales dans les coulisses du gouvernement US ont reçu peu d'attention.

Le 28 décembre 2007, la manière dont le New York Times a couvert l'assassinat de Bhutto offre l'exemple parfait de la distorsion Orwellienne par les medias de masse dissimulant, derrière l'écran de fumée de la propagande, de manière flagrante, la vérité sur l'agenda de Bush-Cheney. Cet article fait écho à la rhétorique de la Maison Blanche proclamant que les principaux objectifs de Bush sont d' »amener la démocratie au monde musulman » et « de chasser les militants islamistes ».

En fait, l'administration ouvertement criminelle de Bush - Cheney n'a seulement soutenu et promu que l'antithèse de la démocratie : chaos, fascisme, et l'installation de régimes fantoches amis des anglo américains.

En fait, la géostratégie centrale et constante de Bush-Cheney, et de leurs homologues - élites partout dans le monde, c'est d'imposer continuellement et d'étendre la « guerre contre le terrorisme » fabriquée ; continuer la guerre à travers le continent eurasien, avec des évènements déclenchés par des opérations sous faux pavillon, et des prétextes fa briqués.

En fait, les principaux outils utilisés dans la « guerre contre le terrorisme » reste les militants islamistes, travaillant pour le compte des agences de renseignements militaires anglo américains – parmi eux « Al Qaeda », et l'ISI au Pakistan. Mehsud rentre dans ce profil.

Sauver le Pakistan de Bush-Cheney.

Dans une citation du même article du NYT, Wendy Chamberlain, l'ancien ambassadeur US au Pakistan (et un personnage central derrière les efforts multinationaux pour construire un pipeline trans-afghan, en lien avec le 11 septembre) déclare fièrement : « Nous sommes acteurs dans le système politique pakistanais. »

Non seulement les US ont continué à être « acteur » mais l'un des dirigeants au sommet pendant des décennies.

Chaque dirigeant pakistanais depuis le début des années 90 - - - Bhutto, Sharif, et Musharraf - - - se sont soumis aux intérêts de l'Occident. L'ISI est en fait une branche de la CIA.

Tandis que Musharraf a été, et reste, un homme fort pour Bush-Cheney, des questions sur sa « fiabilité » et le contrôle – à la fois le contrôle du régime sur la populace et sur l'agitation populaire croissante, et le contrôle de l'élite sur son régime - - - sont à l'origine des tentatives de pression maladroites de Bush – Cheney pour la mise en place d'un gouvernement de partage de pouvoir (pro US du type irakien). Comme l'a noté Robert Sheer, Bush-Cheney ont joué à « la Roulette Russe » avec Musharraf, Bhutto et Nawaz Sharif - - - chacun d'entre eux ayant été l'avant-garde consentante et profondément corrompue des US.

Le retour à la fois de Bhutto et de l'autre ancien premier ministre, Nawaz Sharif, a simplement été une tentative des US pour couvrir ses paris sur les pouvoirs régionaux.

Qu'est ce que John Negroponte et Condoleeza Rice mettaient vraiment en place ces derniers mois ?

Qui profite de l'assassinat de Bhutto ? La « guerre contre le terrorisme » l'environnement géostratégique et de propagande, le projet d'imposer une guerre permanente mondiale utilisé par les intérêts de l'élite après le 11 septembre, tout ceci bénéficie clairement de l'assassinat de Bhutto. Bush-Cheney et leurs homologues également complices, pro guerre/pro occupation, au sein du parti Démocrate qui soutiennent avec enthousiasme l'utilisation routinière du mot « terreur », prétexte pour imposer une politique de guerre continuelle.

Sont de nouveau la cible de la rhétorique politique de Washington, l'énoncé : peur, « terrorisme », « sécurité » et force militaire, et cela fait également partie du barrage médiatique 24h sur 24.

Les candidats à la présidentielle US de 2008 et leurs élites de conseillers pour la campagne, tous sans exception soutenant avec enthousiasme la « guerre contre le terrorisme », ont, chacun à leur tour, présenté leur version respective de la rhétorique « nous devons stopper les terroristes »devant leurs supporters confus. Les candidats dont les sondages chutaient, avec à leur tête le participant au 11 septembre l'opportuniste Rudy Guiliani, et le faucon néo libéral Hillary Clinton, ont déjà bénéficié d'une nouvelle vague de frayeur de masse.

Musharraf profite de la disparition d'une rivale sérieuse, mais doit maintenant trouver une manière de rétablir l'ordre. Musharraf a maintenant une justification idéale pour réprimer les « terroristes » et imposer totalement la loi martiale, avec Bush-Cheney travaillant dans l'ombre derrière Musharraf - - - continuant de manipuler ou de remplacer son appareil, si Musharraf s'avère être trop peu fiable ou incapable de satisfaire les plans de Bush-Cheney.

On ne peut pas sous estimer la probable implication de l'ISI derrière le coup contre Bhutto. Le rôle de l'ISI derrière chaque acte majeur de « terrorisme » depuis le 11 septembre, reste la vérité centrale non dite derrière les réalités actuelles géopolitiques. Ni Sharif ni Musharraf, mais Bhutto, aurait menacé les agendas de l'ISI.

Bhutto, l'Islam militant et les pipelines.

Maintenant qu'elle est devenir martyr, de nombreux faits historiques peu flatteurs sur Benazir Bhutto seront cachés et oubliés.

Bhutto elle –même a été intimement impliquée dans la création du milieu de la vraie « terreur« intentionnellement responsable de son assassinat. Tout au long de sa carrière politique, elle a soutenu les militants Islamistes, les Talibans, l'ISI, et les ambitions des gouvernements occidentaux.

Comme l'a noté Michel Chossudovsky dans « la guerre contre le terrorisme » de l'Amérique, c'est pendant le second mandat de Bhutto que Jamiat-ul-Ulema-e-Islam (JUI) et les Talibans ont accédé au pouvoir, accueilli dans le gouvernement de coalition de Bhutto. C'est à ce moment là que les liens entre le JUI l'armée et l'ISI ont été établis.

Alors que la relation de Bhutto avec à la fois l'ISI et les Talibans ont été mouvementées, c'est clair que Bhutto, alors qu'elle était au pouvoir, a soutenu les deux - - - et a soutenu avec enthousiasme les interventions anglo américaines.

Dans ses deux livres de référence, «Taliban: Militant Islam, Oil « et « Fundamentalism in Central Asia and Jihad: The Rise of Militant Islam in Central Asia, » Ahmed Rashid détaille amplement les connections du régime de Bhutto avec l'ISI, les Talibans, « l'Islam militant », les intérêts des multinationales du pétrole, et les responsables anglo américains et les agents des services de renseignement.

Dans Jihad, Rashid a écrit :

« Ironiquement, ce n'est pas l'ISI, mais la premier ministre Benazir Bhutto, la dirigeante la plus libérale, la plus séculière dans l'histoire récente du Pakistan, qui a donné le coup de grâce à une nouvelle relation avec l'Asie Centrale. Plutôt que de soutenir une processus de paix plus étendu en Afghanistan, Bhutto a soutenu les Talibans, dans le cadre d'une politique irréfléchie et présomptueuse pour créer un nouveau commerce tourné vers l'Occident et une route pour le pipeline du Turkménistan à travers le sud Afghanistan jusqu'au Pakistan, pour lequel les Talibans assureraient la sécurité. Bientôt l'ISI a soutenu cette politique parce que son protégé Afghan Gulbuddin Hekmatyar n'avait fait aucun progrès pour capturer Kaboul, et les Talibans semblaient être assez forts pour le faire. »

Sur les Talibans, Rashid a même fourni un détail historique :

«Quand Bhutto a été élue premier ministre en 1993, elle a ouvert une route à l'Asie Centrale. Une nouvelle proposition a émergé fortement soutenue par le transport pakistanais frustré et la mafia dirigeant la contrebande, le JUI et l'armée Pashtoun et les responsables politiques ».

« Le gouvernement de Bhutto a complètement soutenu les Talibans, mais l'ISI restait sceptique sur leurs capacités, convaincu qu'ils resteraient utiles mais comme force périphérique dans le sud. »

« Le Congrès US a autorisé un budget clandestin de 20 millions de dollars pour la CIA pour déstabiliser l'Iran, et Téhéran a accusé Washington de faire passer ces fonds aux Talibans - - - une accusation toujours niée par Washington. Bhutto a envoyé plusieurs émissaires à Washington pour presser les US d'intervenir plus publiquement en prenant partie pour le Pakistan et les Talibans. »

Une erreur de Bhutto : elle a soutenu avec véhémence le pipeline proposé par la compagnie pétrolière d'Argentine Bridas, et s'est opposée au pipeline d'Unocal (ayant la faveur des US). Ceci a contribué à ce qu'elle soit chassée du pouvoir en 1996, et au retour au pouvoir de Nawaz Sharif. comme l'a noté Rashid :

« Après la chute du gouvernement de Bhutto en 1996, le nouveau premier ministre élu Nawaz Sharif, son ministre du pétrole, Chaudry Nisar Ali Khan, l'armée et l'ISI ont complètement soutenu Unocal. Le Pakistan voulait un soutien plus direct des US pour les Talibans et a pressé Unocal de commencer rapidement la construction pour légitimer les Talibans. A la base, les US et Unocal ont accepté l'analyse et objectifs de l'ISI - - - que la victoire des Talibans en Afghanistan rendrait plus facile le travail d'Unocal et rendrait plus rapide la reconnaissance US. »

Sans nier son image attirante et pro occidentale, le réel bilan de Bhutto c'est celui de la corruption et de l'accommodation.

Dans la « guerre contre le terrorisme », chaque crime majeur géostratégique anglo américain a été précédé d'un prétexte arrangeant, orchestré et mené par des proxies « terroristes » directement ou indirectement connectés aux services de renseignement militaire US, ou manipulés pour agir comme atouts pour les renseignements. L'assassinat de Benazir Bhutto est simplement un exemple brutal de plus.

Ce fut le 11 septembre du Pakistan ; l'assassinat de JFK du Pakistan, et son impact résonnera pendant des années.

Contrairement aux informations colportées par les médias traditionnels, le chaos profite à la « guerre contre le terrorisme » de Bush-Cheney. Des appels pour « augmenter la sécurité dans le monde » paveront la voie à une réaction US musclée, une force menée par les US et d'autres formes pour « sévir » dans la région de la part de Bush Cheney. En d'autres termes, l'assassinat aide à faire en sorte que non seulement les US ne partiront pas mais qu'ils accroîtront leur présence.

L'élection pakistanaise, si elle a lieu, est un double choix plus simple : pro US Musharraf ou pro US Sharif.

Alors qu'on a des résultats mitigés concernant le succès de l'agenda de Bush –Cheney, et qu'il a rencontré une large palette de résistance ( « terroristique » de même que politique) il n'y a aucun doute que les fondations de la « guerre contre le terrorisme » sont restées fermes, inébranlées et systématiquement réinforcées.

En ce qui concerne Nawaz Sharif qui émerge maintenant comme le seul rival de Musharraf, lui, comme Musharraf et Bhutto, est connu pour son accommodation aux intérêts anglo américains- - - pipelines, commerce, et la présence militaire continuelle US. Comme le note Jean Charles Brisard et Guillaume Dasquié dans le livre Forbitten Truth, le coup militaire d'octobre 1999, conduit par Musharraf, qui a renversé le régime de Sharif a été provoqué par l'animosité entre les deux camps, de même que la « corruption personnelle de Sharif et sa mégalomanie » et des « inquiétudes que Sharif se pliait avec trop d'empressement au son de la politique de Washington concernant le Cashmir et l'Afghanistan. »

En d'autres termes, Bush-Cheney gagnent, peu importe quel atout se retrouve sur le trône.

Article original en anglais,  « Anglo-American Ambitions behind the Assassination of Benazir Bhutto and the Destabilization of Pakistan  », 29 décembre 2007.

Traduction Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org


Qui cherche l’éclatement du Pakistan ?
8 janvier 2008 - solidariteetprogres.org
http://www.solidariteetprogres.org/spip/sp_article-breve.php3?id_article=3681

Le 8 janvier (Nouvelle Solidarité) -- L’assassinat, le 27 décembre 2007, de l’ancien Premier ministre pakistanais Benazir Bhutto a précipité ce pays, et toute la région, dans une profonde instabilité.

Alors que le gouvernement américain a fait preuve de la même incompétence et du même manque de réflexion vis-à-vis du Pakistan que pour l’invasion et l’occupation de l’Irak, les intérêts britanniques ont progressé pas à pas vers un objectif stratégique : l’éclatement du Pakistan et la création d’un no-man’s land à la frontière avec l’Afghanistan et l’Asie centrale, cette entité séparatiste devant constituer une source d’instabilité permanente, de conflits asymétriques et d’opérations de marché noir, notamment de trafic d’opium à partir du « croissant d’or ».

D’ores et déjà, deux zones frontalières de la Province du nord-ouest et des Zones tribales sous administration fédérale (FATA) échappent au contrôle direct du gouvernement d’Islamabad et de l’armée pakistanaise. Les talibans et al-Qaida y ont rétabli des postes de commande, de contrôle et de communications, mais les soldats de l’armée pakistanaise, dont la plupart sont originaires de cette région, n’accepteraient pas de lancer des opérations militaires contre leurs propres frères.

Quant au service de renseignement pakistanais ISI, il entretient des liens de longue date avec les talibans, datant de l’époque où les Etats-Unis et la Grande-Bretagne soutenaient les opérations des moudjahidines contre l’occupant soviétique.

Selon une source haut placée dans la communauté de renseignement américaine, il faudrait au moins 100 000 soldats de combat de l’OTAN en Afghanistan, et 200 à 300 000 soldats en tout, pour débarrasser la frontière des insurgés et stabiliser le pays. Or les perspectives d’un tel déploiement sont nulles. La mission de l’OTAN en Afghanistan interdit explicitement toute opération de lutte contre le trafic de stupéfiants, apparemment à cause du manque de troupes.

Pourtant, on estime qu’environ 10 % des recettes provenant du trafic d’opium sur le marché noir alimentent les caisses des talibans, soit 100 millions de dollars par an, ce qui leur permet de renforcer leur organisation. Déjà, les talibans et les seigneurs de guerre qui leur sont alliés contrôlent à peu près un tiers du territoire afghan.

Le service de renseignement britannique MI6 a même engagé des négociations avec les dirigeants de cette organisation, à la consternation de la CIA, qui a récemment incité le gouvernement afghan à expulser deux « diplomates » britanniques qui faisaient parvenir du cash aux talibans et les aidaient par d’autres moyens à s’imposer dans différentes villes.

L’assassinat de Bhutto

Tout comme les néoconservateurs de l’administration Bush étaient persuadés que l’invasion de l’Irak serait « un jeu d’enfant » et que les soldats américains seraient salués en « libérateurs », des stratèges proches de la Maison Blanche ont concocté un scénario suivant lequel ils espéraient imposer la démocratie et la stabilité au Pakistan en installant un gouvernement de coalition formé de Benazir Bhutto, du président Moucharraf et d’un nouveau commandant en chef de l’Armée, choisi pour ses liens avec le Pentagone.

Mais Mme Bhutto rejeta cet accord, se lançant dans une offensive totale pour chasser le président Moucharraf, à coups de manifestations de rue et d’une ample couverture internationale dans les médias. Selon une source dans la communauté du renseignement américain, les « amis » britanniques de l’ancien Premier ministre auraient pu tenter de la convaincre d’abandonner son arrangement avec « le dictateur » et d’opter pour une prise de pouvoir directe - avec la bénédiction de Londres.

Certes, l’erreur de calcul de l’administration Bush a créé un contexte favorisant l’assassinat de Benazir Bhutto et le chaos qui s’ensuivit, mais elle n’en est pas la cause. Lyndon LaRouche a observé, quelques heures après l’attentat fatal, que ceux qui avaient convaincu le président Moucharraf de quitter son uniforme et de démissionner du commandement des Forces armées étaient probablement au centre du plan de déstabilisation. Sans le pouvoir que lui assurait l’uniforme, le président est devenu l’otage des circonstances.

Le Londonistan

Selon des experts du renseignement indiens et américains, l’enquête sur l’assassinat de Bhutto est rendue plus difficile du fait que la dirigeante du Parti populaire pakistanais avaient de nombreux ennemis, qui ne demandaient qu’à la voir disparaître. Ils ont créé une multitude d’occasions d’attentat et une prolifération de fausses pistes pour mieux dissimuler le crime.

Ces mêmes sources notent l’existence d’un réseau de groupes islamistes ayant leur siège à Londres, dont le Hisbut Tahrir, qui ont pénétré les rangs de l’Armée pakistanaise ces dernières années et avaient par conséquent accès à la ville garnison de Rawalpindi. De tels groupes, protégés sinon aidés par le renseignement britannique, fournissent une couverture parfaite pour un assassinat made in London.

S’il subsistait encore des doutes quant à la volonté de Londres de semer le chaos en Asie du sud et centrale, suite à l’assassinat de Bhutto, l’édition du 5 janvier de l’Economist aurait permis de les dissiper.

Dans son éditorial intitulé « L’endroit le plus dangereux au monde - Rien d’autre n’a fonctionné, il est temps que le Pakistan essaie la démocratie », cet organe de la City propose que l’enquête sur l’attentat ne soit pas confiée à des responsables pakistanais, que les forces armées et les services de renseignement soient purgés et que des élections démocratiques se déroulent sans délai.

L’alternative, affirme l’Economist, mènerait à l’anarchie. « Depuis trop longtemps, on a permis à M. Moucharraf de soutenir verbalement des forces démocratiques, tandis que les Etats-Unis ont fermé les yeux sur son mépris de la substance. »

Le Groupe de crise internationale (ICG), normalement une ONG respectée, est allé encore plus loin en exigeant le limogeage immédiat du Président pakistanais, sans quoi le pays finirait par éclater. Le gouvernement pakistanais a qualifié de « séditieux » cet appel.


Algérie : à qui profitent les attentats ?
7 janvier 2008 - Par Eduardo Garcia
http://www.solidariteetprogres.org/spip/sp_article-breve.php3?id_article=3670

Paris, le 7 janvier 2008 (Nouvelle Solidarité) -- Désormais, les Algériens devront apprendre à retenir leur souffle au onzième jour de chaque mois, date symbolique des attentats du 11 septembre aux Etats-Unis. En effet, après les attentats du 11 avril et du 11 juillet, Alger a été, à nouveau, meurtrie par une double attaque à la voiture piégée le mardi 11 décembre 2007.

Ces deux opérations simultanées ont ciblé le nouveau siège du Conseil constitutionnel à Ben Aknoun et le siège du Haut commissariat aux réfugiés HCR à Hydra, faisant 22 morts et 167 blessés, selon les chiffres officiels avancés par le ministre de l’Intérieur. Une fois de plus, ces attentats ont été revendiqués par l’organisation d’Al-Qaeda au pays du Maghreb islamique AQMI, ex GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat).

La thèse développée dans notre dernier article paru dans Nouvelle Solidarité (28/09/07), sous le titre « Ces attentats qui cachent la guerre des matières premières », paraît être confirmée par le contexte entourant ces derniers événements. En effet, ils semblent être à l’origine de l’annulation des accords très vastes de coopération militaro-énergétique signés en 2006 par l’Algérie et la Russie.

Rappelons que c’est suite à la visite du président Poutine en Algérie en 2006 que deux très gros contrats ont été conclus entre les deux pays :

   1. Un mémorandum d’entente et de coopération entre Gazprom et la Société nationale des hydrocarbures algérienne Sonatrach, définissant toute une politique de coopération dans le domaine énergétique et laissant même planer l’idée de la création d’un cartel mondial du gaz ;
   2. La signature d’un important contrat d’armement de 8 milliards de dollars.

La question d’un cartel du gaz a suscité beaucoup de craintes parmi les pays européens, notamment la France, l’Italie, le Portugal et l’Espagne dont l’Algérie est un important fournisseur aux côtés de la Russie. La Grande-Bretagne a protesté par l’intermédiaire de son entreprise BP qui a qualifié cette idée de « stupide ».

Les Etats-Unis qui avaient déjà mal digéré la décision du président Bouteflika d’annuler la loi de privatisation des hydrocarbures et de surtaxer les revenus des groupes pétroliers étrangers lorsque le prix du pétrole dépasse les 30 dollars le baril, ont été les plus virulents contre la création d’une OPEP gazière.

En effet, le 11 juillet 2007 la Chambre des représentants américaine a adopté un projet de loi visant à contrecarrer la création d’une telle OPEP du gaz.

Le républicain Don Manzullo, l’un des dix auteurs de ce projet, a déclaré que la création d’un cartel de producteurs de gaz naturel réunissant, entre autres, la Russie, l’Iran, le Venezuela et le Qatar ruinerait l’industrie d’armement américaine et affecterait la capacité de défense des Etats-Unis : « Des substances issues du gaz naturel sont largement utilisées dan l’industrie d’armement. Une coupure des livraisons compromettra la base de l’industrie d’armement américaine et affectera nos capacités de défense ».

Plus loin il affirmait : « Nous ne devons pas laisser apparaître un nouveau groupe de maîtres chanteurs à l’instar de l’OPEP qui ne manquera pas d’accaparer les fournitures mondiales de gaz naturel et de les placer sous contrôle ». Le projet de loi stipule que « les efforts déployés en matière de création d’un cartel ou de tout autre mécanisme de manipulation des fournitures de gaz naturel sur le marché mondial en vue de fixer des prix arbitraires et hors marché à des fins de pression politique sont considérés par les Etats-Unis comme une démarche inamicale menaçant la sécurité des Etats-Unis et du monde entier ».

Plus loin le document résume : « Des officiers de l’OTAN ont pour leur part mis en garde contre le danger de dépendance croissante de l’Europe par rapport à l’énergie russe et à la possibilité que des fournisseurs de rechange, tels que l’Algérie, commencent à coopérer avec la Russie. ».

Or voici qu’à la veille des attentats du 11 décembre, dans un entretien avec le Wall Street Journal, le PDG de la Sonatrach, Mohamed Meziane, prétendait qu’en réalité le mémorandum qui liait sa compagnie à Gazprom depuis août 2006 n’avait rien donné de concret et avait expiré au début du mois d’août 2007, et qu’il n’avait pas pour but de « manipuler les prix ».

Pour le Wall Street Journal, les propos du PDG confirmaient que la perspective d’une OPEP du gaz n’était pas sérieusement envisagée. Il concluait que ces remarques manifestaient clairement la volonté de l’Algérie de se démarquer publiquement de Gazprom et de l’idée d’un cartel du gaz.

Le 11 décembre dans l’après-midi, juste après les attentats, la Sonatrach annonçait, dans un communiqué officiel, l’annulation du contrat qui la liait à Gazprom sans fournir le moindre détail justifiant cette décision. Le 12 décembre, au lendemain des attentats, un autre communiqué des autorités algériennes annonçait le gel du contrat d’armement avec la Russie, justifiant sa décision par la plainte adressée officiellement par le président Bouteflika, début août, au président Poutine, dans laquelle le Président algérien se plaignait de la non-conformité de la première livraison des MIG-29 avec les clauses du contrat signé par les deux pays.

C’est ce qui aurait motivé la décision de l’Algérie de mettre un terme à sa collaboration énergétique avec la Russie.

Alors que le quotidien algérien l’Expression du 6 décembre rapportait que quatre nouveaux avions de chasse de type Sukhoi Su-30MK, qu’il qualifiait d’avions hors pair, faisant partie du contrat, seraient livrés à l’Algérie avant la fin 2007 par le constructeur russe d’avions de chasse Irkout.

Plus loin, il note qu’ »en décembre, des avions de transport russes AN-124 et AN-22 ont effectué trois vols pour acheminer deux premiers MIG-29 SMT et deux MIG-29 UBT en Algérie ».

Ces informations font donc état d’une bonne entente dans l’exécution du contrat de coopération militaire.

Le quotidien marocain La Gazette rapportait le 20 octobre, qu’après les livraisons graduelles des avions MIG-29 et des chasseurs bombardiers Sukhoi, l’Etat russe avait donné instruction à son agence d’exportation d’armes Rosoboronexport, de répondre positivement à toutes les requêtes de l’armée algérienne pour obtenir des facilités financières, techniques et même au niveau des échéances.

La même source rapporte que le président de Rosoboronexport, Serguei Tchemezov, avait été vu la semaine précédente au cercle national de l’Armée à Alger, en compagnie du chef d’état-major, le général de corps d’Armée Ahmed Gaid Salah.

Tout ceci n’a aucun sens. Si la collaboration entre l’Algérie et la Russie battait de l’aile depuis août, pourquoi avoir attendu le jour même et le lendemain des attentats pour annoncer officiellement ces ruptures de contrat ?

Pourquoi geler un contrat impliquant plusieurs types d’avions, la construction de frégates et de sous-marins, des systèmes de défense aérienne et autres, alors que seuls les MIG 29 seraient en cause ? Pourquoi, enfin, lier ce problème à la question de la coopération énergétique ?

La vérité semble se trouver dans les conflits de lobbies mafieux internes aux services algériens (le DRS) où la loi est faite par les grands intérêts internationaux des hydrocarbures et bancaires, notamment anglais, et les Américains qui sont à leur traîne.

En effet, Le Courrier d’Algérie rapportait le 20 décembre que les autorités russes avaient laissé entendre que la présidence algérienne en tant que telle n’était pas d’accord avec ce gel, et que la prochaine visite du président Bouteflika à Moscou au mois de janvier prochain, serait consacrée à débloquer la situation afin de maintenir les bonnes relations qui lient les deux pays.

Selon les autorités russes, citées par Ria Novosti, la réponse à la requête de Bouteflika, rédigée en accord avec Poutine qui préside la commission créé pour traiter ce problème, n’a pas pu être remise au président Bouteflika lui-même, même par le biais de l’ambassadeur de Russie en Algérie !

Mais qui profite de ce énième changement d’alliances ? L’Angleterre d’abord qui, du Kenya à l’Afghanistan et au Pakistan, promeut une stratégie de tension, cherchant à tirer la carte gagnante dans le krach du système financier qui frappe actuellement le monde. L’Angleterre encore, qui mène une guerre sournoise contre la Russie, dans laquelle elle entraîne les anglophiles de l’administration Bush/Cheney, dans diverses parties du monde.

Enfin, les contrats qui ne vont pas à la Russie se placent en Occident. Le journal Al Khabar du 15 décembre mentionne des contrats stratégiques signés par la Sonatrach avec les grandes compagnies gazières comme la norvégienne Statoil, British Petroleum, British Gaz et l’italienne ENI. Pour les Russes, grands perdants dans cette affaire, il n’y a pas photo.

Ria Novosti note, le jour même de la résiliation du mémorandum, que « les Algériens ont conclu la semaine dernière un nouvel accord avec Gaz de France, aux termes duquel ils se sont engagés à livrer à la société française du gaz liquéfié jusqu’à 2019. Dans le même temps, Sonatrach construit deux gazoducs au fond de la Méditerranée, qui permettront à l’Algérie d’augmenter de 50 % ses livraisons de gaz à l’Europe ».

Gaz de France et Sonatrach ont signé d’importants accords début décembre, créant aussi une société mixte qui ambitionne de fournir le marché américain en gaz naturel liquéfié.

Plus troublant encore, quelques jours après les attentats, les autorités algériennes ont retiré un contrat à des firmes espagnoles pour la reprise du projet de Gassi Touil, le confiant à deux compagnies proches de la Maison Blanche, KBR Halliburton et Wheather Ford.

Bien que nous soyons totalement favorables, dans les pages de ce journal, à la coopération économique Nord-Sud, nous nous opposons fermement à cette loi de la jungle de chaque puissance pour soi, qui fait fi des véritables intérêts des populations à long terme. En organisant les marchés internationaux en faveur d’un projet comme celui de Pont terrestre eurasiatique que nous défendons dans ces pages, nous pourrons rétablir un ordre de croissance forte au service des peuples.


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Apparemment, les idôlatres fanatiques (Algériens) de l'excrément du diable (le pétrole), avec l'assistance de leurs maudits alliées étrangers (occidentaux et arabes du Golfe incluant l'egypte) sont activement entrain de " pakistaniser " l'Algérie afin de l' " irakiser ".

Les indices de se crime prémédité (pakistanisation puis irakisation) contre l'Algérie et sa population sont de plus en plus nombreux.

La raison : simplement pour effacer les traces postcoloniales de leurs pillages et spoliations de l'Algérie et de sa population.

Pour comprendre le terme pakistanisation, il faut méditer l'histoire passée et présente du Pakistan, il y a une étrange ressemblance avec l'Algérie, à vous de voir  :-\

Dossier sur l'histoire réelle des Talibans et leurs commanditaires directs les services secrets Pakistanais, l'Inter-Services Intelligence (I.S.I.) avec le soutien financier, militaire et politique de la CIA donc des USA et d'autres pays occidentaux et arabes dont la France, l'Angleterre, l'Arabie Saoudite et l'Egypte :
http://www.linternaute.com/histoire/motcle/1745/a/1/1/talibans.shtml
http://www.checkpoint-online.ch/CheckPoint/Monde/Mon0074-PakistanGrandJeuISI.html
http://www.checkpoint-online.ch/CheckPoint/Monde/Mon0076-PakistanGrandJeuISI.html
http://www.checkpoint-online.ch/CheckPoint/Monde/Mon0082-PakistanGrandJeuISI.html


http://www.arte.tv/fr/histoire-societe/Pakistan-/Histoire-du-Pakistan/1658434.html

Le grand jeu de l'Inter-Services Intelligence, le service de renseignements pakistanais :
http://www.checkpoint-online.ch/CheckPoint/Monde/Mon0074-PakistanGrandJeuISI.html
http://www.checkpoint-online.ch/CheckPoint/Monde/Mon0076-PakistanGrandJeuISI.html
http://www.checkpoint-online.ch/CheckPoint/Monde/Mon0082-PakistanGrandJeuISI.html

http://www.rue89.com/2007/10/04/pakistan-les-dessous-de-lassaut-de-la-mosquee-rouge

http://www.arte.tv/fr/1654846.html

http://www.checkpoint-online.ch/CheckPoint/Actuel/IndexActuel.html

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Déclaration stupéfiante de Benazir Bhutto au sujet de la mort d’Oussama Ben Laden
http://www.reopen911.info/11-septembre/declaration-de-benazir-bhutto-au-sujet-de-la-mort-d%e2%80%99oussama-ben-laden/

Dans une interview du 2 novembre 2007 à David Frost, journaliste vedette à Al-Jazira, Benazir Bhutto affirme - en passant - qu’Oussama Ben Laden a été assassiné par Omar Sheikh, un agent de l’ISI pakistanaise qui joua un rôle-clé dans les attentats du 11-Septembre 2001. Cette déclaration stupéfiante, à prendre avec beaucoup de précaution, soulève de très nombreuses questions, qui risquent bien de ne jamais être résolues.

Le 27 décembre 2007, l’ex-Premier ministre du Pakistan Benazir Bhutto trouvait la mort dans un attentat-suicide, dont les commanditaires n’ont pas pu être encore clairement identifiés. Le 18 octobre dernier, jour de son retour au Pakistan après huit années d’exil, elle était déjà la cible d’un attentat-suicide dont elle sortait miraculeusement indemne. Entre ces deux attaques, le 2 novembre, elle avait accordé une interview à David Frost sur Al-Jazira, où elle avait désigné les possibles responsables de l’attentat du 18 octobre ; selon elle, ils pouvaient provenir d’un "gang du seigneur de guerre afghan Baitullah Mehsud, ou d’Hamza Ben Laden, le fils d’Oussama Ben Laden, ou des taliban pakistanais à Islamabad, ou d’un groupe à Karachi."

Elle poursuivait : "J’ai renvoyé une lettre [au président Pervez Musharraf] disant que tant que ces groupes pourraient être utilisés, je pensais qu’il était plus important de rechercher les gens qui les soutiennent, qui les organisent, qui peuvent être les financiers, ou les organisateurs du financement de ces groupes, et j’ai nommé trois individus dont je pensais qu’ils pouvaient être leurs sympathisants." David Frost demande alors des précisions sur ces trois individus ; il veut savoir s’ils peuvent avoir partie liée avec le gouvernement pakistanais. C’est là que Benazir Bhutto lance : "Oui, l’un d’eux est un personnage très important [a very key figure] dans la sécurité. Il est un ancien officier militaire. C’est quelqu’un qui a été impliqué avec le Jaish-e-Mohammed, l’un des groupes de Maulana Azhar, qui était dans une prison indienne pour avoir décapité trois touristes britanniques et trois touristes américains, et il a aussi été impliqué avec Omar Sheikh, l’homme qui a assassiné Oussama Ben Laden".

La déclaration sensationnelle est la dernière : Ben Laden serait mort, et son meurtrier serait Omar Sheikh. Une déclaration qui ne doit pourtant pas en cacher une autre : cette allusion à cet "ancien officier militaire" impliqué avec le Jaish-e-Mohammed et Omar Sheikh, et que Benazir Bhutto soupçonnait de vouloir l’assassiner.

Oussama, es-tu là ?

La première déclaration - commençons évidemment par elle - est sidérante. D’abord, Ben Laden serait mort. Cette mort a déjà été annoncée, et démentie, quantité de fois. La dernière, c’était le 23 septembre 2006 ; le quotidien L’Est républicain publiait alors ce qui était présenté comme une information des services de sécurité saoudiens, transmise à la Direction générale des services extérieurs (DGSE), selon laquelle Ben Laden avait contracté "une très forte crise de typhoïde" alors qu’il se trouvait au Pakistan, et y aurait succombé le 23 août 2006.

Mais Benazir Bhutto précise cette fois-ci que Ben Laden aurait été tué par Omar Sheikh. Or, cet individu, que d’aucuns présentent comme le "fils préféré" de Ben Laden - et qui est connu pour son rôle dans le financement du 11-Septembre (il transféra 100 000 dollars à Mohammed Atta, le leader des kamikazes, sur les ordres du chef de l’ISI Mahmoud Ahmad) et aussi dans l’enlèvement et le meurtre du journaliste Daniel Pearl - est incarcéré au Pakistan depuis février 2002. Ce qui signifierait qu’il aurait tué Ben Laden avant cette date, et que ce dernier serait donc mort depuis près de six ans !

De nombreuses sources avaient, il est vrai, annoncé à cette époque la possible ou probable mort d’Oussama Ben Laden : le président américain George W. Bush lui-même, selon le Telegraph du 27 décembre 2001, le président pakistanais Pervez Musharraf sur CNN, le 18 janvier 2002 (qui évoquait sa maladie des reins), le New York Times du 11 juillet 2002 (qui précisait que la mort remontait à décembre 2001 et que le chef d’Al-Qaïda était enterré dans les montagnes du sud-est de l’Afghanistan), le FBI, selon BBC News du 18 juillet 2002, ou encore le président afghan Hamid Karzaï sur CNN, le 7 octobre 2002. Le Pakistan Observer (cité par Fox News) et le quotidien égyptien Al-Wafd, avaient même rapporté, le 26 décembre 2001, ses funérailles ; un important officiel taliban y affirmait que le Saoudien était mort, naturellement et calmement, dix jours auparavant, des suites de graves problèmes pulmonaires.

Une mort probable... à un témoignage près

Les problèmes de santé, notamment rénaux, d’Oussama Ben Laden sont connus depuis longtemps ; un membre de l’administration Bush, réagissant aux propos de Musharraf de janvier 2002, confia ainsi que le chef d’Al-Qaïda avait besoin d’une dialyse des reins tous les trois jours (même si d’autres officiels américains ne voyaient dans ces problèmes rénaux qu’une "rumeur récurrente"). Le 28 janvier 2002, CBS avait rapporté que, le 10 septembre 2001, Ben Laden se faisait soigner dans un hôpital militaire à Rawalpindi pour une dialyse des reins, escorté par l’armée pakistanaise. Le 2 juillet 2001, un quotidien indien affirmait que "Ben Laden, qui souffre de déficience rénale, a régulièrement été placé sous dialyse dans un hôpital militaire de Peshawar alors que l’Inter-Services-Intelligence (ISI) en avait connaissance et l’approuvait, voire avec l’accord [du président pakistanais] Musharraf lui-même". La lettre d’information Jane’s Intelligence Digest du 20 septembre 2001 allait dans le même sens : "Les autorités pakistanaises ont apporté des soins médicaux au souffrant Ben Laden, notamment des dialyses rénales, dans un hôpital militaire de Peshawar." Et l’on se souvient du fameux séjour de Ben Laden à l’hôpital américain de Dubaï, du 4 au 14 juillet 2001, dans le département d’urologie du Dr Terry Callaway, spécialiste des calculs rénaux, où il avait reçu la visite, le 12 juillet, du chef d’antenne locale de la CIA, Larry Mitchell (Le Figaro et RFI, 31 octobre 2001).

Que conclure de tout cela ? Que Ben Laden est mort assassiné ? Ou alors des suites de sa maladie ? Ou encore (coup de théâtre !), qu’il n’est pas mort du tout, mais bien vivant ? Car une information vient contredire tous les indices de sa disparition en décembre 2001. Il s’agit du témoignage des soldats français du COS (Commandement des opérations spéciales) en Afghanistan, que nous rapportent les grands reporters Eric de Lavarène et Emmanuel Razavi dans leur documentaire Ben Laden, les ratés d’une traque (20 minutes). A six mois d’intervalle, ils auraient, en effet, eu Ben Laden à portée de tir, sans recevoir le feu vert des Américains pour agir. Un soldat français déclare : "Je peux en attester : en 2003 et en 2004, nous avions Ben Laden dans la lunette." Les soldats français ont-ils pu se méprendre sur la personne ? Ou leur témoignage est-il décisif ? Selon Infosoir du 22 décembre 2006, les deux journalistes ont interrogé quatre soldats français des forces spéciales qui ont tous donné la même version des faits.

L’intervention de Benazir Bhutto, on le voit, soulève plus de questions qu’elle n’apporte de réponses. Certains ont suggéré - ce qui résoudrait en effet le problème - que la langue de l’ancienne Premier ministre a fourché ; au lieu de dire "Omar Sheikh, l’homme qui a assassiné Oussama Ben Laden", elle aurait voulu dire : "Omar Sheikh, l’homme qui a assassiné Daniel Pearl". Cette hypothèse a sa pertinence, d’autant qu’un mois avant cet entretien, le 2 octobre 2007, Benazir Bhutto avait émis le souhait de partir à la recherche de Ben Laden, seule ou avec l’aide de l’armée américaine. Si seulement David Frost avait bondi, comme aujourd’hui beaucoup d’internautes, à l’écoute de cette déclaration tonitruante, pour demander une mise au point, nous ne serions pas dans ce flou. Nous ne saurons jamais ce que Bhutto a voulu dire. Il paraît cependant peu probable qu’elle ait voulu lancer un tel scoop, l’air de rien, en passant, avec une telle nonchalance ; le lapsus semble, à première vue, l’hypothèse la plus crédible. Ce qui ne nous renseigne en rien sur l’état actuel de Ben Laden... soit dit en passant.

Portrait-robot de l’assassin

Mais revenons à l’autre information d’importance que contient l’intervention de Benazir Bhutto. Celle qui décrit, sans le nommer, le possible commanditaire de l’attentat du 18 octobre et, peut-être aussi, de son futur assassinat : "un personnage très important dans la sécurité", "un ancien officier militaire", "quelqu’un qui a été impliqué avec le Jaish-e-Mohammed, l’un des groupes de Maulana Azhar", et qui a aussi été impliqué "avec Omar Sheikh".

Pour tenter de déchiffrer ces quelques lignes, lisons-les à la lumière d’un article fondamental que Paul Thompson, l’auteur de la base documentaire Complete 9/11 Timeline, a consacré à Omar Sheikh (et à l’ISI). En voici un premier passage : "Au début de l’année 2000, Saïd [Omar Saeed Sheikh] et l’ISI ont aidé Azhar à former un groupe terroriste, le Jaish-e-Mohammed, et Azhar se retrouva rapidement derrière des actes terroristes, essentiellement au Cachemire. Lors de ses nombreuses attaques, le Jaish-e-Mohammed a travaillé avec l’ISI, Saïd et Azhar. Par exemple, peu après l’attentat à la bombe d’octobre 2001 au Cachemire, les services de renseignements indiens ont soutenu que le président pakistanais Musharraf avait reçu un enregistrement d’un appel téléphonique entre le chef du Jaish-e-Mohammed, Maulana Massoud Azhar et le Directeur Mahmoud [Mahmoud Ahmad], dans lequel Azhar rapportait que l’attaque à la bombe avait été un "succès"." A en croire Thompson, qui se base uniquement sur des articles de presse, le Jaish-e-Mohammed marchait donc main dans la main avec l’ISI. Quant à Omar Sheikh, il coopérait avec l’un et l’autre (comme d’ailleurs avec Al-Qaïda).

Voici un deuxième passage de l’article de Thompson : "[Omar Sheikh] travaillait pour Ijaz Shah, un ancien fonctionnaire de l’ISI qui s’occupait de deux groupes terroristes, pour le général de corps d’armée Mohammed Aziz Khan, lui aussi un ancien chef-adjoint de l’ISI en charge des relations avec le Jaish-e-Mohammed, et pour le général de Brigade Abdulhah, un ancien officier de l’ISI." S’il est difficile d’identifier clairement la personne à laquelle pensait Benazir Bhutto, il ne fait pas grand doute qu’il s’agissait d’un membre de l’ISI. Ils sont quelques-uns à répondre aux critères énoncés par l’ex-Premier ministre : Mahmoud Ahmad (évoqué dans le premier passage) est un ancien officier militaire (général de corps d’armée et chef de l’ISI), dont on dit qu’il a été lié avec Maulana Azhar dans une opération terroriste au Cachemire, et qui est aussi très largement soupçonné d’avoir financé les pirates du 11-Septembre, par l’entremise justement d’Omar Sheikh. Mais il n’est plus aujourd’hui un personnage-clé dans la sécurité ; depuis le 30 avril 2003, il est le PDG de la Fauji Fertilizer Company. Ijaz Shah semble mieux correspondre au portrait-robot dressé par Benazir Bhutto : ancien général de brigade et membre de l’ISI, connu pour ses liens avec les terroristes, c’est à lui que s’était secrètement rendu Omar Sheikh le 5 février 2002, lorsque son rôle dans l’enlèvement de Daniel Pearl avait été découvert. Shah l’avait alors retenu et briefé durant toute une semaine, avant de le remettre à la police pakistanaise. Mohammed Aziz Khan, remarquons-le, aurait aussi le bon profil, fortement lié à la fois à Omar Sheikh et au Jaish-e-Mohammed...

Le lourd bilan de l’ISI

Si l’ISI était impliquée dans l’assassinat de Benazir Bhutto, l’addition commencerait à être sévèrement corsée pour l’agence gouvernementale pakistanaise... dont l’implication a déjà été évoquée dans l’assassinat du commandant Massoud le 9 septembre 2001 (par l’Alliance du Nord : "Ahmed Shah Massoud a été la cible d’une tentative d’assassinat organisée par l’ISI pakistanaise et Oussama Ben Laden") ; puis, dans le financement du 11-Septembre, via son directeur Mahmoud Ahmad, voire dans l’organisation même des attentats, via un ancien chef de l’ISI, Hamid Gul (selon le Washington Times du 23 juillet 2004, qui relayait un document émanant d’une source haut placée au Pakistan : "L’ISI était pleinement impliquée dans la conception et le soutien de toute l’affaire [...]. J’ai des raisons de penser qu’Hamid Gul était le cerveau d’Oussama Ben Laden") ; et encore, dans l’attentat-suicide raté de Richard Reid (selon Roland Jacquard et Atmane Tazaghart dans Le Figaro du 20 juillet 2007 : "Ce membre de l’ISI [Khalid Khawaja] est celui qui servait d’instructeur pour les explosifs dans les camps d’al-Qaida, notamment à Shakar Dara. C’est lui qui avait manipulé Richard Reid, cet Anglais qui avait essayé de faire exploser l’avion du vol Paris-Miami le 22 décembre 2001 à l’aide d’explosifs cachés dans ses chaussures") ; enfin, dans l’enlèvement, le 23 janvier 2002, et la décapitation de Daniel Pearl, qui, précisément, enquêtait sur les liens entre Richard Reid et Al-Qaïda, et "sur ceux qui avaient commandité l’attentat" de Reid (c’est-à-dire l’ISI, selon Le Figaro...). Sans parler de l’inquiétante menace lancée, le 22 juillet 1999, à l’endroit des Twin Towers par l’agent de l’ISI Rajaa Gulum Abbas ("Ces tours-là vont s’écrouler"), et qu’avait rapportée l’agent secret Randy Glass à plusieurs officiels américains bien avant le 11-Septembre...

Benazir Bhutto n’a peut-être fait qu’un maladroit lapsus au sujet de la mort d’Oussama Ben Laden. Mais ce lapsus était probablement plus révélateur qu’il n’y paraissait au premier abord, car en tissant un lien, même inconsciemment, entre ses agresseurs (et futurs assassins) et les commanditaires du 11-Septembre, elle visait sans doute juste. Où que l’on regarde dans ces histoires, tout converge toujours vers l’ISI. L’étau se resserre. Une question, lourde et insistante, demeure en suspens : pourquoi les Etats-Unis n’ont-ils, à ce jour, jamais pris la moindre sanction vis-à-vis du Pakistan et des agents de l’ISI manifestement impliqués dans tous ces crimes ? Pourquoi le silence gêné de Condoleezza Rice, celui de Thomas Kean (Loose Change Final Cut, 15e minute) et de Lee Hamilton, président et vice-président de la Commission d’enquête sur le 11-Septembre, lorsqu’on leur demande de réagir à la visite officielle de Mahmoud Ahmad à Washington dans la semaine des attentats, et sur le transfert de 100 000 dollars en direction de Mohammed Atta qui lui est attribué par différents journaux de renom, dont le Wall Street Journal ? A quoi joue l’administration Bush depuis le 11-Septembre, et peut-être même avant ? La question mérite enfin d’être posée. Avec insistance.

Pour plus d’information sur Omar Saeed Sheikh et l’ISI, lire l’article de Paul Thompson Les nombreux visages de Saïd Cheikh : il vous plonge réellement dans des abîmes de perplexité...

A voir Les nombreux visages de Saïd Cheikh http://questionscritiques.free.fr/terrorisme/Ahmed_Omar_Said_Cheikh/Paul_Thompson.htm

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Qui cherche l’éclatement du Pakistan ?
8 janvier 2008
http://www.solidariteetprogres.org/spip/sp_article-breve.php3?id_article=3681

Le 8 janvier (Nouvelle Solidarité) -- L’assassinat, le 27 décembre 2007, de l’ancien Premier ministre pakistanais Benazir Bhutto a précipité ce pays, et toute la région, dans une profonde instabilité.

Alors que le gouvernement américain a fait preuve de la même incompétence et du même manque de réflexion vis-à-vis du Pakistan que pour l’invasion et l’occupation de l’Irak, les intérêts britanniques ont progressé pas à pas vers un objectif stratégique : l’éclatement du Pakistan et la création d’un no-man’s land à la frontière avec l’Afghanistan et l’Asie centrale, cette entité séparatiste devant constituer une source d’instabilité permanente, de conflits asymétriques et d’opérations de marché noir, notamment de trafic d’opium à partir du « croissant d’or ».

D’ores et déjà, deux zones frontalières de la Province du nord-ouest et des Zones tribales sous administration fédérale (FATA) échappent au contrôle direct du gouvernement d’Islamabad et de l’armée pakistanaise. Les talibans et al-Qaida y ont rétabli des postes de commande, de contrôle et de communications, mais les soldats de l’armée pakistanaise, dont la plupart sont originaires de cette région, n’accepteraient pas de lancer des opérations militaires contre leurs propres frères.

Quant au service de renseignement pakistanais ISI, il entretient des liens de longue date avec les talibans, datant de l’époque où les Etats-Unis et la Grande-Bretagne soutenaient les opérations des moudjahidines contre l’occupant soviétique.

Selon une source haut placée dans la communauté de renseignement américaine, il faudrait au moins 100 000 soldats de combat de l’OTAN en Afghanistan, et 200 à 300 000 soldats en tout, pour débarrasser la frontière des insurgés et stabiliser le pays. Or les perspectives d’un tel déploiement sont nulles. La mission de l’OTAN en Afghanistan interdit explicitement toute opération de lutte contre le trafic de stupéfiants, apparemment à cause du manque de troupes.

Pourtant, on estime qu’environ 10 % des recettes provenant du trafic d’opium sur le marché noir alimentent les caisses des talibans, soit 100 millions de dollars par an, ce qui leur permet de renforcer leur organisation. Déjà, les talibans et les seigneurs de guerre qui leur sont alliés contrôlent à peu près un tiers du territoire afghan.

Le service de renseignement britannique MI6 a même engagé des négociations avec les dirigeants de cette organisation, à la consternation de la CIA, qui a récemment incité le gouvernement afghan à expulser deux « diplomates » britanniques qui faisaient parvenir du cash aux talibans et les aidaient par d’autres moyens à s’imposer dans différentes villes.

L’assassinat de Bhutto

Tout comme les néoconservateurs de l’administration Bush étaient persuadés que l’invasion de l’Irak serait « un jeu d’enfant » et que les soldats américains seraient salués en « libérateurs », des stratèges proches de la Maison Blanche ont concocté un scénario suivant lequel ils espéraient imposer la démocratie et la stabilité au Pakistan en installant un gouvernement de coalition formé de Benazir Bhutto, du président Moucharraf et d’un nouveau commandant en chef de l’Armée, choisi pour ses liens avec le Pentagone.

Mais Mme Bhutto rejeta cet accord, se lançant dans une offensive totale pour chasser le président Moucharraf, à coups de manifestations de rue et d’une ample couverture internationale dans les médias. Selon une source dans la communauté du renseignement américain, les « amis » britanniques de l’ancien Premier ministre auraient pu tenter de la convaincre d’abandonner son arrangement avec « le dictateur » et d’opter pour une prise de pouvoir directe - avec la bénédiction de Londres.

Certes, l’erreur de calcul de l’administration Bush a créé un contexte favorisant l’assassinat de Benazir Bhutto et le chaos qui s’ensuivit, mais elle n’en est pas la cause. Lyndon LaRouche a observé, quelques heures après l’attentat fatal, que ceux qui avaient convaincu le président Moucharraf de quitter son uniforme et de démissionner du commandement des Forces armées étaient probablement au centre du plan de déstabilisation. Sans le pouvoir que lui assurait l’uniforme, le président est devenu l’otage des circonstances.

Le Londonistan

Selon des experts du renseignement indiens et américains, l’enquête sur l’assassinat de Bhutto est rendue plus difficile du fait que la dirigeante du Parti populaire pakistanais avaient de nombreux ennemis, qui ne demandaient qu’à la voir disparaître. Ils ont créé une multitude d’occasions d’attentat et une prolifération de fausses pistes pour mieux dissimuler le crime.

Ces mêmes sources notent l’existence d’un réseau de groupes islamistes ayant leur siège à Londres, dont le Hisbut Tahrir, qui ont pénétré les rangs de l’Armée pakistanaise ces dernières années et avaient par conséquent accès à la ville garnison de Rawalpindi. De tels groupes, protégés sinon aidés par le renseignement britannique, fournissent une couverture parfaite pour un assassinat made in London.

S’il subsistait encore des doutes quant à la volonté de Londres de semer le chaos en Asie du sud et centrale, suite à l’assassinat de Bhutto, l’édition du 5 janvier de l’Economist aurait permis de les dissiper.

Dans son éditorial intitulé « L’endroit le plus dangereux au monde - Rien d’autre n’a fonctionné, il est temps que le Pakistan essaie la démocratie », cet organe de la City propose que l’enquête sur l’attentat ne soit pas confiée à des responsables pakistanais, que les forces armées et les services de renseignement soient purgés et que des élections démocratiques se déroulent sans délai.

L’alternative, affirme l’Economist, mènerait à l’anarchie. « Depuis trop longtemps, on a permis à M. Moucharraf de soutenir verbalement des forces démocratiques, tandis que les Etats-Unis ont fermé les yeux sur son mépris de la substance. »

Le Groupe de crise internationale (ICG), normalement une ONG respectée, est allé encore plus loin en exigeant le limogeage immédiat du Président pakistanais, sans quoi le pays finirait par éclater. Le gouvernement pakistanais a qualifié de « séditieux » cet appel.

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Le pouvoir algérien au rapport
Algérie | mercredi, 2 janvier 2008 | par La princesse enchantée
http://www.bakchich.info/article2214.html

Bakchich publie des extraits de l’étude sur le pouvoir algérien réalisée en 1995 par la journaliste Nicole Chevillard. A l’époque, le document avait séduit la DST.

En 1995, la journaliste Nicole Chevillard rédige une étude sur les dessous du pouvoir algérien. Bien renseigné, ce document, que Bakchich s’est procuré, a tapé dans l’œil de la DST française qui convoque la journaliste. Comme elle le raconte au site Rue.89, l’objet de cette rencontre qui a lieu peu après les attentats à Paris était de lui proposer de rédiger une étude pour « faire pression sur les généraux algériens pour qu’ils acceptent une solution politique pour que la paix revienne en Algérie ». N. Chevillard souligne aussi qu’elle avait compris que les Français soupçonnaient les services algériens d’être liés aux attentats.

C’est ce que la journaliste dira en octobre 2007 au procès de Rachid Ramda, le financier du groupe accusé d’avoir posé les bombes. Elle avait rencontré à l’époque le préfet Rémy Pautrat, ancien patron de la DST, qui lui aurait confié que les chefs des services algériens se seraient vantés « d’avoir retourné Djamel Zitouni », l’émir des GIA au moment des attentats.


Bakchich avait alors questionné le préfet Pautrat. En fait, il n’avait pas reccueilli les confidences des Algériens en personne mais plutôt celles de l’un des principaux patrons de la DST, Raymond Nart. Ce dernier lui avait raconté que son homologue algérien, Smaïn Lamari, lui avait expliqué que, lors d’une embuscade, ses forces spéciales avaient arrêté un groupe du GIA. Tous ont été tués, « à l’exception de Djamel Zitouni, le futur Émir du GIA. Celui-là, pendant une quinzaine d’années, on l’avait bien en main ».

Extraits de l’étude « Algérie : l’après-guerre civile » (Nicole Chevillard)

Commandos de la mort « il a beaucoup été question de ces voitures banalisées remplies de tueurs anonymes qui n’hésitaient pas à tirer, soit sur la foule, soit sur les forces de l’ordre. (…) Depuis le début de 1992 (…) ce phénomène n’a pas cessé de prendre de l’ampleur, intervenant d’ailleurs de façon quasi rituelle à chaque fois qu’une solution politique de sortie de crise semblait se dessiner. (…) Que des "commandos de la mort" existent en Algérie est un fait avéré. Il est simplement difficile de cerner avec précision les liens qu’ils entretiennent avec les services officiels ou certains hauts responsables de l’armée algérienne.

A deux doigts d’un accord avec le FIS A la fin octobre 1994, l’Algérie est passée très près d’un accord au sommet entre le FIS et la présidence (…) Selon des sources militaires, les émissaires de Liamine Zéroual (…) en étaient à discuter, point par point, sur une liste de quelque 2 000 noms, les postes qui pourraient être attribués à des représentants du parti dissous (…) Ces différentes tractations auraient dû aboutir (…) avant le 1er novembre 1994, à une déclaration d’Abassi Madani appelant les groupes armés à une trêve de six mois. Lui-même et Ali Benhadj auraient été libérés à l’occasion de la fête nationale. (…) C’est à Paris, où il s’était rendu à plusieurs reprises au cours des mois précédents, que Mohamed Lamari a, semble-t-il, trouvé les appuis politiques et les moyens (en termes militaires) de suspendre ce calendrier qui n’avait jamais reçu sa totale approbation.

L’armée déprimée Les tractations entre Zéroual et Lamari ont surtout révélé la précarité d’un pouvoir qui n’en était même plus à s’accorder trois années à lui-même, comme c’était le cas à l’issue de la conférence nationale de janvier 1994, mais guère plus d’une simple année… (…) Les sous-officiers qui sont en majorité issus du peuple, et donc perméables à tous les courants qui le traversent, ne sont plus acquis au régime. Ce sont eux qui sont le plus souvent cités, avec les simples soldats, dans les cas de complicité avec des actions terroristes.

Guerre des clans Il était ainsi possible, au printemps 1995, de dessiner trois grands centres de pouvoir :
- l’état-major de l’ANP, avec Mohamed Lamari (…) ;
- la présidence, soit le duo Zéroual-Betchine, allié au nouveau patron de la Sûreté Nationale, Ali Tounsi (…) ;
- entre les deux, le chef des services, Mohamed Médiène (…). Mais le rapport de force actuel s’établit clairement en faveur du général de corps d’armée Lamari.

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Le témoin-clé du 11 septembre 2001 : Les nombreux visages de Saïd Cheikh
http://questionscritiques.free.fr/terrorisme/Ahmed_Omar_Said_Cheikh/Paul_Thompson.htm

Par Paul Thompson
le 4 septembre 2002, mis à jour le 25 février 2003 ;
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Jean-François Goulon
http://www.cooperativeresearch.org/project.jsp?project=911_project

Nous vous recommandons vivement la lecture de cet essai. Ne vous préoccupez pas de sa longueur ou de sa complexité. L'histoire de Saïd Cheikh est autre chose que moyennement intéressante. En comprenant l'histoire de ce jeune homme, non seulement peut-on expliquer de nombreux mystères qui entourent le 11/9, y compris une preuve solide de l'implication de gouvernements étrangers dans les attaques, mais peut aussi révéler si une guerre nucléaire est probable dans un futur proche. C'est très sérieux! Lisez cet essai SVP! Veuillez noter que cet essai fut écrit pour la première fois en septembre 2002 mais qu'il a été minutieusement remanié à la suite de preuves additionnelles.

Note du traducteur : cet essai renvoie à plus d'une centaine d'articles de la presse internationale. Les plus pertinents seront traduits progressivement. Sur la page d'accueil, en dessous du dossier principal, "Les nombreux visages de Saïd Cheikh", les nouveaux articles traduits y seront affichés pendant une semaine.

Bonne lecture…
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ISI: "Le Gouvernement Invisible"

Ainsi que le London Times l'a décrit, Saïd Cheikh "n'est pas un terroriste ordinaire, mais un homme qui a des connexions qui remontent très haut au sein de l'élite militaire et des renseignements du Pakistan, ainsi que dans les cercles les plus intimes d'Oussama ben Laden et d'al-Qaïda". Afin de saisir pourquoi Saïd est si important pour comprendre le 11/9, il est nécessaire de connaître d'abord l'agence de renseignements pakistanaise, l'ISI (Inter-Services Intelligence). L'ISI joue un rôle bien plus significatif dans le gouvernement pakistanais que ses équivalents dans les autres pays. Time Magazine a fait remarquer : "Même selon les standards flous des agences d'espionnage, l'ISI est peu recommandable. Ce service est communément désigné comme étant 'un état dans l'état' ou le 'gouvernement invisible' du Pakistan". L'ISI a évolué jusqu'à sa forme actuelle durant la guerre entre l'Union Soviétique et les guérillas moudjahidin en Afghanistan, dans les années 80. La CIA pensait que la guerre afghane pourrait être une "guerre du Vietnam" coûteuse pour la Russie, et ils ont débloqué des milliards de dollars pour la résistance moudjahidin afin qu'elle demeure une épine dans le flanc de la Russie. Cette stratégie a marché : les soldats soviétiques se sont retirés d'Afghanistan en 1989, et l'Union Soviétique s'est effondrée deux ans plus tard, en partie à cause des coûts de la guerre.

Mais les coûts pour maintenir les Moudjahidin au combat étaient étourdissants et l'on estime qu'ils se situaient dans une fourchette allant de 6 à 40 Mds de dollars. Alors qu'une partie substantielle de ces sommes provenait de la CIA et du gouvernement saoudien, qui faisait passer l'argent par l'ISI, la plus grande partie des coûts fut reportée sur le commerce de l'opium afghan. Le Sydney Morning Herald a fait remarquer : "La culture de l'opium et la production d'héroïne dans la ceinture tribale du nord du Pakistan et de la partie adjacente de l'Afghanistan constituaient une ramification vitale de la coopération entre la CIA et l'ISI. Elle a réussi à plonger quelques soldats soviétiques dans l'addiction. Les ventes d'héroïne en Europe et aux Etats-Unis, effectuées au travers d'un réseau frauduleux élaboré de transport, de passeurs et de commissions, a compensé le coût d'une guerre qui a duré dix années en Afghanistan". La production d'opium afghan a gonflé de 250 tonnes en 1982, au début de la guerre, à 2.000 tonnes en 1991, juste après la fin de la guerre. Le Minneapolis Star Tribune a fait observer, "Si leurs alliés locaux étaient impliqués dans le trafic de drogue" — l'ISI et leurs alliés en Afghanistan — "cela n'a pas dérangé la CIA".

Bien que la guerre afghane fut terminée, l'ISI continua de faire du profit avec l'opium. En 1999, le Programme des Nations-Unies de la Surveillance de la Drogue a estimé que l'ISI se faisait environ 2 milliards de dollars par an avec la vente de drogues illicites. Le commerce de la drogue a contribué à lier l'ISI à Oussama ben Laden, dont on dit qu'il prenait 15% de commission en échange de la protection des passeurs et du blanchiment de leurs profits.

A partir de 1994, les Taliban, un groupe de Musulmans radicaux qui étudiaient au Pakistan, commencèrent à conquérir l'Afghanistan. Les Taliban avaient été recrutés par l'ISI et s'étaient façonnés en une force fanatique qui conquit la capitale afghane dès 1996. CNN a rapporté : "Les Taliban sont très largement accusés d'être la création des services de renseignements militaires du Pakistan [l'ISI]. Les experts disent que cela explique les succès militaires rapides des Talibans". Ce soutien s'est poursuivi. Par exemple, au début de 2001, un des plus grands experts américains sur l'Asie du Sud a soutenu que les Taliban étaient toujours "payés par l'ISI". L'ISI n'a pas seulement créé les Talibans pour des raisons stratégiques ; ils partageaient la vision radicale extrêmiste des Taliban. Ainsi que le Wall Street Journal le faisait remarquer en novembre 2001, "Malgré leurs mentons rasés et leurs uniformes repassés, les hommes de l'ISI sont aussi fondamentalistes que tous les barbus fanatiques ; l'ISI a créé les Taliban pour qu'ils soient leur instrument et il les soutient toujours".

Le parcours de Saïd

Saïd Cheikh finira par être profondément impliqué dans le monde de l'ISI, ainsi que dans celui d'al-Qaïda. Mais au départ, il semblait être un candidat improbable pour faire une carrière dans l'espionnage et le terrorisme. Il est né en Grande-Bretagne sous le nom de Ahmed Omar Saïd Cheikh, fils d'un riche fabriquant de vêtements pakistanais. Il grandit à Londres et fréquenta les meilleures écoles privées où il fut un brillant étudiant. Il étudia les mathématiques et les statistiques à l'école des Sciences Economiques de Londres. Alors qu'il était encore étudiant, il démarra avec succès une affaire de placements financiers et était aussi champion d'échec, champion de bras de fer de classe internationale et expert en arts martiaux — une combinaison rare de prouesses physiques et mentales.

Sa vie a pris un tournant lorsqu'il s'est porté volontaire pour un travail de charité en Bosnie à la fin de 1992. La guerre bosniaque faisait rage et il fut témoin des atrocités commises par les Serbes et les Musulmans bosniaques. Il retourna en Grande-Bretagne comme Musulman radical engagé. Grâce à ses capacités impressionnantes en économie et en mathématiques, à son aisance en anglais et à sa parfaite compréhension de la société occidentale, il constituait un agent de grande valeur pour n'importe quel groupe terroriste.

En 1993, il apparut au Pakistan en tant que membre d'un groupe militant combattant pour libérer le Cachemire des mains de l'Inde. Le Pakistan combattait l'Inde depuis des années pour le contrôle du Cachemire et il semble que Saïd, à cette époque, était rémunéré par l'ISI pour aider la cause pakistanaise au Cachemire. En 1994, Saïd commença son entraînement dans un camp en Afghanistan. Très vite, c'est lui qui enseigna aux autres. Tandis qu'il s'entraînait là-bas, il développa des liens étroits avec al-Qaïda. A la fin de l'année il était connu pour être le "fils préféré" d'Oussama ben Laden ou "mon fils spécial".

La prison et la fuite

Saïd dans un hôpital indien, peu de temps après avoir été arrêté en 1994. Il fut blessé par balle lors de sa capture [Indian Express]

Saïd Cheikh fut arrêté en Inde en 1994 alors qu'il était en mission d'enlèvement dans le but d'échanger des touristes occidentaux contre des séparatistes cachemiris. L'ISI paya ses frais de justice, mais il fut quand même condamné à servir une longue peine dans une prison indienne. Alors qu'il était en prison, ses capacités naturelles lui permirent de devenir le leader de la vaste population musulmane qui y était enfermée. Selon ses propres termes, il "y vécut pratiquement comme un parrain de la Mafia". Il a été affirmé qu'en 1999 les services de renseignements britanniques ont offert en secret l'amnistie à Saïd et la possibilité de "vivre à Londres en homme libre" s'il acceptait de révéler ses liens avec al-Qaïda. Apparemment, il a refusé. Encore plus curieux, la Pittsburgh Tribune-Review a suggéré en mars 2002 qu'il "y en a beaucoup dans le gouvernement Musharraf à penser que le pouvoir de Saïd Cheikh ne provient pas de l'ISI, mais de ses connections avec la CIA. La théorie est que … Saïd Cheikh a été acheté et qu'il l'a payé".

En décembre 1999, des terroristes ont détourné un avion commercial indien sur Kandahar, en Afghanistan. Après une impasse qui dura huit jours, les 155 otages furent relâchés en échange de Saïd et de trois autres terroristes pakistanais détenus par l'Inde. Il devait déjà être d'une grande valeur pour al-Qaïda, parce que le détournement apparaît avoir été largement financé et mené par eux. Saïd est resté plusieurs jours dans une pension de famille de Kandahar, s'entretenant avec le dirigeant Taliban, le Mollah Muhammad Omar, et Oussama ben Laden. Ensuite, un colonel de l'ISI l'a escorté jusqu'à une résidence sûre au Pakistan.

Suite sur http://questionscritiques.free.fr/terrorisme/Ahmed_Omar_Said_Cheikh/Paul_Thompson.htm
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« Répondre #141 le: 09/01/2008 - 23:15:25 »

 :(
IMPORTANT ET URGENT

L'heure est grave, la propagande occidentale bat son plein pour préparer psychologiquement (Psyops) les populations occidentales aux futures guerres, d'ici 2013, pour la "confiscation militaire" des gisements d'hydrocarbure ( pétrole et gaz ) et de matières premières ( Uranium pour le nucléaire militaire et civil, Or, etc...) de "certains pays". L'Algérie et sa population ne sont pas à l'abri. La population d'Algérie ne représente que 0,52% de la population mondiale. Soit une petite goutte d'eau, très négligeable et très facilement "exterminable" dans le cas d'une crise énergétique mondiale majeure.

population d'Algérie :      34 400 000  de personnes au 1er Janvier 2008
population mondiale :  6 669 776 265 de personnes au 11 janvier 2008

34 400 000 x 100 / 6 669 776 265 = environ 0,52 %

En Algérie, les "moutons Algériens" sont entrain d'être préparés, par certains "Algériens", pour le "grand sacrifice" et la "grande boucherie", et ainsi faire plaisir à leurs "dieux-maîtres occidentaux et arabes".

UN CONSEIL AUX FUTURES "MOUTONS ALGERIENS", UTILISEZ MASSIVEMENT LES BLOGS COMME ARMES LIGITIMES D'AUTO-DEFENCE POUR DENONCER LES CRIMES, EXACTIONS ET LES ACTIONS MALEFIQUES DE CES "CERTAINS ALGERIENS" QUI PREPARENT "LA GRANDE BOUCHERIE DES MOUTONS ALGERIENS" POUR FAIRE PLAISIR A LEURS "DIEUX-MAITRES OCCIDENTAUX ET ARABES".
 
IL  FAUT LAISSER A LA POSTERITE VOS TEMOIGNAGES ECRITS ET DETAILLES, ANONYMES OU PAS, DES CRIMES, EXACTIONS ET LES ACTIONS MALEFIQUES DE CES "CERTAINS ALGERIENS" CAR ILS SERVIRONT POUR VALOIR VOS DROITS ET CEUX DE VOS FAMILLES, ET FAIRE "PAYER" LEURS "DIEUX-MAITRES OCCIDENTAUX ET ARABES" ETC...

SACHEZ QU'IL Y A QU'UNE MINORITE AU POUVOIR DES ELITES ALGERIENNES, OCCIDENTALES ET ARABES QUI VOUS VEULENT DU MAL ET QUI VEULENT VOIR AU PLUS VITE "LA GRANDE BOUCHERIE DES MOUTONS ALGERIENS" MAIS LA GRANDE MAJORITE DES AUTRES ELITES AU POUVOIR SURTOUT OCCIDENTALES ET SURTOUT DES POPULATIONS OCCIDENTALES NE VOUS VEULENT PAS DE MAL ET SON FORTEMENT CONTRE LES AGISSEMENTS MALEFIQUES ET CRIMINELLES DE LA MINORITE AU POUVOIR DES ELITES OCCIDENTALES.

CES ELITES ET POPULATIONS OCCIDENTALES QUI SONT EN REALITE DE VOTRE COTE N'ATTENDENT QUE D'AVOIR VOS TEMOIGNAGES DETAILLES CONCERNANT LES CRIMES, LES EXACTIONS ET LES ACTIONS MALEFIQUES EFFECTUES PAR LES "CERTAINS ALGERIENS" AU NOM DE CETTE ELITE OCCIDENTALE MINORITAIRE ET CRIMINELLE AU POUVOIR AFIN DE SE RETOURNER CONTRE ELLE ET CONTRE CES "CERTAINS ALGERIENS AVEC LEURS DESCENDANCES", QUI PENSENT SE REFUGIER CHEZ EUX, DEVANT LES DIVERS COURTS DE JUSTICE INTERNATIONALES POUR LES JUGEES ET SAISIR LEURS BIENS POUR VOUS RENDRE UNE PARTIE ET SERVIR LEURS COLLECTIVITES.

DES LOIS EXISTENT ET ELLES SONT REDOUTABLES MAIS IL FAUDRA FAIRE UNE ENORME PRESSION EN PUBLIANT SYSTEMATIQUEMENT SUR INTERNET A TRAVERS VOS BLOGS VOS TEMOIGNAGES DETAILLES MEMES CEUX RACONTANT LES PIRES ET EPOUVANTABLES HISTOIRES. LE MONDE, QUI VOUS VEUT DU BIEN, VOUS ATTEND ALORS AGISSEZ EN UTILISANT LES ARMES LIGITIMES D'AUTO-DEFENCE MODERNES, LES BLOGS.

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http://www.creerunblog.fr (Compétence législative et Juridiction : Franco-Suisse)
http://www.bloguez.com/ (Compétence législative et Juridiction : France )
A technical guide to anonymous blogging - a very early draft http://www.globalvoicesonline.org/?p=125
How to Blog Safely (About Work or Anything Else)
Anonymous Blogging with Wordpress and Tor
http://fr.brothersoft.com/downloads-anonymous-email.html
http://blogsearch.google.fr/

VOILA L'EXEMPLE DU TEMOINGNAGE SUR UN BLOG D'UN IRAKIEN PENDANT L'OCCUPATION MILITAIRE AMERICAINE D'IRAK  http://realityiraq.blogspot.com/

BON COURAGE ET BONNE CHANCE


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Voila un débat télévisé ( France 5, C dans l'air,  Cher pétrole… pour toujours, mercredi 9 janvier 2008 ) très intéressant, à voir absolument, sur les conséquences socio-économiques négatives du pétrole cher (+100 USD) sur la France, ainsi que leurs impacts sur l'Algérie, l'actuelle guerre mondiale énergétique et des matieres premiere, le rôle de la Chine, de la Russie dans cette guerre, etc .... 

Lien débat télévisé http://www.france5.fr/c-dans-l-air/index-fr.php?page=resume&id_article=78

Voila le forum (France 5, C dans l'air,  Cher pétrole… pour toujours) correspondant sur Internet http://forums.france5.fr/cdanslair/Environnement/cher-petrole-toujours-sujet_131_1.htm

Voir également le documentaire d'anticipation politique, 2013, la fin du pétrole, qui prépare psychologiquement (Psyops) les populations occidentales aux futures guerres pour la "confiscation militaire" des gisements d'hydrocarbure ( pétrole et gaz ) et de matières premières ( Uranium pour le nucléaire militaire et civil, Or, etc...) de "certains pays". L'heure est grave,

Voir également le débat de France 3, regardez l’émission du Mardi 9 janvier 2008 http://ce-soir-ou-jamais.france3.fr/videos.php?id_rubrique=179&type=emission&video=20080109_csoj.wmv


Voila le site officiel d'Eric Laurent, écrivain et grand reporter, spécialiste de politique étrangère et auteur de, La face cachée du pétrole (Broché) : http://www.eric-laurent.com  (une référence)  ;)

Voila le documentaire d'anticipation politique (Psyops) = 2013, la fin du pétrole :

Pour sauvegarder ces videos sur votre ordinateur utilisez les outils gratuits suivants :

http://www.downloadhelper.net/
http://keepvid.com/

et utiliser le lecteur (ou player) video gratuit et libre : VLC Media Player (http://www.videolan.org)

2013, la fin du pétrole, partie 1/3
http://www.dailymotion.com/Cassandre-/video/x3i261_2013-la-fin-du-petrole-13_politics

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http://www.dailymotion.com/Cassandre-/video/x3i263_2013-la-fin-du-petrole-23_shortfilms

2013, la fin du pétrole, partie 3/3
http://www.dailymotion.com/Cassandre-/video/x3i25g_2013-la-fin-du-petrole-33_news

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Algérie : à qui profitent les attentats ?
7 janvier 2008 - Par Eduardo Garcia
http://www.solidariteetprogres.org/spip/sp_article-breve.php3?id_article=3670

Paris, le 7 janvier 2008 (Nouvelle Solidarité) -- Désormais, les Algériens devront apprendre à retenir leur souffle au onzième jour de chaque mois, date symbolique des attentats du 11 septembre aux Etats-Unis. En effet, après les attentats du 11 avril et du 11 juillet, Alger a été, à nouveau, meurtrie par une double attaque à la voiture piégée le mardi 11 décembre 2007.

Ces deux opérations simultanées ont ciblé le nouveau siège du Conseil constitutionnel à Ben Aknoun et le siège du Haut commissariat aux réfugiés HCR à Hydra, faisant 22 morts et 167 blessés, selon les chiffres officiels avancés par le ministre de l’Intérieur. Une fois de plus, ces attentats ont été revendiqués par l’organisation d’Al-Qaeda au pays du Maghreb islamique AQMI, ex GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat).

La thèse développée dans notre dernier article paru dans Nouvelle Solidarité (28/09/07), sous le titre « Ces attentats qui cachent la guerre des matières premières », paraît être confirmée par le contexte entourant ces derniers événements. En effet, ils semblent être à l’origine de l’annulation des accords très vastes de coopération militaro-énergétique signés en 2006 par l’Algérie et la Russie.

Rappelons que c’est suite à la visite du président Poutine en Algérie en 2006 que deux très gros contrats ont été conclus entre les deux pays :

   1. Un mémorandum d’entente et de coopération entre Gazprom et la Société nationale des hydrocarbures algérienne Sonatrach, définissant toute une politique de coopération dans le domaine énergétique et laissant même planer l’idée de la création d’un cartel mondial du gaz ;
   2. La signature d’un important contrat d’armement de 8 milliards de dollars.

La question d’un cartel du gaz a suscité beaucoup de craintes parmi les pays européens, notamment la France, l’Italie, le Portugal et l’Espagne dont l’Algérie est un important fournisseur aux côtés de la Russie. La Grande-Bretagne a protesté par l’intermédiaire de son entreprise BP qui a qualifié cette idée de « stupide ».

Les Etats-Unis qui avaient déjà mal digéré la décision du président Bouteflika d’annuler la loi de privatisation des hydrocarbures et de surtaxer les revenus des groupes pétroliers étrangers lorsque le prix du pétrole dépasse les 30 dollars le baril, ont été les plus virulents contre la création d’une OPEP gazière.

En effet, le 11 juillet 2007 la Chambre des représentants américaine a adopté un projet de loi visant à contrecarrer la création d’une telle OPEP du gaz.

Le républicain Don Manzullo, l’un des dix auteurs de ce projet, a déclaré que la création d’un cartel de producteurs de gaz naturel réunissant, entre autres, la Russie, l’Iran, le Venezuela et le Qatar ruinerait l’industrie d’armement américaine et affecterait la capacité de défense des Etats-Unis : « Des substances issues du gaz naturel sont largement utilisées dan l’industrie d’armement. Une coupure des livraisons compromettra la base de l’industrie d’armement américaine et affectera nos capacités de défense ».

Plus loin il affirmait : « Nous ne devons pas laisser apparaître un nouveau groupe de maîtres chanteurs à l’instar de l’OPEP qui ne manquera pas d’accaparer les fournitures mondiales de gaz naturel et de les placer sous contrôle ». Le projet de loi stipule que « les efforts déployés en matière de création d’un cartel ou de tout autre mécanisme de manipulation des fournitures de gaz naturel sur le marché mondial en vue de fixer des prix arbitraires et hors marché à des fins de pression politique sont considérés par les Etats-Unis comme une démarche inamicale menaçant la sécurité des Etats-Unis et du monde entier ».

Plus loin le document résume : « Des officiers de l’OTAN ont pour leur part mis en garde contre le danger de dépendance croissante de l’Europe par rapport à l’énergie russe et à la possibilité que des fournisseurs de rechange, tels que l’Algérie, commencent à coopérer avec la Russie. ».

Or voici qu’à la veille des attentats du 11 décembre, dans un entretien avec le Wall Street Journal, le PDG de la Sonatrach, Mohamed Meziane, prétendait qu’en réalité le mémorandum qui liait sa compagnie à Gazprom depuis août 2006 n’avait rien donné de concret et avait expiré au début du mois d’août 2007, et qu’il n’avait pas pour but de « manipuler les prix ».

Pour le Wall Street Journal, les propos du PDG confirmaient que la perspective d’une OPEP du gaz n’était pas sérieusement envisagée. Il concluait que ces remarques manifestaient clairement la volonté de l’Algérie de se démarquer publiquement de Gazprom et de l’idée d’un cartel du gaz.

Le 11 décembre dans l’après-midi, juste après les attentats, la Sonatrach annonçait, dans un communiqué officiel, l’annulation du contrat qui la liait à Gazprom sans fournir le moindre détail justifiant cette décision. Le 12 décembre, au lendemain des attentats, un autre communiqué des autorités algériennes annonçait le gel du contrat d’armement avec la Russie, justifiant sa décision par la plainte adressée officiellement par le président Bouteflika, début août, au président Poutine, dans laquelle le Président algérien se plaignait de la non-conformité de la première livraison des MIG-29 avec les clauses du contrat signé par les deux pays.

C’est ce qui aurait motivé la décision de l’Algérie de mettre un terme à sa collaboration énergétique avec la Russie.

Alors que le quotidien algérien l’Expression du 6 décembre rapportait que quatre nouveaux avions de chasse de type Sukhoi Su-30MK, qu’il qualifiait d’avions hors pair, faisant partie du contrat, seraient livrés à l’Algérie avant la fin 2007 par le constructeur russe d’avions de chasse Irkout.

Plus loin, il note qu’ »en décembre, des avions de transport russes AN-124 et AN-22 ont effectué trois vols pour acheminer deux premiers MIG-29 SMT et deux MIG-29 UBT en Algérie ».

Ces informations font donc état d’une bonne entente dans l’exécution du contrat de coopération militaire.

Le quotidien marocain La Gazette rapportait le 20 octobre, qu’après les livraisons graduelles des avions MIG-29 et des chasseurs bombardiers Sukhoi, l’Etat russe avait donné instruction à son agence d’exportation d’armes Rosoboronexport, de répondre positivement à toutes les requêtes de l’armée algérienne pour obtenir des facilités financières, techniques et même au niveau des échéances.

La même source rapporte que le président de Rosoboronexport, Serguei Tchemezov, avait été vu la semaine précédente au cercle national de l’Armée à Alger, en compagnie du chef d’état-major, le général de corps d’Armée Ahmed Gaid Salah.

Tout ceci n’a aucun sens. Si la collaboration entre l’Algérie et la Russie battait de l’aile depuis août, pourquoi avoir attendu le jour même et le lendemain des attentats pour annoncer officiellement ces ruptures de contrat ?

Pourquoi geler un contrat impliquant plusieurs types d’avions, la construction de frégates et de sous-marins, des systèmes de défense aérienne et autres, alors que seuls les MIG 29 seraient en cause ? Pourquoi, enfin, lier ce problème à la question de la coopération énergétique ?

La vérité semble se trouver dans les conflits de lobbies mafieux internes aux services algériens (le DRS) où la loi est faite par les grands intérêts internationaux des hydrocarbures et bancaires, notamment anglais, et les Américains qui sont à leur traîne.

En effet, Le Courrier d’Algérie rapportait le 20 décembre que les autorités russes avaient laissé entendre que la présidence algérienne en tant que telle n’était pas d’accord avec ce gel, et que la prochaine visite du président Bouteflika à Moscou au mois de janvier prochain, serait consacrée à débloquer la situation afin de maintenir les bonnes relations qui lient les deux pays.

Selon les autorités russes, citées par Ria Novosti, la réponse à la requête de Bouteflika, rédigée en accord avec Poutine qui préside la commission créé pour traiter ce problème, n’a pas pu être remise au président Bouteflika lui-même, même par le biais de l’ambassadeur de Russie en Algérie !

Mais qui profite de ce énième changement d’alliances ? L’Angleterre d’abord qui, du Kenya à l’Afghanistan et au Pakistan, promeut une stratégie de tension, cherchant à tirer la carte gagnante dans le krach du système financier qui frappe actuellement le monde. L’Angleterre encore, qui mène une guerre sournoise contre la Russie, dans laquelle elle entraîne les anglophiles de l’administration Bush/Cheney, dans diverses parties du monde.

Enfin, les contrats qui ne vont pas à la Russie se placent en Occident. Le journal Al Khabar du 15 décembre mentionne des contrats stratégiques signés par la Sonatrach avec les grandes compagnies gazières comme la norvégienne Statoil, British Petroleum, British Gaz et l’italienne ENI. Pour les Russes, grands perdants dans cette affaire, il n’y a pas photo.

Ria Novosti note, le jour même de la résiliation du mémorandum, que « les Algériens ont conclu la semaine dernière un nouvel accord avec Gaz de France, aux termes duquel ils se sont engagés à livrer à la société française du gaz liquéfié jusqu’à 2019. Dans le même temps, Sonatrach construit deux gazoducs au fond de la Méditerranée, qui permettront à l’Algérie d’augmenter de 50 % ses livraisons de gaz à l’Europe ».

Gaz de France et Sonatrach ont signé d’importants accords début décembre, créant aussi une société mixte qui ambitionne de fournir le marché américain en gaz naturel liquéfié.

Plus troublant encore, quelques jours après les attentats, les autorités algériennes ont retiré un contrat à des firmes espagnoles pour la reprise du projet de Gassi Touil, le confiant à deux compagnies proches de la Maison Blanche, KBR Halliburton et Wheather Ford.

Bien que nous soyons totalement favorables, dans les pages de ce journal, à la coopération économique Nord-Sud, nous nous opposons fermement à cette loi de la jungle de chaque puissance pour soi, qui fait fi des véritables intérêts des populations à long terme. En organisant les marchés internationaux en faveur d’un projet comme celui de Pont terrestre eurasiatique que nous défendons dans ces pages, nous pourrons rétablir un ordre de croissance forte au service des peuples.


l’Algérie : ces attentats qui cachent la guerre des matières premières
5 décembre 2007 - par Eduardo Garcia
http://www.solidariteetprogres.org/spip/sp_article.php3?id_article=3573&var_recherche=algerie

Dans le cadre de la visite d’état de Nicolas Sarkozy en Algérie nous avons décidé de reprendre ici cet article publié dans Nouvelle Solidarité N° 17, XIIIième annéé, du 28 septembre 2007.

Une série d’attentats de plus en plus rapprochés a ensanglanté l’Algérie ces derniers mois, révélant un réveil virulent de la guerre des clans au pouvoir au fur et à mesure que la prochaine élection présidentielle approche, sur fond de lutte entre grandes puissances pour le contrôle des matières premières algériennes, notamment gaz et pétrole. C’est la seule hypothèse possible pour expliquer l’activisme de l’Organisation d’Al-Qaida au Maghreb, née de la fusion, annoncée le 11 septembre 2006, entre l’ancien GSPC (Groupe salafiste de prédication et du combat) et Al-Qaida, revendication reçue avec le plus grand scepticisme par la plupart des experts et politiciens, vu le contexte dans lequel ces attentats sont intervenus.

Le 11 avril 2007, deux attentats suicides avaient visé le Palais du gouvernement à Alger et le Quartier général oriental de la Police à Bab Ezzouar, faisant 30 morts et plus de 200 blessés. Le 6 septembre dernier, c’est le président Bouteflika qui a échappé de peu à un attentat suicide alors qu’il se rendait en visite à Batna, dans l’est de l’Algérie, attentat qui a fait 22 morts et 107 blessés. Un nouvel attentat suicide a été commis le samedi 8 septembre à Dellys, faisant 30 morts et 47 blessés. Plus récemment, le jeudi 19 septembre, dans une vidéo de 80 minutes, le numéro deux d’Al-Qaida, Ayman al Zaouahri, a invité les musulmans à « nettoyer » le Maghreb des Français et des Espagnols, afin d’y rétablir le règne de l’islam. Dès le lendemain, ces menaces étaient mises à exécution : une bombe à faible puissance explosait devant une voiture transportant deux Français et un Italien entre Alger et le barrage de Koudiat Acerdoune, au sud-est de la capitale, pendant que deux employés d’Aéroports de Paris travaillant à Alger ont dû être évacués après avoir reçu des menaces.

Mais les autorités algériennes ainsi que la plupart des experts mettent en doute la véritable identité d’Al-Qaida au Maghreb et dénoncent plutôt des puissances étrangères comme étant à l’origine de ces attentats. Suite à l’attentat qui l’a visé, le président Bouteflika a dénoncé « des capitales étrangères et des dirigeants étrangers », pendant que son ministre de l’Intérieur, Noureddine Yazid Zerhouni, précisait que c’est « le retour de l’Algérie sur la scène internationale qui, visiblement, gêne certains intérêts étrangers ».

Le retour de l’Algérie sur la scène internationale

Une analyse de ce que M. Zerhouni appelle le retour de l’Algérie sur la scène internationale révèle en effet un revirement quasi total d’alliances de l’Algérie sur le plan international. Si l’on avait pu parler d’une véritable « lune de miel » entre l’Algérie et les Etats Unis, entre 2003 et 2006, avec les visites de Donald Rumsfeld en février 2006 et de Dick Cheney en avril de la même année, dont l’un des principaux centres d’intérêt avait été la collaboration dans la « Global war on terror », cette alliance privilégiée a été clairement remise en cause par la faction au pouvoir autour du président Bouteflika.

Divers facteurs seraient à l’origine de ce changement. D’abord, l’augmentation considérable de la manne pétrolière, suite à la hausse des prix, qui donne des ailes aux ambitions des uns et des autres. Surtout, on parle de l’affaiblissement relatif des Etats-Unis à cause de ses difficultés en Irak, et a contrario, du renforcement d’autres puissances, notamment la Russie, la Chine, mais aussi le Venezuela ou l’Iran. Et comme pour le Niger, qui a récemment remis en cause le monopole de la France dans l’exploitation de l’uranium sur son territoire, la concurrence entre ces puissances a permis aux factions algériennes de s’affranchir de la toute puissante tutelle américaine.

Rappelons que les enjeux dans ce domaine sont considérables et concernent, au delà de l’Algérie, toute l’Afrique du nord et le Sahel. Selon l’expert pétrolier algérien Hocine Malti, les réserves avérées de pétrole de ces pays sont conséquentes : 39 milliards de barils pour la Libye, 31,5 milliards pour le Nigeria, 11,8 milliards pour l’Algérie, 1 milliard pour le Tchad, 700 millions pour le Sénégal, 563 millions pour le Soudan, 308 millions pour la Tunisie, 300 millions pour le Niger, 200 millions pour la Mauritanie, tandis que le Sahara Occidental aurait un sous-sol très prometteur.

C’est au niveau de la politique énergétique qu’on voit le plus clairement le changement en cours. En mai 2006, l’Algérie décidait brutalement d’abandonner la loi de privatisation des hydrocarbures qu’elle venait d’adopter un mois plus tôt. C’est vrai qu’entre-temps, M. Bouteflika avait reçu la visite d’Etat du président Hugo Chavez, du Venezuela, qui l’en avait dissuadé ! En effet cette loi préconisait le retour à l’ancien système de concession, qui aurait permis aux compagnies pétrolières internationales de disposer presque totalement du sous-sol Algérien.

Mais c’est le réchauffement considérable des relations avec la Russie depuis janvier 2007 qui confirme cette tendance. Avec un contrat d’achat d’armes d’un montant de 15 milliards de dollars signé à cette date, l’Algérie est, en effet, le premier partenaire de la Russie dans le domaine de l’armement, devançant même la Chine. Si ce contrat ne provoque pas d’inquiétude chez les principales puissances, ce n’est pas le cas pour ce qui est de l’idée de la création d’une OPEP du gaz autour d’une alliance algéro-russo-iranienne.

Cette démarche inquiète les Européens, en particulier, qui dépendent de la Russie pour 23 % de leur consommation de gaz, et de l’Algérie pour 13 %. Dans une conférence de presse donnée à Alger le 11 septembre, Christof Ruehl, l’économiste en chef de British Petroleum, déclarait que « la création d’une OPEP du gaz relève davantage de la manœuvre politique que d’une démarche à objectifs économiques », avant de la qualifier de « stupide ». La visite à Alger du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, au cours de laquelle des accords bilatéraux ont été signés notamment dans le domaine énergétique, est venue confirmer que cette option est bel et bien sur la table. La question d’une coopération dans le domaine du nucléaire civil a aussi été soulevée.

A l’arrivée de plus en plus encombrante des sociétés pétrolières et gazières russes (Gazprom, Lukoil, Rosneft, Stroytransgaz...), il faut ajouter celle, plus discrète, des chinoises et indiennes, en revanche très présentes dans les autres pays du Sahel.

Comme au Soudan ou au Niger, la Chine, n’en déplaise à la France qui se voit contrainte d’améliorer les conditions commerciales qu’elle propose à ses anciennes colonies, est de plus en plus présente en Algérie, où elle vient de rafler quelques contrats majeurs pour la construction d’autoroutes et d’un million de logements. Autre enjeu principal où la France avance elle aussi sa propre candidature, la volonté algérienne de faire de l’année 2008 l’année de l’investissement dans le nucléaire civil, un choix appuyé par un important contrat de coopération, signé juin dernier avec les Etats-Unis. L’Algérie possède déjà deux réacteurs nucléaires et la France devra, si elle veut être compétitive, proposer mieux que les Chinois et les Russes, principaux partenaires de l’Algérie dans ce domaine.

Le prétexte pour le déploiement de l’AFRICOM

Dans le domaine sécuritaire et militaire, le renversement des alliances de l’Algérie est là aussi frappant, car de principal allié des Etats-Unis dans la lutte contre le terrorisme dans la région (notamment après la prise d’otages de touristes européens par le GSPC, en janvier 2003), elle serait aujourd’hui la cible d’un terrorisme déployé par l’administration Bush/Cheney et ses contrôleurs en Angleterre. Les questions fusent à nouveau sur la véritable identité du GPSC/Al-Qaida, car l’augmentation des attentats depuis fin 2006 coïncide étrangement avec cette réorientation de la politique étrangère algérienne, et des médias tels qu’Al Watan ou les auteurs d’Algerie Watch n’hésitent pas à établir un lien entre ces actes de « terrorisme » et les pressions faites par l’administration Bush/Cheney pour obliger les pays du Maghreb à s’aligner et à accueillir des bases militaires américaines.

Pour bon nombre de spécialistes du terrorisme algérien, le GSPC a toujours représenté la faction « dure » du pouvoir - la Direction des renseignements militaires - qui est un relais en Algérie des politiques des Anglo-Américains. Lors de la prise d’otages de 2003, par exemple, le GSPC était dirigé par Abderrezak El Para, un ancien des forces spéciales algériennes et garde de corps du général Khaled Nezzar, ancien ministre de la Défense et membre du Haut Comité d’Etat.

De plus, l’action du GSPC/Al-Qaida à travers tout le Sahel bénéficie d’une aide importante du prince Bandar, ex-ambassadeur d’Arabie saoudite aux Etats-Unis et actuel patron de la sécurité dans son pays, dont le Sahel serait la chasse gardée. Le prince Bandar a récemment été attrapé la main dans le sac à financer des groupes rebelles au Darfour et au Tchad. Actuellement, des actions en justice au Royaume Uni et aux Etats-Unis mettent en cause son rôle dans un méga contrat d’armes et de pétrole, conclu entre la monarchie britannique et le régime saoudien à l’époque de Thatcher, impliquant la compagnie anglaise d’aéronautique BAE, contrat qui permet de générer des fonds abondants pour le financement d’attentats et autres sales coups.

L’activisme du GSPC/Al-Qaida à travers tout le Maghreb joue un rôle très utile pour les Américains, leur servant de prétexte pour tenter d’imposer le déploiement de bases militaires américaines à travers toute la région dans le contexte de leur nouveau commandement africain, l’Africom. C’est dans cette visée que les Américains ont conçu leur initiative « Pan-Sahel », devenue début 2005 « Initiative transsaharienne de lutte contre le terrorisme (TSCTI) », destinée à inclure dans une stratégie militaire américaine des pays comme l’Algérie, le Tchad, le Mali, la Mauritanie, le Maroc, le Niger, le Sénégal, le Nigeria et la Tunisie. Très important pour comprendre la nouvelle série d’attentats qui frappe l’Algérie, ce pays a refusé, tout comme la Libye et le Maroc, d’accueillir sur son sol des bases américaines sous couvert de lutte contre le terrorisme et de participer au projet américain de réorganisation du grand Moyen-Orient.

L’Algérie s’attaque directement à Dick Cheney

Notons que dans la même période, Bouteflika a lancé également une attaque frontale contre Dick Cheney, en démantelant Brown, Root and Condor (BRC), une joint venture créée en 1994 par la Sonatrach (Société nationale des hydrocarbures) (41 %), le CRND (Centre de recherche nucléaire de Draria) (10 %) et KBR (Kellogg Brown & Root) (49 %), filiale d’Halliburton dont le vice-président américain est toujours actionnaire.

C’est en octobre 2006 que le gouvernement algérien a lancé une enquête pour corruption à l’encontre de cette société, gérant des contrats pétroliers et d’armement. Riche en rebondissements, l’enquête a révélé, entre autres, que BRC avait sous-traité un contrat sur le gisement de Rhourde-Nouss à une société israélienne, Bateman Litwin, propriété du milliardaire israélien Benny Steinmetz, proche de la droite israélienne. Révélatrice aussi de la guerre d’influence que se livrent différentes puissances en Algérie, ce sont les services russes qui ont révélé au gouvernement algérien que des équipements de communication sophistiqués, commandés par BRC aux Etats-Unis pour le compte de l’Etat-major général algérien, étaient connectés en permanence aux systèmes d’intelligence électronique américains et israéliens ! En septembre dernier, KBR a été contraint de céder à la Sonatrach ses parts dans BRC.

Nous avons essayé, en rassemblant tous les éléments ci-dessus, de dépeindre l’environnement international complexe dans lequel est intervenue la récente vague d’attentats en Algérie. Que certaines factions au pouvoir en Algérie soient sorties des griffes de l’administration Bush/Cheney est une bonne chose.

Cependant, le tout n’est pas de jouer les uns contre les autres, mais de rétablir une politique orientée vers le bien commun, où les ressources seront développées pour le plus grand bien de l’Algérie et de ses générations futures. Avec ses quelque 100 milliards d’euros de réserves et en travaillant de concert avec la Russie, la Chine, l’Inde et les grands pays d’Amérique du Sud pour refonder l’actuel système économique et monétaire international, l’Algérie aura une chance de sortir de la crise dans laquelle elle est plongée depuis de trop longues années.

Bibliographie :

* Al-Qaida au Maghreb et les attentats du 11 avril 2007 à Alger, par François Gèze et Salima Mellah, dans Algeria Watch (21 avril 2007).
* Madjid Laribi, « Brown & Root Condor : une holding “militaro-énergétique”« , Le Maghrébin, 13 novembre 2006.
* « Le P-DG de BRC sous mandat de dépôt », Le Jour d’Algérie, 1er avril 2007.
* Madjid Laribi, « Que cache le dossier Brown Root & Condor », Le Maghrébin, 9 octobre 2006.
* « L’un des kamikazes était un compagnon d’El Para », Le Jour d’Algérie, 14 avril 2007.
* Hocine Malti, « De la stratégie pétrolière américaine et de la loi algérienne sur les hydrocarbures », Le Quotidien d’Oran , 9-10-11 juillet 2005.


Des laboratoires mobiles pour authentifier et tuer des Irakiens
Par Robert Parry - mondialisation.ca - Le 8 janvier 2008
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=7741

La politique d’«irakisation» de la guerre (voir l’entretien avec Dahr Jamail du 1 décembre 2007 sur le site de À L'encontre) ne donne pas les résultats escomptés par Bush et le général David Petraeus. Ce n’est pas demain que les troupes américaines – malgré les déclarations de certains candidats démocrates – vont quitter l’Irak. Le vote bipartisan – dans un Congrès à majorité démocrate – d’une rallonge budgétaire à hauteur de 70 milliards de dollars pour l’armée d’occupation est une confirmation de ce qui ne relève pas de la prédiction. Le coût officiel de la guerre en Irak, depuis 2003, s’élève à 670 milliards de dollars. De la sorte sont aussi financés des «progrès» technologiques qui doivent permettre de préparer d’autres occupations et «lutte contre le terrorisme». C’est ce qu’analyse l’article ci-dessous (rédaction À l'Encontre).

Les forces états-uniennes en Irak seront bientôt équipées d'un outillage high-tech qui leur permettra de traiter les données biométriques en quelques minutes et – d'après l'inventrice de ces appareils – aidera des soldats américains à décider s'ils doivent ou non exécuter un suspect.

«Dans une guerre, les combattants ont besoin de savoir comment se déterminer face à trois Alternatives. Est-ce que je le relâche ? Est-ce que je le mets en détention ? Est-ce que je le tue sur le champ?» C'est qu'a expliqué Anh Duong, concepteure d'armes du Pentagon au quotidien Washington Post qui l'interviewait pour un article sur comment cette ancienne réfugiée vietnamienne de 47 ans, mère de quatre enfants, est devenue une des premières conceptrices de bombes aux Etats-Unis.

Duong est connue principalement pour la conception de bombes sophistiquées utilisés pour percer et détruire des cibles blindées. Mais elle a également supervisé le Joint Expeditionary Forensics Facilities Project connu sous le nom «lab in a box» ou laboratoire de poche, destiné à analyser des données biométriques telles que des empreintes digitales et de l'iris recueillies sur plus d'un million d'Irakiens.

Ces laboratoires – des unités escamotables d'environ 6 mètres sur 6 muni d'un générateur et relié par satellite à une base de données biométriques en Virginie Occidentale –  permettront aux forces états-uniennes de confirmer les données déjà stockées afin d’identifier des insurgés. Il est prévu de déployer ses laboratoires en Irak début 2008.

Duong a annoncé que la prochaine étape consisterait à miniaturiser ce modèle de laboratoire à la taille d'un sac à dos, pour que des soldats rencontrant un suspect «puissent savoir en quelques minutes» s'il figure sur une liste de surveillance de terroristes et doit donc être tué.

Duong a justifié ce programme de données biométriques comme étant un moyen humanitaire pour distinguer les «bad guys» (les méchants) en vue de leur élimination tout en épargnant des civils innocents: «Je ne veux pas de My Lai [1] en Irak. La plus grande difficulté dans la guerre globale contre le terrorisme est – tout comme au Vietnam – de savoir qui sont les méchants. Comment nous assurer que nous ne tuons pas des innocents».

En Irak et en Afghanistan, les unités militaires états-uniennes opèrent déjà selon des règles de combat très lâches qui leur permettent de tuer toute personne identifiée comme étant suspectée de terrorisme ou donnant le moindre indice d'être un insurgé. Les forces américaines ont également rassemblé et mis en détention des dizaines de milliers de MAM (military-age males - hommes ayant l’âge d’être un militaire) irakiens.

Au cours d'un voyage en Irak en été 2007, Anthony Cordesman, un analyste militaire au Center for Strategic and International Studies (Centre d'études stratégiques et internationales), a reçu des renseignements sur les projets états-uniens d'augmenter le nombre d'Irakiens détenus par les Américains pour la fin 2008. Dans son rapport de voyage, il écrit: «Le nombre de détenus a dépassé les 18'000, et (les autorités militaires états-uniennes) prévoient qu'il atteindra 30'000 à la fin de cette année, et 50'000 d'ici à la fin 2008.»

Les rafles ont permis aux militaires états-uniens de recueillir des données biométriques pour une utilisation future si et quand les Irakiens sont relâchés pour rejoindre la population générale.
 
L'éprouvette

En fait, l'administration Bush est en train de transformer l'Irak en une éprouvette pour mettre au point et tester des techniques modernes de répression parmi lesquelles on compte déjà l'utilisation de lunettes de surveillance nocturne sur des drones, l'imagerie à résonance thermique et une puissance de feu mortelle et précise.

Les nouvelles technologies représentent une modernisation de tactiques utilisées dans d'autres contre insurrections, comme au Vietnam dans les années 1960 et en Amérique Centrale dans les années 1980.

Au Vietnam, les forces états-uniennes ont planté des senseurs le long des «voies d'infiltration» pour diriger les bombardements contre les troupes nord-vietnamiennes. Au Guatemala, les forces de sécurité étaient équipées des premières versions d'ordinateurs portables qui servaient à identifier des gens suspectés de subversion, qui étaient alors traînés en dehors des bus et exécutés sommairement.

Maintenant, des technologies modernes sont en train de mettre à jour ces stratégies pour cette nouvelle version de la «guerre contre le terrorisme« du XXIe siècle.

La plupart des médias étatsuniens ont réagi à ces développements avec enthousiasme, comme le reportage du Post au sujet de Duong. L'article raconte allègrement la vie compliquée de cette dernière en tant que maman dévouée, que l'histoire personnelle en tant que réfugiée vietnamienne a conduit à développer des armes sophistiquées pour le gouvernement états-unien. Dans cet article l'on ne trouve aucune réaction d'alarme ni de critique concernant en particulier la remarque de Duong quand elle parle de tuer des suspects irakiens «sur le champ». (Washington Post, 1 décembre 2007).

De même, des journaux étatsuniens ont publié des histoires au sujet des troupes américaines qui tuaient des suspects de manière extrajudiciaire dans les pages intérieures, quand ils ne présentaient pas simplement ces histoires de manière positive. Même si les gardes de sécurité de Blackwater (voir sur ce site l’article consacré à cette société en date du 27 août 2007) à la gâchette facile ont suscité quelques critiques sévères, les agissements des troupes états-uniennes n'ont pas soulevé de réaction.

Par exemple cet automne les militaires étatsuniens ont avalisé, de fait, les affirmations des membres des tireurs d'élite de l'armée disant avoir reçu le pouvoir discrétionnaire de tuer tout Irakien à la portée de leur fusil, sans que la presse ne réagisse.

Le 8 novembre 2007, un jury militaire à Camp Liberty en Irak a acquitté le responsable d'une équipe de tireurs , jugé pour avoir tué trois Irakiens au sud de Bagdad au début du «surge» (augmentation des forces d’intervention) cette année.

Le sergent-chef Michael Hensley a été déclaré non coupable de meurtre, même s'il a été condamné pour des délits de moindre importance: ceux d'avoir planté un fusil AK-47 sur l'un des cadavres et manqué de respect à un officier supérieur. Dans une interview par courrier électronique avec le New York Times (NYT), Hensley s'est plaint en disant qu'il n'aurait même pas dû se présenter devant la cour martiale, puisqu'il suivait les directives de deux officiers supérieurs qui voulaient que l'unité augmente le nombre de tués. «Tous ceux que nous avons tués étaient des terroristes confirmés. On nous félicitait lorsque les bad guys mouraient. Nous recevions des reproches lorsqu'ils ne mourraient pas» écrivait Hensley (NYT , 9.11.2007).
 
Guerre asymétrique

Les témoignages concernant le cas du tireur de l'armée Jorge G. Sandoval Jr., qui a servi sous Hensley, ont également révélé l'existence d'un programme confidentiel dans lequel le Asymmetric Warfare Group du Pentagon encourageait les tireurs en Irak à poser des «appâts» - tels que des fils électriques et des munitions - pour ensuite tirer sur les Irakiens qui ramassaient ces objets, (Washington Post, 24.9.2007).

Comme Hensley, Sandoval a été acquitté de l'inculpation de meurtre, mais a été inculpé pour avoir posé un fil de cuivre sur l'un des Irakiens massacrés pour faire croire que l'homme tué était en train de fabriquer des engins explosifs.

Un autre cas de meurtre d'un homme suspecté d'être un insurgé a fait surface à l'occasion d'audiences au tribunal militaire de Fort Bragg, en Caroline du Nord, à la mi-septembre 2007. C'est ainsi qu'on a appris que deux membres des Services spéciaux états-uniens ont pris part à l'exécution d'un Afghan qui était suspecté d'être à la tête d'un groupe d'insurgés.

Selon les témoins entendus à cette occasion, Staffel et Anderson dirigeaient une équipe de soldats afghans lorsqu'un informateur leur a dit où était caché un homme suspecté d'être le dirigeant insurgé. C'est ainsi que le contingent mené par les étatsuniens a trouvé un homme, suspecté d'être Nawab Buntangyar, en train de marcher près de l'enceinte près du village de Hasan Kheyl. Les Américains, qui restaient à distance de crainte que l'homme ne porte une veste bourrée d'explosifs, lui ont demandé de s'identifier, et ont vérifié sa description en utilisant une liste de la Combined Joint Special Operations Task Force Afghanistan, connue sous le nom de «the kill-or-capture-list» (la liste pour décider de capturer ou tuer).

Arrivant à la conclusion que l'homme était bien le leader insurgé Nawab Buntangyar, Staffel a donné l'ordre de tirer, et Anderson – d'une distance d'environ 95 mètres – a tiré une balle dans la tête de l'homme, le tuant instantanément.

Selon l'International Herald Tribune du 17 septembre 2007, les soldats considéraient qu'il s'agissait d'un parfait exemple d'une mission confidentielle accomplie en accord avec les règles d'engagement américaines. «Les hommes ont dit que ces règles leur permettaient de tuer Buntangyar, qui avait été désigné comme étant le chef d'une cellule terroriste par les militaires américains, dès lors qu'ils l'auraient identifié de manière positive».

D'après les témoignages au procès de Fort Bragg, une précédente enquête avait conclu à l'innocence des deux soldats puisqu'ils ''opéraient sous les «règles d'engagement« qui leur permettaient de tuer ceux qui étaient désignés comme «combattants ennemis», même si leurs cibles ne portaient pas d'armes et ne présentaient aucune menace visible.

En fait, les laboratoires mobiles de Duong permettraient de rendre plus rapide et efficace le processus d'identification de gens suspectés d'être des insurgés tels que Buntangyar.

En effet, plutôt que de dépendre de descriptions physiques, les forces états-uniennes pourront scanner les yeux d'un suspect ou vérifier ses empreintes digitales, et comparer ces données avec celles stockées en Virginie Occidentale - avant de décider – pour reprendre les termes de Duong – «Est-ce que je le lâche, est-ce que je le mets en détention ou est ce que je l'abats sur le champ?» (Traduction A l’Encontre)

27 décembre 2007

1. Le massacre de M? Lai est une tuerie commise par des soldats des Etats-Unis contre des civils – entre autres des enfants et des femmes – dans un village du Vietnam en mars 1968. Ce massacre est devenu emblématique de la politique menée par l’occupant américain, sans même mentionner les bombardement massifs des B52 et la dispersion de «l’agent orange» afin de faire «tomber le feuillage des arbres». Le Vietnam a encore, aujourd’hui, des blessures, restées ouvertes, de cette guerre (réd.)

Robert Parry, journaliste américain, a travaillé durant les années '80 à Newsweek et Associated Press pour qui il a couvert l'actualité du Moyen-Orient. En 1995 il a fondé avec Robert Solomon le magazine d'investigation Consortium News. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages sur la politique étrangère des Etats-Unis.

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La réduction des rations alimentaires menace l’Irak de malnutrition sévère et de famine
par James Cogan - Mondialisation.ca -  Le 9 janvier 2008
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=7756
http://www.wsws.org/francais/

Alors que sévissent déjà malnutrition, inflation incontrôlée et chômage de masse, le ministère irakien du Commerce se prépare à restreindre la fourniture d’aliments et de produits hygiéniques de base subventionnés dans le cadre du Système de distribution public (Public Distribution System- PDS).

Le ministère a insisté pour dire que ces restrictions étaient inévitables parce qu’on ne lui avait pas promis un budget adéquat pour 2008. Mohammed Hanoun, chef de cabinet au ministère du Commerce, a dit à l’agence de presse Al-Jazirah le mois dernier : « En 2007 nous avons demandé 3.2 milliards de dollars dans le but d’organiser la distribution des produits alimentaires de base. Mais comme le prix des aliments importés a doublé en un an, nous avons demandé 7,2 milliards de dollars. Notre demande a été refusée.»

Le ministre du Commerce, Abid Falah al-Soodani a dit au parlement irakien : « Puisque nous ne disposerons pas du soutien financier du gouvernement l’an prochain, nous allons réduire les produits de 10 à 5 et les quantités des autres produits ne seront pas les mêmes que cette année et que dans les années passées ».

Selon Al-Jazirah les premières modifications dans ce sens prendront effet ce mois-ci. Les produits de base comme le lait maternisé, le thé, les pois chiches, le savon et les détergents courants ne seront plus distribués. Seuls la farine, le sucre, le riz, l’huile alimentaire et le lait en poudre seront disponibles. La quantité mensuelle de ces produits tombera, selon l’agence de presse de l’Onu, IRNI, à tout juste 9 kilos de farine, trois kilos de riz, deux kilos de sucre, un litre d’huile alimentaire et 250 grammes de lait en poudre par membre d’une famille disposant d’une carte de rationnement.

Une modification supplémentaire sera introduite en juin. Un contrôle du revenu sera introduit qui enlèvera à tous ceux qui ont un emploi leur donnant salaire modeste la carte de rationnement nécessaire pour bénéficier de cette assistance mensuelle. On estime à 5 millions le nombre de personnes qui n’auront plus ainsi accès au PDS.

Le PDS a été introduit par le régime Baathiste sous Saddam Hussein pour répondre à court terme aux sanctions imposées par les Nations unies pendant la guerre du Golfe de 1990-1991. L’assistance alimentaire s’est poursuivie après cette guerre orchestrée par les Etats-Unis, l’Onu refusant de lever l’embargo commercial parce que l’Irak devait alors prouver qu’il avait détruit ses « armes de destruction massive » chimiques ou biologiques.

A la fin de 1996 l’Onu, réagissant aux protestations à propos du coût humanitaire de ces sanctions, introduisit le programme « pétrole contre nourriture » sous lequel on permit à l’Irak de vendre une certaine quantité de pétrole, le produit pouvant être utilisé pour acheter des aliments et des produits de première nécessité, pour payer les réparations au Koweït ou pour financer les frais administratifs engendrés par les inspections d’armes de l’Onu.

Si le programme du rationnement alimentaire contribua à empêcher une famine de masse, l’Irak fut néanmoins incapable d’acheter des médicaments essentiels, ce qui entraîna une augmentation drastique de la mortalité infantile et une forte chute générale de l’espérance de vie. On estime que le régime des sanctions a causé, entre 1991 et 1998, la mort d’un million d’Irakiens y compris un demi-million d’enfants.

Denis Halliday, un des responsables chargés d’imposer le régime des sanctions à l’Onu, démissionna de ses fonctions en octobre 1998, déclarant : « Nous sommes en train de détruire toute une société. C’est aussi simple et aussi effrayant que cela. C’est illégal et c’est immoral ».

Au moment de l’invasion de mars 2003, quasiment toute la population irakienne était dépendante du programme de rationnement pour satisfaire à ses exigences alimentaires de base. L’occupation militaire américaine ne pouvait par conséquent guère faire autrement que de continuer ce programme. Elle a cependant lamentablement échoué pour ce qui est de le rendre accessible à la population.

En 2004, une étude réalisée par le World Food Program (WFP) trouva qu’au moins 6,5 millions d’Irakiens dépendaient fortement du programme de rationnement alimentaire et qu’outre ceux-ci, 3,9 millions de personnes souffriraient d’« insécurité alimentaire » si elles en étaient exclues. Le WFP estima qu’au moins 27 pour cent des enfants irakiens souffraient déjà de malnutrition chronique. Beaucoup parmi les Irakiens les plus pauvres ne consommaient pas leur ration, mais ils en vendaient une partie sur le marché pour les aider à obtenir l’argent nécessaire à l’achat d’autres choses essentielles, comme les habits ou le loyer.

Trois ans plus tard, l’organisme de charité Oxfam International estime que seuls 60 pour cent des Irakiens sont encore en mesure d’obtenir leur ration, contre 96 pour cent en 2004. Des problèmes de sécurité empêchent un grand nombre de gens de se rendre dans les centres de distribution proches de chez eux. Des milices ethniques et sectaires, promues par les forces d’occupation américaines, se servent de l’assistance alimentaire pour entretenir leurs systèmes de patronage. Le WFP a annoncé cette année qu’il essaierait de fournir une aide alimentaire d’urgence à plus de 750.000 Irakiens chassés de chez eux par la violence et qui n’ont pas accès au PDS.

Certaines choses manquent dans beaucoup de centres de distribution à cause des retards dans les livraisons et aussi à cause du vol généralisé, si bien que ceux qui peuvent avoir accès à ces centres ne peuvent les obtenir. La quantité de nourriture disponible est tombée de 35 pour cent sous l’occupation américaine, selon certains experts cités par l’agence de presse onusienne IRIN. La qualité des aliments a elle aussi fortement diminué et les gens doivent à présent consommer des produits de qualité inférieure ou ayant dépassé la date limite de consommation.

En même temps la misère sociale est omniprésente. Le chômage officiel est de 17,6 pour cent, 38,1 pour cent de la main-d’œuvre étant classée comme sous-employée. L’inflation annuelle est estimée à plus de 20 pour cent, alors qu’elle était de 52,8 pour cent en 2006, année où le gouvernement a aboli un subventionnement du pétrole permettant aux Irakiens de payer l’essence et le gazole à des prix parmi les plus bas au monde. Oxfam estime qu’au moins quatre millions de personnes vivent dans une situation que cette organisation qualifie de « pauvreté absolue ».

La réduction de l’aide alimentaire ne fera que renforcer les immenses difficultés auxquelles fait face la population irakienne. Un travailleur de la santé dit à Dahr Jamail, du Service International de presse (IPS), le mois dernier : « Ma femme et moi avons cinq garçons et six filles si bien que la ration nous coûte cher quand il faut l’acheter. Je ne peux pas payer à la fois la nourriture et d’autres choses comme l’école, les vêtements et le docteur. »

Dans les couches les plus démunies de la société irakienne, des centaines de milliers de gens sont menacés de malnutrition et de famine pure et simple. Une mère de deux enfants de Bagdad a dit ainsi à Al-Jazirah : « s’ils réduisent la quantité des rations alimentaires, nous seront à la rue car l’argent pour payer les factures devra servir à payer la nourriture. Si on nous considère aujourd’hui comme une famille pauvre, demain nous seront considérés comme vivant dans la misère absolue ».

Un homme au chômage a dit à cette agence de presse : « réduire le nombre de produits subventionnés fera de mes fils des enfants sous-alimentés et nous mettra dans une pauvreté pire que tout ce que nous avons vu jusque là ». Mohammed Falah Ibrahim, un expert en alimentation travaillant pour le ministère de la Santé, avertit : « Il devrait y avoir un plan complémentaire mis en place afin de garantir que l’aide financière atteint les familles pauvres qui seront touchées par ces mesures, sinon beaucoup d’Irakiens pourraient mourir de faim. »

On presse par ailleurs le gouvernement du premier ministre Nouri al-Maliki de fournir des finances suffisantes dans le cadre du prochain budget pour maintenir le programme d’aide alimentaire.

Ali al-Sistani, le principal religieux chiite, qui est sensible aux dangers représentés par le mécontentement social parmi la population chiite pauvre des villes, a demandé à ce que le changement du système de rationnement alimentaire soit annulé. Son porte-parole, Abdulmahdi al Karbalaai a dit au journal Azzaman le 6 décembre « [le gouvernement] sait-il que 60 pour cent du peuple irakien dépend de la ration alimentaire ? Qu’arrivera-t-il à ces gens si le gouvernement réalise son plan ? La souffrance augmentera et la famine s’installera en Irak ».

Le gouvernement Maliki dit qu’il ne peut pas trouver l’argent supplémentaire pour nourrir la population, mais son budget de 2007 a alloué 7,3 milliards de dollars à la construction d’un appareil militaire et policier pour assister l’armée américaine dans la répression de l’opposition à l’occupation, ce qui représente une augmentation de quelque 150 pour cent.

L’administration Bush, qui est responsable de l’existence de cette catastrophe sociale et qui dépense quelque 15 milliards de dollars par mois pour maintenir ses forces d’occupation en Irak et en Afghanistan, ne fournit qu’une aide humanitaire dérisoire.

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Qui cherche l’éclatement du Pakistan ?
8 janvier 2008 - solidariteetprogres.org
http://www.solidariteetprogres.org/spip/sp_article-breve.php3?id_article=3681

Le 8 janvier (Nouvelle Solidarité) -- L’assassinat, le 27 décembre 2007, de l’ancien Premier ministre pakistanais Benazir Bhutto a précipité ce pays, et toute la région, dans une profonde instabilité.

Alors que le gouvernement américain a fait preuve de la même incompétence et du même manque de réflexion vis-à-vis du Pakistan que pour l’invasion et l’occupation de l’Irak, les intérêts britanniques ont progressé pas à pas vers un objectif stratégique : l’éclatement du Pakistan et la création d’un no-man’s land à la frontière avec l’Afghanistan et l’Asie centrale, cette entité séparatiste devant constituer une source d’instabilité permanente, de conflits asymétriques et d’opérations de marché noir, notamment de trafic d’opium à partir du « croissant d’or ».

D’ores et déjà, deux zones frontalières de la Province du nord-ouest et des Zones tribales sous administration fédérale (FATA) échappent au contrôle direct du gouvernement d’Islamabad et de l’armée pakistanaise. Les talibans et al-Qaida y ont rétabli des postes de commande, de contrôle et de communications, mais les soldats de l’armée pakistanaise, dont la plupart sont originaires de cette région, n’accepteraient pas de lancer des opérations militaires contre leurs propres frères.

Quant au service de renseignement pakistanais ISI, il entretient des liens de longue date avec les talibans, datant de l’époque où les Etats-Unis et la Grande-Bretagne soutenaient les opérations des moudjahidines contre l’occupant soviétique.

Selon une source haut placée dans la communauté de renseignement américaine, il faudrait au moins 100 000 soldats de combat de l’OTAN en Afghanistan, et 200 à 300 000 soldats en tout, pour débarrasser la frontière des insurgés et stabiliser le pays. Or les perspectives d’un tel déploiement sont nulles. La mission de l’OTAN en Afghanistan interdit explicitement toute opération de lutte contre le trafic de stupéfiants, apparemment à cause du manque de troupes.

Pourtant, on estime qu’environ 10 % des recettes provenant du trafic d’opium sur le marché noir alimentent les caisses des talibans, soit 100 millions de dollars par an, ce qui leur permet de renforcer leur organisation. Déjà, les talibans et les seigneurs de guerre qui leur sont alliés contrôlent à peu près un tiers du territoire afghan.

Le service de renseignement britannique MI6 a même engagé des négociations avec les dirigeants de cette organisation, à la consternation de la CIA, qui a récemment incité le gouvernement afghan à expulser deux « diplomates » britanniques qui faisaient parvenir du cash aux talibans et les aidaient par d’autres moyens à s’imposer dans différentes villes.

L’assassinat de Bhutto

Tout comme les néoconservateurs de l’administration Bush étaient persuadés que l’invasion de l’Irak serait « un jeu d’enfant » et que les soldats américains seraient salués en « libérateurs », des stratèges proches de la Maison Blanche ont concocté un scénario suivant lequel ils espéraient imposer la démocratie et la stabilité au Pakistan en installant un gouvernement de coalition formé de Benazir Bhutto, du président Moucharraf et d’un nouveau commandant en chef de l’Armée, choisi pour ses liens avec le Pentagone.

Mais Mme Bhutto rejeta cet accord, se lançant dans une offensive totale pour chasser le président Moucharraf, à coups de manifestations de rue et d’une ample couverture internationale dans les médias. Selon une source dans la communauté du renseignement américain, les « amis » britanniques de l’ancien Premier ministre auraient pu tenter de la convaincre d’abandonner son arrangement avec « le dictateur » et d’opter pour une prise de pouvoir directe - avec la bénédiction de Londres.

Certes, l’erreur de calcul de l’administration Bush a créé un contexte favorisant l’assassinat de Benazir Bhutto et le chaos qui s’ensuivit, mais elle n’en est pas la cause. Lyndon LaRouche a observé, quelques heures après l’attentat fatal, que ceux qui avaient convaincu le président Moucharraf de quitter son uniforme et de démissionner du commandement des Forces armées étaient probablement au centre du plan de déstabilisation. Sans le pouvoir que lui assurait l’uniforme, le président est devenu l’otage des circonstances.

Le Londonistan

Selon des experts du renseignement indiens et américains, l’enquête sur l’assassinat de Bhutto est rendue plus difficile du fait que la dirigeante du Parti populaire pakistanais avaient de nombreux ennemis, qui ne demandaient qu’à la voir disparaître. Ils ont créé une multitude d’occasions d’attentat et une prolifération de fausses pistes pour mieux dissimuler le crime.

Ces mêmes sources notent l’existence d’un réseau de groupes islamistes ayant leur siège à Londres, dont le Hisbut Tahrir, qui ont pénétré les rangs de l’Armée pakistanaise ces dernières années et avaient par conséquent accès à la ville garnison de Rawalpindi. De tels groupes, protégés sinon aidés par le renseignement britannique, fournissent une couverture parfaite pour un assassinat made in London.

S’il subsistait encore des doutes quant à la volonté de Londres de semer le chaos en Asie du sud et centrale, suite à l’assassinat de Bhutto, l’édition du 5 janvier de l’Economist aurait permis de les dissiper.

Dans son éditorial intitulé « L’endroit le plus dangereux au monde - Rien d’autre n’a fonctionné, il est temps que le Pakistan essaie la démocratie », cet organe de la City propose que l’enquête sur l’attentat ne soit pas confiée à des responsables pakistanais, que les forces armées et les services de renseignement soient purgés et que des élections démocratiques se déroulent sans délai.

L’alternative, affirme l’Economist, mènerait à l’anarchie. « Depuis trop longtemps, on a permis à M. Moucharraf de soutenir verbalement des forces démocratiques, tandis que les Etats-Unis ont fermé les yeux sur son mépris de la substance. »

Le Groupe de crise internationale (ICG), normalement une ONG respectée, est allé encore plus loin en exigeant le limogeage immédiat du Président pakistanais, sans quoi le pays finirait par éclater. Le gouvernement pakistanais a qualifié de « séditieux » cet appel.

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Manquera-t-on de pétrole en 2015?
par Georges Dupuy - L'Express du 14/02/2005
http://www.lexpress.fr/info/economie/dossier/petrole/dossier.asp?ida=431663

Le fragile équilibre entre la production et la consommation de brut rompu, le monde est entré durablement dans l'ère du pétrole cher et rare. Tous les experts en conviennent. Ils s'opposent, en revanche, sur la menace d'une rupture des approvisionnements et surtout sur son échéance

Des stations-service vides et des voitures tirées par des chevaux... le film catastrophe présenté par Canal + le 15 février, dans le cadre de sa nouvelle émission politique, C'est déjà demain, à laquelle L'Express est associé, frappe fort. Les images parleront surtout aux téléspectateurs qui avaient 20 ans dans les années 1970. Ils se souviennent peut-être des files à la pompe et des Hollandais sur leurs vélos. Les plus jeunes n'auront connu, eux, que le pétrole abondant et pas cher. Mais voici que se profile, faute de réserves, la menace d'une rupture «physique» des approvisionnements. Beaucoup plus angoissante qu'un embargo, dont les pays industrialisés savent aujourd'hui, à la lueur de l'expérience passée, qu'il ne dure guère et qu'il n'est jamais vraiment entièrement appliqué.
Sommaire

Olivier Appert : «Il n'y a pas de troisième choc pétrolier»
Jean Laherrère : «Le déclin peut intervenir dès 2007»
Jean-Marie Chevalier : «Transformer les réserves en capacités de production»
Michèle Pappalardo : «Plus le pétrole sera rare, plus on cherchera à s'en passer»
Jan-Eric Fillieule : «La hausse du brut n'a pas eu trop d'impact sur l'inflation»

En 2004, les consommateurs ont déjà eu un premier aperçu de ce qui pourrait se passer. Le fragile équilibre entre la production de brut et la consommation a été rompu par la soif inextinguible des Chinois et la montée des risques en Irak, au Nigeria ou au Venezuela. Conséquence: le monde est entré durablement dans l'ère du pétrole cher. Demain, si rien n'est fait, il s'agira de bien autre chose, du déclin annoncé du pétrole après cinquante années de règne sans partage.

Le débat est intense mais les oppositions ne portent pas sur le fond. Oui, à moins d'un miracle géologique, le pétrole, dont nous avons déjà consommé 1 000 milliards de barils, sera rare. Oui, à moins de réinventer les théories économiques sur la valeur de la rareté, il sera cher. Mais quand? Mais où? Mais comment? Ici les opinions divergent. Pour les plus optimistes, comme Olivier Appert, président de l'Institut français du pétrole (IFP), et Jean-Marie Chevalier, directeur du Centre de géopolitique de l'énergie et des matières premières (CGEMP) et auteur des Grandes Batailles de l'énergie (Gallimard), les réserves sont là. Il faudra seulement que les conditions politiques soient réunies et que les prix soient suffisamment hauts pour justifier les investissements nécessaires à leur mise en perce. Chiffrage: 3 000 milliards de dollars. Mazette!

C'est déjà demain

C'est déjà demain, l'émission d'anticipation politique présentée par Ruth Elkrief, sera diffusée en direct le mardi 15 février sur Canal + à 20 h 55.
Invité: François Hollande.
Thème: 2013, la fin du pétrole.
Rediffusion le soir même à 22 h 55 sur Canal + Confort.
Pour en savoir plus, allez directement sur le site de l'émission : www.canalplus.fr

Pour les pessimistes, comme Jean Laherrère, seul Français membre de l'Association for the Study of Peak Oil and Gas (Aspo), les carottes (de forage) sont cuites. Nulle Arabie saoudite bis à l'horizon. Le déclin commencera en 2015. D'autres disent en 2010. Mais la chute de la production sera lente: en 2004, les sous-sols recelaient encore pour quarante-sept ans de consommation. Au minimum. Parce que les producteurs auraient plutôt tendance à sous-estimer les volumes en terre. Même si les données officielles doivent être traitées avec prudence. Michèle Pappalardo, présidente de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), suit avec délectation les avis de gros temps. Moins de pétrole, c'est autant de gagné dans la lutte contre l'effet de serre. Et plus les cours grimperont, plus on investira pour s'affranchir du pétrole. D'autant que, si tout se passe comme en 2004, explique Jan-Eric Fillieule, économiste au Crédit commercial de France, les tensions sur les approvisionnements et les prix n'auraient guère d'effet sur la croissance. Pas de coup de tabac économique, une mer d'huile, on peut toujours rêver.
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« Répondre #142 le: 11/01/2008 - 13:43:22 »

Le national-socialisme http://fr.wikipedia.org/wiki/Nazisme

Boualem Sansal : «Nous vivons sous un régime national-islamiste»
le 11 Janvier, 2008 - Propos recueillis par Grégoire Leménager -
http://www.lematindz.net/Accueil/boualem-sansal-nous-vivons-sous-un-regime-national-islamiste.html

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Sites intéressants pour les curieux qui veulent comprendre les sources de nos malheurs et de nos cancers
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«Le Village de l'Allemand ou le journal des frères Schiller», par Boualem Sansal, Gallimard, 256 p., 16,15 euros.

(1) «Le croissant et la croix gammée ou les secrets de l'alliance entre l'Islam et le nazisme d'Hitler à nos jours» [5], par Roger Faligot et Rémi Kauffer, Albin Michel, 1990

Nazis et régimes arabes : http://fr.wikipedia.org/wiki/Nazis_et_r%C3%A9gimes_arabes

http://aval31.free.fr/index.htm

http://coranix.free.fr/biblio/croissant_gammee.htm


Les liens entre le Terrorisme ISLAMIQUE et les Nazis

En vidéo... Boualem Sansal: «L'islamisme se rapproche du nazisme»


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Suite de l'article, Boualem Sansal : «Nous vivons sous un régime national-islamiste»

Alors qu'il publie «le Village de l'Allemand», le grand romancier algérien s'explique, dans cette interview au Nouvel Observateur, sur les liens entre hitlérisme et islamisme, la politique de Bouteflika et les choix diplomatiques de Sarkozy. Ce qu'il dit est terrible.

En exergue, un mot du narrateur annonce la couleur du livre. Noire, très noire: «il y a des parallèles dangereux qui pourraient me valoir des ennuis». Ce n'est pas une coquetterie. Il n'y en a jamais chez Boualem Sansal. Dans son cinquième roman, deux frères d'origine algérienne tiennent leur journal. Ils vivent en France, banlieue parisienne, et apprennent avec horreur la destinée de leur père: Hans Schiller, héros du FLN, était officier SS; il vient de finir ses jours au bled, égorgé par le GIA (http://hns-info.net/article.php3?id_article=12047 - http://www.algerie-tpp.org/ ).

Pour son fils aîné, l'histoire des camps d'extermination se découvre dans son insupportable singularité, et s'inscrit dans sa chair, jusqu'à la folie. Pour le cadet, directement confronté à la «talibanisation» de sa cité, l'équation entre nazisme et islamisme s'impose avec cette certitude: «l'imam de la tour 17, il faut lui couper le sifflet». Entre leurs deux voix alternées, Sansal fraie la sienne, subtile mais ferme, qui dans une intrigue serrée noue sans faiblir les questions les plus brûlantes: banlieues, Algérie, nazisme, fanatisme... Servi par tant de talent, son courage force l'admiration. «Le Village de l'Allemand» est un coup de poing dans le gras de nos plus rassurantes illusions: la fin de l'histoire n'a pas eu lieu.

G.L.

Le Nouvel Observateur - Ce qui donne son titre au roman, c'est la destinée d'un criminel de guerre nazi, ancien SS qui a trouvé refuge en Algérie, où il est devenu un héros de la guerre d'indépendance en formant des combattants du FLN... S'agit-il d'une histoire vraie? Comment est né ce roman?

Boualem Sansal. - «Le village de l'Allemand» est né d'une histoire vraie et d'un déluge de questions. Un jour, au début des années 1980, alors que j'étais en déplacement professionnel à l'intérieur du pays (dans la région de Sétif), je me suis arrêté dans un village (Aïn Deb, dans le roman), attiré par son «look» exotique. Il ne faisait pas couleur locale, il avait un petit air d'ailleurs. J'y ai pris un café et en arrivant à destination, j'ai questionné les personnes qui m'attendaient. J'avais à peine fini de dire «En venant chez vous, je suis tombé sur un drôle de village qui m'a fait pensé au village d'Astérix le Gaulois...» qu'on s'exclama fièrement: «Ah! le village de l'Allemand». On m'expliqua que ce village était «gouverné» par un Allemand, ancien officier SS, ancien moudjahid, naturalisé algérien et converti à l'islam. Dans la région, on le regardait comme un héros, un saint homme qui avait beaucoup fait pour le village et ses habitants. J'ai senti chez mes interlocuteurs une réelle admiration à l'évocation de son passé nazi, ce qui n'était pas pour me surprendre: la geste hitlérienne a toujours eu ses sympathisants en Algérie, comme d'ailleurs dans beaucoup de pays arabes et musulmans, et sans doute plus aujourd'hui en raison du conflit israélo-palestinien et de la guerre d'Irak. Avec quelque emphase pour bien m'éblouir, on m'expliqua que cet Allemand avait été envoyé par Nasser comme expert auprès de l'état-major de l'ALN et qu'après l'indépendance il avait enseigné dans la prestigieuse académie militaire de Cherchell. C'était en effet quelqu'un. J'avais voulu retourner au village et voir cet homme de près mais le temps m'avait manqué.

Depuis, j'ai souvent pensé à cette histoire. Je lui trouvais beaucoup d'aspects intéressants: le côté aventureux et romantique de cet Européen venu se battre pour l'indépendance de l'Algérie, sa retraite dans un village du bout du monde, sa conversion à l'islam, l'ascendant sympathique qu'il a pris sur ses habitants. Il y avait aussi le côté noir, celui de l'officier SS ayant servi dans les camps d'extermination.

N.O. - Comment cet aspect-là pouvait-il être occulté?

B. Sansal. - En y pensant, je me suis avisé de quelque chose que je savais mais sans lui avoir jamais accordé plus d'importance que cela: la Shoah était totalement passée sous silence en Algérie, sinon présentée comme une sordide invention des Juifs. Ce constat m'avait choqué. Le fait est que jamais, à ce jour, la télévision algérienne n'a passé de film ou de documentaire sur le sujet, jamais un responsable n'en a soufflé mot, jamais, à ma connaissance, un intellectuel n'a écrit sur le thème. C'est d'autant plus incompréhensible que nous avons fait de notre drame durant la guerre d'Algérie, l'alpha et l'oméga de la conscience nationale. Je pense qu'à ce titre nous aurions également dû nous intéresser aux drames qui ont frappé les autres peuples, partout dans le monde. Il me semble qu'on ne peut avoir pleine conscience de sa tragédie et s'en trouver plus fort que si on considère aussi celles des autres. Quelle autre façon avons-nous de situer son histoire dans l'histoire humaine une et indivisible? Ne pas le faire, c'est quelque part mépriser sa propre histoire, c'est privatiser quelque chose qui appartient à l'humanité, pour en faire, par glissement naturel ou par calcul, au mieux une épopée que chacun peut agrémenter selon ses besoins, au pire un manuel de lavage de cerveau. En Algérie, au demeurant, on a réussi à faire les deux: une merveilleuse épopée en mouvement perpétuel et un abominable manuel de décérébration massive. Je me demande comment nous pourrions un jour sortir de ce double sortilège.

N.O. - Pour reprendre le titre d'un livre paru en 1990, votre roman propose en somme une nouvelle vision, extrêmement sombre, des rapports entre «le croissant et la croix gammée» (1). D'autant qu'à l'arrière-plan se profile le rôle des services secrets égyptiens de Nasser... Ce passé-là en tout cas, volontiers méconnu - sinon occulté, nous entraîne très loin des visions manichéennes de la décolonisation qui ont souvent cours. N'est-ce pas une nouvelle façon pour vous de déconstruire l'histoire de la libération nationale en Algérie (dont vous avez déjà dénoncé les mythes, notamment dans «Poste restante: Alger» [1])?

Boualem Sansal. - Quand j'ai décidé de faire de l'histoire de cet Allemand la trame d'un roman, je me suis retrouvé avec beaucoup de questions sans réponses. Je n'ai hélas pas pu me rendre dans ce village pour mener enquête. Tant de choses ont changé en Algérie depuis le début des années 1980 qu'il m'est vite apparu inutile de m'y rendre. Durant la «décennie noire», tout déplacement était suicidaire, le pays était sous contrôle des GIA. Et plus tard, alors que la sécurité sur les routes s'était améliorée, j'y ai renoncé, je me suis dit que le village était au mieux sous la coupe d'un notable issu de l'Alliance présidentielle, donc livré à la gabegie et à la corruption, au pire sous la férule d'un émir «résiduel» du GIA et que toute trace de cet Allemand avait dû être effacée. J'ai recueilli quelques dires ici et là, et puisé dans les livres pour reconstituer la possible trajectoire de cet homme, et d'une manière générale de ces criminels de guerre nazis qui se sont réfugiés dans les pays arabes.

[2] En avançant dans mes recherches sur l'Allemagne nazie et la Shoah, j'avais de plus en plus le sentiment d'une similitude entre le nazisme et l'ordre qui prévaut en Algérie et dans beaucoup de pays musulmans et arabes. On retrouve les mêmes ingrédients et on sait combien ils sont puissants. En Allemagne ils ont réussi à faire d'un peuple cultivé une secte bornée au service de l'Extermination; en Algérie, ils ont conduit à une guerre civile qui a atteint les sommets de l'horreur, et encore nous ne savons pas tout. Les ingrédients sont les mêmes ici et là: parti unique, militarisation du pays, lavage de cerveau, falsification de l'histoire, exaltation de la race, vision manichéenne du monde, tendance à la victimisation, affirmation constante de l'existence d'un complot contre la nation (Israël, l'Amérique et la France sont tour à tour sollicités par le pouvoir algérien quand il est aux abois, et parfois, le voisin marocain), xénophobie, racisme et antisémitisme érigés en dogmes, culte du héros et du martyre, glorification du Guide suprême, omniprésence de la police et de ses indics, discours enflammés, organisations de masses disciplinées, grands rassemblements, matraquage religieux, propagande incessante, généralisation d'une langue de bois mortelle pour la pensée, projets pharaoniques qui exaltent le sentiment de puissance (ex: la 3ème plus grande mosquée du monde que Bouteflika va construire à Alger alors que le pays compte déjà plus de minarets que d'écoles), agression verbale contre les autres pays à propos de tout et de rien, vieux mythes remis à la mode du jour.... Fortes de cela, les dictatures des pays arabes et musulmans se tiennent bien et ne font que forcir. Plus que mille discours, cinq petits jours de Kadhafi à Paris ont suffi pour édifier les Français sur la nature de nos raïs. Ah, quelle morgue, ce Kadhafi! Maintenant, ils peuvent comprendre ce que nous subissons tous les jours qu'Allah nous donne à vivre sous leurs bottes.

N.O. - Mais ce que raconte votre roman, c'est surtout la découverte du nazisme lui-même, aujourd'hui, par les deux fils de l'Allemand devenu Algérien. Pour eux, qui vivent dans une cité de la banlieue parisienne, cette découverte est un traumatisme. La question de la transmission de cet insupportable héritage est ainsi au cœur du livre - notamment à travers le texte de Primo Levi qui s'y trouve cité. Est-ce une question qui vous hante directement? S'agit-il de lutter contre une forme de négationnisme ambiant?

Boualem Sansal. - Je me pose souvent la question: comment réagiront nos jeunes le jour où ils ouvriront les yeux et que tomberont les certitudes débilitantes qui ont été leur pain, leur lait et leur miel quotidiens depuis la prime enfance. On imagine le chaos. Ils devront repenser tout ce qui leur a été inculqué: religion, identité, histoire, société, Etat, monde. Je me dis avec tristesse qu'ils ne pourront pas mener ce travail de reconstruction et que probablement ils ne trouveront personne pour les aider. Les vieux auront aussi à se refaire. C'est parce que leurs yeux se sont quelque peu décillés au début des années 1980 sur l'impasse dans laquelle le FLN avait mis le pays, que les jeunes Algériens ont massivement rejoint le FIS et les groupes armés. Ils avaient besoin d'autres certitudes, c'était urgent. Vers quoi iront-ils maintenant qu'ils ont compris que l'islamisme ne payait que par la mort et que la voie de l'émigration leur était fermée? J'ai voulu m'engager dans cette problématique, le choc de la vérité, et j'ai choisi de le faire d'une manière à la fois positive, façon de ne pas insulter l'avenir et croire que nos jeunes sauront trouver une issue (comme Malrich, l'enfant des banlieues) et dramatique comme pour Rachel que la révélation de ce que fut le passé de son père a mené au suicide. Je ne sais pas si l'Allemand de Aïn Deb avait des enfants. Je lui en ai donné deux, Rachel et Malrich, et je les ai brutalement mis devant le passé de leur père. Ils ne sont pas réels mais je m'en suis voulu pour la douleur que je leur ai infligé.

Devant ces révélations, se pose la terrible question: sommes-nous comptables des crimes commis par nos parents, d'une manière générale par le peuple auquel nous appartenons? Oui, cette question me hante et je n'ai pas de réponse. Je me dis que nous ne sommes responsables de rien mais en tant qu'héritiers, le problème nous échoit, nous n'y pouvons rien. Je me dis que nous n'avons à faire ni repentance ni excuse mais en tant qu'héritiers le problème nous échoit. Il n'y a pas de réponse mais il y a peut-être une solution: que les enfants des victimes et ceux des coupables se rencontrent et se parlent, autour d'une histoire qu'ils écriront eux-mêmes. Ensemble, de cette façon, ils éviteront peut-être le manichéisme que naturellement les acteurs de la tragédie portent en eux. N'est-ce pas d'ailleurs ce que nous faisons depuis que le monde est monde?

N.O. - Votre Ministre des Anciens combattants a récemment déclaré que Nicolas Sarkozy devait son élection, en France, à l'appui d'un «lobby juif». Faut-il y voir une sorte de résurgence - ou de symptôme - du passé qu'évoque votre roman? Et que pensez-vous de la façon dont Sarkozy a réagi à cette provocation? De son attitude, en général, vis-à-vis des dirigeants algériens et sur les relations franco-algérienne?

Boualem Sansal. - N'était la réaction française qui a éveillé notre attention, les propos scandaleusement antisémites d'un de nos ministres, comme ceux du chef du gouvernement contre Enrico Macias, seraient passés inaperçus chez nous. Il faut le savoir, nos oreilles sont saturées, nous n'écoutons jamais les insanités de nos sinistres gouvernants. De Ben Bella à Bouteflika, c'est le même discours de haine, enseigné dans nos écoles et nos mosquées, relayé et amplifié par la télévision et les officines de la propagande.

Je trouve que Sarkozy a été pusillanime, il aurait dû différer sa venue, et demander officiellement à Bouteflika de désavouer publiquement son ministre. Il aurait dû maintenir Macias dans sa délégation. Sarko et sa délégation étaient les invités de l'Algérie, pas seulement de M. Bouteflika.

Sarko et Boutef qui se donnaient allègrement du «Mon ami Abdelaziz» par-ci, «Mon ami Nicolas» par-là, n'ont pas été au bout de leur soudaine amitié. Pour nous, la chose est sacrée: L'ami de mon ami est mon ami. En foi de quoi, Macias, l'ami de Sarko, aurait dû, obligatoirement, trouver sa place dans le cœur de Boutef. Je ne me souviens pas, soit dit en passant, que celui-ci ait été mis devant pareil et inutile affront lorsqu'il est allé en France, à l'invitation de Chirac. Au contraire, il eu droit au grand jeu, Parlement, Champs-Élysées, petits fours et tutti quanti. En se dérobant, Sarko lui a donné quitus de son insulte (car nul ne doute qu'il ne soit derrière les déclarations de son ministre), il l'a même encouragé à récidiver et pour nous qui espérions voir les relations algéro-françaises enfin se tourner vers l'avenir et nous apporter un peu d'air et de progrès, c'est décevant.

N.O. - Ce qui frappe de plein fouet à la lecture, ce qui est très violent dans votre roman, c'est évidemment le jeu de miroir entre le nazisme d'hier et l'islamisme d'aujourd'hui. Le journal de Rachel insiste sur la spécificité de l'Extermination. Mais son frère Malrich, qui perçoit l'imam de sa cité comme un SS, va jusqu'à écrire: «quand je vois ce que les islamistes font chez nous et ailleurs, je me dis qu'ils dépasseront les nazis si un jour ils ont le pouvoir». Dans quelle mesure partagez-vous ce point de vue?

Boualem Sansal. - Nous vivons sous un régime national-islamiste et dans un environnement marqué par le terrorisme, nous voyons bien que la frontière entre islamisme et nazisme est mince. L'Algérie est perçue par ses enfants eux-mêmes comme une «prison à ciel ouvert», disent les uns, et comme «un camp de concentration», disent les autres qui meurent à petit feu dans les cités. On ne se sent pas seulement prisonniers de murs et de frontières étanches, mais d'un ordre ténébreux et violent qui ne laisse pas même place au rêve. Nos jeunes ne pensent qu'à se jeter à la mer pour rejoindre des terres clémentes. Ils ont un slogan qu'ils répètent à longueur de journée en regardant la mer: «Mourir ailleurs plutôt que vivre ici». Les Harragas (les brûleurs de routes) avant d'être des émigrés clandestins sont des prisonniers évadés. Ils devraient être accueillis en tant que tels et non comme des hors-la-loi que l'on punit de la manière la plus cruelle: en les renvoyant au pays.

N.O. - En ce qui concerne la menace islamiste, plusieurs événements récents donnent hélas raison à l'inquiétude et à la noirceur qui imprègnent votre roman: les attentats qui viennent de se produire à Alger, par exemple. Des voix s'élèvent pour mettre en cause la responsabilité de la politique de «Réconciliation nationale» menée par le président Bouteflika. Est-ce aussi votre avis? Entre l'épisode sanglant des villageois égorgés par le GIA en 1994 - que l'on trouve dans votre livre - et ces attentats-suicides orchestrés par Al-Qaïda, quelle évolution voyez-vous se dessiner?

Boualem Sansal. - La «Charte pour la Réconciliation nationale» de M. Bouteflika n'est pas un moyen de rétablir la paix et ce qui va avec, la justice, la vérité, la démocratie, la culture, la prospérité. Elle est un anneau de plus à la chaîne totalitaire que le régime du FLN a déroulée sur le pays depuis l'indépendance. Elle ne dit rien d'autre que cela: «Réconciliez-vous autour de moi, Bouteflika, que les islamistes cultivent leur champ et que les démocrates et les laïcs cultivent le leur, l'Algérie est riche pour tous». Nous avions une Algérie qui se battait pour la liberté, nous voilà avec deux Algérie séparées par un fossé plein de sang et d'amertume. En vérité, la Réconciliation avait un autre objectif: couvrir les chefs de l'Armée et des Services secrets coupables de crimes massifs durant la «décennie noire», redorer le blason du régime, apporter une pièce maîtresse au dossier de M. Bouteflika qui rêve d'être couronné Nobel de la Paix.

Le Dr. Saïd Saadi, chef du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) a récemment déclaré que l'Algérie était en voie d'«irakisation». Je partage ce point de vue. Tant que le régime sera là, le désordre ira croissant. Comme elle le fut dans les premières années de son indépendance, une terre d'expérimentation où tous les vendeurs d'utopies dans le monde venaient proposer leurs recettes-miracles, l'Algérie sera, comme l'Irak, un terrain où viendront s'affronter toutes les factions et toutes les mafias du monde. El-Qaïda l'a bien compris, elle y a installé une succursale. Hier, c'était les Frères Musulmans, puis les Afghans, aujourd'hui, c'est la nébuleuse El-Qaïda et demain, on rebattra les cartes et de nouveaux acteurs apparaîtront. Le système corrompu et nauséabond du FLN est ainsi, il attire les mouches. Le barrage à cela est une démocratie insérée dans l'ensemble maghrébin et l'Union méditerranéenne.

N.O. - Comment lutter contre cette menace terroriste? Votre livre pose à de nombreuses reprises la question, mais n'apporte guère de réponse... Quel rôle peuvent jouer les démocraties occidentales? La façon dont Sarkozy vient de recevoir Kadhafi est-elle, comme il le dit, une voie possible pour encourager la démocratie face à l'islamisme?

Boualem Sansal. - Avec des régimes comme ceux de Bouteflika et Kadhafi, les démocraties occidentales ne peuvent pas grand-chose. Tout ce qu'elles diront et feront sera retourné contres elles et contre nous. Nos leaders sont de redoutables tennismen. Ils connaissent tous les coups pour détruire les balles en vol. Comme d'habitude, ils se dresseront sur leurs ergots et crieront : ingérence, colonialisme, néocolonialisme, impérialisme, atteinte à nos valeurs islamiques, lobby juif, etc!

La menace terroriste ne les gêne pas plus que ça. En tout cas, ils veulent la gérer selon leurs vues et besoins tactiques, loin du regard étranger. «Le terrorisme reste à définir», disait Kadhafi en Espagne. Bouteflika avait dit une chose similaire. La menace terroriste est pour eux pain béni, elle leur permet de maintenir la société sous étroite surveillance et ridiculiser ses prétentions démocratiques, toujours présentées comme susurrées par l'Occident dans le but d'affaiblir nos valeurs nationales.

La méthode Sarkozy est peut-être une voie. En recevant les dictateurs, en travaillant avec eux, on les légitime, certes, mais peu à peu on les déshabille, on les montre sous leur vrai jour, on les implique dans des projets communs. Ne se sentant plus menacés par les discours de l'Occident sur les droits de l'homme, ils pourraient avancer sur la voie de la normalité (je le dis sans trop y croire). La méthode implique que dans nos pays, la société civile et les partis politiques se mobilisent pour accentuer la pression interne. Quoi qu'il en soit, il est trop tôt pour juger de l'efficacité de la méthode Sarko. J'aurais quand même préféré qu'il reçoive Kadhafi dans la discrétion, ce richissime bandit ne méritait pas tant d'égards.

N. O. - Qui peut agir alors?

Boualem Sansal. - La lutte contre l'islamisme, matrice du terrorisme, réclame un engagement des musulmans et de leurs théologiens. Il leur revient de sauver leur religion et de la réconcilier avec la modernité, faute de quoi l'islam finira par n'être plus que l'islamisme. Mais le danger dans les pays arabes et musulmans est tel qu'aucun théologien n'ose entreprendre ce nécessaire travail d'ijtihad. Et les intellectuels qui s'y emploient avec talent dans les démocraties occidentales (Soheib Bencheikh, Malek Chebel, Mohamed Arkoun, Abdelwahab Meddeb...) ne sont guère entendus dans nos pays. Mon humble avis est que l'islam a déjà trop pâti de l'islamisme et du nationalisme arabo-musulman, je ne vois pas comment il pourrait reprendre le chemin des Lumières qui jadis fut le sien.

N. O. - L'islamisation de certaines cités de banlieue, en France, est également au cœur du livre: non seulement on y «fabrique» des talibans, mais c'est un véritable état (totalitaire) dans l'état (républicain) qui se dessine. Un état avec ses lois et son impôt: «la cité sera bientôt une république islamique parfaitement constituée», prophétise Malrich. Pire, il la compare à un «camp de concentration», dont les habitants, en proie au désœuvrement, seraient sous l'autorité tyrannique de l'imam leurs propres «kapos». Là-encore, ce diagnostic extrêmement radical (du personnage) vous semble-t-il justifié? N'est-il pas quelque peu caricatural? Et si non, sur quels éléments vous fondez-vous?

Boualem Sansal. - Le diagnostic de Malrich n'est pas exagéré. C'est la triste réalité. Dans nos pays, les cités populaires abandonnées par l'Etat à la misère, au banditisme et à l'islamisme sont déjà des camps de concentration. Certaines banlieues françaises sont de la même manière sous la coupe des gangs mafieux et islamistes, en connexion avec les gangs d'Algérie et les réseaux salafistes d'El-Qaïda dans le monde. Le journaliste Mohamed Sifaoui, à travers ses enquêtes sur le terrain et ses documentaires, en a apporté la preuve. Moi-même, au cours de mes déplacements en France, j'ai eu l'occasion de le constater et de l'entendre de la bouche même des habitants de ces cités.

N.O. - Le seul remède indiqué par votre roman, ici encore dans la filiation de Primo Levi, c'est l'usage de la parole, le souci de dire la vérité contre l'oubli, le mensonge, le silence. Pensez-vous que l'écriture peut être une arme politique? Au moment du 11 septembre 2001, vous aviez été l'un des rares et tout premiers intellectuels de culture musulmane à dénoncer le fanatisme. Vous sentez-vous moins seul aujourd'hui?

Boualem Sansal. - Le Verbe est tout. Il peut tuer et ressusciter. Je ne me situe évidemment pas à ce niveau. J'écris pour parler, parler à des gens, des frères, des amis, des passants tranquilles, et même, s'ils le veulent bien, à ceux qui rêvent de détruire l'humanité et la planète.

Ce sont les lecteurs qui font des livres une arme politique. Plus ils sont nombreux et plus ils sont forts, ils peuvent s'associer, crier, brandir le poing et chasser ceux qui nous font du mal avec leur fanatisme, leurs mensonges, leurs rapines, leurs crimes.

Le 11 septembre a été pour nous tous un choc terrible. Ce jour, nous avons commencé à comprendre que l'islamisme était dans une démarche autrement plus radicale que celle que nous lui attribuions: lutter contre les tyrans en terres d'islam et instaurer la charia. Sa véritable démarche est l'extermination de l'autre, le croisé, le Juif, l'athée, le musulman laïc, la femme libre, le démocrate, l'homosexuel, etc (la liste ne cesse de s'allonger). Il n'est limité dans son projet que par l'absence entre ses mains d'armes de destruction massive. Devant une telle folie, la mobilisation a été bien timorée. Pire, ici et là, on a composé avec lui, on lui a fait des concessions (voile islamique, gestion des mosquées, éducation, prêches à la télé, fermeture des écoles enseignant en français...), on lui a abandonné des zones entières (des villes et des banlieues) et très peu aujourd'hui osent aborder frontalement la question de l'islamisme, encore moins celle de l'islam, otage de l'islamisme. En Algérie, en application de la «Réconciliation», ce mot, comme celui de terroriste et beaucoup d'autres, ont tout simplement disparu du vocabulaire des officiels. On parle «d'égarés manipulés par la main de l'étranger». On revient toujours au complot contre la nation algérienne.

N.O. - En exergue, le narrateur principal indique que le livre contient «des parallèles dangereux qui pourraient [lui] valoir des ennuis». Ne craignez-vous pas vous-même d'en avoir? Vous avez dû quitter vos fonctions dans l'administration en 2003. Et votre dernier livre [«Poste restante : Alger» [4]] a été interdit en Algérie en 2006. Pensez-vous que celui-ci sera autorisé? Et pourquoi, au fond, restez-vous en Algérie, là où beaucoup ont préféré l'exil?

Boualem Sansal. - Les censeurs sont légions dans nos pays et ils sont très vigilants. Ils traquent le mot, la virgule, l'attitude. «Poste restante Alger» a été interdit avant même d'arriver en Algérie. «Le Village de l'Allemand» le sera certainement. Comme il touche à plusieurs thèmes sensibles, je m'attends à un déluge de tirs croisés. Je le dis comme ça dans le but de provoquer une réaction inverse: un grand silence méprisant. C'est le mieux qui puisse arriver. Nos censeurs sont toujours très dangereux quand ils s'intéressent à quelqu'un.

Comme beaucoup d'Algériens, les jeunes et les moins jeunes, je suis constamment taraudé par l'envie de «m'évader» du camp. Et toujours, au moment de ramasser mon baluchon et de prendre la clé des champs, je me dis que, après tout il est plus intelligent de détruire le camp, une pièce rapportée, que de fuir le pays. L'Algérie est un beau et grand pays, il vient de loin, il a une longue et passionnante histoire, ayant fricoté de près avec tous les peuples de la Méditerranée, il n'est pas né avec le FLN, il n'a rien à voir avec sa culture, ses camps, ses apparatchiks et ses kapos, un jour il reprendra sa route sous le soleil et sa terre reverdira. J'aimerais être là pour le voir.

(1) «Le Croissant et la croix gammée, ou les secrets de l'alliance de l'Islam et le nazisme d'Hitler à nos jours» [5], par Roger Faligot et Rémi Kauffer, Albin Michel, 1990.

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« Répondre #143 le: 12/01/2008 - 16:50:03 »

Les tensions et déstabilisations vont devenir insupportables et risques de couter très chère à l'Algérie et aux Algériens. Le pétrole et Gaz naturel de l'Algérie vont devenir des poids très pesants. Et dire que l'Algérie voulait vivre tranquillement en paix dans la discrétion, maintenant c'est raté et grâce à qui ?, les harcèlements politico-militaires extérieurs et intérieurs (terroristes) vont devenir insupportables à 18 ans de la fin du pétrole Algérien. A partir d'aujourd'hui les hydrocarbures ( pétrole et Gaz) Algériens seront à l'origine de nos pires cauchemars et vont devenir nos pires ennemis.

L'Algérie est vraiment maudite par tout le mal qu'il y a en elle (largement diffusé comme les métastases d'un cancer) et va devenir bientôt un enfer sur terre car il n'y a personne (Algérien) capable de renverser la vapeur et éviter à l'Algérie et sa population ce destin sombre.

Les personnes (Algériens), qui tiennent la barre ou les barres, voient à l'horizon ces catastrophes et Ils ne font strictement et volonntairement rien mais ils remplissent à rabord leurs "petits bateaux de sauvetage personnels (harraga de luxe)" et ils ont l'intention de lacher la barre ou les barres et quitter le bateau Algérie,  comme des rats, au tout dernier moment en direction de certains pays occidentaux et arabes.

Le "projet: énergie nucléaire pour l'Algérie" n'est qu'une grosse tromperie et une énorme arnaque destiné à  :

* faire diversion des très graves conséquences du déclin rapide du pétrole et Gaz Algérien,
* remplir encore plus les "petits bateaux de sauvetage personnels" (harraga de luxe),
* transformer, le Sahara ( Tamanrasset ) des Touaregs en une gigantesque décharge internationale de combustible nucléaire irradié - non traitable - non recyclabe et de déchets radioactifs hautement toxiques et nocifs pour la santé et l'environnements des présents et futures Touaregs et de leurs enfants. Les conséquences sur la santé et l'environnement des Touaregs dépassent très largement les frontières de l'Algérie et impacteront très négativement les pays voisins. Cela s'appelle un crime contre l'humanité et un génocide, à cause de l'avidité maléfique de "certains algériens",  passibles de poursuites avec leurs complices et corrupteurs étrangers. L'Algérie est vraiment maudite par tout le mal qu'il y a en elle (largement diffusé comme les métastases d'un cancer).

Les économistes professionnels et expérimentés vont comprendre. le problème c'est que ces derniers ( économistes) gardent le silence en Algérie, sont-ils complices de se crime immonde envers l'Algérie et sa population ainsi par extension envers les pays et populations du Maghreb (Afrique du Nord), sont-ils entrain de préparer eux aussi leurs petites barques (harraga). L'Algérie est vraiment maudite par tout le mal qu'il y a en elle (largement diffusé comme les métastases d'un cancer)
.

http://www.stop-epr.org/spip.php?rubrique8
Greenpeace attire l'attention des candidats à la présidentielle sur les dangers du nucléaire

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Les spéculateurs misent sur un baril à 200 dollars
11 janvier 2008
http://www.solidariteetprogres.org/spip/sp_article-breve.php3?id_article=3690

10 janvier 2008 (LPAC) - Le prix du baril sera à 200 dollars en décembre prochain ; tel est le scénario envisagé sur les marchés du pétrole. Au NYMEX (marché d’échange des matières premières de New York), les options d’achat sur ce montant ont été multipliées par 10 dans les deux derniers mois à 5533 contrats, ce qui est d’après Bloomberg News une hausse record pour une période si courte. Les contrats passés en décembre se sont appréciés de 36 % puisque les contrats à terme ont passé la barre des 100 dollars le 3 janvier.

Ce phénomène étant purement spéculatif, il reflète la folie qui s’empare des marchés. Car les spéculateurs n’achètent pas ces options en pensant acheter du pétrole à ce prix là dans un an ; ces options leurs permettent seulement de spéculer avec peu d’argent au départ.

Car les options du NYMEX, permettant d’acheter 1000 barils à la valeur nominale, s’annulent automatiquement si les prix n’atteignent pas la valeur visée ; en revanche, si le prix du pétrole augmente et devient supérieur à leur valeur nominale, elles s’apprécient. Il ne coûte donc presque rien de parier sur un prix si élevé, à si long terme. D’après un analyste, ces chiffres montrent que les investisseurs pensent que le baril peut atteindre 125 dollars en décembre prochain, perspective dont les options ont doublé depuis noël.

Si tous les acteurs de ce marché croient en la loi de l’offre et de la demande, certains pensent que l’offre est limitée et que les prix vont donc augmenter, alors que d’autres voient la demande ralentir au fur et à mesure que les Etats-Unis basculent dans une dépression. L’un des corollaires les plus fous de cette théorie, c’est que certains arrivent à dire : « nous ne sommes pas dans une dépression, regardez le prix du pétrole ! »

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Benbitour critique le système qui mène l’Algérie « vers une trappe de misère permanente »
le 15 Janvier, 2008 - lematindz.net
http://www.lematindz.net/news/benbitour-critique-le-systeme-qui-mene-lalgerie-vers-une-trappe-.html

Joignant sa voix à un chœur insolite composé de proches du pouvoir qui, après des années de silence complaisant, se mettent, opportunèment et soudainement, à faire, avant terme, le bilan du mandat présidentiel qu'ils ont jusque là appuyé, Ahmed Benbitour dresse à son tour, au cours d’une conférence consacrée à « la problématique du développement en Algérie», un diagnostic sur la gestion économique et social du pays par le pouvoir en place.

Le constat de l’ex-chef du gouvernement est sans appel et ses mots durs. Pour lui, «la politique économique menée actuellement hypothèque l’avenir du pays». Un pays qui «s’appauvrit» en dépit des excédents générés par les hydrocarbures, une ressource non renouvelable, et dans un contexte de fluctuation du marché international. Dénonçant «les insuffisances chroniques» en matière de gestion du patrimoine national, il estime que l’Algérie « se dirige vers une trappe de misère permanente».

L’ancien chef de gouvernement a relève ainsi la forte tendance de pouvoir à «imposer une forte austérité à la population» ainsi que la thésaurisation de la richesse produite. Il a noté que « les surplus enregistrés, lors des dernières années, dans la balance commerciale, n’ont servi qu’à l’accumulation des réserves de monnaie, qui pourraient dépasser 110 milliards de dollars en 2010, alors qu’en revanche, la part du produit intérieur brut réservée aux familles algériennes se détériore d’année en année. » Selon lui «24% de la richesse créée dort et ne sert à rien», et cette thésaurisation n’est même pas mise au service du développement.

C’est dire que « 53,3 milliards de dollars sont inexploités au lieu d’être utilisés dans des investissements qui pourraient améliorer les conditions de vie des citoyens, alors que dans le même temps, les autorités algériennes tentent d’attirer les investisseurs étrangers ». De plus a-t-il ajouté « les investissements étrangers en Algérie restent faibles, comparés aux sommes transférées vers l’étranger, ces investissements ont été estimés entre 2005 et 2006 à 2,8 milliards de dollars, au moment où les bénéfices des compagnies pétrolières qui traitent avec Sonatrach ont atteint 10 milliards de dollars »

Pour conclure, M. Benbitour propose de changer autant de système « qui a atteint ses limites» que les hommes, d’investir dans le secteur productif, de mieux considérer l’encadrement.


AHMED BENBITOUR, ANCIEN CHEF DU GOUVERNEMENT :
"24% de la richesse du pays ne sert à rien"

Chérif Bennaceur  - Le Soir d'Algérie -   mardi 15 janvier 2008
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2008/01/15/article.php?sid=63276&cid=2

La politique économique menée actuellement hypothèque l’avenir du pays, selon l’ancien chef de gouvernement, le Dr Ahmed Benbitour. Celui-ci relève que 24% de la richesse nationale créée «dort et ne sert à rien». Pour l’universitaire et P-DG de l’Insim, le Dr Abdelhak Lamiri, il s’avère incontournable d’«investir dans les qualifications humaines», développer le management et ne pas financer uniquement les infrastructures mais l’intelligence.

Chérif Bennaceur - Alger (Le Soir) - A l’initiative de la Confédération des cadres de la finance et de la comptabilité (CCFC) et du Syndicat national autonome de l’administration publique (Snapap), une conférence-débats a réuni, hier, l’ancien chef du gouvernement, Ahmed Benbitour, et l’universitaire et P-dg de l’Institut supérieur de management (Insim), le Dr Abdelhak Lamiri. Une conférence consacrée à la problématique du développement en Algérie, les deux conférenciers formulant une analyse critique de la politique économique actuelle. Considérant que «la politique économique menée actuellement hypothèque l’avenir du pays» et décriant «les insuffisances chroniques» en matière de gestion du patrimoine national, Ahmed Benbitour a estimé que l’Algérie «se dirige vers une trappe de misère permanente». Notre pays «s’appauvrit» en dépit des excédents générés par les hydrocarbures, une ressource non renouvelable, et dans un contexte de fluctuation du marché international. L’ancien chef de gouvernement relève ainsi la forte tendance à «imposer une forte austérité à la population» ainsi que la thésaurisation de la richesse produite. A ce propos, il a noté que «24% de la richesse créée dort et ne sert à rien», une thésaurisation qui n’est même pas mise au service du développement. En outre, il a indiqué que le flux net des investissements directs étrangers, enregistré dans la balance des paiements, était de 2,82 milliards de dollars en 2005-2006, mais qu’a contrario, les bénéfices rapatriés des entreprises associées à Sonatrach étaient alors de 10,03 milliards de dollars. Pour Ahmed Benbitour, il s’agit tant de changer de système qui «a atteint ses limites» que les hommes, investir dans le secteur productif, de mieux considérer l’encadrement, d’encourager les patriotes économiques,… Apportant son point de vue, l’universitaire Abdelhak Lamiri a également relevé les tares du «cercle vicieux» de la transition dans laquelle reste empêtrée l’Algérie dont «l’économie est de plus en plus fragile et de moins en moins compétitive » même si les indicateurs globaux sont au vert. Selon le P-dg de l’institut supérieur de management, notre pays est tenu à l’efficacité économique et doit favoriser le management efficient ainsi qu’une institution de conception stratégique. En ce sens, il a appelé à «investir dans les qualifications humaines, la formation et le développement humains», «mobiliser les meilleures intelligences» notamment celles expatriées car il ne s’agit pas de financer uniquement les infrastructures. Cet universitaire a ainsi recommandé une politique économique rigoureuse, une réorganisation économique, une modernisation institutionnelle, un développement décentralisé, ainsi qu’une planification technique couplée à la définition d’un projet de société, la réorientation des crédits bancaires vers le développement des petites et moyennes entreprises,…


Ahmed Benbitour dénonce l’austérité imposée à la population  :
Les ménages ne perçoivent que 31 % des richesses du pays

par Safia Berkouk - le Jeune Indépendant - mardi 15 janvier 2008
http://www.jeune-independant.com/article.php?articleId=35909

L’Algérie a réalisé entre 2002 et 2006 un excédent commercial de 92,6 milliards de dollars dont plus de la moitié, soit 53,3 milliards, sont simplement «stockés», au lieu d’être investis, au moment où l’Etat multiplie les appels aux investisseurs étrangers.

On impose aux ménages «l’austérité au profit de la thésaurisation», alors que le pays dispose de ressources très importantes, a souligné l’ancien chef de gouvernement, M. Ahmed Benbitour, lors d’une conférence sur les politiques de développement, organisée à Alger.

Il a souligné que «les excédents commerciaux dégagés servent davantage à l’accumulation des réserves de change». Il en a voulu pour preuve que seulement 31,6 % de la richesse produite en Algérie a été mise à la disposition des ménages en 2006 contre 43,8 % en 2002 et 54,6 % entre 1992 et 1995.

Ces chiffres attestent «d’une transformation importante dans la structure de distribution de la richesse. Alors que 24 % du PIB est thésaurisé, le taux d’épargne atteint quant à lui 57 % dont 29,9 % seulement sont investis avec une part de 22,8 % pour l’acquisition d’équipements.

Il y a, selon M. Benbitour, «une capacité importante d’investissement qui dort». Quant aux IDE, l’ancien chef de gouvernement a remarqué qu’entre 2005 et 2006, leur montant a atteint 2,82 milliards de dollars seulement, au moment où les bénéfices rapatriés par les seuls partenaires de Sonatrach se montent à 10 milliards de dollars durant cette période.

M. Benbitour n’a pas mâché ses mots pour décrire la situation dans laquelle se trouve le pays en ce moment, affirmant que «l’avenir de la nation est hypothéqué», allant même jusqu’à soutenir que «nous sommes revenus à la période d’avant la Révolution».

Pour lui, tous les ingrédients sur lesquels se fonde le développement d’un pays font défaut en Algérie, notamment la transparence, les facilités économiques, la sécurité et les libertés instrumentales. En revanche, le pays se trouve dans une situation de «vulnérabilité, de volatilité et de dépendance».

Certes, nous sommes «exportateurs de richesses, de capital et de ressources humaines», et nous avons des réserves qui devraient atteindre «150 milliards de dollars en 2010», mais il persiste «une insuffisance chronique de planification et de gestion des ressources», a souligné le conférencier.

De plus, la dépendance du pays vis-à-vis des recettes pétrolières accroît sa vulnérabilité, d’autant plus que la fiscalité ordinaire couvre moins de 60 % des dépenses et que les exportations pétrolières ne couvrent que 4 % de nos importations.

Or, ces ressources énergétiques ne sont pas renouvelables. Bien avant leur épuisement, il faudra déjà que l’Algérie réduise ses exportations. Pour M. Benbitour, «notre économie à un fort potentiel, pourvu qu’il y ait une rigueur sans faille dans la gestion de la planification», ce qui lui a fait dire qu’en l’état actuel des choses «nous sommes installés dans une trappe de transition permanente».

Une institution dédiée à la mise en place de la stratégie du pays Le même ordre d’idée à été développé lors de la conférence par l’économiste M. Abdelhak Lamiri qui a cependant davantage mis l’accent sur la question des salaires qui se pose avec insistance aujourd’hui, précisément parce que le niveau de vie a baissé.

La preuve en est que ce niveau, calculé sur la base de l’évolution des prix par rapport aux rémunérations, a baissé de 59 % entre 1985 et 1995 et de 5 à 10 % encore entre 1998 et maintenant, selon l’économiste. Un rattrapage a certes été opéré sur le SNMG, mais «les salaires se sont quand même tassés».

A cela s’ajoute une baisse annuelle de 1,5 % de la productivité, sans oublier que ces salaires sont majoritairement financés par les recettes pétrolières. Face à cet état des lieux, les perspectives économiques sont plutôt moroses, si rien n’est fait, notamment pour améliorer la gestion de nos institutions.

Il est vrai, a-t-il noté, que nous avons des résultats macroéconomiques dignes d’un pays comme la Corée du Sud, mais sur plan microéconomique la réalité est tout autre. Il a relevé, dans ce cadre, que «les ressources ne sont pas mobilisées là où il faut, que les exportations hors hydrocarbures ne progressent que de 5 %/an et l’on compte la création de 40 entreprises seulement pour 100 000 habitants alors que la norme internationale est de 180 entreprises».

A court terme, «nous avons une chance de nous ressaisir», mais à plus long terme, il faudra mettre en place «une politique économique rigoureuse» et surtout «créer une institution qui regroupera tous les cerveaux algériens d’ici et d’ailleurs qui seront chargés de mettre en place la stratégie du pays».


Entre «bahbouha» et austérité
par Mohamed Zaâf - M. Z. mohamed_zaaf@yahoo.fr. - le Jeune Indépendant - mardi 15 janvier 2008
http://www.jeune-independant.com/article.php?articleId=35910

M. Ahmed Benbitour, l’ancien chef de gouvernement, tenait lors d’une conférence hier, à Alger, des propos si alarmistes qu’ils feraient hérisser les cheveux aux plus chauves de nos chauves. Alors que les yeux de l’étranger prédisent un essor imminent chez nous dans les années à venir, M. Benbitour nous annonce que «l’avenir de la nation est en danger» puisque «hypothéqué».

Et de nous achever : «Nous sommes revenus à la période d’avant la Révolution». Est-ce possible ? Nous serions donc revenus sans le savoir à l’époque où l’Algérien «prenait un crachat pour un douro», comme disait un adage disparu, parti avec les colons? Les Algériens vivraient-ils teigneux, en haillons, dans les gourbis? Leurs femmes cuisinent-elles au feu du kanoun ? Usent-elles toujours d’ustensiles moyenâgeux qu’elles fabriquaient elles-mêmes, comme c’était le cas jusqu’en 1962 ? Les foyers s’éclairent-ils la nuit à l’aide de lampes à huile ou à pétrole ? Nos enfants sont-ils des analphabètes-cireurs, aux pieds nus, comme c’était le cas avant qu’il n’y ait Ben Bella ? S’il y a des critiques à émettre sur nos imperfections, nos incompétences ou même sur la mauvaise foi et les autres phénomènes qui corrompent les Algériens, aucune comparaison ne peut être soutenue avec le quotidien algérien durant la nuit coloniale.

Celui qui prétend le contraire trompe son monde. Aujourd’hui, alors que les caisses de l’Etat respirent la santé et sont, grâce à Dieu, bien joufflues, on trouve que l’austérité est malsaine et peut s’avérer mauvaise conseillère pour les caractères fragiles.

A qui la faute, si pour l’instant l’Algérie n’est plus capable humainement d’absorber correctement les plans ambitieux ? A qui la faute si les détournements, les malversations et les innombrables cas de corruptions incitent à plus de prudence pour allonger les sous des Algériens ? Combien de cols blancs sont-ils à avoir rejoint les hôtes classiques de Belaïz, pour avoir surutilisé les largesses de l’Etat? Au début du mandat du président Chadli Benjedid, des voix s’étaient aussi élevées contre la politique d’austérité en vigueur.

On lui préférait le fameux PAP (Programme antipénurie) et son éphémère «bahbouha». Le choix d’un train de vie artificiel qui allait mettre un stop criminel à l’élan imprimé au pays pour un rapide développement par feu Boumediene. A l’époque, on nous disait que l’Algérie nécessitait une petite halte pour… digérer.

On jugea aussi qu’il ne fallait plus voir grand, et on consacra les sous de l’Algérie à la… déstructuration de ses entreprises ! Un choix qu’on présentait comme génial puisque le démantèlement de nos entreprises allait se traduire par moins de travail et plus de prospérité.

Au slogan «ragda watmangi» on ajouta «ou tessenna fel congi». La magie des chiffres se chargeait de convaincre nos populations que nous étions sur la bonne voie et qu’il n’y avait aucune honte à être des fainéants puisque des gens qui avaient rang de roi l’ont été.

Aujourd’hui, la magie des chiffres tend à nous faire accroire que nos populations avaient plus de richesses à leur disposition durant les pires années sécuritaires, lorsque l’activité économique de la nation était paralysée, qu’aujourd’hui ! Nos populations surtout rurales n’étaient pas conscientes qu’entre 1992 et 1995 elles avaient à leur disposition 57 % de la richesse produite en Algérie contre seulement 31,6 % en 2006.

Nos populations ne le savaient pas ! Contrairement à aujourd’hui, personne ne le leur avait encore dit.  


En dépit d’importants excédents financiers
Benbitour : “Une très forte austérité est imposée à la population”
Pour l’ancien Chef du gouvernement, “le pays s’est appauvri de 92,65 milliards de dollars”.

Par :Meziane Rabhi - LIBERTE - Edition N° 4664 du Mardi 15 Janvier 2008
http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=88894&titre=Benbitour%20:%20%E2%80%9CUne%20tr%C3%A8s%20forte%20aust%C3%A9rit%C3%A9%20est%20impos%C3%A9e%20%C3%A0%20la%20population%E2%80%9D

Pour l’ancien Chef du gouvernement, “le pays s’est appauvri de 92,65 milliards de dollars”.

“L’avenir de la nation est hypothéqué. L’avenir du pays est en danger” n’a cessé de marteler, hier, l’ancien Chef du gouvernement M. Ahmed Benbitour lors d’une conférence, ayant pour thème : “Politique de développement et perspectives d’évolution du niveau de vie en Algérie”, organisée hier par la confédération des cadres de la finances et de la comptabilité en partenariat avec le Snapap. M. Ahmed Benbitour affirme que “l’Algérie s’installe dans la trappe de transition permanente et avance inexorablement vers la trappe de misère permanente”. “Il faut bien se rendre compte qu’il y a une différence entre régner sur un pays et gérer les affaires d’une nation” souligne l’ancien Chef du gouvernement, en faisant “le parallèle entre la République centrafricaine où le maréchal Bokassa a régné sur un pays et la Corée du Sud où le général Park a géré les affaires de la nation. L’un a enfoncé son pays dans la misère, l’autre l’a fait passer de 365 dollars de revenu par habitant à 10 000 dollars, c’est un pays extrêmement avancé (la Corée du Sud)”.

M. Ahmed Benbitour, chiffre à l’appui, démontre qu’une très forte austérité est imposée à la population et mise au service de la thésaurisation. Dans les relations de l’Algérie avec le reste du monde (les échanges commerciaux avec l’étranger), l’ancien Chef du gouvernement constate “une exportation nette de richesse” au profit de l’extérieur.

“L’Algérie est aussi un exportateur net du capital humain” relève-t-il. Démonstration :

“Pour mesurer l’austérité imposée à la population, on calcule la part de la consommation des ménages dans le PIB”, explique M. Ahmed Benbitour. Autrement dit, répondre à la question : sur 100 DA de richesse produite, combien de dinars ont été affectés à la consommation des ménages ?. En 2006, soutient l’ancien Chef du gouvernement, cette part a représenté 31,6%; en 2002  elle était de  43,8%.
La moyenne des pays à revenu intermédiaire dans lesquels se classe l’Algérie, c’est 61%. Constat : il y a une nette transformation de la structure de distribution du revenu au détriment des ménages.
Pour 100 DA de richesse produite en 2006, seulement 31,6 DA, moins du tiers seulement, sont allés à la consommation des ménages. “C’est une très forte austérité imposée à la population. Bien entendu, en contrepartie de cette austérité, il y a l’épargne importante réalisée” souligne M. Ahmed Benbitour. En 2006, le taux d’épargne était de 57%. La moyenne des pays à revenu intermédiaire est 23%. À quoi a servi cette épargne ? s’interroge Ahmed Benbitour. Sur 100 DA de richesse produite en 2006, 57 DA ont été épargnés et seulement 29,9 DA ont été investis, partagés entre 22,8 DA d’accumulation brute de fonds fixes (augmentation effective du capital d’équipement du pays). C’est un gaspillage de ressources puisque la richesse thésaurisée n’est ni investie ni consommée. Concernant les devises, Ahmed Benbitour explique que “l’exportation de richesse se mesure par l’excédent de la balance commerciale”. Entre 2002 et 2006, l’excédent cumulé de la balance commerciale s’est élevé à 92,65 milliards de dollars US. “Donc, le pays s’est appauvri de 92,65 milliards de dollars” regrette-t-il. Sur les 92 milliards de dollars 53,35 milliards de dollars ont été stockés et “n’a servi à rien” et la tendance est toujours à la hausse.

“Avec ce type d’excédent, on continue à appeler les Investissements directs étrangers (IDE)”, s’étonne l’ancien du gouvernement. En évoquant les IDE, Ahmed Benbitour, les deux années où les IDE nets (flux net) ont dépassé le milliard de dollars, c’est en 2005 (1,06 milliard de dollars) et 2006 (1,76 milliard de dollars). “Si nous mettons en face les rapatriements des bénéfices des seules sociétés associées à Sonatrach, nous constatons que sur un total de 2,82 milliards de dollars de flux nets d’IDE en 2005-2006, le rapatriement des bénéfices des seules sociétés associées à Sonatrach s’est situé à 10,03 milliards  dollars”, souligne M. Ahmed Benbitour. L’ancien Chef du gouvernement affirme que l’économie algérienne dépend essentiellement de ressources non renouvelables que sont les hydrocarbures. La question de prévoir la fin du pétrole, en 2018 ou 2050, “est une fausse question”, estime M. Ahmed Benbitour. “Le problème, c’est lorsque vous commencez à réduire vos exportations. Et c’est bientôt, en 2015 ou 2020 au plus tard”, souligne-t-il.

Le professeur Lamiri, P-DG de l’Insim lui affirme que l’Algérie est un pays sans stratégie et donc sans politique salariale. “Quand on n’a pas de stratégie et pas de politique salariale, on ne peut que cafouiller”, regrette-t-il. Le professeur Lamiri relève que de 1985 à 1995, le niveau de vie a baissé de plus de 59% en Algérie. En d’autres termes, les prix ont évolué plus vite que les salaires. De 1998 à nos jours, une légère baisse de l’ordre de 5 à 10%. Le professeur Lamiri, avec le relèvement du SNMG, il y a eu un tassement vers le bas des salaires. Mais en parallèle, la productivité a baissé chaque année de 1 à 1,5%.

Les salaires en grande partie sont financés par la rente pétrolière, “parce que nous n’avons pas créé une économie efficace, productive”. Pour   le professeur Lamiri, “il n’y a pas de pays sous-développés. Il n’y a que des pays mal gérés. Et l’Algérie est un pays superbement organisé pour demeurer sous-développé”. Comment peut-on penser qu’en  injectant 150 milliards de dollars dans l’économie, avec un système de formation sinistré, on se développerait ? s’interroge le P-DG de l’Insim. “C’est une équation impossible”, souligne-t-il. Contrairement aux chiffres officiels, le professeur Lamiri démontre que l’économie algérienne va mal.

La productivité en Algérie diminue depuis 10 ans. En d’autres termes, l’économie algérienne devient de moins en moins compétitive  par rapport au reste du monde. La recherche et le développement représentent moins de 0,3% du PIB. Le taux de création d’entreprises est faible. En Algérie, il est créé 40 entreprises pour 100 000 habitants. La moyenne internationale est de 180 entreprises. Il y a des pays qui arrivent à 350 entreprises. Les exportations hors hydrocarbures ne couvrent que 5% des importations. “Les ressources ne sont pas canalisées vers l’économie productive”, souligne le professeur Lamiri, concluant que “l’économie algérienne est fragile et non compétitive”.

La solution est dans la mobilisation de l’intelligence, propose le professeur Lamiri, en regrettant que l’Algérie ne fasse pas appel à une sommité comme Tayeb Hafsi, expert en stratégie, alors que celui-ci aide le gouvernement chinois à mettre en œuvre des réformes économiques.


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L’Algérie : dix centrales nucléaires à l’horizon 2028
11 janvier 2008
http://www.solidariteetprogres.org/spip/sp_article-breve.php3?id_article=3692
http://www.stop-epr.org/spip.php?rubrique8
Greenpeace attire l'attention des candidats à la présidentielle sur les dangers du nucléaire

Le quotidien algérien L’Expression a rapporté dans son édition du 10 décembre, que l’Algérie avait établi un plan de construction de dix centrales nucléaires d’ici 2028. La majorité de ces réacteurs seront installés sur les zones d’affleurement de la nappe albienne située dans les hauts plateaux, à cause de la stabilité tectonique du terrain d’implantation et de la problématique de l’eau. Les dix centrales couvriront en principe les besoins du pays en matière de consommation énergétique.

Les autorités algériennes prévoient l’adoption d’une nouvelle loi sur l’énergie atomique, qui va réglementer la construction de centrales nucléaires, avec intégration de l’investissement privé dans ce projet. On croit savoir que le constructeur français Areva, est largement consulté dans l’élaboration des études technico-économiques (laissant penser que l’Algérie pourrait opter pour l’EPR français - AREVA NP). La première centrale devrait voir le jour d’ici dix ans. A cet effet, une Agence centrale pour la sécurité atomique sera mise sur pied dans les prochains jours.

Evidemment, nous nous réjouissons de ces nouvelles, surtout qu’elles font écho aux déclarations de M.Sarkozy, lors de sa dernière conférence de presse. En effet, le Président Sarkozy a de nouveau défendu l’accès des pays arabes au nucléaire civil.

A une journaliste qui lui demandait s’il avait confiance dans la capacité des pays arabes à gérer les déchets nucléaires et à protéger les sites nucléaires civils contre des attentats, M.Sarkozy a répondu :

« ma réponse est tout à fait oui. (...) Il faut aider ces pays sur la voie du développement et leur ouvrir l’accès au nucléaire civil ». « J’ajoute que s’ils ont la sagesse de faire le choix de la technologie française, c’est encore mieux. Il vaut mieux que ce soit la technologie française qu’une autre technologie. ». Seulement plusieurs questions se posent. Car à voir comment les grandes puissances occidentales sont en train d’exploiter, voire même de promouvoir le séparatisme Touareg dans le région du Sahel, essentiellement au nord du Mali et du Niger, avec un grand risque de contagion vers dans le but évident de contrôler l’uranium, (voir l’article de Christine Bierre sur le bras de fer entre la France et le Niger), l’on se demande si cette politique d’ouverture est réellement motivée par une volonté de co-développement.

Rappelons à cet effet, la présence des forces américaines au nord du Mali, dans le cadre de la stratégie de déstabilisation de la région du Sahel dans le but de l’installation de l’AFRICOM, le jeu trouble auquel se livre le groupe Areva au Niger, et la manière avec laquelle on joue la compétition entre le Maroc, l’Algérie et la Lybie, qui toutes ambitionnent d’avoir une technologie nucléaire civile, les poussant à une course à l’armement, autant d’indicateurs qui ne présagent pas du meilleur.

On se demande aussi, comment ces pays, déjà déçus des accords d’association avec l’Union Européenne, peuvent adhérer à l’initiative de l’Union méditerranéenne, dont le noyau sera visiblement le nucléaire civil. Nous nous demandons aussi comment M.Sarkozy compte avoir les moyens de sa politique, si rien n’est fait pour faire face à la désintégration du système financier et monétaire international que nous sommes en train de vivre depuis le mois d’août dernier.

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Communication du groupe COGEMA-AREVA sur les conditions d'exploitation de l'uranium au Niger

CRIIRAD - Commission de Recherche et d'Information Indépendantes sur la Radioactivité
471 av Victor Hugo 26000 Valence Tél : 04.75.41.82.50 - www.criirad.org
COMMUNIQUE CRIIRAD - Mercredi 16 février 2005
http://www.sortirdunucleaire.org/actualites/presse/affiche.php?aff=1660

La CRIIRAD vient d'apprendre que COGEMA-AREVA organise une mission de communication à destination de certains journalistes, les 23 et 24 février prochains, à ARLIT où ses filiales COMINAK et SOMAÏR exploitent des mines d'uranium depuis les années 70. A la demande de l'ONG nigérienne AGHIR IN'MAN, la CRIIRAD (laboratoire indépendant de mesure de la radioactivité) et SHERPA (association de juristes) ont conduit, en décembre 2003, une mission exploratoire afin d'évaluer l'impact radiologique des activités minières et son lien éventuel avec la dégradation de la situation sanitaire des habitants des cités minières.

De nombreux éléments sont venus entraver la réalisation de la mission et notamment la confiscation du matériel de contrôle radiologique de l'équipe CRIIRAD dès son atterrissage à Niamey. Bien que Mme Lauvergeon, présidente de COGEMA-AREVA aie nié, lors d'un débat télévisé (1), la responsabilité de son groupe, des témoignages de responsables politiques et associatifs nigériens attestent au contraire que COGEMA est à l'origine de ce blocage.

Bien que son matériel professionnel aie été confisqué, l'équipe CRIIRAD a pu effectuer sur place un certain nombre de constatations inquiétantes (cf. compte rendu complet : www.criirad.org , dossiers 2005 / Niger) et notamment :

- La dissémination de ferrailles radioactives dans les rues d'Arlit, d'autant plus préoccupante que tout est recyclé (y compris comme ustensile de cuisine)

- Le stockage à l'air libre de déchets radifères très radiotoxiques,

- L'insuffisance des moyens de contrôle radiologique des services de l¹Etat nigérien.


Information et actions alternatives :

Durant l'année 2004, l'association SHERPA a poursuivi son enquête sanitaire à Arlit, tandis que le laboratoire de la CRIIRAD effectuait des analyses complémentaires sur les échantillons prélevés sur place. Les résultats de ces enquêtes et l'interprétation scientifique des résultats seront présentés au cours d'une conférence de presse CRIIRAD-SHERPA qui aura lieu à Paris, postérieurement à la mission de communication organisée par AREVA. Ceci permettra d'intégrer aux exposés les réponses aux arguments que COGEMA-AREVA se propose de diffuser à l'occasion du voyage qu'elle organise fin février pour certains journalistes (2).

Compte tenu des bénéfices que tire la France de l'exploitation minière au Niger, il importe que les citoyens français se mobilisent pour aider les populations locales à défendre leurs droits : droit à une surveillance des activités à risque par leur propre gouvernement, droit à la gestion correcte des déchets toxiques, droit à l'information et à la réalisation de contrôles indépendants, droit à la préservation de leur environnement et de leur santé. C'est dans cet esprit que le Réseau Sortir du Nucléaire a lancé, le 14 février dernier, une souscription afin de financer une expertise indépendante complémentaire aux investigations préliminaires conduites par la CRIIRAD.

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(1) le 16 novembre 2004
(2) En effet, les informations officielles rassurantes données en général par COGEMA ne rendent pas compte de la réalité de la situation radiologique sur le terrain. Le laboratoire de la CRIIRAD a pu le constater sur tous les sites COGEMA qu'il a contrôlés depuis plus de 10 ans, qu'il s'agisse de l'impact des usines de retraitement de MARCOULE et de la HAGUE ou des mines d'uranium (en Limousin, Loire-Atlantique, dans le Cantal, le Lodévois ou la Loire).

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Flambée du pétrole : Une chance pour la France, leader du nucléaire
Marc Durin-Valois - Le Figaro, 09/11/2007
http://www.fsa.ulaval.ca/personnel/vernag/EH/F/cause/lectures/france__leader_du_nucl%E9air.htm
http://www.fsa.ulaval.ca/personnel/vernag/EH/F/cause/infra_energie.htm

Voir Le monde caché des affaires ou le monde des affaires cachées...
http://www.fsa.ulaval.ca/personnel/vernag/EH/F/deff/noir.html


L’énergie atomique est dopée par le baril attendu à 100 dollars, la fringale énergétique des nouvelles puissances industrielles et la lutte contre le réchauffement climatique. Dans l’âge nucléaire qui s’ouvre, instable et complexe, la France part en pole position.

A 40 dollars le baril de pétrole, l’énergie nucléaire est fortement compétitive. « A 100 dollars le baril - seuil psychologique qui marque un troisième choc pétrolier -, elle devient une véritable rente », dit Philippe Chalmin, le spécialiste français des matières premières. Surtout pour un pays comme la France qui, depuis une quarantaine d’années, aura investi près de 80 milliards d’euros dans l’atome pour assurer son indépendance énergétique. 78 % de la production française d’électricité relève ainsi du nucléaire (17 % de la consommation globale d’énergie), proportion qui place l’Hexagone en tête des grandes nations atomiques du monde.

Dans ce contexte particulier, Nicolas Sarkozy a décidé de faire tomber les tabous : « La France est prête à aider tout pays qui veut se doter de l’énergie nucléaire civile », a-t-il déclaré à l’ONU le 24 septembre dernier devant les représentants de 150 pays, dont 80 chefs d’Etat. Une provocation en pleine crise iranienne ? Plutôt une manière de définir une doctrine pour une France décidée à devenir l’acteur majeur d’un monde converti au nucléaire civil. Et d’affirmer les ambitions de notre filière industrielle menée par deux champions mondiaux, Areva et EDF, sur un gâteau mondial estimé par l’Agence internationale de l’énergie à plus de 100 milliards d’euros pour les deux prochaines décennies.

On avait ainsi connu un Jacques Chirac VRP multicartes de l’industrie aéronautique. Nicolas Sarkozy se pose, lui, en ambassadeur mondial de l’atome. Sans état d’âme. Et le président français n’a pas tardé à mettre en musique sa nouvelle doctrine. En visite à Rabat, il proposait le 22 octobre dernier que le Maroc « se dote d’une filière civile en partenariat avec la France ». En Libye, la résolution de l’affaire des infirmières bulgares aura eu son pendant nucléaire. Partout, Areva poursuit une intense activité commerciale dans un monde largement converti à l’atome.

Pour cela, il aura fallu une véritable révolution qui permette à une industrie décriée et en perte de vitesse - portant le spectre des accidents de Tchernobyl et de Three Mile Island - de figurer désormais comme une activité respectable, capable de générer la nouvelle révolution industrielle du troisième millénaire. Une multiplicité de facteurs complexes se sont imbriqués en un temps record. D’abord, la prise de conscience par les gouvernements de l’assèchement inexorable des réserves mondiales de pétrole et de gaz. D’où le sentiment d’aller droit dans un mur, alors qu’on attend en quarante ans un doublement mondial des consommations d’énergie, et que les énergies renouvelables peinent à représenter une production de masse. Autre menace nous prenant à revers au rythme galopant d’une marée : celui du réchauffement climatique, qui disqualifie autant le pétrole que le charbon ; ce dernier étant véritablement calamiteux en termes de rejets, malgré des réserves pléthoriques.

Or, le nucléaire dégage aussi peu de dioxyde de carbone que l’énergie éolienne ! La France affiche ainsi l’un des plus bas taux de rejet de CO2 lié à l’énergie des pays de l’OCDE, avec 1,68 tonne par habitant (contre 2,4 pour la Grande-Bretagne, 2,8 pour l’Allemagne, et 5,36 pour les Etats-Unis). Mutation spectaculaire, autrefois cauchemar des Verts, le nucléaire est devenu - c’est une révolution ! - écologique.

Une ruée planétaire

Le co-fondateur et ancien directeur de Greenpeace, Patrick Moore, a même lancé le 16 avril 2006 un véritable plaidoyer, inimaginable il y a encore quelques années, en faveur de l’atome. « En trente ans, mes idées ont évolué... Le nucléaire est peut-être la source d’énergie qui peut préserver notre planète. Les mouvements verts doivent revoir leur position », a-t-il écrit dans le Washington Times.

Un sentiment aujourd’hui qui prévaut autant à l’ONU qu’au sein de l’Europe, dont 35 % de la production électrique provient de l’atome. La Commission européenne, qui veut réduire les émissions de CO2 de 20 % à l’échéance 2020, s’est prononcée en janvier dernier en faveur d’une « nouvelle révolution industrielle » intégrant le nucléaire. En précisant qu’à cette date, la capture obligatoire du CO2 provoquera un surcoût de 25 à 30 % du charbon et du gaz, ce qui rendra l’atome encore plus attractif.

« Encore faut-il le rendre acceptable par les opinions européennes », précise Pierre Gadonneix, patron d’EDF. En Europe en 2005, un eurobaromètre mené auprès de 25 000 citoyens a montré que 55 % des habitants y étaient opposés contre 37 % favorables. Mais - évolution non négligeable -, dans cette étude, 62 % des habitants estimaient que le nucléaire permettait de diversifier ses sources d’énergie contre 41 % quatre ans plus tôt. Le signe d’un renversement de tendance que la hausse actuelle du baril devrait encore accroître.

Autant d’éléments qui font que, d’un bout à l’autre de la planète, c’est la ruée. Les 439 centrales exploitées dans 31 pays ne représentent que 17 % de la production d’électricité mondiale. Mais 33 nouveaux sites sont déjà en cours de construction. Chaque jour voit émerger de nouveaux projets : mi-2007, on en recensait 222 (dont 96 déjà planifiés), soit un bond de 46 % en un an. Et la France est aujourd’hui la mieux placée pour prendre une part prépondérante dans ce marché colossal qui devrait courir le long du siècle.

Car la vitrine nucléaire du monde, c’est l’Hexagone. La décision d’installer à Flamanville (Manche) une centrale de troisième génération relève d’ailleurs de cette logique : montrer aux clients internationaux que la technologie française est la meilleure du monde. Les projets pharaoniques dans l’Hexagone se poursuivent : Iter, qui prépare l’eldorado nucléaire via la fusion, constitue l’un des deux plus grands programmes scientifiques de la planète (10 milliards d’euros sur trente ans) et vient de poser sa première pierre à Cadarache. Au même endroit, on réfléchit aux surgénérateurs de la quatrième génération. Areva investit par ailleurs 3 milliards d’euros dans la plus grande usine d’enrichissement du monde à Tricastin, près de Valence : Georges Besse II prendra la suite d’Eurodif (un quart de l’uranium enrichi du globe) en 2014.

Les résultats économiques sont eux aussi scrutés à la loupe par nos partenaires et concurrents. Or le choix atomique fait par la France, juste après le choc pétrolier de 1973, se révèle visionnaire. Notre taux d’indépendance avoisine les 50 %. Sur une facture énergétique de 46 milliards d’euros en 2006 toutes énergies confondues, le nucléaire a évité l’importation de 13,5 milliards d’euros de gaz supplémentaire. La « rente nucléaire » profite autant aux entreprises qu’aux particuliers. Il y a non seulement la stabilité des tarifs de l’électricité qui nous rend moins vulnérables au prix du gaz. Mais en outre, selon Eurostat, la France est devenue le pays de l’Europe des Quinze où le prix de l’électricité à usage industriel est le plus bas. Et pour l’électricité à usage domestique, « les tarifs sont inférieurs de 20 % à la moyenne de l’Europe des Quinze », commente l’Observatoire de l’énergie.

Autre avantage : « 90 % des dé-penses du nucléaire sont effectuées sur le territoire national », rappelle le Commissariat à l’énergie atomique. Ce qui a permis la naissance d’une filière unique au monde. EDF, qui exploite les 58 réacteurs sur 19 sites en fonctionnement (leur âge moyen tourne autour de 20 ans) est devenu le premier électricien de la planète du nucléaire. Areva (ex-Cogema, créée comme fer de lance de cette politique) est aujourd’hui la seule entreprise internationale à être présente à toutes les étapes du nucléaire. Ce leader mondial fait travailler toute une industrie ; à commencer par Alstom, qui fournit les turbines des réacteurs. Seule inquiétude : Areva pourra-t-elle répondre à une telle hausse mondiale de la demande ? Sa présidente Anne Lauvergeon plaide pour une ouverture d’urgence de son capital.

Le choix du nucléaire se fait en outre sans confrontation majeure avec l’opinion publique française. Le Credoc constate que la perception des avantages dépasse celle des inconvénients. Le dernier Grenelle de l’environnement aura d’ailleurs été particulièrement discret sur le sujet. « On peut véritablement parler d’un «Grenelle radioactif», s’insurge le réseau Sortir du nucléaire. Car Nicolas Sarkozy a déminé la question écologique sans que soit remis en cause l’atome. » Le collectif Ecologistes pour le nucléaire rétorque, a contrario, que si cette électricité avait été produite par des centrales au gaz, la France aurait émis 128 millions de tonnes de CO2 supplémentaire renforçant l’effet de serre.

La matière première conforte le modèle économique du nucléaire : l’uranium ne représente en effet que 5 % du coût de l’électricité ainsi produite (contre 40 % pour le charbon et 70 % pour le gaz). Et ses réserves estimées assurent une consommation d’un siècle minimum. Areva sécurise ses approvisionnements pour une moitié au Canada - elle vient d’acquérir UraMin - et pour 40 % au Niger.

Une stratégie sécuritaire globale

On l’aura compris. La France tient une chance historique d’être au coeur de la révolution industrielle du troisième millénaire, associant le nucléaire aux autres énergies propres, tout en participant à une planète propre. Le démantèlement des usines en fin de vie et le traitement des déchets ultimes font partie des défis technologiques du secteur.

Mais la nucléarisation du monde donne aussi à l’Hexagone une responsabilité planétaire. D’une part, les risques d’accident comme la catastrophe de Tchernobyl ou de Three Mile Island imposent la mise en place d’installations toujours plus sûres visant à contenir les dégagements radioactifs dans l’atmosphère. EPR a ainsi intégré la leçon de Tchernobyl. Les prochaines centrales seront toujours plus axées sur la sécurité, qui inclut aussi la prévention d’attentats terroristes, notamment ceux voulant utiliser des avions gros porteurs en prenant les réacteurs pour cibles. Ces programmes de sécurisation tiennent aussi compte du transport des déchets et du recrutement du personnel des centrales.

L’autre aspect relève des considérations diplomatico-militaires. L’accession de certains pays au nucléaire civil n’est jamais exempte d’arrière-pensées dans le domaine militaire. C’est la théorie du peloton cycliste. « Tout pays tentant une échappée hors des règles légales entraîne dans son sillage un peloton de pays inquiets de maîtriser des technologies comparables : ainsi la Corée du Nord a provoqué la réaction du Japon, de Taïwan, et de la Corée du Sud ; l’Iran, celle de l’Egypte, de l’Arabie saoudite, de la Turquie et du Maghreb. Cela fait aussi partie de l’engouement actuel pour le nucléaire civil », remarque une source proche des services secrets français.

La sécurisation atomique de la planète suppose ainsi la mise en place d’une force d’intervention internationale, brutale, efficace, immédiate pour contrer les actions terroristes ou celles d’un Etat voyou. En attendant, l’Iran sert aujourd’hui de test. De la réponse donnée aux provocations atomiques de Téhéran et de la capacité à sortir de la crise dépendent aussi la cohérence et la stratégie de cette nucléarisation du monde.

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Uranium - Les Touaregs en danger
article publié le 3/01/2008
Issouf Ag MAHA - Maire commune Tchirozérine - Agadez Niger
Mardi 4 décembre 2007
http://www.france.attac.org/spip.php?article8029

On sait les propriétaires du capital, et leurs affidés publics et privés, prêts à tout pour préserver et accroître leurs profits (cf. dans ce numéro la présentation du dernier rapport du PNUD).
Alors que peuvent bien peser quelques tribus touarègues pas même sédentaires ?
Issouf Ag Maha, maire de Tchirozérine, proche d’Agadez au Niger, lance ce cri de révolte. Mais quels désastres pour les êtres humains et leur planète faudra-t-il donc encore avant que nous ne criions tous, déterminés et donc victorieux : « Stop » ?

Bravo pour la France,
félicitation pour Areva,
dommage pour les Touaregs


La France se glorifie à juste titre de sa nouvelle victoire, une performance qui lui a permis de signer un contrat fort alléchant avec la Chine pour la fourniture de deux réacteurs nucléaires EPR. Au mois de septembre c’était avec la Libye que le géant du nucléaire Areva vantait ses prouesses en promettant d’importants bénéfices au profit de la France. Quant à nous, touaregs du nord Niger, à chaque tournant de cette implacable tourmente, la sueur froide est de mise.

Il y a quelques mois je disais ceci :

« Aujourd’hui, les touaregs s’inquiètent de la distribution tous azimuts de permis de recherche et d’exploitation d’uranium sur leurs territoires sans que ne soit envisagée aucune mesure de compensation visant à en amortir les conséquences. Les tribus concernées devront quitter les lieux à la recherche d’hypothétiques territoires d’attache et de nomadisation. Les ressources exploitées donnent à l’État les moyens de les combattre, les maîtriser et les réduire à l’état de réfugiés dans leur propre pays.

Cet acheminement hélas fatal, du fait de la logique géopolitique et des intérêts des uns et des autres, amputera l’humanité d’un des éléments unique de sa richesse, la culture touarègue, une culture basée sur un code de conduite morale imposé à chacun dans la perspective d’affronter les conditions d’une vie saharienne austère et rudimentaire.

La situation est d’autant plus complexe que les permis d’exploitation ont été attribués à des pays comme la Chine qui, malheureusement, n’a aucune politique de respect pour les communautés locales et encore moins l’environnement constituant leur cadre de vie. Leurs méthodes « espèces sonnantes et trébuchantes » intéressent en revanche les gouvernants de ce monde.

C’est dans cette logique infernale qu’un conflit armé a éclaté dans le nord Niger avec la création d’un mouvement des Nigériens pour la Justice. Du fond de leur désert ses animateurs luttent pour se faire entendre, alerter la planète et tenter de dénoncer cette situation afin de sauver ce qui peut l’être.

Face à eux, un Niger qui décide de les anéantir, crée les conditions d’un affrontement sans précèdent et refuse toute idée de dialogue. Les libertés individuelles sont confisquées, les débats contradictoires sont interdits, les radios internationales sont suspendues, les journaux indépendants sont menacés et certains supprimés.

La région touarègue est déclarée en état d’urgence et l’armée s’arroge le droit d’emprisonner, torturer et tuer au besoin sans aucune forme de procès. La communauté internationale passe sous silence cette situation contraire à la Déclaration Universelle des Droits Humains.

Le schéma qui se dessine devient très préoccupant et même d’une extrême gravité. En effet, la partie septentrionale du Niger regorge d’impressionnantes ressources minières, uranifères et pétrolifères notamment. Les populations disséminées dans ce désert sont désormais perçues comme une véritable entrave dans la perspective de l’exploitation massive de cette manne.

L’énergie nucléaire dans sa fulgurante ascension d’énergie « propre » devient plus que jamais un enjeu planétaire. De la même manière, la montée progressive du prix du baril rend le pétrole nigérien économiquement intéressant. Que représente une poignée de nomades totalement absents du système économique mondial devant de tels enjeux ? Les grandes puissances de cette planète vont alors laisser le dictateur faire le ménage afin de s’en prendre à « l’énergie propre dans un environnement propre (dégagé de toutes ces populations) ». Le tour est joué, le gouvernement nigérien et les puissances étrangères auront tiré leur épingle du jeu. »

Trois mois plus tard ce schéma se confirme inexorablement.

On connaît parfaitement les conséquences néfastes qui résultent des deux permis d’exploitation octroyés il y a quarante ans à la France pour l’extraction des gisements d’uranium à Arlit et Akokan (voir étude Criirad et Sherpa). La population nomadisant dans cet espace a été contrainte de partir sous d’autres cieux. La faune a totalement disparu. Les nappes phréatiques sont polluées. La population fait face à des sérieux problèmes de santé publique.

Cette année, l’état du Niger a octroyé 122 permis d’exploitation d’uranium. En superposant la carte du nord Niger et les limites géographiques des concessions on se rend compte de la catastrophe qui se prépare : pollution des nappes phréatiques, destruction des airs des pâturages, spoliation des terres des éleveurs, élimination des puits pastoraux et bouleversement de la gestion pastorale.

Qu’en est-il de la Déclaration des droits des peuples autochtones adoptée en septembre à l’ONU ? Notre monde a-t-il le droit de laisser passer sous silence la destruction de tout un peuple dont le crime originel serait d’habiter un Sahara jadis inculte mais devenu immensément riche ?

Souhaitez vous vraiment que le peuple Touareg disparaisse à jamais si cela permettait à votre économie de bien se porter ? Acceptez vous de participer à travers la politique de votre pays à la mort d’une population innocente sous prétexte que cela vous permet d’éclairer vos maisons et de cuisiner sur la plaque chauffante ? Les touaregs n’ont d’autre choix que de se battre ou disparaître. Un choix fort douloureux qui les a amené à prendre les armes et à risquer leur vie.

L’armée Nigérienne, qui a le soutien matériel de la France, de la Chine et des États-Unis, vient de lancer une offensive sur l’Aïr dans le but de nous réduire au silence. Nos hommes tentent de la contenir avec des moyens bien moins importants. L’armée a réussi à ravitailler la caserne d’Iferouane mise sous embargo par les troupes MNJ depuis le 25 août dernier, mais cela ne change en rien les données du problème.

Nous sommes déterminés à défendre nos terres car c’est une question d’existence. Déterminés et rassemblés, nous réussirons à empêcher à toutes ces sociétés de s’installer chez nous sans notre consentement. Encore une fois sont mis en balance et de manière flagrante la richesse matérielle et la valeur humaine. La réalité est là, inutile de se voiler la face.

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Uranium - Les Touaregs en danger : Les conditions d’exploitation de l’uranium par les filiales d’AREVA… et les normes ISO

par Criiad - Mondialisation.ca, Le 24 avril 2007
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=5476
http://www.criirad.org/

L’exploitation des mines d’uranium constitue une des étapes les plus polluantes du cycle du combustible nucléaire non seulement pendant l’exploitation, mais également longtemps après la fermeture et le réaménagement des sites. En effet, l’extraction de l’uranium entraîne la dispersion dans l’environnement de matières radioactives et la constitution de stocks de déchets à très longue durée de vie.

AREVA [1], la contamination durable en France

Les différentes études conduites par le laboratoire de la CRIIRAD depuis plus de 15 ans montrent que, sur le territoire français, des problèmes radioécologiques sont rencontrés systématiquement sur les anciens sites d’extraction d’uranium et que les maigres progrès enregistrés ne le sont que sous la pression des associations de protection de l’environnement. En France, la CRIIRAD découvre des situations de pollution ou de violation de la réglementation chaque fois qu’elle réalise des contrôles à proximité de sites dépendants du groupe AREVA NC.

Ce fut encore le cas ces derniers mois à Malvesi (Aude – usine COMURHEX qui reçoit tous les concentrés uranifères traités en France), à Saint-Pierre (Cantal – ancienne mine et usine d’extraction de l’uranium) ou à Gueugnon (Saône et Loire – ancienne usine CEA- COGEMA qui a reçu en son temps les préconcentrés uranifères en provenance du Gabon)

Et à l’étranger

La France est totalement dépendante en termes d’approvisionnement en uranium. La dernière mine d’uranium située sur le territoire français a fermé en 2001. Actuellement, pratiquement tout l’uranium utilisé en France provient de l’étranger. L’uranium qu’a produit le groupe AREVA NC en 2005 (plus de 6000 tonnes d’uranium soit 10 % de plus qu’en 2003) provient de sites situés à l’étranger, principalement au Canada, au Niger et au Kazakhstan.

SHERPA [2], Médecins du Monde et la CRIIRAD ont rendu publics le 4 avril 2007, à Paris, les résultats des enquêtes menées depuis 2003, en Afrique, en collaboration avec des ONG locales regroupant d’anciens travailleurs des filiales d’AREVA en charge de l’exploitation de l’uranium au Niger et au Gabon. Il est apparu que les informations données par AREVA sur l’impact environnemental et sanitaire de ses activités ne rendent absolument pas compte de la réalité.

Les problèmes concernent aussi bien les sites en cours d’exploitation (Niger) que les sites réaménagés (Gabon).

Le Gabon

Le CEA (Commissariat pour l’énergie atomique, France) puis la COGEMA [Compagnie générale des matières nucléaires, jusqu'au 1er mars 2006; aujourd’hui AREVA NC, soit Nuclear cycle], ont exploité à travers la société COMUF plusieurs gisements d’uranium au Gabon, à Mounana, entre 1958 et 1999.

AREVA a annoncé en 2007 sur son site web que le réaménagement du site de Mounana était terminé. Il s’agit du «premier réaménagement en forêt équatoriale conforme aux standards internationaux. La qualité du réaménagement a été confirmée par quatre missions de l’AIEA [Agence internationale pour l’énergie atomique] effectuées de 2001 à 2006 pour le compte du gouvernement gabonais».

A partir de l’enquête conduite sur place par SHERPA, en juin 2006,, des témoignages d’anciens travailleurs Gabonais et d’expatriés, et des documents consultés par la CRIIRAD, il ressort que:

• La protection des travailleurs n’était pas correctement assurée (formation et information sur les risques très insuffisantes, situations avec exposition à des poussières radiotoxiques sans port de masque respiratoire adapté).

La CRIIRAD rappelle que de l’uranate à 75 % d’uranium présente une activité en uranium de 19 millions de Becquerels par kilogramme, sans compter les premiers descendants radioactifs de l’uranium 238 et 235.

L’inhalation de seulement 0,006 et 0,12 gramme de poussière d’uranate pourrait alors conduire à dépasser la dose maximale annuelle admissible actuellement en vigueur respectivement pour les personnes du public et les travailleurs du nucléaire (coefficients de la directive Euratom 96 / 29). Cela correspond à l’inhalation de respectivement 17 et 329 microgrammes par jour sur l’année.

Dans ces conditions, le travail au contact de ces matières radioactives sans masque, sans gants, sans information sur les risques et sans précautions élémentaires (ne pas manger, ne pas fumer, à proximité de ces matières) conduit à des risques de contamination interne très élevés.

A ces risques de contamination interne, il faut ajouter les risques liés à l’exposition externe. Des mesures réalisées par le laboratoire de la CRIIRAD en septembre 2006 au droit du parc de stockage des concentrés uranifères de l’usine COMURHEX-AREVA de Malvési (Aude) ont montré que l’excès de rayonnement gamma est mesurable à plus de 200 mètres au droit de la clôture.

• Le suivi médical était inadapté et les médecins non formés.

• Des bâtiments ont été construits à Mounana avec des matériaux radioactifs (maternité, école, marché). Certains bâtiments ont dû être détruits.

De telles situations ont malheureusement eu cours également sur le territoire français. Dans certains cas des situations conduisant à un risque sanitaire inacceptable pour le public ont été révélées par le laboratoire de la CRIIRAD en des lieux qui avaient pourtant été précédemment contrôlés par la COGEMA. Ce fut le cas par exemple lorsqu’en 2001 la CRIIRAD démontra que dans une scierie construite sur des remblais radioactifs de l’ancienne mine d’uranium CEA-COGEMA des Bois Noirs (Loire), les concentrations en radon conduisaient à un dépassement d’un facteur supérieur à 20 des normes sanitaires pour le public. Ce site avait pourtant été contrôlé quelques années auparavant par un technicien de la COGEMA. Suite aux mesures de la CRIIRAD, les autorités ont imposé à la COGEMA la décontamination du site.

• A Mounana, plus de 2 millions de tonnes de résidus radioactifs ont été simplement déversés dans la rivière entre 1961 et 1975. La CRIIRAD tient à rappeler que de tels résidus posent des problèmes radiologiques à long terme car ils sont caractérisés par:

• Une radioactivité importante, supérieure à 100 000 Bq / kg et parfois à plus de 500 000 Bq / kg. Le rapport COMUF 1983 indique que la teneur typique du minerai était de 3 à 4 kg d’uranium par tonne. Même en supposant un rendement d’extraction de l’usine à 100 % (extraction de tout l’uranium métal), il subsiste dans les résidus issus d’un minerai à 4 Kg U / Tonne une radioactivité égale à 50 000 Bq / kg pour les descendants de l’uranium 238 à partir du thorium 230, soit une activité totale qui peut dépasser 500 000 Bq / kg.

• Une faible granulométrie (boue fine) qui favorise la dispersion ultérieure des radionucléides. Le minerai initial, roche dure située en profondeur, devient un résidu d’extraction sous forme d’une boue de très fine granulométrie. Lorsque cette boue sèche, les poussières radioactives qu’elle contient peuvent être dispersées par le vent. Si elle est humide, le transport est possible via les eaux. Or ces résidus contiennent des éléments très radiotoxiques par inhalation (thorium 230) et par ingestion (plomb 210 et polonium 210).

• La présence de 100 % du radium 226 initialement contenu dans le minerai. Sa désintégration génère en permanence un gaz radioactif, le radon 222, difficile à confiner.

• La présence de radionucléides à très longue période physique, ce qui pose la question du confinement à long terme. Ces déchets seront radioactifs pendant des centaines de milliers d’années compte tenu de la période physique du thorium 230 (75 000 ans).

• La présence de produits chimiques liés au traitement (attaque à l’acide sulfurique, éventuelle neutralisation à la chaux) dans une proportion de 100 kilogrammes par tonne environ.

• Le «réaménagement» des sites a consisté, semble-t-il, à simplement recouvrir certains secteurs radioactifs de remblais en terre végétale. Les déchets radioactifs sont toujours dans le sol. Compte tenu de leur très longue période physique, la procédure de «réaménagement» est totalement insuffisante. Les frais de ce «réaménagement» ont été pris en charge par un budget Européen (Fond Européen de Développement). AREVA n’est même pas en mesure d’assumer sa responsabilité financière.

• La «qualité» du réaménagement a été vérifiée par l’AIEA (Agence Internationale de l’Energie Atomique). Ceci pose problème quant à la neutralité des contrôles compte tenu de la vocation affichée de l’Agence (développement du nucléaire).

La CRIIRAD a déjà mis en évidence dans le passé la partialité et l’insuffisance des diagnostics radiologiques de l’AIEA (atoll de Moruroa). La CRIIRAD a adressé une demande aux autorités de radioprotection du Gabon pour obtenir copie des résultats des contrôles radiologiques effectués à Mounana. Le Ministère compétent a refusé de transmettre ces données.

Niger

La SOMAÏR (société des mines de l’Aïr) et la COMINAK, (compagnie minière d’Akouta) exploitent – depuis respectivement 1971 et 1978 – des gisements d’uranium situés dans le nord du NIGER, en bordure du Sahara [3].

 Outre les mines, chacune de ces sociétés exploite une usine d’extraction physico-chimique de l’uranium. La production s’élève à 3 000 tonnes de concentré d’uranium par an, un apport essentiel pour l’approvisionnement des centrales nucléaires françaises.

En ce qui concerne l’impact de ces activités sur la population nigérienne, le site internet de la Cogema précise: «La présence de SOMAÏR [et de] COMINAK apporte non seulement des emplois, mais aussi un support sanitaire et social aux populations locales dans une région isolée et économiquement défavorisée.».

La réalité peut être approchée à partir des constats issus des rapports CRIIRAD, SHERPA et des témoignages des membres de l’ONG AGHIR IN MAN [4].

• Les filiales d’AREVA ont fait pression sur l’ONG AGHIR IN MAN pour faire annuler la mission CRIIRAD de décembre 2003. Les appareils de mesure de la CRIIRAD ont été confisqués à l’atterrissage à Niamey.

• Les investigations conduites par la CRIIRAD, en décembre 2003, à l’aide d’un petit radiamètre dans le cadre de la formation dispensée aux membres d’Aghir in’man ont permis de mettre le doigt sur un problème très sérieux: la dispersion des ferrailles contaminées. Compte tenu du niveau de vie très bas de la population nigérienne, tout est susceptible d’être récupéré et utilisé pour la construction des maisons, de l’outillage, des ustensiles de cuisine, etc. Le tuyau métallique acheté par la CRIIRAD sur le marché d’ARLIT était contaminé par un dépôt contenant une très forte activité en radium 226 (235 000 Bq / kg). Malgré l’alerte donnée par la CRIIRAD, en fin décembre 2003, AREVA a attendu plus d’un an pour lancer en mars 2005 une «campagne systématique de recensement et de détection radioactive des ferrailles proposées à la vente sur les marchés».

• Les eaux industrielles et les eaux potables sont puisées dans une nappe fossile, c’est-à-dire non renouvelable (40 % de cette eau douce sert aux besoins industriels). Les mesures réalisées par la CRIIRAD entre 2003 et 2005 sur des échantillons d’eau distribuée par les compagnies minières ont permis de constater une contamination en uranium conduisant à une exposition supérieure aux normes de l’OMS. Pourtant les documents AREVA à destination du grand public évoquent: «l’absence de contamination des eaux». Récemment encore (juillet 2006), au niveau du camp d’Imouraren, la COGEMA a laissé consommer pendant plusieurs semaines des eaux chargées en uranium.

• Les stériles (déchets d’extraction du minerai) constituent d’immenses verses accessibles à tous, hommes comme animaux.

• Les résidus (déchets d’extraction de l’élément uranium) qui se présentent sous forme de sable fin particulièrement radiotoxique (activité supérieure à 500 000 Bq / kg pour les déchets de COMINAK), constituent de véritables montagnes (verse COMINAK de 50 hectares et plus de 10 millions de tonnes de déchets). Les sociétés minières n’ont même pas fait l’effort de creuser le sol pour y enfouir les déchets et les protéger un minimum de l’érosion éolienne.

• Les activités minières conduisent à la dispersion de poussières radioactives et à de forts transferts de gaz radioactif (radon) à l’atmosphère.

• Les concentrés uranifères sont transportés dans des conditions de sécurité très insuffisantes (présence de passagers assis sur les fûts irradiants, chauffeurs payés de façon irrégulière, mauvais état des pneumatiques). En janvier 2004 un accident de transport a fait 5 morts. De la matière radioactive s’est répandue sur la chaussée et malgré les injonctions du Centre National de Radioprotection de Niamey, l’exploitant a mis plus d’un mois pour finir la décontamination, laissant ainsi dans l’environnement des sols dont la contamination en uranium était 1000 à 10’000 fois supérieure à la normale selon les mesures de la CRIIRAD.

• Les ordures des cités minières collectées pour le compte des exploitants sont déversées à même le sol en périphérie immédiate des villes d’Arlit et d’Akokan. Femmes, enfants et animaux s’y rendent quotidiennement à la recherche de nourriture, d’objets et de matériaux à récupérer.

Pourtant le Groupe AREVA indique sur son site web: «SOMAIR et COMINAK, filiales minières de COGEMA, sont les deux premières entreprises à être certifiées ISO 1400 au Niger. Leurs certifications attestent de la mise en place d'un système de management environnemental comparable à celui pratiqué par les plus grandes entreprises certifiées à travers le monde. Ces deux filiales nigériennes appartiennent au cercle très restreint des entreprises certifiées ISO 14001 en Afrique de l'ouest».

Que peut-on faire ?

Les citoyens doivent ouvrir les yeux et ne plus se contenter des affirmations rassurantes du grand groupe industriel, dont les certifications ISO 14 001 cachent une réalité qui est loin de correspondre à des pratiques réellement respectueuses de l’environnement et de la santé des salariés et des populations. Compte tenu des bénéfices que tire la France de l’exploitation minière à l’étranger, il importe que les citoyens français se mobilisent pour aider les citoyens de ces pays à défendre leurs droits: droit à une surveillance des activités à risque par leur propre gouvernement, droit à la réalisation de contrôles indépendants, droit à la gestion correcte des déchets toxiques, droit à l’information, droit à la préservation de leur environnement et de leur santé. Il est essentiel d’assurer un suivi médical de qualité et des soins aux anciens travailleurs des mines et usines d’extraction de l’uranium, et ceci plusieurs décennies après la fermeture des mines. En effet, certaines pathologies et en particulier les cancers ne se déclarent parfois que plusieurs décennies après l’exposition.

Or les travailleurs locaux de la COMUF (Gabon) et les expatriés, ne font pas l’objet d’un tel suivi médical. L’hôpital de Mounana a fermé avec la fin de l’extraction.

La CRIIRAD s’efforcera pour sa part d’alerter les autorités françaises et l’opinion publique nationale et internationale afin que les sociétés minières assument pleinement leurs responsabilités en matière de protection de l’environnement et de protection sanitaire de leurs anciens employés et des populations locales.

Est-il normal de produire à moindres coûts l’uranium qui alimente les centrales nucléaires des pays riches au détriment de la santé des populations des pays les plus pauvres ?

* CRIIRAD: Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité, 471 av. V. Hugo - 26000 Valence Compléments .

Notes

1. AREVA: groupe français qui se présente comme «expert mondial dans les métiers de l'énergie, propose à ses clients des solutions technologiques pour produire l'énergie nucléaire et acheminer l'électricité en toute fiabilité». Cette société emploie directement 61'000 salarié·e·s dans le monde.

2. SHERPA regroupe des juristes qui se sont fixés pour mission de défendre les droits des travailleurs et des populations de toutes nationalités face aux multinationales.

3. La Cogéma est l’actionnaire principal de ces 2 sociétés: elle détient 63 % de participation de Somaïr et 34 % de participation de Cominak. Les autres actionnaires sont le gouvernement nigérien, des compagnies japonaises (OURD) et espagnoles (ENUSA).

4. Cette ONG dont le nom signifie «bouclier vivant» a pour objectif le mieux être des populations (santé, éducation, condition des femmes...) et la préservation de leur environnement. Les comptes rendus de missions au Niger et au Gabon peuvent être consultés sur les sites internet de la CRIIRAD: www.criirad.org et de SHERPA: asso-sherpa.org

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pour avoir un aperçu des motivations et objectifs maléfiques de ces immondes "personnages" et de leurs répugnants vassaux "Algériens", je recommande de lire ce livre :La face cachée du monde occidental : Secrets et liaisons dangereuses (Broché) de Thierry-P Millemann (Auteur). Date de parution: 01/03/2005

ISBN-10: 2915036632
ISBN-13: 978-2915036633

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http://www.editoo.com/librairie/ouvrages.asp?num=1280
http://www.priceminister.com/offer/buy/7692119/P-Millemann-Thierry-La-Face-Cachee-Du-Monde-Occidental-Livre.html
http://www.amazon.fr/face-cach%C3%A9e-monde-occidental-dangereuses/dp/2915036632/ref=sr_1_1/402-5944794-7590541?ie=UTF8&s=books&qid=1188286176&sr=8-1

Thierry Millemann a été consultant international sur les questions concernant l’implantation et le développement des industries françaises à l’étranger. Il a vécu aux Etats-Unis et a eu des contacts très importants avec des Généraux américains inquiets de voir la tournure des événements qui se multiplient sur notre planète et sont un risque pour la survie de l’humanité.

Dans les années 1950, un rapport est déposé sur la table du Président des Etats-Unis. Une question est posée : comment lutter contre une expansion démographique incontrôlable et préserver le développement de l’Occident ? A partir de là, Thierry Millemann estime que la plupart des grands faits des événements doivent se lire avec cette clé de lecture et il dévoile la face cachée du monde occidental en expliquant les conflits, la décolonisation, le terrorisme, le sida, etc.

Un livre à découvrir, qui décrypte la moindre des énigmes et redonne au puzzle que représente l’échiquier mondial un sens. Faut-il être désespéré ou, au contraire, parviendrons-nous à limiter le cercle infernal dans lequel le monde est entré ? C’est à cette question que répond Thierry Millemann. Un pari hasardeux qui repose sur le besoin de faire prendre conscience à chacun d’entre nous que l’avenir peut être différent si les populations prennent conscience de l’engrenage dans lequel elles sont entraînées. Ce livre n’a pas d’autre but que de se préparer un meilleur monde pour les générations à venir, à condition de se battre en gardant à l’esprit la nécessité d’une meilleure cohésion entre nous.

Pourquoi le terrorisme ? Pourquoi la décolonisation ? Pourquoi l’Irak ? Pourquoi le 11 septembre ? Que se passe-t-il en Algérie ? en Argentine ? Au Brésil ? En Afrique ? etc.

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« Répondre #144 le: 13/01/2008 - 10:31:12 »

2008 : Algérie en état de guerre et Amérique du Sud ou latine des années 1970 (Opération Condor)

Guerre sale = http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_sale

Le déclin rapide de l'excrément du diable, dit pétrole et Gaz, transforme le monde entier en un fauve idiot, mortellement enragé et paniqué.

De plus en plus cauchemardesque et cela en plein déclin rapide des hydrocarbures (pétrole et gaz naturel) Algériens (il reste seulement 18 ans de réserves prouvées d'hydrocarbures).  Le scenario catastrophe se confirme  jour après jour, au fur et à mesure du rapprochement de l'échéance fatale (fin des réserves prouvées d'hydrocarbures Algériennes : estimée à 18 ans et par conséquence la fin de l'état et de la nation Algériennes et le début du règne de la sauvagerie "entretenue" "Algérienne" la plus abjecte et la plus immonde).

Définition Réserves prouvées =
http://www.insee.fr/fr/nom_def_met/definitions/html/reserves-prouvees.htm
http://www.planete-energies.com/contenu/petrole-gaz/gisements.html
http://www.euro-petrole.com/ac_01_index.php


L'étincelle ne sera allumée, volontairement, que par les idôlatres fanatiques "Algériens" (descendances incluses), avec l'aide de leurs "amis" étrangers (occidentaux et arabes), de l'excrément du diable (le pétrole incluant le gaz naturel) pour tenter d'effacer, par le feu et le sang, les traces de leurs crimes en Algérie comme de vulgaires gangsters après avoir dévaliser un entrepôt ou magazin.

Y a t-il, en préparation actuellement, une "Opération Condor" ou une "Opération Phoenix" ou une "Operation Gladio" à la "sauce Algérienne" et qui seront "les mains étrangères" (Banques, Ministères, gouvernements) qui vont financer et supporter politiquement et militairement ce future "génocide" d'Algériens naifs. D'après vous qui a financé et supporté politiquement et militairement "l'Opération Condor", "l'Opération Phoenix", "l'Operation Gladio" et bien d'autres Opérations de "guerre sale" impliquant automatiquement et volontairement des génocides et crimes contre l'Humanité.

Le déclin rapide de l'excrément du diable, dit pétrole et Gaz, transforme le monde entier en un fauve idiot, mortellement enragé et paniqué.


A voir absolument, pour anticiper le future proche de l'Algérie, le documentaire très instructif diffusé sur Canal + et Arte:
“L'école française : Histoire des escadrons de la mort de l'école française de la guerre d'Algérie, en passant par l'Opération Phoenix à l'Opération Condor en Amérique du Sud ou latine des années 1970” :

Pour sauvegarder ces videos sur votre ordinateur utilisez les outils gratuits suivants :

http://www.downloadhelper.net/
http://keepvid.com/

vidéos escadrons de la mort l'école française

http://www.google.fr/search?q=escadrons+de+la+mort+l%27%C3%A9cole+fran%C3%A7aise&tbo=p&tbm=vid&source=vgc&hl=fr&aq=0&oq=escadrons+


A lire terrorisme + services secrets = al-qaïda ? http://questionscritiques.free.fr/terrorisme/terrorisme_index.htm

Videos sur l'Operation Gladio:

Operation Gladio :

http://www.google.fr/search?hl=fr&tbm=vid&sa=X&ei=npadTefrHsah8QO3opG9BA&ved=0CDYQBSgA&q=op%C3%A9ration+gladio&spell=1

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Déclaration du 8 juillet 2005 de Robin Cook, homme politique britannique. Il mourut mystérieusement (rompu le coup) le 6 août 2005, soit environ 1 mois après cette déclaration fracassante. Cook décrit Al-Qaida comme une erreur de calcul occidentale. Il écrit dans la presse le 8 juillet 2005 : "Ben Laden fut le produit d'une erreur de calcul monumentale de la part des agences de renseignements occidentales. Il fut armé par la CIA pendant les années 1980 et financé par l'Arabie Saoudite pour porter le jihad contre l'occupation Russe en Afghanistan. Al-Qaida, qui signifie littéralement la "base de données", était originellement les fichiers informatiques regroupant les milliers de moudjahidin qui étaient recrutés et entraînés avec l'aide la CIA pour vaincre les Russes"..

Vous connaissez l'histoire qui suit, le 2 novembre 2007, la déclaration de Benazir Bhutto sur Al Qaïda et Ben Laden puis son assassinat deux mois plutard. Voir la déclaration (interview télévisée) de  Benazir Bhutto avant sont assassinat "Bhutto aurait-elle gaffé en disant lors d'une interview que Ben Laden a été assassiné, et cela lui a t-il coûté la vie ?". - Voir mon http://www.algerieinfo.com/forum/index.php?topic=44.msg1340#msg1340

Les "assassins et leurs commanditaires" paniquent, mais l'Algérie n'est pas à l'abri des actions maléfiques de ces "loups enragés". A qui la faute. Qui a fait entrer ces "loups enragés", par avidité, dans notre bergerie qu'est l'Algérie ? Vous connaissez le destin, à l'Algérienne, des "loups enragés" ainsi que de celui ou ceux qui leur ont ouvert la porte ou les portes, ainsi que des moutons mordus.

A lire terrorisme + services secrets = al-qaïda ? http://questionscritiques.free.fr/terrorisme/terrorisme_index.htm

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L’aveu d’un haut responsable : « Le terrorisme repart, les choses vont mal… »
le 14 Janvier, 2008 - Le Matin
http://www.lematindz.net/news/laveu-dun-haut-responsable-le-terrorisme-repart-les-choses-vont-.html

Un haut responsable à la présidence de la République, membre de la délégation qui a accompagné Bouteflika à Tamanrasset, s’est confié à la journaliste du Quotidien d’Oran Ghania Oukazi pour avouer que « les choses vont mal… » et prédire « un retour du terrorisme des années 90 .»

Cette personnalité qui a gardé l’anonymat mais que la journaliste définit comme « un des locataires des premières loges de commandement » admet que la situation se dirige vers le pire : « le terrorisme a repris et dans deux ans, ça pourrait reprendre comme avant ».  

A la question de savoir si les derniers attentats n’ont pas pour but de pousser le président à la porte de sortie, le haut responsable répond : «Possible. On ne sait pas... les choses vont mal...»

La journaliste annonce alors, avant tout le monde, que la visite du chef de l'Etat à Constantine « pourrait être reportée en raison d'un manque de visibilité dans la situation sécuritaire dans la région. »
Curieusement, ce constat alarmiste est utilisé pour plaider en faveur d’un troisième mandat.  « On ne voit personne surtout que le terrorisme a repris et dans deux ans, ça pourrait reprendre comme avant», estime le haut responsable.

Conclusion de la journaliste : « Incapables de rendre compte sur ce qu'a enregistré comme résultats la mise en oeuvre de la charte pour la paix et la réconciliation nationale, ces mêmes courtisans continuent à dire qu'il n'y a que «Bouteflika qui soit capable de ramener la paix pour le pays».


Travailler là où il y a du travail
Chawki Amari  - 13 janvier 2008 - El Watan
http://www.elwatan.com/spip.php?article84619

Il suffit de faire un tour en dehors des grandes villes pour réaliser dans quel état l’Algérie se situe. Un état de guerre. Des barrages partout, à chaque carrefour de village, à chaque entrée de forêt, à chaque début d’agglomération, dans chaque virage.

Des militaires, gendarmes, policiers ou gardes communaux sont là, l’arme à la main, le regard inquiet. L’Amérique du Sud des années 1970 (Opération Condor), Samba et Rhum en moins, une ambiance de fin du monde.

Pour les dirigeants, ce n’est pas le problème, l’essentiel est de durer, quitte à quadriller chaque mètre carré par un poster du président.

Pourtant, ces mêmes dirigeants, repus par les fins d’années conjointes, rassasiés par la nouvelle loi de finances 2008, ont réfléchi.

Comment éviter l’embrasement ? Créer de l’emploi utile. C’est-à-dire doubler les effectifs des services de sécurité. Si l’on ne peut contester le fait, vu le regain d’activité terroriste, il y a là un aveu de taille.

Pour maîtriser la situation sécuritaire, il faut augmenter les effectifs. D’accord, mais si dans un an, rien de fondamental n’a changé, va-t-il falloir les tripler ? Quadrupler ? Ou changer carrément de méthode ? Dans ce dernier cas, il va falloir entrer dans le débat oublié ; la méthode des services de sécurité est-elle la meilleure pour lutter contre le terrorisme ? Cette question que chacun évite comme une route de montagne nationale par une nuit sans lune revient à changer les hommes. On ne combat pas une guérilla asymétrique du troisième millénaire avec des hommes du XXe siècle.

On ne pare pas les bombes sauvages avec des hommes d’un renseignement issus de la guerre d’indépendance. Et là, pour une fois, le troisième mandat n’y est pour rien, et Abdelaziz Bouteflika, acariâtre et inconscient président, n’est qu’un détail dans le dispositif. Changer de président d’accord, mais changer aussi les hommes qui l’ont importé.


Et si le pays était déjà ingouvernable ?
le 13 Janvier 2008 - Le Matin
http://www.lematindz.net/news/et-si-le-pays-etait-deja-ingouvernable-.html

Sans vouloir épiloguer sur le report de la visite présidentielle à Constantine, décidée dans l’urgence, les deux hypothèses avancées par les observateurs pour l’expliquer (la situation sécuritaire et l’ébullition qui caractérise la ville) aboutissent à une conclusion terrible : le terrorisme et le mécontentement social ont atteint un tel degré de gravité (même Ksentini s’en alarme), qu’ils ont peut-être rendu le pays ingouvernable.

Car comment qualifier autrement un pays dont le président ne peut plus se déplacer dans une wilaya sauf à risquer sa vie (Batna) ou se faire escorter de 5000 policiers et d’une escadrille de l’armée de l’air (Tamanrasset) ?

Qu’il craigne un coup des groupes armés terroristes ou l’hostilité de sa propre population, ou les deux à la fois, le président de la République reconnaît de facto une dégradation de la situation socio-politique sans précédent depuis l’indépendance. Pire : cette détérioration, en plus de bloquer le fonctionnement normal des institutions, semble échapper totalement au contrôle de l’Etat.

Pareille situation sous-entend une conséquence tragique pour le pays : elle le met dans une situation de faillite politique qui, à l’image de la faillite économique, implique de confier les tâches essentielles (endiguer le terrorisme surtout), à des mains extérieures. Ce qui rapproche le spectre de l’irakisation.

Comment en est-on arrivé là aussi brusquement ? C’est la rançon du mensonge, de la dissimulation et de la démagogie.

Que faire, diriez-vous. De toute urgence, arrêter cette scandaleuse bouffonnerie qu’est la compétition pour le troisième mandat et qui accapare tous les esprits. D’abord parce que c’est indispensable pour commencer à réaliser la situation. Ensuite pour éliminer définitivement de la scène l’homme qui a conduit l’Algérie à cette faillite politique. Enfin, pour ouvrir la voie à une vraie opération de sauvetage qui est peut-être celle de la dernière chance.

Chacun est averti… Et l’heure tourne…


Visite de Bouteflika à Tamanrasset : ce qu’on ne vous a pas dit
le 13 Janvier, 2008 Le Matin
http://www.lematindz.net/news/visite-de-bouteflika-a-tamanrasset-ce-quon-ne-vous-a-pas-dit.html

« La visite du chef de l'Etat dans la capitale du Hoggar, Tamanrasset a laissé un goût amer chez les habitants de la région qui n'ont rien vu et ne verront rien venir de sitôt comme impacts des projets lancés sur leur quotidien désastreux », écrit la journaliste Ghania Oukazi qui a suivi le périple présidentiel pour le compte du Quotidien d’Oran. Son article révèle des choses non-dites.
«Dites au président que nous manquons de tout, de l'essentiel, nous n'avons pas de quoi manger», nous disaient des citoyens de Tamanrasset. Laissé pour compte, le peuple manque affreusement de la présence de l'Etat » écrit-elle. Elle estime que « Entre les grands projets structurants qu'il a inaugurés à Tamanrasset et la sollicitation de ses courtisans pour postuler à un troisième mandat présidentiel, Bouteflika a oublié l'essentiel: la consécration des droits sociaux des citoyens. Pour la journaliste, « Ce qui frappe l'esprit est que tout le temps des deux mandats présidentiels, il n'a pas été procédé au listing des urgences de la société, dans toutes les franges qui la composent.

La cherté de la vie et la dégradation du pouvoir d'achat des ménages est loin d'être une vue de l'esprit. Elles rongent terriblement les petites bourses. » Pourtant, rapporte la journaliste, « des milieux qui lui sont proches justifient la demande d'un troisième mandat. «On lui a demandé de se présenter une troisième fois pour mettre un terme définitif au terrorisme, surtout que ça reprend ces derniers temps...», nous dit un membre influent dans son entourage. Qui on? Nous n'attendions aucune réponse, on ne l'aura pas. L'essentiel est que depuis sa sortie à Tam, le président y croit énormément.
C'est la première fois depuis que Belkhadem lui a demandé de réviser la constitution pour pouvoir le faire, qu'il accepte de marquer un temps d'arrêt, sourire large aux lèvres, pour entendre la revendication d'un troisième mandat être clamée sans qu'il s'en lasse.

Ghania Oukazi conclut : « Il est dommage que l'Algérie, qui a survécu à toutes les guerres coloniales ou terroristes, qu'elles soient, n'arrive pas à «dégager» de ses entrailles, des Hommes capables de la diriger convenablement autres que Bouteflika ou ceux sur lesquels il a, lui-même, jeté son dévolu. Les autres, tous les autres, ne peuvent être, aux yeux de ceux qui veulent le garder à la tête du pays, que des responsables de «seconde zone».


Bouteflika entre Cécilia et Carla Bruni Par Inès Chahinez
e 13 Janvier, 2008 - Le Matin
http://www.lematindz.net/Chroniques/bouteflika-entre-cecilia-et-carla-bruni-par-ines-chahinez.html

J’allais, une fois de plus, reporter ma révélation sur le pacte Sarkozy-Bouteflika quand j’entends l’ancien mari de Cécilia clamer : « Je soutiens Bouteflika pour ne pas avoir les talibans à Alger ! » Il est quand même gonflé Sarkozy ! Et si nous, on avait envie d’un gouvernement taliban, rien que pour voir ? En vérité, le futur mari de Carla Bruni nous fait avaler une grosse couleuvre. Il voulait dire : « Je soutiens Bouteflika parce que nous sommes liés par une promesse de mariage vieille de quatre ans » Je sais, entre le mariage rompu avec Cécilia et le futur mariage rompu avec Carla Bruni, le président français n’est pas le modèle d’un partenaire durable. C’est pourquoi je trouve injuste que dans cette vie conjugale chancelante de Sarko on ne parle pas d’un de ses mariages qui a le plus tenu : le mariage avec Bouteflika. Bon, maintenant que vous savez que le calendrier de mon voisin Slimane qui travaille à El-Mouradia n’est pas du toc, il est temps que je vous raconte ce mariage Sarkozy-Bouteflika, ou comment Bouteflika a préparé 2009 dès 2004 avec un certain … Nicolas Sarkozy ! Cela s’est passé en juin 2004…Ce jour là, d’après le standardiste d’El-Mouradia qui s’est livré à mon voisin Slimane, Sarkozy, alors ministre de l’Economie et des Finances a dit à Abdelaziz Bouteflika, alors fraîchement réélu, : « Si tu m’aimes, aide-moi à devenir président en 2007 » Bouteflika, ému, a demandé : « Comment je peux t’aider , mon petit Sarko ? »

Sarkozy: En déjouant le piège de Chirac qui m’a mis à l’Economie et aux Finances pour que je me casse la gueule. Il veut placer Villepin à l’Elysée. Alors j’ai besoin de résultats spectaculaires pour rebondir en tant que candidat ! Et j’ai pensé à toi pour m’aider à réaliser deux résultats spectaculaires : d’une part sauver Alstom, qui est une entreprise-fétiche des Français, et qui est proche de la faillite. Tu peux lui donner des marchés inespérés qui la relanceront. D’autre part faire de moi l’homme qui battu les Américains en Algérie et réussi à maintenir l’Algérie en tant que chasse gardée économique de la France. Non seulement on va signer des contrats d’investissement au profit des firmes françaises mais tu vas nous aider à mettre le pied dans le pétrole. On signera tout cela à Alger.

Bouteflika : D’accord, mais à mon tour de te dire : si tu m’aimes aide-moi à devenir président en 2009 !

Sarkozy : Comment ?

Bouteflika : En préparant ma dot électorale pour 2008 : l’autoroute Est-Ouest, quelques dizaines de milliers de logements, le tramway mais, surtout, le métro d’Alger ! J’ai besoin d’inaugurer tout ça en 2008 pour confirmer mon image : « l’homme des grandes réalisations » ! Les chefs d’entreprises qui t’accompagneront à Alger doivent jouer le jeu.

Banco !

Et c’est ainsi que, moins de dix jours après avoir reçu l’accord de la Commission européenne pour un plan de sauvetage, Alstom a décroché le marché de l’électrification du réseau ferroviaire algérien : Bouteflika l’a chargé de l'équipement de trois lignes de chemin de fer et l'électrification des voies sur les lignes du chemin de fer Alger-Thénia, Oued-Smar- Gué-de-Constantine et El- Harrach-El Affroun d’ici 2007. Une aubaine pour le groupe sauvé in extremis du gouffre et venu se refaire une santé en Algérie.

Pour favoriser Alstom, il a fallu trafiquer un peu et écarter à la déloyale les autres concurrents : le chinois CCECC, le Groupement de la même nationalité CITIC-CSCECCREC, l’allemand Siemens et l’espagnol INABESA-Cobra. Bof !

Puis Bouteflika donne d’autres marchés à Alstom : en plus de la livraison de locomotives à la SNTF, Alstom hérite de la construction du complexe hydraulique de Béni-Haroun, ou encore de la construction de la centrale électrique de Fkinira. Jusqu’au contrat pour la construction de la première ligne de tramway d’Alger pour montant de 356 millions d’euros, l’un des plus importants marchés attribués au groupe français en Algérie.

Protégé par Sarkozy, et en vertu du pacte, Alstom devient une entreprise fétiche en Algérie : la firme est retenue pour la réalisation des futures lignes à grande vitesse et pour l’électrification de la rocade nord du réseau des chemins de fer. Un contrat en or !

Bouteflika a respecté le premier point du pacte : il a sauvé Alstom de la faillite. En 2006, le groupe a même renoué avec les bénéfices et a distribué pour la première fois des dividendes à ses actionnaires.

Patrick Kron, devenu le « sauveur d’Alstom » fête ça au Fouquet’s, le 6 mai dernier, en compagnie de … Nicolas Sarkozy !

Champagne à la santé du nouveau couple Bouteflika-Sarkozy !

Voilà pour le premier épisode du feuilleton : « Je soutiens Bouteflika pour ne pas avoir les talibans à Alger ! »

Je vous donne rendez-vous plus tard pour la suite des noces.

I.C.(A suivre)


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L'âge du règne des idôlatres fanatiques "Algériens" (descendances incluses), avec l'aide de leurs "amis" étrangers (occidentaux et arabes), de l'excrément du diable (le pétrole incluant le gaz naturel) est vraiment très sombre, maléfique, sanguinaire et cruel.

Investisseurs étrangers bienvenue en Algérie dans l'âge diabolique de l'idôlatrie fanatique Algérienne de l'excrément du diable (le pétrole incluant le gaz naturel) et bientôt dans un nouvel âge diabolique de l'idôlatrie fanatique Algérienne des matières premières devenues "métaux précieux" grâce à la pénurie et la forte demande du marche mondiale.

Beaucoup de sacrifices humains ont été et sont volontairement et sadiquement offert, avec l'aide "d'amis" étrangers (occidentaux et arabes), à l'idôlatrie fanatique Algérienne de l'excrément du diable (le pétrole incluant le gaz naturel) et maintenant la nouvelle idôlatrie fanatique Algérienne des matières premières demande beaucoup de sadiques sacrifices humains.


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Quelques histoires de l'Amérique du Sud des années 1970 :

RETOUR SUR UN TERRORISME D’ETAT BÉNI PAR LES ETATS-UNIS : « Opération Condor», cauchemar de l’Amérique latine. http://www.monde-diplomatique.fr/2001/05/ABRAMOVICI/15179

Amérique latine: Les serres françaises du plan Condor
http://www.humanite.fr/2003-09-20_International_-Les-serres-francaises-du-plan-Condor


serres = Homme, femme attachés au domaine qu’ils cultivaient moyennant redevance au seigneur qui en était le propriétaire. http://fr.wiktionary.org/wiki/serf  http://fr.wikipedia.org/wiki/Serf

La répression en Amérique latine: le plan condor. http://bricabraque.unblog.fr/2007/12/13/la-repression-en-amerique-latine/

40 ANS APRES : Le "Che" était traqué par les dictatures du plan Condor
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/international/ameriques/20071008.OBS8581/le_che_traquepar_les_dictatures_du_plan_condor.html?idfx=RSS_international

Interview avec Philip Agee, ancien agent de la CIA. La nature de l’intervention de la CIA au Venezuela http://www.voltairenet.org/article124412.html

Le réseau Voltaire dénonce le financement de Reporters Sans Frontières
http://lamouette.blog.lemonde.fr/2006/08/11/2006_08_le_rseau_voltai/


Cocaïne, pétrole et mercenaires  : http://www.reseauvoltaire.net/article12624.html

Torture « made in USA »  : http://www.voltairenet.org/article151393.html

CIA et École des Amériques (School of the Americas) : L’École des Amériques est une académie militaire située sur le sol des États-Unis : http://www.voltairenet.org/rubrique366.html

Les manuels de torture de l’armée des États-Unis  : http://www.voltairenet.org/article14005.html

Shell, un pétrolier apatride  : http://www.reseauvoltaire.com/article12931.html

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Le Congrès met en garde contre une gestion militaire des ambassades dans des pays arabes et africains : « L’ambassade des Etats-Unis en Algérie s’est transformée en caserne militaire »
Par M. Salhi/ Traduit par B. A - El Khabar, 28 novembre 2007
http://www.algeria-watch.org/fr/article/pol/us/ambassade_caserne.htm

Selon un rapport du Congrès américain les ambassades des Etats-Unis dans plusieurs pays arabes et africains, dont l’Algérie, se sont transformées en centres de commandement militaire de l’armée américaine. Ces représentations s’intéressent à l’aspect sécuritaire et militaire au dépend des fonctions diplomatiques. Des experts stratégiques ont appelé à améliorer la performance diplomatique suggérant son renforcement en employant mille nouveaux diplomates.

Le rapport en question, rapporté par l’hebdomadaire jordanien « Elioua », a indiqué que les pays où les ambassades ont été militarisées sont l’Algérie, la Tunisie, l’Arabie Saoudite, le Mali, le Tchad et Djibouti. Il a ajouté que « certaines ambassades des Etats-Unis en Afrique se sont transformées en centres de commandement militaire dirigés par des employés militaires à la place de diplomates ».

Le document a attribué cela à la prédisposition du secrétariat d’Etat américain à la défense à établir un commandement militaire en Afrique « Africom » au milieu d’un refus unanime de la démarche américaine.

Le rapport est allé jusqu’à dire que la maison blanche veut étendre la militarisation de ses ambassades vers d’autres pays loin de la région du sahel, qui étaient jusqu’à il n’y a pas si longtemps à l’abri des menaces terroristes d’Al Qaida (CIA), comme le Nigéria, la Guinée, le Gabon, l’Angola, le Congo Démocratique et la République du Congo.


A lire terrorisme + services secrets = al-qaïda ? http://questionscritiques.free.fr/terrorisme/terrorisme_index.htm

Déclaration du 8 juillet 2005 de Robin Cook, homme politique britannique. Il mourut mystérieusement (rompu le coup) le 6 août 2005, soit environ 1 mois après cette déclaration fracassante. Cook décrit Al-Qaida comme une erreur de calcul occidentale. Il écrit dans la presse le 8 juillet 2005 : "Ben Laden fut le produit d'une erreur de calcul monumentale de la part des agences de renseignements occidentales. Il fut armé par la CIA pendant les années 1980 et financé par l'Arabie Saoudite pour porter le jihad contre l'occupation Russe en Afghanistan. Al-Qaida, qui signifie littéralement la "base de données", était originellement les fichiers informatiques regroupant les milliers de moudjahidin qui étaient recrutés et entraînés avec l'aide la CIA pour vaincre les Russes"..

Vous connaissez l'histoire qui suit, le 2 novembre 2007, la déclaration de Benazir Bhutto sur Al Qaïda et Ben Laden puis son assassinat deux mois plutard. Voir la déclaration (interview télévisée) de  Benazir Bhutto avant sont assassinat "Bhutto aurait-elle gaffé en disant lors d'une interview que Ben Laden a été assassiné, et cela lui a t-il coûté la vie ?".

Les "assassins et leurs commanditaires" paniquent, mais l'Algérie n'est pas à l'abri des actions maléfiques de ces "loups enragés". A qui la faute. Qui a fait entrer ces "loups enragés", par avidité, dans notre bergerie qu'est l'Algérie ? Vous connaissez le destin, à l'Algérienne, des "loups enragés" ainsi que de celui ou ceux qui leur ont ouvert la porte ou les portes, ainsi que des moutons mordus.

A lire terrorisme + services secrets = al-qaïda ? http://questionscritiques.free.fr/terrorisme/terrorisme_index.htm

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Amérique latine: Les serres françaises du plan Condor
Bernard Duraud - Article paru le 20 septembre 2003 - humanite.fr
http://www.humanite.fr/2003-09-20_International_-Les-serres-francaises-du-plan-Condor

La traque des opposants aux dictatures du cône Sud dans les années soixante-dix - quatre-vingt a été inspirée par les méthodes mises en place par les Français en Indochine et en Algérie. Paris, carrefour du plan Condor.

En ce mois du souvenir de la chute d’Allende au Chili, il y a trente ans, jamais le besoin de vérité ne s’est fait aussi pressant, comme si l’Amérique latine sortait de ses cauchemars. Les productions littéraires et audiovisuelles, à l’instar du documentaire de Marie-Dominique Robin Escadrons de la mort : l’école française, diffusé récemment sur Canal Plus, montrent si besoin était que toute une histoire est en mouvement. Au Chili ou en Argentine, en France ou en Espagne on enquête, on juge et on se mobilise pour exhumer cette vérité si complexe quand les dictatures ensanglantaient les pays latino-américains les uns après les autres. Dans leur entreprise destructrice, les bourreaux ont uni leurs efforts créant une internationale du crime et de la terreur, connue aujourd’hui sous le nom de " plan Condor ", et dont les connexions loin d’être " inattendues ", se trouvent être aux États-Unis, en Europe, notamment en France, en Italie, ou bien en Allemagne où des centaines de milliers d’exilés dans les années soixante-dix - quatre-vingt avaient trouvé refuge. Le devoir de mémoire passe aussi par ici.

Saura-t-on un jour tout sur la pieuvre Condor, dont on connaît mieux aujourd’hui l’organisation grâce à la découverte de documents au Paraguay en 1992, les " Archives de la terreur ", par l’avocat Martin Almada, victime du régime du général Stroessner ? Condor était une collaboration secrète entre les polices des pays d’Amérique du Sud pour mieux traquer les opposants, les progressistes, les militants révolutionnaires. Ce pacte a été conclu en 1975 à Santiago, mais déjà lors des années soixante s’ébauche cette " internationale " des pays du cône Sud sous l’égide des États-Unis. Washington craint alors une contagion castriste sur tout le continent, et Eisenhower lui-même crée un office de sécurité chargé de lutter contre la subversion. Les spécialistes américains s’inspirent largement des méthodes antisubversives utilisées par les militaires français en Indochine et surtout en Algérie, en particulier lors de la bataille d’Alger. Le général Ramon Camps, féroce exécuteur des basses ouvres de la dictature argentine dans la province de Buenos Aires reconnaîtra en tout cas ses maîtres en 1981 : " Les Français ont été les premiers, les plus complets. "

Des officiers français appartenant le plus souvent aux services spéciaux, sont envoyés aux États-Unis ou en Argentine où ils enseignent les théories de la guerre psychologique et antisubversive. Des missions se multiplient, dés la fin des années soixante en Argentine sous la dictature du général Ongania, et au Brésil tombé sous le joug des militaires. Elles reçoivent l’aval de Paris. Parmi ces instructeurs, un certain Aussaresses… qui deviendra attaché militaire de l’ambassade de France au Brésil durant les années soixante-dix, après avoir été instructeur aux États-Unis à Fort Bragg. Le colonel Robert Servant s’installera lui à Buenos Aires. Au juge Le Loire, qui enquête sur la disparition de citoyens français au Chili et en Argentine, Aussaresses a dit ne rien savoir du plan Condor. Mais la pratique de la torture généralisée et le concept de " guerre moderne ", impliquant l’élimination de toute forme d’opposition, ont trouvé leurs meilleurs théoriciens dans la figure de militaires français tels que le général Massu, le général Salan et surtout le lieutenant Roger Trinquier, rédacteur de manuels diffusés dans les académies militaires latino-américaines.

Les missions françaises ont réellement commencé à la fin des années soixante et la présence de ces experts a servi à alimenter l’enseignement des dictateurs en herbe : la clandestinité, la pression psychologique, la moralité restreinte, la recherche de l’information (comme les fameux DOP en France), les arrestations et l’élimination des suspects dans les endroits cachés. Le général Camps, toujours lui, dans la Prensa en 1981 : " En Argentine nous avons d’abord reçu l’influence française, puis la nord-américaine. Nous les avons appliquées respectivement de façon séparée, ensuite en prenant les concepts des deux, jusqu’à ce que prédomine la nord-américaine. "

Les leçons des Français ont porté leurs terribles fruits. La pratique de la torture s’est généralisée dans les casernes et les officines de la police dans les pays latino-américains, les escadrons de la mort ont traqué les opposants, et souvent les agents de la CIA ont mis la main dans cette sale guerre, à l’image de Daniel Mitrione, héros national, l’homme dont l’histoire a inspiré Costa Gavras dans État de siège. Le plan Condor va ainsi institutionnaliser la terreur dans les six pays du cône Sud.

La CIA n’est pas restée inerte. Les soupçons se portent notamment sur Henri Kissinger, qui fut secrétaire d’État du président Nixon entre 1972 et 1977. Selon les documents d’époque progressivement déclassifiés aux États-Unis, une note rédigée le 28 septembre 1976 par le responsable du FBI à Buenos Aires, Robert Scherrer, prouve que l’administration américaine savait. Non seulement le plan Condor était une union sacrée pour éliminer les opposants, mais sa phase trois " la plus secrète " prévoyait de porter le fer contre-révolutionnaire " partout dans le monde ", notamment en France et au Portugal.

Les États-Unis n’ont pas été seuls. Les services français, notamment la DST, ont aussi collaboré à cette ouvre de mort et Paris en jouant en eaux troubles y a pris sa part. Plusieurs meurtres non élucidés ont eu lieu, tant en France qu’en Italie et en Allemagne. La France est concernée donc… Et ce, d’autant plus qu’elle a accueilli des centaines de milliers de réfugiés, en a livré certains, et laissé emprisonner et éliminer d’autres par les sbires des généraux. Des Français ont disparu au Chili, en Argentine… Autant de victimes du plan Condor à qui l’on doit aujourd’hui de dire la vérité.

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La répression en Amérique latine: le plan condor.
13 12 2007
Voir les videos et images sur
http://bricabraque.unblog.fr/2007/12/13/la-repression-en-amerique-latine/

Dans le contexte de la guerre froide, l’Amérique latine, chasse gardée traditionnelle des EU, devient un autre terrain de lutte entre les deux grands. L’administration Eisenhower assigne aux régimes latino-américains la mission de réprimer le communisme. L’accession au pouvoir de Castro à Cuba, qui se range bientôt derrière le bloc ennemi fait craindre une diffusion du communisme sur le continent.

Des dictateurs à bonne école.

Aussi, très tôt, les EU se chargent de la formation militaire de plusieurs milliers de latino-américains, dans le cadre de l’Ecole des Amériques, installée dans la zone américaine du canal de Panama et forment idéologiquement ces futurs cadres de l’armée.

L’école affiche clairement sa volonté de permettre la résistance des armées du sous-continent face au communisme et à tous les mouvements susceptibles de gêner leurs intérêts. De fait, la plupart des futurs dictateurs font leurs classes à l’Ecole des Amériques :

- les puschistes argentins Viola, Videla et Galtieri qui imposent un pouvoir d’une brutalité inouïe en Argentine de 1976 à 1983 (30 000 morts ou disparus);

-  Le général Pinochet qui renverse le gouvernement démocratiquement élu d’Allende et fait régner la terreur sur le Chili de 1973 à 1989 (plus de 3000 morts) et Manuel Contreras, directeur des services secrets chiliens (la Dina), instigateur principal du plan condor ;

- Somoza dont la famille impose sa dictature sur le Nicaragua jusqu’en 1979 ;

- le terrifiant Stroessner qui contrôle d’une main de fer le Paraguay durant 35 ans (1954-1989), jugé responsable de la mort de 1 000 à 3 000 opposants ;

- Hugo Banzer, qui fait de la Bolivie un pays d’accueil pour les anciens nazis traqués (Barbie notamment), de 1971 à 1978, puis Luis Meza (1980-1981)…

Les manuels de formation de l’école préconisent le recours à la torture, valident l’utilisation des exécutions sommaires. La détention des proches des suspects constitue, pour l’école, un bon moyen de pression. Les méthodes clandestines sont efficaces : l’enlèvement (des milliers de disparus en Argentine par exemple). Toutes pratiques qui seront généralisées par les dictatures d’extrême droite qui s’imposent au cours des années 1970 (parfois plus tôt) en Amérique latine.

Le savoir-faire français.

D’anciens officiers français des guerres d’Algérie et d’Indochine se chargent aussi de la formation des dictateurs latino américains :

- Roger Trinquier (ancien de l’Indochine) spécialiste français de la guerre antisubversive. Il théorise la répression en zone urbaine : quadrillage, fichage, rafles, enlèvements, utilisation de la torture.

- Ancien de l’Algérie, qui a utilisé ces méthodes lors de la bataille d’Alger, Aussaresses est attaché militaire français au Brésil entre 1973 et 1975…

Le documentaire diffusé sur Canal +: “les escadrons de la mort: l'école française”.

Le général argentin Cramps, chargé de la répression dans la région de Buenos Aires salue le « savoir faire » français : « Les Français ont été les premiers, les plus complets ».

Paul Aussaresses.

A partir de 1960 se tiennent les conférences des armées américaines, qui visent à échanger les informations et les renseignements sur tous les opposants politiques. Ainsi des fiches  d’informations circulent entre les différents services de renseignements.

Le plan Condor.

Au cours des années 1970 se met en place un vaste plan de répression à l’échelle du continent. Les juntes militaires au pouvoir en Argentine, au Paraguay, en Bolivie, au Chili, en Uruguay, s’engagent dans une chasse aux opposants, grâce à une étroite collaboration entre services de renseignement et en utilisant les méthodes les plus ignobles : tortures, exécutions sommaires, attentats, enlèvements. L’objectif reste d’éliminer les opposants des différentes dictatures, par delà les frontières de chaque Etat, notamment l’Argentine, asile de milliers de réfugiés originaires du cône sud.

En 1974, Pinochet crée une police secrète, la Dina, chargée d’éliminer tous les opposants et dirigée par Manuel Contreras.

En novembre 1975, des responsables chiliens, argentins, uruguayens, paraguayens, boliviens et brésiliens se rassemblent à Santiago du Chili, à l’initiative de Contreras. C’est à cette occasion qu’ils « officialisent » l’existence du plan Condor. En fait, les contacts sont déjà nombreux et anciens. L’échange d’informations et les assassinats ont débuté précédemment.

Ce plan doit rester secret, car Pinochet a tôt saisi qu’il était essentiel de réprimer le plus discrètement possible.

Cela dit, plusieurs documents prouvent que la CIA et le FBI connaissent ce plan. Lors d’une visite au Chili en juin 1976, le secrétaire d’Etat américain Kissinger dénonce les violations des droits de l’homme dans un discours public, mais il assure Pinochet de son soutien en privé. Cette attitude illustre tout à fait les ambiguïtés de Washington.

Les cibles du condor.

Toutes les organisations de gauche latino-américaines rassemblées dans la Junte de coordination révolutionnaire (JCR) deviennent des cibles pour cette « internationale de la mort » qu’est le plan condor : les montoneros et l’ERP argentins, le MIR (mouvement de gauche révolutionnaire) au Chili, les Tupamaros en Uruguay, l’ELN en Bolivie.

En juillet 1975, l’opération Colombo fait 119 victimes chez les opposants chiliens du MIR, réfugiés en Argentine.

Les personnalités politiques ouvertement hostiles aux dictatures doivent être abbatues. L’ancien chef d’état major du président Allende, le général Carlos Prats et son épouse, meurent dans l’explosion de leur voiture à Buenos Aires, le 29 septembre 1974. Un terroriste américain, à la solde de la DINA, Michael Townley, est à l’origine de ces assassinats.

Le 6 octobre 1975, un ancien fascite italien, recruté par le même Townley, tire sur Bernado Leighton, ancien vice-président du Chili, et sur son épouse. Ils survivent, mais Mme Leighton reste paralysée.

Miguel Enriquez, chef du MIR chilien, meurt lors d’une fusillade fin 1974. Roberto Santucho, leader de l’ERP argentin, en juillet 1976. Début 1977, Zelmar Michelini et Hector Gutierrez, deux figures emblématiques de la démocratie uruguayenne sont retrouvés morts, près de Buenos Aires…

Le terroriste américain M. Townley.

L’opération Condor ne se limite pas à l’Amérique latine. Des assassinats ou tentatives ont ainsi lieu en Europe (Leighton à Rome), mais aussi en Amérique du nord. L’attentat le plus spectaculaire a lieu en septembre 1976, à Washington. Orlando Letelier, ex-ministre des affaires étrangères d'Allende, et son assistante américaine meurent dans l’explosion de leur voiture à Washington (Michael Townley et des exilés cubains anti-castistes seraient dans le coup. C’est d’ailleurs l’opération de trop pour les Américains. Ce meurtre manque de « discrétion », le président Carter fraîchement élu, a fait du respect des droits de l’Homme son cheval de bataille. Il fait désormais pression sur le Chili. En août 1977, la DINA est dissoute.

L’assassinat de Letelier marque la fin du plan Condor, mais pas celle des exécutions d’opposants politiques. A partir de 1977, le plan Banzer, du nom du dictateur bolivien au pouvoir, vise à éliminer l’opposition religieuse partisane de la théorie de la libération. Des dizaines d’ecclésiastiques sont exécutés dans tout le sous-continent.

Un bilan terrifiant.

L’opération condor se solde par quelques centaines de morts. Mais les dictatures militaires sud-américaines seraient responsables d’environ 50 000 assassinés, de plus de 35 000 disparitions et quelques 400 000 prisonniers.

Défilé des Mères de la place de Mai.

Les anciens dictateurs et leurs sbires réussissent à échapper aux poursuites judiciaires jusqu’aux années 1980 (pour l’Argentine), plus tard ailleurs. Les anciens bourreaux ont longtemps profité des lois d’amnistie mises en place lors de la transition démocratique, au grand regret des opinions publiques des pays concernés. Les Mères de la place de Mai manifestent régulièrement pour exiger du pouvoir en place de rendre des comptes concernant les milliers de personnes disparues sous la dictature. Elles seront entendues par Nestor Kirchner, élu président en 2003, qui souhaite en finir avec l’impunité. Des centaines de procès ont donc été rouverts dans tout le pays.

Ainsi le général Videla, condamné, vit assigné à résidence. On lui reproche notamment l’organisation de vols systématiques d’enfants de disparus, confiés en réalité aux tortionnaires de leurs parents biologiques !

Pinochet inquiété, lui aussi, à la fin de sa vie, est mort dans son lit, à l’instar de nombreux autres dictateurs comme le redoutable Stroessner, mort en exil au Brésil à 93 ans, en 2006. Bref, il reste encore beaucoup à faire.

Sources:

- Alternatives internationales n°7, mars 2003.

- Les Archives du Monde 2, n°60, avril 2005.

- Le Monde diplomatique n°90 consacré à “l'Amérique latine rebelle”, en décembre 2006.


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Signification d'un sacrifice humain
Voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Sacrifice_humain


Un sacrifice humain est un rite religieux pratiqué notamment par des anciennes civilisations de cultivateurs sédentaires pour s'attirer les faveurs des dieux, en particulier pour conjurer la sécheresse.

Attesté en particulier dans la Grèce antique et en Égypte ancienne, ce type de pratique se retrouve dans d'autres civilisations orientales et américaines. En Mésoamérique, les prêtres effectuaient la mise à mort au moyen d'un couteau d'obsidienne avec lequel ils ouvraient la cage thoracique du sacrifié pour en extraire le cœur à la main.

Ces sacrifices, pratiqués souvent à grande échelle (les Aztèques allaient jusqu'à sacrifier des milliers de prisonniers en quelques jours), se déroulaient devant les temples situés au sommet des célèbres pyramides à degrés caractéristiques de ces civilisations.

Fonction sociale du phénomène

Le courant de pensée fonctionnaliste s'est attaché à la question de la fonction sociale du sacrifice humain au sein du groupe humain. En effet, il aurait pour but de canaliser la violence vers un individu (sacrifié) et vers le domaine du sacré, institutionalisant ainsi la violence qui est encadrée et pratiquée selon des rites et règles bien précises. Ainsi, le sacrifice humain assurerait la cohésion et la pérennité du groupe protégé de toute « violence intérieure » qui est évacuée par des rites magico-religieux.

Bibliographie

http://gallica2.bnf.fr/

* Les horreurs de l'esclavage, de la sorcellerie, des sacrifices humains et du cannibalisme en Afrique / par l'abbé Noyant,..., Noyant, Abbé, 1891 http://gallica2.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k104521w.r=Le+sacrifice.langFR

* Jean-Pierre Albert, Béatrix Midant-Reynes (ed) : Le sacrifice humain, en Égypte ancienne et ailleurs, éd. Soleb, Paris, 2005, ISBN 2-9523726-0-8

* Michel Graulich : Le Sacrifice humain chez les Aztèques, éd. Fayard, Paris, 2005, ISBN 2-213-62234-5

* René Girard, Le sacrifice, éd. Bibliothèque nationale de France, Paris, 2003.

* Andrew Lang, Un côté négligé de la religion grecque, Études traditionnistes, Vol. VI, traduit par Henry Carnoy, Édition J. Maisonneuve, Paris, 1890, p. 46-56.
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« Répondre #145 le: 14/01/2008 - 12:46:35 »

 :(
L’Algérie, un nouvel Irak ?
Par François Gèze*,
Le Journal du dimanche, 16 décembre 2007
http://www.algeria-watch.org/fr/article/tribune/algerie_irak.htm

Dossiers guerre en Irak :
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=newsHighlights&newsId=1
http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_en_Irak
http://www.checkpoint-online.ch/CheckPoint/Forum/For0101-IrakRepresentationHistoire.html
http://www.checkpoint-online.ch
http://www.checkpoint-online.ch/CheckPoint/Liens/IndexLiens.html
http://questionscritiques.free.fr/index.htm


La terreur sanguinaire continue à frapper l’Algérie, au détriment d’une population qui vit dans la misère et qui craint désormais la recrudescence d’attentats suicides, formule jusqu’au mois d’avril jamais utilisée par les groupes terroristes algériens. Mais comment imaginer que des actions de cette ampleur puissent se commettre en plein cœur des quartiers les plus sécurisés d’Alger ? Comment imaginer que les services de sécurité n’aient rien remarqué ? D’où sont arrivés les explosifs ? Plus de 1 600 kg à la barbe des renseignements algériens ? Il y a de quoi se poser des questions. Même la presse algérienne, qui ne présente en général qu’un seul son de cloche, commence à s’interroger, à évoquer des luttes de clans à l’origine des attentats.

Lors de la conférence de presse qui a suivi les attentats du 11 décembre, le ministre de l’Intérieur Yazid Zerhouni a expliqué : « Les services de sécurité savaient depuis des mois que le siège du Conseil constitutionnel figurait parmi les cibles des groupes terroristes. » Et d’ajouter : « Les services de sécurité ont acquis une grande capacité d’infiltration des groupes terroristes et sont parvenus à affaiblir un grand nombre de ces groupes. » Que faut-il comprendre ? Les services secrets savaient parfaitement que les attentats étaient en préparation ? Pourquoi ne les ont-ils pas arrêtés ? Faut-il croire qu’ils ont laissé faire ? Le Département de renseignement et de sécurité (DRS), le vrai centre du pouvoir, se sert-il d’Al-Qaida au Maghreb Islamique (AQMI) pour frapper ses cibles et faire des dizaines de morts… ?

Bouteflika est un président au pouvoir limité. Mais depuis deux ans il est tenté de l’élargir. D’où une lutte sans merci qui oppose son clan à celui des chefs du DRS, en particulier pour le partage entre eux des richesses pétrolières et gazières du pays. Le président a ainsi suspendu une loi sur les hydrocarbures qui aurait permis aux multinationales américaines de mettre la main sur ces richesses et cela au plus grand profit des généraux qui touchent des commissions sur les grands contrats liés à l’exploitation des hydrocarbures.

Les causes profondes de la recrudescence du terrorisme ne viennent donc pas de Ben Laden. Elles sont endogènes et se situent au cœur même du pouvoir algérien. Pour cette raison, il n’y a pour le moment pas de risque que l’Algérie devienne un nouvel Irak. Il semble très improbable que l’AQMI bénéficie du soutien logistique d’Al-Qaida. Les seules « informations » sur ce point viennent du DRS. Et toute enquête indépendante est impossible. Mais beaucoup d’indices montrent que l’AQMI est un instrument entre les mains des chefs du DRS. En particulier le fait que les dizaines de milliers d’hommes de cette police politique sont partout, contrôlent tout.

Le choix de l’ONU comme cible n’est peut-être pas sans rapport avec ce qui s’est dit il y a un mois à Genève au Comité des droits de l’homme des Nations unies. Pour la première fois, le gouvernement algérien a été mis en cause : l’expression de « crime contre l’humanité » a été utilisée pour qualifier les événements de la « sale guerre » des années 1990. Cette déclaration a rendu furieux les officiels algériens. En revanche, le risque d’attentat en France est faible. Pour le moment du moins. Nous ne sommes pas dans le même scénario qu’en 1995, où la France avait pris position par le biais d’Alain Juppé contre la guerre qui se déroulait en Algérie [et qui avait conduit le DRS, par GIA interposés, à organiser des attentats sur le sol français].

* Directeur des Éditions La Découverte et membre de l’ONG Algeria-Watch

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2008 marquera la fin de 94 ans de suprématie économique US
14 janvier 2008 - Depuis Londres (Royaume-Uni)
http://www.voltairenet.org/article154333.html

En 2008, le Produit national brut par habitant du Royaume-Uni repassera devant celui des États-Unis, pour la première fois depuis la Première Guerre mondiale, indique le prestigieux centre de prévision Oxford Economics. La France et l’Allemagne devraient rapidement suivre le même mouvement.

Ces chiffres ne sont pas représentatifs du niveau de vie respectif des habitants, car ils ne tiennent pas compte du coût de la vie dans chaque pays. Mais ils montrent qu’à partir de cette année, le centre économique de l’Occident ne sera plus les États-unis comme au cours des 94 dernières années, mais reviendra en Europe.

Les commentateurs britanniques interprètent ces chiffres en louant le redressement économique de leur pays entrepris par John Major et Tony Blair, caractérisé par une livre forte face à l’euro et au dollar. Mais il serait plus juste d’observer que le redressement est général en Europe, tandis que le ralentissement de la croissance US semble inexorable.

Ces résultats doivent aussi être replacés dans leur contexte. De manière trompeuse, le calcul du Produit national brut prend en compte les « produits financiers », qui n’ont de « produits » que le nom, car ils ne correspondent à aucun bien tangible.

Il semble que le mouvement auquel on assiste s’explique aussi par la volonté de la finance anglo-saxonne de rapatrier ses avoirs à la City (voire à Paris et à Berlin) et de laisser ses dettes à New York, abandonnant le « nouveau continent » en pleine crise économique, comme on quitte un navire en péril.

En définitive, les efforts des États-Unis de sauver leur économie en lançant des guerres coloniales en Afghanistan et en Irak auront accéléré leur déclin au lieu de l’enrayer. À l’inverse, il aura fallu près d’un siècle aux Européens pour se remettre des déchirements de la longue Guerre mondiale.

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Une radio « fantôme » a failli déclencher la guerre contre l’Iran
14 janvier 2008
http://www.solidariteetprogres.org/spip/sp_article-breve.php3?id_article=3698

Voir http://www.liveleak.com/view?i=023_1200206042
http://www.liveleak.com/view?i=8f6_1199959765

Le 13 janvier 2008 (LPAC) - Lors d’une conférence de presse au centre opérationnel de la 5ème flotte américaine au Bahreïn, les commandants des deux bâtiments de guerre impliqués dans les incidents survenus la semaine dernière avec des navettes de la garde révolutionnaire iranienne dans le détroit d’Ormuz ont reconnu que les menaces proférées à leur encontre pouvaient - par une technique de brouillage des ondes radio - émaner d’autres sources que les navettes iraniennes !

Cet aveu arrive alors que l’on a largement commenté le fait que, selon les mots du Commandant Jeffrey James, la flotte avait riposté avec « les avertissements prévues à cet effet, précédents tout engagement. » Heureusement, les navettes ont quitté les lieux bien avant que les procédures puissent conduire à une confrontation armée.

Ceci confirme les informations publiées par le Washington Post d’hier rapportant que bon nombre d’experts du Proche Orient, d’experts de la langue Farsi et d’iraniens vivant aux Etats-Unis, soulignent que les menaces contre les bateaux de la flotte américaine entendues sur les enregistrements du Pentagone, ne sont pas d’origine iranienne. Le Post cite Karim Sadjadpour, un américain d’origine iranienne travaillant à la fondation Carnegie pour la paix internationale, disant que l’accent « sonnait plutôt pakistanais, asiatique, ou d’un américain essayant de se faire passer pour un iranien, mais certainement pas iranien. »

Le Navy Times de vendredi cite également une porte-parole de la 5ème flotte disant que la Marine n’a pas encore localisée avec précision d’où provenaient les transmissions, et qu’elle n’exclue pas la possibilité qu’elles proviennent de la terre ferme.

Le journal suggère même qu’il pourrait s’agir d’une personne, appelé « Fillipino Monkey » [singe philippin], ou de personnes du même genre, qui depuis 25 ans passe sa vie à agresser les bateaux américains l’un après l’autre en « balançant des insultes et des noms d’oiseaux ».

Lyndon LaRouche, pour sa part, pense que si ces transmissions ont réellement eu lieu, elles pourraient être l’œuvre de forces irrégulières engagées à créer une provocation semblable à l’incident du Golfe du Tonkin [qui a déclenché la guerre du Vietnam].

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La face cachée du monde occidental : Secrets et liaisons dangereuses

pour avoir un aperçu des motivations et objectifs maléfiques de ces immondes "personnages" et de leurs répugnants vassaux "Algériens", je recommande de lire ce livre :La face cachée du monde occidental : Secrets et liaisons dangereuses (Broché) de Thierry-P Millemann (Auteur). Date de parution: 01/03/2005

ISBN-10: 2915036632
ISBN-13: 978-2915036633

http://www4.fnac.com/Shelf/article.aspx?PRID=1661252&OrderInSession=1&Mn=1&SID=574ba799-c3bb-e958-9e5f-39fd673fb288&TTL=290820070940&Origin=fnac_google_home&Ra=-1&To=0&Nu=1&UID=0699bff0b-cf8a-bba9-c94f-f483f68ad4e6&Fr=0
http://www.editoo.com/librairie/ouvrages.asp?num=1280
http://www.priceminister.com/offer/buy/7692119/P-Millemann-Thierry-La-Face-Cachee-Du-Monde-Occidental-Livre.html
http://www.amazon.fr/face-cach%C3%A9e-monde-occidental-dangereuses/dp/2915036632/ref=sr_1_1/402-5944794-7590541?ie=UTF8&s=books&qid=1188286176&sr=8-1

Thierry Millemann a été consultant international sur les questions concernant l’implantation et le développement des industries françaises à l’étranger. Il a vécu aux Etats-Unis et a eu des contacts très importants avec des Généraux américains inquiets de voir la tournure des événements qui se multiplient sur notre planète et sont un risque pour la survie de l’humanité.

Dans les années 1950, un rapport est déposé sur la table du Président des Etats-Unis. Une question est posée : comment lutter contre une expansion démographique incontrôlable et préserver le développement de l’Occident ? A partir de là, Thierry Millemann estime que la plupart des grands faits des événements doivent se lire avec cette clé de lecture et il dévoile la face cachée du monde occidental en expliquant les conflits, la décolonisation, le terrorisme, le sida, etc.

Un livre à découvrir, qui décrypte la moindre des énigmes et redonne au puzzle que représente l’échiquier mondial un sens. Faut-il être désespéré ou, au contraire, parviendrons-nous à limiter le cercle infernal dans lequel le monde est entré ? C’est à cette question que répond Thierry Millemann. Un pari hasardeux qui repose sur le besoin de faire prendre conscience à chacun d’entre nous que l’avenir peut être différent si les populations prennent conscience de l’engrenage dans lequel elles sont entraînées. Ce livre n’a pas d’autre but que de se préparer un meilleur monde pour les générations à venir, à condition de se battre en gardant à l’esprit la nécessité d’une meilleure cohésion entre nous.

Pourquoi le terrorisme ? Pourquoi la décolonisation ? Pourquoi l’Irak ? Pourquoi le 11 septembre ? Que se passe-t-il en Algérie ? en Argentine ? Au Brésil ? En Afrique ? etc.
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« Répondre #146 le: 14/01/2008 - 18:36:25 »


Le fils d’Oussama Ben Laden compte s’installer en Grande-Bretagne
lundi 14 janvier 2008
http://fr.rian.ru/world/20080114/96521428.html
Sources  Novosti http://fr.rian.ru/

Le fils du leader du groupe terroriste Al-Qaïda Oussama Ben Laden, l’homme le plus recherché du monde, a demandé un permis de séjour en Grande-Bretagne, annonce le quotidien britannique Daily Mail.

Omar, le quatrième fils de Ben Laden âgé de 26 ans, s’est adressé à l’ambassade de Grande-Bretagne au Caire (Egypte) où il réside actuellement. Lors de l’entretien, auquel participait également sa femme Jane Felix-Brown, les époux ont proposé l’accès à leur compte en banque, afin d’attester l’authenticité de leur relation.

Les époux sont convaincus qu’Omar Ben Laden obtiendra un permis de résidence dès que l’ambassade recevra d’Arabie saoudite les documents prouvant Mme Felix-Brown est l’unique épouse de M. Ben Laden et que ce dernier est divorcé de sa précédente femme.

Le permis de résidence donnera à M. Ben Laden le droit de vivre sur le territoire britannique de manière permanente.

Le couple compte s’installer dans le comté de Cheshire, où Mme Felix-Brown possède une maison évaluée plus d’un million de dollars.

En septembre dernier, les médias avaient affirmé que le couple comptait se séparer en raison des menaces pesant sur leur vie.
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« Répondre #147 le: 15/01/2008 - 13:14:22 »

Bravo, on espère que Francesco Cossiga (ancien président italien) ne sera pas lui aussi assassiné comme Robin Cook (homme politique britannique) ou comme Benazir Bhutto (femme politique pakistanaise) et bien d'autres personnes (la liste est longue).

Pour plus d'information voila un site traitant des  attentats du 11 septembre 2001, clair, très bien documenté et c'est une référence mondiale : http://www.reopen911.info/

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Révélations de Francesco Cossiga dans le "Corriere della Sera". 9/11 un job interne
Le 10 décembre 2007 -  par dial
http://lenumerozero.lautre.net/spip.php?article1357
http://www.corriere.it/politica/07_novembre_30/osama_berlusconi_cossiga_27f4ccee-9f55-11dc-8807-0003ba99c53b.shtml

Francesco Cossiga confie au plus grand journal italien que les attaques du 11 septembre 2001 ont été menées par la CIA et le Mossad et que cette information est largement répandue parmi les agences mondiales de renseignements.

De nouvelles révélations de Francesco Cossiga ont été publié dans le "Corriere della Sera".

En voici une traduction :

"Ben Laden a soit disant confessé être responsable de l’attaque du 11 septembre 2001 sur les tours jumelles de New York, alors que tous les services de renseignements étasuniens et européens savent désormais que cette attaque a été planifiée et exécutée par la CIA et le Mossad avec l’aide du monde sioniste dans le but d’accuser les pays arabes et pour persuader les puissances occidentales d’intervenir en Afghanistan puis en Irak."

Francesco Cossiga affirme également que la vidéo dans laquelle Osama Bin Laden, leader d’Al Qaeda, lance des menaces à l’encontre de l’ex premier ministre Silvio Berlusconi, n’est qu’un montage réalisé dans les studios de Mediaset à Milan et a été transmis au réseau télévisé Al Jazira qui l’a largement diffusé.

Francesco Cossiga ajoute que ce "piège" a été élaboré afin de soulever une vague de solidarité en faveur de Silvio Berlusconi au moment même où ce dernier était mis en cause par des informations concernant les liens entre la RAI et Mediaset.

Qu’est ce que le "Corriere della Sera" ?

Le "Corriere della Sera" (Courrier du Soir) est le plus vieux quotidien italien. Il est publié à Milan et c’est le plus diffusé du pays : 680208 exemplaires en 2007 contre 320583 exemplaires pour "le Monde" en 2007.

Qui est Francesco Cossiga ?

Francesco Cossiga est un homme politique italien. Il a été ministre de l’intérieur de 1976 à 1978, président du conseil de 1979 à 1980, puis président du Sénat de 1983 à 1985 et finalement président de la République de 1985 à 1992.

Au sein de la classe politique italienne, il est respecté et considéré comme un homme politique "honnête" mais il est également craint parce que franc et direct. En effet, il a révélé en 1992 l’existence et sa participation à l’Opération "Gladio".

Opération "Gladio"

Ce dernier est un réseau voyou de renseignement, une structure clandestine de l’OTAN créée après la Seconde Guerre mondiale pour parer à une menace d’invasion soviétique. Ce réseau a mené des attentats à la bombe à travers l’Europe dans les années 60, 70 et 80. Sous direction de la CIA, cette organisation a tenté d’influencer la politique de certains pays, notamment l’Italie, la Grèce et la Turquie.

Cette "stratégie de la tension", a débuté avec l’attentat de la place Fontana, à Milan le 12 décembre 1969, qui devait, selon Vincenzo Vinciguerra, un agent du Gladio, pousser l’État italien à déclarer l’état d’urgence. Le massacre de la gare de Bologne, de 1980, est également imputé à Gladio. En 2000, Vincenzo Vinciguerra résume ainsi cette stratégie :

"Nous devions attaquer le peuple, les civils, les femmes, les enfants, des personnes innocentes, loin du jeu politique. La raison était très simple : forcer le public à se tourner vers l’état pour demander plus de sécurité".

« Choc et capitalisme du désastre » plutôt que la théorie du complot

Ces révélations ne sont pas sans rappeler "Choc et capitalisme du désastre", théorie développée par Naomi Klein (son site web http://www.naomiklein.org/main) selon laquelle la panacée tactique du capitalisme contemporain consiste à attendre une crise majeure et alors à brader des morceaux de l’État à des acteurs privés pendant que les citoyens sont encore en état de choc, puis rendre rapidement ces réformes permanentes.

Les déclarations de Francesco Cossiga selon lesquelles les attaques du 11 septembre sont un job interne et que cette informations est largement répandue parmi les agences mondiales de renseignements a peu de chance d’être mentionnée dans les médias de masse traditionnels, organes de propagande du capitalisme contemporain. On ne peut pas se contenter de passer sous silence ce témoignage comme celui d’un théoricien cinglé de la conspiration.

Les sources :
*Les révélations de Francesco Cossiga dans le "Corriere della Sera".
http://www.corriere.it/politica/07_...

Il y a aussi un bel exemple du “faux terrorisme” des années 80 en Italie avec le seul objectif de discréditer le partie communiste qui gagnait trop de pouvoir au yeux des américains… Operation Gladio. Autre documentaire de la BBC, la qualité n’est pas super, ce n’est pas récent comme documentaire.

Videos sur l'Operation Gladio:

Pour sauvegarder ces videos sur votre ordinateur utilisez les outils gratuits suivants :

http://www.downloadhelper.net/
http://keepvid.com/

Operation Gladio :

http://www.google.fr/search?q=op%C3%A9ration+gladio&tbo=p&tbm=vid&source=vgc&hl=fr&aq=1&oq=op%C3%A9ration+gla



COMMENT ET POURQUOI DES "ALGERIENS" ONT-ILS OSES APPLIQUER CES SALES METHODES "ETRANGERES" SUR LEURS PROPRES COMPATRIOTES ALGERIENS ??

L'Algérie a t-elle aussi son "Operation ..................."  ?


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Evénement du 11 septembre 2001: L’ancien président italien met les pieds dans le plat
Edition N° 4664 du Mardi 15 Janvier 2008 - LIBERTE - Par :Rubrique Radar
http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=88884&titre=L%E2%80%99ancien%20pr%C3%A9sident%20italien%20met%20les%20pieds%20dans%20le%20plat

Connu dans les milieux politiques pour son franc-parler, l’ancien président du Conseil italien Francesco Cossiga met les pieds dans le plat en livrant sa version des événements du 11 septembre 2001. Il a proclamé que “le roi est nu”, selon le quotidien Corriere della Sera. Selon lui, comme tous les dirigeants occidentaux le savent, mais aucun ne le dit, ce sont les services US et israéliens qui ont perpétré les attentats du 11 septembre 2001. Les “attaques” du 11 septembre 2001 sur les tours du World Trade Center à New York ont été mises en scène par les services secrets américains et du Proche-Orient, des faits connus de tous les services secrets dans le monde, explique-t-il.

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Le pape Benoît XVI (Vatican) refuse de recevoir Condoleezza Rice, Secrétaire d'État des États-Unis  
21 septembre 2007
http://www.voltairenet.org/article151618.html?var_recherche=vatican?var_recherche=vatican

Le pape Benoît XVI (Vatican) a décliné une demande d’audience de Condoleezza Rice, Secrétaire d'État (Bush) des États-Unis, pour cause de « vacances ».

La secrétaire d’État des États-Unis, espérait faire escale à Rome le 18 septembre et rencontrer le pape avant de se rendre au Proche-Orient.

L’audience aurait porté sur deux points :

- l’élection du prochain président de la République du Liban qui, constitutionnellement, est nécessairement un chrétien maronite (a contrario, le pape peut donc bloquer un candidat en l’excommuniant)

- la préparation de la conférence sur la paix au Proche-Orient que le président Bush appelle de ses vœux (laquelle devrait trancher le statut de Jérusalem et ne peut le faire sans l’approbation du chef de la principale Église chrétienne).

Or, sur ces deux sujets —comme d’ailleurs sur l’ensemble des questions internationales— rien ne va plus entre le Saint-Siège et les États-Unis.

Rome (Le vatican, Italie) tient à se démarquer de Washington et a condamné théologiquement l’idéologie des néoconservateurs (Clan Bush-Cheney).

Le refus poli opposé à Mme Rice est d’autant plus offensant que les principaux acteurs de la vie libanaise et de la Palestine se succédent actuellement à la Curie.


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La face cachée du 11 septembre d'Eric Laurent. On nous cache quelque chose, mais quoi ?
http://www.cyberjournalisme.net/articles/face_cache.html

Site officiel d'Eric Laurent, écrivain et grand reporter.
http://www.eric-laurent.com/


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A lire terrorisme + services secrets = al-qaïda ? http://questionscritiques.free.fr/terrorisme/terrorisme_index.htm

------- poste d'informaticien http://www.algerieinfo.com/forum/index.php?topic=44.msg1349#msg1349

Déclaration du 8 juillet 2005 de Robin Cook, homme politique britannique. Il mourut mystérieusement (rompu le coup) le 6 août 2005, soit environ 1 mois après cette déclaration fracassante. Cook décrit Al-Qaida comme une erreur de calcul occidentale. Il écrit dans la presse le 8 juillet 2005 : "Ben Laden fut le produit d'une erreur de calcul monumentale de la part des agences de renseignements occidentales. Il fut armé par la CIA pendant les années 1980 et financé par l'Arabie Saoudite pour porter le jihad contre l'occupation Russe en Afghanistan. Al-Qaida, qui signifie littéralement la "base de données", était originellement les fichiers informatiques regroupant les milliers de moudjahidin qui étaient recrutés et entraînés avec l'aide la CIA pour vaincre les Russes"..

Vous connaissez l'histoire qui suit, le 2 novembre 2007, la déclaration de Benazir Bhutto sur Al Qaïda et Ben Laden puis son assassinat deux mois plutard. Voir la déclaration (interview télévisée) de  Benazir Bhutto avant sont assassinat "Bhutto aurait-elle gaffé en disant lors d'une interview que Ben Laden a été assassiné, et cela lui a t-il coûté la vie ?". - Voir mon http://www.algerieinfo.com/forum/index.php?topic=44.msg1340#msg1340

Le déclin rapide de l'excrément du diable, dit pétrole et Gaz, transforme le monde entier en un fauve idiot, mortellement enragé et paniqué.

Les "assassins et leurs commanditaires" paniquent, mais l'Algérie n'est pas à l'abri des actions maléfiques de ces "loups enragés". A qui la faute. Qui a fait entrer ces "loups enragés", par avidité, dans notre bergerie qu'est l'Algérie ? Vous connaissez le destin, à l'Algérienne, des "loups enragés" ainsi que de celui ou ceux qui leur ont ouvert la porte ou les portes, ainsi que des moutons mordus.


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La face cachée du 11 septembre d'Eric Laurent
On nous cache quelque chose, mais quoi ?


Pourquoi ont-il laissé faire? Cette question traverse d'un bout à l'autre La Face cachée du 11 septembre. Pas de réponse explicite à cette question mais des révélations souvent ignorées du grand public. Un fresque réunissant catastrophe, horreur, argent, cynisme, duplicité, manipulation… Un sombre nuage de soupçons plane toujours sur les circonstances de l'événement.

En août 2001, le consul américain à Peshawar au Pakistan reçoit une visite surprenante. Il s'agit d'un émissaire du ministère taliban des Affaires étrangère, porteur d'un message : une attaque est sur le point d'être lancé contre des cibles situées sur le territoire américain.
Des mois avant le 11 septembre 2001, la CIA est informée par plusieurs services secrets étrangers de l'imminence d'une attaque par avions de ligne contre des cibles américaines. Tout le monde des renseignements ou presque était au courant : les Britanniques, les Égyptiens, le Mossad… Les services jordaniens fournissent même le nom de code de l'opération : "Grand mariage".

Le 11 septembre, depuis 6 heures, le Norad, organisme chargé de défendre l'espace aérien américain, était en état d'alerte maximum. Cependant, le chasseur américain lancé à la poursuite de l'avion qui a percuté la tour sud volait à moins de 700km/h au lieu de voler à sa vitesse maximale de mach 2… Pourquoi ?

Cinq pirates ont usurpé l'identité de personnes toujours vivantes. La liste des pirates dévoilée par les autorités américaines ne correspond pas à la liste des passagers enregistrés. Où sont les vidéos montrant l'embarquement des pirates ?

Coïncidence ou complot ?

Le Boeing qui s'est écrasé sur le Pentagone était piloté par Charles Burlingame, ancien pilote de la Navy et expert en scénarios de crise pour le compte du Pentagone. Il avait travaillé sur l'hypothèse d'un avion de ligne détourné et frappant… le Pentagone !

Abu Zubaydah, chef des opérations d'Al-Qaeda en Afghanistan, capturé et piégé par les Américains, livre les noms de trois princes saoudiens. Quatre mois plus tard, les trois princes mouraient à quelques jours d'intervalle dans des circonstances douteuses.

Les questions s'accumulent tout au long de cette enquête, pointant un doigt accusateur : en dépit des indices et des mises en garde, "on" a laissé faire. Qui ? Pourquoi ?

Capturer Ben Laden ?

Ben Laden n'est toujours pas inculpé pour les attentats du 11 septembre. Les Américains ne semblent pas pressés, ils ont préféré le traquer en… Irak. Les Américains ont sous-traité aux Afghans l'attaque terrestre contre Tora Bora, vulgaires abris "sentant l'urine", ce qui contredit la version officielle présentant ces lieux comme une citadelle souterraine bourrée de technologie.

Les responsables de la NSA, agence nationale de sécurité, pouvaient entendre Bin Laden parlant avec sa mère ou avec son adjoint Al Zawahiri. Ils utilisaient les conversations de Bin Laden captées avant le 11 septembre pour impressionner leurs visiteurs. Les satellites peuvent capter ses mouvements "même s'il vit enfoui sous terre depuis trois ans", selon un spécialiste. Comment se fait-il qu'il leur échappe toujours ?

Comment expliquer l'autorisation donnée à 140 Saoudiens, dont des membres de la famille Bin Laden, de quitter le territoire américain sans interrogatoire du FBI alors que l'espace aérien était bloqué ? Certains parmi eux étaient soupçonnés d'avoir contribué au financement d'Al-Qaeda. Quinze des dix-neuf pirates de l'air étaient Saoudiens !

"L'objectif n'a jamais été de capturer Bin Laden", déclare le général Myers, chef d'état-major de l'armée américaine, le 5 avril 2002 sur CNN. Avant de se rétracter. Et si Bin Laden était plus utile vivant que mort ! Et si le rôle qui lui a été fixé dans le scénario américain était de continuer à incarner le méchant, pour leur permettre de continuer à combattre le "mal" ?

"Le plus grand délit d'initiés de l'histoire"

Comme toujours aux Etats-Unis et ailleurs, les grands principes, les grands événements valent leur pesant d'or. La commission d'enquête consentie par Bush est présidée par Thomas Kean, ancien directeur et actionnaire du géant pétrolier Amerada Hess, détail "oublié" par sa biographie officielle. Amerada Hess est lié à la firme saoudienne Delta Oil, propriété de deux hommes soupçonnés d'avoir financé Al-Qaeda.

Dans les jours qui ont précédé le 11 septembre, 4744 options à la vente d'action de United Airlines sont achetés ainsi que 4516 options d'American Airlines. Normalement, la CIA surveille 24 heures sur 24, les mouvements suspects sur les marchés d'actions et des capitaux. Comment se fait-il qu'on n'a pas révélé l'identité des bénéficiaires ? Et si les autorités américaines couvraient "le plus grand délit d'initiés de l'histoire" ?

Des portes closes

L'enquête d'Eric Laurent tente de remonter à la source pour vérifier les vérités admises sur le 11 septembre. Une démarche d'investigation - que peu de journalistes se donnent la peine d'entreprendre - qui l'a conduit notamment aux États-unis, au Pakistan, à Dubaï, au Qatar, en Israël et jusqu'aux montagnes de Tora Bora, dernier refuge de Bin Laden en Afghanistan.

Lorsque les portes se ferment, l'auteur se replie sur les témoignages, les déclarations et les rapports mais aussi sur la déduction. Il en est ainsi du Pakistan et de la chaîne qatarie Al-Jazeera que l'auteur n'a pas réussi à interroger sur les bandes vidéo de Bin Laden.

Une certitude se dégage de cette enquête qui se lit comme un roman : on nous cache quelque chose. Mais Quoi ? Et pour protéger qui ? La réponse se trouve-t-elle dans la volonté des "faucons" arrivés au pouvoir avec Bush junior de faire exploser les budgets de la défense ? Ou bien dans les 750 milliards de dollars que la famille royale saoudienne a placé en grande partie aux Etats-Unis ?

Rapprochements et suggestions...

Cependant, des "évidences" se dessinent, petit à petit, en pointillé, toujours suggérées, jamais déclarées. A force de multiplier les exemples sur la convergence d'intérêts entre le clan Bush d'un côté, les Saoudiens et les Pakistanais de l'autre, on est conduit à penser que les obstructions, incohérences et mensonges sont destinés à protéger ces intérêts.

Certaines conclusions procèdent par déduction, rapprochement ou suggestion. Elles ne font que souligner ou consolider, arguments à l'appui, les contradictions et les incohérences entourant le 11 septembre.

Même si on est tenté de partager la "conviction intime" de l'auteur, on est freiné par la rigueur relative de sa méthodologie. La déduction et le rapprochement ne peuvent servir que comme hypothèse de travail. Ils ne peuvent remplacer la vérification des faits. L'argumentation ne peut intervenir que si les faits sont établis.

Chaque question soulevée par La Face cachée nécessite une enquête à part ou un complément d'enquête. Même si les circonstances de mort des trois princes saoudiens sont étonnantes ou mystérieuses, le lien avec le 11 septembre reste à établir. Il en va de même de l'identité des pirates, du comportement des autorités américaines au moment de l'attaque...


* Benazir Bhutto.jpg (75.79 Ko, 255x301 - vu 2138 fois.)

* Robin Cook.jpg (195.35 Ko, 369x560 - vu 2325 fois.)

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« Répondre #148 le: 16/01/2008 - 10:57:38 »

Connaissant les enjeux à l'échelle mondiale, maintenant, ca commence à devenir mortellement "burlesque et hypocrite" de la part d'un des présumés "commanditaires" et d'un des "maitres du jeu" des Opérations Phoenix, Condor, Gladio et "11 Septembre 2001".

Le déclin rapide de l'excrément du diable, dit pétrole et Gaz, transforme le monde entier en un fauve idiot, mortellement enragé et paniqué. On doit sauvegarder l'Algérie et sa population naive (seulement 0,52% de la population mondiale) contre ces fauves enragés et paniqués extérieures et leurs vassaux (moutons enragés et paniqués) intérieures.

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UNE TÉLÉCONFÉRENCE A ÉTÉ ANNULÉE À L’AMBASSADE US À ALGER
Le flou demeure entier sur l’Africom

Brahim TAKHEROUBT - 16 Janvier 2008 - L'Expression
http://www.lexpressiondz.com/article/2/2008-01-16/48943.html

Un extincteur mal réglé a créé la panique et laisse les invités sur leur faim.

La téléconférence sur l’Africom programmée hier, dans le nouveau siège de l’ambassade américaine à Alger, a été interrompue suite à un incident technique. Le siège de l’ambassade a été évacué et la téléconférence a été écourtée laissant ainsi sur leur faim les journalistes, les diplomates et les attachés militaires présents à ce rendez-vous pour avoir plus d’éclaircissements sur ce qui ce trame à travers la nouvelle trouvaille américaine dénommée: Africom. Un extincteur mal réglé a provoqué la panique et le flou demeure ainsi entier sur l’Africom.

Cependant, le commandant adjoint de l’Africom, chargée des activités civiles et militaires (Dcma), Mme Mary Carlin Yates, a apporté quelques bribes de réponses avant ce «fâcheux incident»: «Nous voulons construire une coopération militaire soutenue avec les pays africains, car de la sécurité vient le développement», a déclaré Mme Yates qui s’exprimait depuis Paris. Devant les journalistes, les députés et attachés militaires africains accrédités à Alger qui suivaient la conférence à partir d’Alger, elle a rappelé qu’«il n’y aura pas de nouvelles bases ni un déploiement de troupes américaines sur le continent africain. Avec le développement de nos activités, dans le futur, nous comptons ouvrir des représentations dans quelques pays africains, là où nous serons invités».

C’est pour la énième fois qu’un responsable américain s’exprime de la même façon sur cet Africom. «Aucune décision» n’a, cependant, encore été prise quant à la localisation de ces «représentations», a-t-elle assuré. Le gouvernement américain «offre son expérience et son aide aux pays africains pour qu’ils assument eux-mêmes leur propre sécurité», a affirmé Mme Yates. De septembre 2005 à septembre 2007, l’ambassadrice Mme Yates a servi en tant que conseillère en politique étrangère (Polad) au sein du Commandement européen des Etats-Unis (Eucom).

La responsabilité du commandement européen inclut 92 pays en Europe, en Eurasie, en Afrique et au Moyen-Orient. Elle a servi également en tant qu’ambassadrice des Etats-Unis en République du Ghana de 2002 à 2005.

Le quartier général (QG) du nouveau Commandement militaire américain pour l’Afrique (Africom) demeurera à Stuttgart, en Allemagne, pour «quelques années» encore, a ajouté la responsable américaine précisant que cette structure comprendra à terme un effectif de 1300 hommes.
Le commandement militaire américain comprend six commandements régionaux, avec l’Africom et l’Eucom (Europe), Centcom (Moyen-Orient et Asie centrale), Pacom (région de l’Océan pacifique), Northcom (Amérique du Nord) et Southcom (Amérique du Sud).

Une grande polémique a accompagné l’annonce de sa création au sein des pays africains. Théoriquement, cette structure a été créée pour protéger et promouvoir ce que le président Bush appelle «les exigences non négociables de la dignité humaine». Mais dans la pratique, les pays africains y voient autre chose dans cette structure que celle «d’apporter une valeur ajoutée à la politique américaine dans le continent africain», autre chose que «la coopération sécuritaire en Afrique», autre chose que «le renforcement de la stabilité»...

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CONFÉRENCE À L’AMBASSADE US À ALGER : Les Américains font la promo de l’Africom
Edition N° 4665 du Mercredi 16 Janvier 2008 - LIBERTE - K. ABDELKAMEL

FIN DE CONFÉRENCE EN QUEUE DE POISSON

La vidéoconférence de Mme Mary Carlin Yates, à partir de Paris, n’est pas allée à son terme. Elle a été interrompue à la suite du déclenchement de l’alarme à l’intérieur de la salle pendant que la conférencière répondait à une question d’une consœur sur le lien entre la naissance d’Al Qaïda Maghreb et la coopération sécuritaire algéro-américaine, ainsi que l’absence de stabilité dans les pays où
les États-Unis ont intervenu militairement, Irak et Afghanistan
. Ceci étant, aucune explication n’a été fournie quant à la cause du déclenchement de l’alarme, qui a mis fin au débat, car il semblerait
que la conférencière avait des engagements avec d’autres ambassades africaines.


Dans la perspective de rassurer sur les intentions américaines, quant à la mise en place de l’Africom,
Mary Carlin Yates s’est attelée à expliquer les objectifs de cette structure militaire que nombre de pays africains ont refusé d’accueillir sur leurs territoires

Devant un parterre composé de journalistes, d’attachés militaires de quelques ambassades de pays africains en Algérie, de députés et d’autres personnalités, la numéro deux de l’Africom a mis d’emblée les points sur les i en réitérant que les États-Unis n’ont pas l’intention d’installer des bases en Afrique, particulièrement en Algérie.

Mme Mary Carlin Yates insistera sur le fait que Washington n’a pas formulé de demande auprès d’Alger pour y installer des bases militaires, et qu’il n’en a jamais été question, car elle respectait la position algérienne sur la question.

En effet, par principe l’Algérie est totalement contre l’idée de l’installation de bases militaires étrangères sur son sol.
 
À titre indicatif, Mme Yates annoncera la poursuite de la coopération militaire algéro-américaine, qui a vu récemment un échange de pilotes d’avions Hercules C 130.

Pour ce qui est de l’objectif de cette vidéoconférence qu’elle a animée depuis l’ambassade américaine à Paris, elle dira que c’est pour savoir ce que pensent les Algériens de l’Africom. Ceci étant, elle n’a pas manqué de transmettre le souhait du général William Ward, commandant en chef de l’Africom, de venir en Algérie. Revenant sur le quartier général de ce commandement militaire pour l’Afrique, la
conférencière rappellera qu’il se trouve à Stuttgart en Allemagne et que son transfert vers un pays africain n’est pas encore envisagé. Sur sa lancée, elle affirmera que certains États du continent ont refusé d’accueillir ce QG, d’autres pays, par contre, ont formulé le souhait d’en être la terre d’accueil. Sur cette question, l’attaché militaire de l’ambassade du Niger à Alger, convié à la vidéoconférence, a affirmé que Niamey ne voulait pas du quartier général de l’Africom, ni de bases militaires américaines sur son territoire. Il ira plus loin en reprochant aux Américains d’attirer les terroristes, là où ils vont. Partant de là, il leur demandera d’épargner son pays.

En réponse, Mme Yates dira que le but recherché par les États-Unis à travers la création de l’Africom est d’aider les États du continent à assurer leur propre sécurité et non d’y installer des troupes comme le croient certains. En vue d’aguicher les pays africains, la responsable américaine indiquera que 9 milliards de dollars, dont seulement 250 millions de dollars pour le volet militaire, ont constitué l’aide
des États-Unis dans le cadre de l’Africom à l’Afrique.

Pour l’instant,on en est encore au stade du dialogue avec les différents gouvernements du continent, dans la perspective de dégager les meilleurs moyens de rendre la coopération militaire plus soutenue.
Mary Carlin Yates déclarera que la mise en place du commandement militaire américain pour l’Afrique vise à unifier la démarche pour demander des fonds au Congrès américain, afin d’améliorer
son programme de coopération dans le but d’aider les pays à assurer eux-mêmes leur sécurité et non
à le faire à leur place.  

Interrogé sur le lien entre l’Africom et la démocratisation des États africains, elle affirmera qu’il
n’en existait aucun, pour la simple raison que cet organisme travaillera seulement avec les institutions
militaires et rien d’autres.

Enfin, il y a lieu de noter que Mary Carlin Yates occupe la fonction d’adjointe au commandant chargé des activités civiles et militaires (DCMA) au commandement des États-Unis en Afrique (United States Africa Command-Africom. Elle dirige les projets et programmes du commandement liés à
la santé, à l’aide humanitaire, à l’action humanitaire contre les mines, à la réponse aux catastrophes et à la réforme du secteur de sécurité. Elle a été ambassadrice des États-Unis au Burundi de 1999 à 2002, au Ghana de 2002 à 2005.

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L'AFRICOM OU COMMANDEMENT UNIFIE POUR L'AFRIQUE : L’ambassade US à Alger organise une vidéo-conférence
Par :Rubrique Radar - LIBERTE - Edition N° 4656 du Dimanche 06 Janvier 2008
http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=88418&titre=L%E2%80%99ambassade%20US%20organise%20une%20vid%C3%A9o-conf%C3%A9rence

http://www.africom.mil/
http://fr.wikipedia.org/wiki/United_States_Africa_Command
http://algiers.usembassy.gov/

L’ambassade des États-Unis à Alger organise une vidéo-conférence sur le Commandement américain en Afrique (Africom) le 15 janvier 2008 à 9h, et ce, pour expliquer les objectifs du commandement.

La conférence sera animée par l’ambassadrice Mary Carlin Yates, l’adjointe du commandant pour les activités civilo-militaires (DCMA).

L’ Africom a pour objectif la mise en place d’installations militaires américaines sur le continent africain, notamment au Sahel pour lutter contre le terrorisme.

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Le déclin rapide de l'excrément du diable, dit pétrole et Gaz, transforme le monde entier en un fauve idiot, mortellement enragé et paniqué. On doit sauvegarder l'Algérie et sa population naive (seulement 0,52% de la population mondiale) contre ces fauves enragés et paniqués extérieures et leurs vassaux (moutons enragés et paniqués) intérieures.

A voir absolument, pour anticiper le future proche de l'Algérie et du Sahel Africain en particulier ainsi que de l'Afrique en général.

Apparemment, l'Algérie serait, malheureusement, le pivot central de cette "Stratégie de la tension". Merci à vous les "Moutons enragés Algériens" (car mordus par les fauves enragés et paniqués extérieures)   >:( .

La population Algérienne n'est pas solidaire avec vous, les "Moutons enragés Algériens", et ne veut pas faire de mal aux populations du Sahel Africain et d'Afrique pour une poignée de dollars américains ou devises pourris.

La vraie valeur est l'humain et sa créativité et non pas les valeurs morbides et criminelles des idolatres fanatiques (extérieurs et intérieurs) de l'excrément du diable, dit pétrole et Gaz, ainsi que de l'Uranium.

Bon sang, la population Algérienne ne s'est pas battue contre le colonialisme et pour son indépendance pour devenir à la fin une base arrière du nouvel colonialisme qui vise l'Algérie entière, le Sahel Africain et l'Afrique et transformer en mercenaires des "Algériens naifs". c'est pas possible de voir ca de votre par les "Moutons enragés Algériens". La population Algérienne n'est pas solidaire avec vous, les "Moutons enragés Algériens".

le documentaire très instructif diffusé sur Canal + et Arte:

“L'école française : Histoire des escadrons de la mort de l'école française de la guerre d'Algérie, en passant par l'Opération Phoenix à l'Opération Condor en Amérique du Sud ou latine des années 1970” :

Pour sauvegarder ces videos sur votre ordinateur utilisez les outils gratuits suivants :

http://www.downloadhelper.net/install.php
http://keepvid.com/

Partie 1/2
http://www.dailymotion.com/video/xr2p5_arte-escadrons-de-la-mort-lecole-fr_news
Partie 2/2
http://www.dailymotion.com/video/xr2yo_arte-escadrons-de-la-mort-lecole-fr_news


A lire terrorisme + services secrets = al-qaïda ? http://questionscritiques.free.fr/terrorisme/terrorisme_index.htm

Videos sur l'Operation Gladio:

Operation Gladio :

http://www.vidilife.com/video-tag_gladio
http://video.google.ca/videoplay?docid=7804137966121624759&q=Operation+Gladio&total=104&start=0&num=10&so=0&type=search&plindex=6


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Déclaration du 8 juillet 2005 de Robin Cook, homme politique britannique. Il mourut mystérieusement (rompu le coup) le 6 août 2005, soit environ 1 mois après cette déclaration fracassante. Cook décrit Al-Qaida comme une erreur de calcul occidentale. Il écrit dans la presse le 8 juillet 2005 : "Ben Laden fut le produit d'une erreur de calcul monumentale de la part des agences de renseignements occidentales. Il fut armé par la CIA pendant les années 1980 et financé par l'Arabie Saoudite pour porter le jihad contre l'occupation Russe en Afghanistan. Al-Qaida, qui signifie littéralement la "base de données", était originellement les fichiers informatiques regroupant les milliers de moudjahidin qui étaient recrutés et entraînés avec l'aide la CIA pour vaincre les Russes"..

Vous connaissez l'histoire qui suit, le 2 novembre 2007, la déclaration de Benazir Bhutto sur Al Qaïda et Ben Laden puis son assassinat deux mois plutard. Voir la déclaration (interview télévisée) de  Benazir Bhutto avant sont assassinat "Bhutto aurait-elle gaffé en disant lors d'une interview que Ben Laden a été assassiné, et cela lui a t-il coûté la vie ?". - Voir mon http://www.algerieinfo.com/forum/index.php?topic=44.msg1340#msg1340

Les "assassins et leurs commanditaires" paniquent, mais l'Algérie n'est pas à l'abri des actions maléfiques de ces "loups enragés". A qui la faute. Qui a fait entrer ces "loups enragés", par avidité, dans notre bergerie qu'est l'Algérie ? Vous connaissez le destin, à l'Algérienne, des "loups enragés" ainsi que de celui ou ceux qui leur ont ouvert la porte ou les portes, ainsi que des moutons mordus.

A lire terrorisme + services secrets = al-qaïda ? http://questionscritiques.free.fr/terrorisme/terrorisme_index.htm

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Le Congrès met en garde contre une gestion militaire des ambassades dans des pays arabes et africains : « L’ambassade des Etats-Unis en Algérie s’est transformée en caserne militaire »
Par M. Salhi/ Traduit par B. A - El Khabar, 28 novembre 2007
http://www.algeria-watch.org/fr/article/pol/us/ambassade_caserne.htm

Selon un rapport du Congrès américain les ambassades des Etats-Unis dans plusieurs pays arabes et africains, dont l’Algérie, se sont transformées en centres de commandement militaire de l’armée américaine. Ces représentations s’intéressent à l’aspect sécuritaire et militaire au dépend des fonctions diplomatiques. Des experts stratégiques ont appelé à améliorer la performance diplomatique suggérant son renforcement en employant mille nouveaux diplomates.

Le rapport en question, rapporté par l’hebdomadaire jordanien « Elioua », a indiqué que les pays où les ambassades ont été militarisées sont l’Algérie, la Tunisie, l’Arabie Saoudite, le Mali, le Tchad et Djibouti. Il a ajouté que « certaines ambassades des Etats-Unis en Afrique se sont transformées en centres de commandement militaire dirigés par des employés militaires à la place de diplomates ».

Le document a attribué cela à la prédisposition du secrétariat d’Etat américain à la défense à établir un commandement militaire en Afrique « Africom » au milieu d’un refus unanime de la démarche américaine.

Le rapport est allé jusqu’à dire que la maison blanche veut étendre la militarisation de ses ambassades vers d’autres pays loin de la région du sahel, qui étaient jusqu’à il n’y a pas si longtemps à l’abri des menaces terroristes d’Al Qaida (CIA), comme le Nigéria, la Guinée, le Gabon, l’Angola, le Congo Démocratique et la République du Congo.

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Quand Washington flirte avec al-Qaida
Danger | mercredi, 16 janvier 2008 | par Eric Laurent
http://www.bakchich.info/article2356.html

Alors que le président Bush parade en Arabie Saoudite, en Irak, mais aussi au Liban et au Pakistan, l’administration américaine témoigne d’un aveuglement croissant et fait le choix du pire…

L’ambassade des Etats-Unis à Bagdad a été profondément ébranlée, au début de l’année 2007, par les rapports des services de renseignements américains et irakiens. Des documents saisis ont révélé que les Forces d’al-Qods (l’unité des gardiens de la Révolution iranienne entre autres spécialisée dans les opérations terroristes et de guérilla) soutiennent désormais à la fois des groupes chiites et leurs adversaires sunnites en Irak. Les membres d’al-Qods coopèrent avec les réseaux d’al-Qaida et d’Ansar al-Sunna (groupe armé irakien) implantés en Irak. Cette stratégie iranienne vise à contrer l’éventuel soutien que les voisins sunnites de l’Irak pourraient apporter aux groupes rebelles.

Virage américain à 180 degrés

Les Américains prétendent avoir capturé le chef d’al-Qods, un commandant portant le nom de Chizani, dans un appartement appartenant à l’ayatollah Hakim ; l’un des principaux chefs chiites sur lequel compte George W. Bush pour créer une nouvelle coalition excluant le chef radical Moqtada al-Sadr. Cette alliance militaro-terroriste aurait été scellée à Téhéran et les groupes d’al-Qods, appliquant une stratégie de la tension, auraient coopéré avec les groupes sunnites qui attaquèrent et détruisirent la mosquée d’Or de Samarra, un des hauts lieux du chiisme.

Washington va alors faire le choix du pire ou le pire des choix et opérer, en mars 2007, un changement radical de stratégie. Le prince Bandar, l’ancien ambassadeur d’Arabie Saoudite à Washington et intime du président américain, est l’artisan de ce virage à 180 degrés. Désormais, l’administration américaine se rallie à la ligne dure prônée par certains dirigeants saoudiens qui estiment que l’Iran représente en Irak un plus grand danger que les sunnites radicaux proches d’al-Qaida.

Un stratège nommé Bandar
http://fr.wikipedia.org/wiki/Bandar_ben_Sultan_ben_Abd_al-Aziz_Al_Saoud
« Pots de vin » de BAE :derrière la corruption, un Watergate international
http://www.solidariteetprogres.org/spip/sp_HP-BAE.php3

Bandar bin Sultan se veut un stratège. En approuvant dans les années 1980 le financement des moudjahidin afghans et l’envoi de volontaires arabes pour lutter contre les Soviétiques, il avait fait naître Ben Laden et al-Qaida. Désormais, toujours unis, Washington et Riyad financent et arment huit mouvements extrémistes proches de l’organisation terroriste pour combattre l’influence iranienne. Pour l’administration Bush, ce soutien à des mouvements sunnites radicaux qui combattent les troupes américaines représente la négation de la lutte contre le terrorisme qu’elle prétend mener depuis 2001. Cette stratégie d’« endiguement » de l’Iran compromet également encore plus ses perspectives de victoire en Irak. Le Premier ministre irakien, Al-Maliki, s’est d’ailleurs inquiété de ce nouveau cours auprès des responsables américains en visite à Bagdad. « Sans obtenir de réponse claire », selon un de ses proches collaborateurs.

La nouvelle stratégie américaine, qui n’a jamais été reconnue officiellement par l’Administration, a vu son périmètre s’élargir à l’occasion de la visite au Pakistan, en février 2007, du vice-président Cheney. Une partie de ses entretiens avec le président Moucharaff, au palais présidentiel, a porté sur le financement et le soutien logistique au groupe Jundullah. Encadré par l’ISI, le service secret pakistanais, financé par les Saoudiens et supervisé par des hommes des Forces spéciales du Pentagone, ce gang tribal du Balûchistân, la province frontalière de l’Iran, a pour mission de kidnapper et d’assassiner des militaires iraniens.

Haine de l’Amérique à tous les étages

Ces « combattants de la liberté » ont été choisis par les Américains et les Pakistanais en raison de leurs états de service : activistes sunnites, ils combattaient en Afghanistan aux côtés des talibans, tout en se livrant parallèlement au trafic de drogue… Enfin, depuis la victoire du Hezbollah, que les néoconservateurs considéraient, avant septembre 2001, comme une organisation terroriste encore plus dangereuse qu’al-Qaida, le Liban est l’enjeu d’une guerre secrète. Pour contrer l’Iran et son allié libanais, l’Arabie Saoudite décide de soutenir le gouvernement à dominante sunnite de Fouad Siniora, l’argent transitant par les Américains. Entre juin 2006 et janvier 2007, les responsables gouvernementaux libanais reçoivent plus d’un milliard de dollars auxquels s’ajoutent 200 millions de dollars d’aide militaire, dont 40 millions consacrés à la sécurité intérieure. Il s’agit d’un jeu dangereux car les Saoudiens, les Etats-Unis et le gouvernement libanais financent également des groupes salafistes antichiites dont le principal dénominateur commun est la haine de l’Amérique.

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Algérie : à qui profitent les attentats ?
7 janvier 2008 - Par Eduardo Garcia
http://www.solidariteetprogres.org/spip/sp_article-breve.php3?id_article=3670

Paris, le 7 janvier 2008 (Nouvelle Solidarité) -- Désormais, les Algériens devront apprendre à retenir leur souffle au onzième jour de chaque mois, date symbolique des attentats du 11 septembre aux Etats-Unis. En effet, après les attentats du 11 avril et du 11 juillet, Alger a été, à nouveau, meurtrie par une double attaque à la voiture piégée le mardi 11 décembre 2007.

Ces deux opérations simultanées ont ciblé le nouveau siège du Conseil constitutionnel à Ben Aknoun et le siège du Haut commissariat aux réfugiés HCR à Hydra, faisant 22 morts et 167 blessés, selon les chiffres officiels avancés par le ministre de l’Intérieur. Une fois de plus, ces attentats ont été revendiqués par l’organisation d’Al-Qaeda au pays du Maghreb islamique AQMI, ex GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat).

La thèse développée dans notre dernier article paru dans Nouvelle Solidarité (28/09/07), sous le titre « Ces attentats qui cachent la guerre des matières premières », paraît être confirmée par le contexte entourant ces derniers événements. En effet, ils semblent être à l’origine de l’annulation des accords très vastes de coopération militaro-énergétique signés en 2006 par l’Algérie et la Russie.

Rappelons que c’est suite à la visite du président Poutine en Algérie en 2006 que deux très gros contrats ont été conclus entre les deux pays :

   1. Un mémorandum d’entente et de coopération entre Gazprom et la Société nationale des hydrocarbures algérienne Sonatrach, définissant toute une politique de coopération dans le domaine énergétique et laissant même planer l’idée de la création d’un cartel mondial du gaz ;
   2. La signature d’un important contrat d’armement de 8 milliards de dollars.

La question d’un cartel du gaz a suscité beaucoup de craintes parmi les pays européens, notamment la France, l’Italie, le Portugal et l’Espagne dont l’Algérie est un important fournisseur aux côtés de la Russie. La Grande-Bretagne a protesté par l’intermédiaire de son entreprise BP qui a qualifié cette idée de « stupide ».

Les Etats-Unis qui avaient déjà mal digéré la décision du président Bouteflika d’annuler la loi de privatisation des hydrocarbures et de surtaxer les revenus des groupes pétroliers étrangers lorsque le prix du pétrole dépasse les 30 dollars le baril, ont été les plus virulents contre la création d’une OPEP gazière.

En effet, le 11 juillet 2007 la Chambre des représentants américaine a adopté un projet de loi visant à contrecarrer la création d’une telle OPEP du gaz.

Le républicain Don Manzullo, l’un des dix auteurs de ce projet, a déclaré que la création d’un cartel de producteurs de gaz naturel réunissant, entre autres, la Russie, l’Iran, le Venezuela et le Qatar ruinerait l’industrie d’armement américaine et affecterait la capacité de défense des Etats-Unis : « Des substances issues du gaz naturel sont largement utilisées dan l’industrie d’armement. Une coupure des livraisons compromettra la base de l’industrie d’armement américaine et affectera nos capacités de défense ».

Plus loin il affirmait : « Nous ne devons pas laisser apparaître un nouveau groupe de maîtres chanteurs à l’instar de l’OPEP qui ne manquera pas d’accaparer les fournitures mondiales de gaz naturel et de les placer sous contrôle ». Le projet de loi stipule que « les efforts déployés en matière de création d’un cartel ou de tout autre mécanisme de manipulation des fournitures de gaz naturel sur le marché mondial en vue de fixer des prix arbitraires et hors marché à des fins de pression politique sont considérés par les Etats-Unis comme une démarche inamicale menaçant la sécurité des Etats-Unis et du monde entier ».

Plus loin le document résume : « Des officiers de l’OTAN ont pour leur part mis en garde contre le danger de dépendance croissante de l’Europe par rapport à l’énergie russe et à la possibilité que des fournisseurs de rechange, tels que l’Algérie, commencent à coopérer avec la Russie. ».

Or voici qu’à la veille des attentats du 11 décembre, dans un entretien avec le Wall Street Journal, le PDG de la Sonatrach, Mohamed Meziane, prétendait qu’en réalité le mémorandum qui liait sa compagnie à Gazprom depuis août 2006 n’avait rien donné de concret et avait expiré au début du mois d’août 2007, et qu’il n’avait pas pour but de « manipuler les prix ».

Pour le Wall Street Journal, les propos du PDG confirmaient que la perspective d’une OPEP du gaz n’était pas sérieusement envisagée. Il concluait que ces remarques manifestaient clairement la volonté de l’Algérie de se démarquer publiquement de Gazprom et de l’idée d’un cartel du gaz.

Le 11 décembre dans l’après-midi, juste après les attentats, la Sonatrach annonçait, dans un communiqué officiel, l’annulation du contrat qui la liait à Gazprom sans fournir le moindre détail justifiant cette décision. Le 12 décembre, au lendemain des attentats, un autre communiqué des autorités algériennes annonçait le gel du contrat d’armement avec la Russie, justifiant sa décision par la plainte adressée officiellement par le président Bouteflika, début août, au président Poutine, dans laquelle le Président algérien se plaignait de la non-conformité de la première livraison des MIG-29 avec les clauses du contrat signé par les deux pays.

C’est ce qui aurait motivé la décision de l’Algérie de mettre un terme à sa collaboration énergétique avec la Russie.

Alors que le quotidien algérien l’Expression du 6 décembre rapportait que quatre nouveaux avions de chasse de type Sukhoi Su-30MK, qu’il qualifiait d’avions hors pair, faisant partie du contrat, seraient livrés à l’Algérie avant la fin 2007 par le constructeur russe d’avions de chasse Irkout.

Plus loin, il note qu’ »en décembre, des avions de transport russes AN-124 et AN-22 ont effectué trois vols pour acheminer deux premiers MIG-29 SMT et deux MIG-29 UBT en Algérie ».

Ces informations font donc état d’une bonne entente dans l’exécution du contrat de coopération militaire.

Le quotidien marocain La Gazette rapportait le 20 octobre, qu’après les livraisons graduelles des avions MIG-29 et des chasseurs bombardiers Sukhoi, l’Etat russe avait donné instruction à son agence d’exportation d’armes Rosoboronexport, de répondre positivement à toutes les requêtes de l’armée algérienne pour obtenir des facilités financières, techniques et même au niveau des échéances.

La même source rapporte que le président de Rosoboronexport, Serguei Tchemezov, avait été vu la semaine précédente au cercle national de l’Armée à Alger, en compagnie du chef d’état-major, le général de corps d’Armée Ahmed Gaid Salah.

Tout ceci n’a aucun sens. Si la collaboration entre l’Algérie et la Russie battait de l’aile depuis août, pourquoi avoir attendu le jour même et le lendemain des attentats pour annoncer officiellement ces ruptures de contrat ?

Pourquoi geler un contrat impliquant plusieurs types d’avions, la construction de frégates et de sous-marins, des systèmes de défense aérienne et autres, alors que seuls les MIG 29 seraient en cause ? Pourquoi, enfin, lier ce problème à la question de la coopération énergétique ?

La vérité semble se trouver dans les conflits de lobbies mafieux internes aux services algériens (le DRS) où la loi est faite par les grands intérêts internationaux des hydrocarbures et bancaires, notamment anglais, et les Américains qui sont à leur traîne.

En effet, Le Courrier d’Algérie rapportait le 20 décembre que les autorités russes avaient laissé entendre que la présidence algérienne en tant que telle n’était pas d’accord avec ce gel, et que la prochaine visite du président Bouteflika à Moscou au mois de janvier prochain, serait consacrée à débloquer la situation afin de maintenir les bonnes relations qui lient les deux pays.

Selon les autorités russes, citées par Ria Novosti, la réponse à la requête de Bouteflika, rédigée en accord avec Poutine qui préside la commission créé pour traiter ce problème, n’a pas pu être remise au président Bouteflika lui-même, même par le biais de l’ambassadeur de Russie en Algérie !

Mais qui profite de ce énième changement d’alliances ? L’Angleterre d’abord qui, du Kenya à l’Afghanistan et au Pakistan, promeut une stratégie de tension, cherchant à tirer la carte gagnante dans le krach du système financier qui frappe actuellement le monde. L’Angleterre encore, qui mène une guerre sournoise contre la Russie, dans laquelle elle entraîne les anglophiles de l’administration Bush/Cheney, dans diverses parties du monde.

Enfin, les contrats qui ne vont pas à la Russie se placent en Occident. Le journal Al Khabar du 15 décembre mentionne des contrats stratégiques signés par la Sonatrach avec les grandes compagnies gazières comme la norvégienne Statoil, British Petroleum, British Gaz et l’italienne ENI. Pour les Russes, grands perdants dans cette affaire, il n’y a pas photo.

Ria Novosti note, le jour même de la résiliation du mémorandum, que « les Algériens ont conclu la semaine dernière un nouvel accord avec Gaz de France, aux termes duquel ils se sont engagés à livrer à la société française du gaz liquéfié jusqu’à 2019. Dans le même temps, Sonatrach construit deux gazoducs au fond de la Méditerranée, qui permettront à l’Algérie d’augmenter de 50 % ses livraisons de gaz à l’Europe ».

Gaz de France et Sonatrach ont signé d’importants accords début décembre, créant aussi une société mixte qui ambitionne de fournir le marché américain en gaz naturel liquéfié.

Plus troublant encore, quelques jours après les attentats, les autorités algériennes ont retiré un contrat à des firmes espagnoles pour la reprise du projet de Gassi Touil, le confiant à deux compagnies proches de la Maison Blanche, KBR Halliburton et Wheather Ford.

Bien que nous soyons totalement favorables, dans les pages de ce journal, à la coopération économique Nord-Sud, nous nous opposons fermement à cette loi de la jungle de chaque puissance pour soi, qui fait fi des véritables intérêts des populations à long terme. En organisant les marchés internationaux en faveur d’un projet comme celui de Pont terrestre eurasiatique que nous défendons dans ces pages, nous pourrons rétablir un ordre de croissance forte au service des peuples.

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l’Algérie : ces attentats qui cachent la guerre des matières premières
5 décembre 2007 - par Eduardo Garcia
http://www.solidariteetprogres.org/spip/sp_article.php3?id_article=3573&var_recherche=algerie

Dans le cadre de la visite d’état de Nicolas Sarkozy en Algérie nous avons décidé de reprendre ici cet article publié dans Nouvelle Solidarité N° 17, XIIIième annéé, du 28 septembre 2007.

Une série d’attentats de plus en plus rapprochés a ensanglanté l’Algérie ces derniers mois, révélant un réveil virulent de la guerre des clans au pouvoir au fur et à mesure que la prochaine élection présidentielle approche, sur fond de lutte entre grandes puissances pour le contrôle des matières premières algériennes, notamment gaz et pétrole. C’est la seule hypothèse possible pour expliquer l’activisme de l’Organisation d’Al-Qaida au Maghreb, née de la fusion, annoncée le 11 septembre 2006, entre l’ancien GSPC (Groupe salafiste de prédication et du combat) et Al-Qaida, revendication reçue avec le plus grand scepticisme par la plupart des experts et politiciens, vu le contexte dans lequel ces attentats sont intervenus.

Le 11 avril 2007, deux attentats suicides avaient visé le Palais du gouvernement à Alger et le Quartier général oriental de la Police à Bab Ezzouar, faisant 30 morts et plus de 200 blessés. Le 6 septembre dernier, c’est le président Bouteflika qui a échappé de peu à un attentat suicide alors qu’il se rendait en visite à Batna, dans l’est de l’Algérie, attentat qui a fait 22 morts et 107 blessés. Un nouvel attentat suicide a été commis le samedi 8 septembre à Dellys, faisant 30 morts et 47 blessés. Plus récemment, le jeudi 19 septembre, dans une vidéo de 80 minutes, le numéro deux d’Al-Qaida, Ayman al Zaouahri, a invité les musulmans à « nettoyer » le Maghreb des Français et des Espagnols, afin d’y rétablir le règne de l’islam. Dès le lendemain, ces menaces étaient mises à exécution : une bombe à faible puissance explosait devant une voiture transportant deux Français et un Italien entre Alger et le barrage de Koudiat Acerdoune, au sud-est de la capitale, pendant que deux employés d’Aéroports de Paris travaillant à Alger ont dû être évacués après avoir reçu des menaces.

Mais les autorités algériennes ainsi que la plupart des experts mettent en doute la véritable identité d’Al-Qaida au Maghreb et dénoncent plutôt des puissances étrangères comme étant à l’origine de ces attentats. Suite à l’attentat qui l’a visé, le président Bouteflika a dénoncé « des capitales étrangères et des dirigeants étrangers », pendant que son ministre de l’Intérieur, Noureddine Yazid Zerhouni, précisait que c’est « le retour de l’Algérie sur la scène internationale qui, visiblement, gêne certains intérêts étrangers ».

Le retour de l’Algérie sur la scène internationale

Une analyse de ce que M. Zerhouni appelle le retour de l’Algérie sur la scène internationale révèle en effet un revirement quasi total d’alliances de l’Algérie sur le plan international. Si l’on avait pu parler d’une véritable « lune de miel » entre l’Algérie et les Etats Unis, entre 2003 et 2006, avec les visites de Donald Rumsfeld en février 2006 et de Dick Cheney en avril de la même année, dont l’un des principaux centres d’intérêt avait été la collaboration dans la « Global war on terror », cette alliance privilégiée a été clairement remise en cause par la faction au pouvoir autour du président Bouteflika.

Divers facteurs seraient à l’origine de ce changement. D’abord, l’augmentation considérable de la manne pétrolière, suite à la hausse des prix, qui donne des ailes aux ambitions des uns et des autres. Surtout, on parle de l’affaiblissement relatif des Etats-Unis à cause de ses difficultés en Irak, et a contrario, du renforcement d’autres puissances, notamment la Russie, la Chine, mais aussi le Venezuela ou l’Iran. Et comme pour le Niger, qui a récemment remis en cause le monopole de la France dans l’exploitation de l’uranium sur son territoire, la concurrence entre ces puissances a permis aux factions algériennes de s’affranchir de la toute puissante tutelle américaine.

Rappelons que les enjeux dans ce domaine sont considérables et concernent, au delà de l’Algérie, toute l’Afrique du nord et le Sahel. Selon l’expert pétrolier algérien Hocine Malti, les réserves avérées de pétrole de ces pays sont conséquentes : 39 milliards de barils pour la Libye, 31,5 milliards pour le Nigeria, 11,8 milliards pour l’Algérie, 1 milliard pour le Tchad, 700 millions pour le Sénégal, 563 millions pour le Soudan, 308 millions pour la Tunisie, 300 millions pour le Niger, 200 millions pour la Mauritanie, tandis que le Sahara Occidental aurait un sous-sol très prometteur.

C’est au niveau de la politique énergétique qu’on voit le plus clairement le changement en cours. En mai 2006, l’Algérie décidait brutalement d’abandonner la loi de privatisation des hydrocarbures qu’elle venait d’adopter un mois plus tôt. C’est vrai qu’entre-temps, M. Bouteflika avait reçu la visite d’Etat du président Hugo Chavez, du Venezuela, qui l’en avait dissuadé ! En effet cette loi préconisait le retour à l’ancien système de concession, qui aurait permis aux compagnies pétrolières internationales de disposer presque totalement du sous-sol Algérien.

Mais c’est le réchauffement considérable des relations avec la Russie depuis janvier 2007 qui confirme cette tendance. Avec un contrat d’achat d’armes d’un montant de 15 milliards de dollars signé à cette date, l’Algérie est, en effet, le premier partenaire de la Russie dans le domaine de l’armement, devançant même la Chine. Si ce contrat ne provoque pas d’inquiétude chez les principales puissances, ce n’est pas le cas pour ce qui est de l’idée de la création d’une OPEP du gaz autour d’une alliance algéro-russo-iranienne.

Cette démarche inquiète les Européens, en particulier, qui dépendent de la Russie pour 23 % de leur consommation de gaz, et de l’Algérie pour 13 %. Dans une conférence de presse donnée à Alger le 11 septembre, Christof Ruehl, l’économiste en chef de British Petroleum, déclarait que « la création d’une OPEP du gaz relève davantage de la manœuvre politique que d’une démarche à objectifs économiques », avant de la qualifier de « stupide ». La visite à Alger du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, au cours de laquelle des accords bilatéraux ont été signés notamment dans le domaine énergétique, est venue confirmer que cette option est bel et bien sur la table. La question d’une coopération dans le domaine du nucléaire civil a aussi été soulevée.

A l’arrivée de plus en plus encombrante des sociétés pétrolières et gazières russes (Gazprom, Lukoil, Rosneft, Stroytransgaz...), il faut ajouter celle, plus discrète, des chinoises et indiennes, en revanche très présentes dans les autres pays du Sahel.

Comme au Soudan ou au Niger, la Chine, n’en déplaise à la France qui se voit contrainte d’améliorer les conditions commerciales qu’elle propose à ses anciennes colonies, est de plus en plus présente en Algérie, où elle vient de rafler quelques contrats majeurs pour la construction d’autoroutes et d’un million de logements. Autre enjeu principal où la France avance elle aussi sa propre candidature, la volonté algérienne de faire de l’année 2008 l’année de l’investissement dans le nucléaire civil, un choix appuyé par un important contrat de coopération, signé juin dernier avec les Etats-Unis. L’Algérie possède déjà deux réacteurs nucléaires et la France devra, si elle veut être compétitive, proposer mieux que les Chinois et les Russes, principaux partenaires de l’Algérie dans ce domaine.

Le prétexte pour le déploiement de l’AFRICOM

Dans le domaine sécuritaire et militaire, le renversement des alliances de l’Algérie est là aussi frappant, car de principal allié des Etats-Unis dans la lutte contre le terrorisme dans la région (notamment après la prise d’otages de touristes européens par le GSPC, en janvier 2003), elle serait aujourd’hui la cible d’un terrorisme déployé par l’administration Bush/Cheney et ses contrôleurs en Angleterre. Les questions fusent à nouveau sur la véritable identité du GPSC/Al-Qaida, car l’augmentation des attentats depuis fin 2006 coïncide étrangement avec cette réorientation de la politique étrangère algérienne, et des médias tels qu’Al Watan ou les auteurs d’Algerie Watch n’hésitent pas à établir un lien entre ces actes de « terrorisme » et les pressions faites par l’administration Bush/Cheney pour obliger les pays du Maghreb à s’aligner et à accueillir des bases militaires américaines.

Pour bon nombre de spécialistes du terrorisme algérien, le GSPC a toujours représenté la faction « dure » du pouvoir - la Direction des renseignements militaires - qui est un relais en Algérie des politiques des Anglo-Américains. Lors de la prise d’otages de 2003, par exemple, le GSPC était dirigé par Abderrezak El Para, un ancien des forces spéciales algériennes et garde de corps du général Khaled Nezzar, ancien ministre de la Défense et membre du Haut Comité d’Etat.

De plus, l’action du GSPC/Al-Qaida à travers tout le Sahel bénéficie d’une aide importante du prince Bandar, ex-ambassadeur d’Arabie saoudite aux Etats-Unis et actuel patron de la sécurité dans son pays, dont le Sahel serait la chasse gardée. Le prince Bandar a récemment été attrapé la main dans le sac à financer des groupes rebelles au Darfour et au Tchad. Actuellement, des actions en justice au Royaume Uni et aux Etats-Unis mettent en cause son rôle dans un méga contrat d’armes et de pétrole, conclu entre la monarchie britannique et le régime saoudien à l’époque de Thatcher, impliquant la compagnie anglaise d’aéronautique BAE, contrat qui permet de générer des fonds abondants pour le financement d’attentats et autres sales coups.

L’activisme du GSPC/Al-Qaida à travers tout le Maghreb joue un rôle très utile pour les Américains, leur servant de prétexte pour tenter d’imposer le déploiement de bases militaires américaines à travers toute la région dans le contexte de leur nouveau commandement africain, l’Africom. C’est dans cette visée que les Américains ont conçu leur initiative « Pan-Sahel », devenue début 2005 « Initiative transsaharienne de lutte contre le terrorisme (TSCTI) », destinée à inclure dans une stratégie militaire américaine des pays comme l’Algérie, le Tchad, le Mali, la Mauritanie, le Maroc, le Niger, le Sénégal, le Nigeria et la Tunisie. Très important pour comprendre la nouvelle série d’attentats qui frappe l’Algérie, ce pays a refusé, tout comme la Libye et le Maroc, d’accueillir sur son sol des bases américaines sous couvert de lutte contre le terrorisme et de participer au projet américain de réorganisation du grand Moyen-Orient.

L’Algérie s’attaque directement à Dick Cheney

Notons que dans la même période, Bouteflika a lancé également une attaque frontale contre Dick Cheney, en démantelant Brown, Root and Condor (BRC), une joint venture créée en 1994 par la Sonatrach (Société nationale des hydrocarbures) (41 %), le CRND (Centre de recherche nucléaire de Draria) (10 %) et KBR (Kellogg Brown & Root) (49 %), filiale d’Halliburton dont le vice-président américain est toujours actionnaire.

C’est en octobre 2006 que le gouvernement algérien a lancé une enquête pour corruption à l’encontre de cette société, gérant des contrats pétroliers et d’armement. Riche en rebondissements, l’enquête a révélé, entre autres, que BRC avait sous-traité un contrat sur le gisement de Rhourde-Nouss à une société israélienne, Bateman Litwin, propriété du milliardaire israélien Benny Steinmetz, proche de la droite israélienne. Révélatrice aussi de la guerre d’influence que se livrent différentes puissances en Algérie, ce sont les services russes qui ont révélé au gouvernement algérien que des équipements de communication sophistiqués, commandés par BRC aux Etats-Unis pour le compte de l’Etat-major général algérien, étaient connectés en permanence aux systèmes d’intelligence électronique américains et israéliens ! En septembre dernier, KBR a été contraint de céder à la Sonatrach ses parts dans BRC.

Nous avons essayé, en rassemblant tous les éléments ci-dessus, de dépeindre l’environnement international complexe dans lequel est intervenue la récente vague d’attentats en Algérie. Que certaines factions au pouvoir en Algérie soient sorties des griffes de l’administration Bush/Cheney est une bonne chose.

Cependant, le tout n’est pas de jouer les uns contre les autres, mais de rétablir une politique orientée vers le bien commun, où les ressources seront développées pour le plus grand bien de l’Algérie et de ses générations futures. Avec ses quelque 100 milliards d’euros de réserves et en travaillant de concert avec la Russie, la Chine, l’Inde et les grands pays d’Amérique du Sud pour refonder l’actuel système économique et monétaire international, l’Algérie aura une chance de sortir de la crise dans laquelle elle est plongée depuis de trop longues années.

Bibliographie :

* Al-Qaida au Maghreb et les attentats du 11 avril 2007 à Alger, par François Gèze et Salima Mellah, dans Algeria Watch (21 avril 2007).
* Madjid Laribi, « Brown & Root Condor : une holding “militaro-énergétique”« , Le Maghrébin, 13 novembre 2006.
* « Le P-DG de BRC sous mandat de dépôt », Le Jour d’Algérie, 1er avril 2007.
* Madjid Laribi, « Que cache le dossier Brown Root & Condor », Le Maghrébin, 9 octobre 2006.
* « L’un des kamikazes était un compagnon d’El Para », Le Jour d’Algérie, 14 avril 2007.
* Hocine Malti, « De la stratégie pétrolière américaine et de la loi algérienne sur les hydrocarbures », Le Quotidien d’Oran , 9-10-11 juillet 2005.

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Main basse sur l’Afrique : la stratégie de l’Empire pour contrôler le continent
Par John Bellamy Foster Le 13 mars 2007
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=5063
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Depuis 5 ans, les USA mettent en place un dispositif militaire en Afrique. Après leur base navale et aérienne de Diégo Garcia dans l’Océan indien, ils ont loué à la France le Camp Lemonier à Djibouti, à partir duquel ont décollé les C-130 qui, en janvier, ont bombardé des populations civile somaliennes, au nom de la « lutte contre le terrorisme ». l’occupation par l’armée éthiopienne de la Somalie a été coordonnée, encadrée, préparée et soutenue en matière de logistique et de renseignement par l’armée US, installée à Djibouti et à Dire Dawa, en Éthiopie. En Afrique de l’Ouest, les USA avancent à grands pas dans l’établissement de têtes de pont militaires, terrestres, aériennes et navales, ici aussi sous couvert de « lutte contre le terrorisme ». En février, la Maison blanche a annoncé la création du commandement militaire US pour l’Afrique, AFRICOM. Pour le moment basé à Stuttgart, auprès du Commandement pour l’Europe (United States European Command, USEUCOM), ce nouveau Commandement devrait acquérir son autonomie et s’installer sur le continent dans les années qui viennent Il devrait commencer à être opérationnel le 1er octobre.

Désormais, l’Empire est donc à même de contrôler militaierment tous les continents de notre planète, sur laquelle il déploie un réseau dense d’un millier de bases militaires et 350 000 hommes et femmes de troupe (dont 150 000 en Irak et en Afghanistan)

Dans le texte ci-dessous, John Bellamy Foster explique les objectifs et les visées de cette nouvelle « grande stratégie » de l’Empire, qui est celle de la suprématie mondiale : empêcher son inexorable déclin économique.

L’impérialisme est une constante du capitalisme. Mais il passe par diverses phases au fur et à mesure de l’évolution du système. Actuellement le monde est entré dans un nouvel âge de l’impérialisme marqué par une stratégie spectaculaire de domination mondiale des USA. Une indication de ce qui a changé nous est donnée par le fait que les militaires US mènent désormais des opérations vraiment mondiales et disposent de bases sur tous els continents, y compris en Afrique, où se déroule une nouvelle course au contrôle, qui est concentrée sur le pétrole.

Les élites d’opinion aux USA, dans la décennie qui a immédiatement suivi l’effondrement de l’Union soviétique, se plaisaient à décrier l’absence d’une stratégie d’envergure comparable à ce que George Kennan avait appelé le « containment » (=e ndiguement, limitation de l’expansion de l’ennemi, terme forgé pour qualifier l’encerclement de l’Union soviétique pendant la Guerre froide, utilisé par George Kennan dans une directive du Département d’État de 1948. Lire ici, NdT), sous la couverture duquel les USA étaient intervenus durant toute la Guerre froide. La question clé, telle qu’elle fut posée en novembre 20000 par  Richard Haass, analyse en sécurité nationale, était de déterminer la manière dont les USA allaient utiliser leur « surplus de puissance » pour remodeler le monde. La réponse de Hass, qui lui valut sans aucun doute d’être immédiatement embauché comme directeur de la planification politique au Département d’État sous Colin Powell, était qu’il fallait promouvoir une stratégie d’une « Amérique impériale » visant à assurer une domination mondiale des USA pour les décennies à venir. Quelques mois auparavant, une stratégie d’envergure très similaire, mais plus ouvertement militariste, avait été présentée par le Projet pour le Nouveau Siècle Américain, dans un rapport écrit par les futures figures de pointe de l’administration Bush, parmi lesquels Donald Rumsfeld, Paul Wolfowitz et Lewis Libby. (1)

La nouvelle grande stratégie impériale est devenue une réalité, suite aux attaques du 11 septembre 2001, avec l’invasion US de l’Afghanistan et de l’Irak et elle a été consacrée officiellement dans la déclaration de la Maison blanche sur la Stratégie de sécurité nationale de 2002. Résumant cette nouvelle poussée impériale, Stephen Peter Rosen, directeur de l’Olin Institute for Strategic Studies à Harvard et membre fondateur du Projet pour le Nouveau Siècle Américain, écrivait dans  Harvard Magazine :

« Une entité politique qui a une supériorité militaire écrasante et utilise cette puissance pour influencer le comportement interne d’autres États, cela s’appelle un Empire. Comme les USA ne cherchent pas à contrôler les territoires ou à gouverner les citoyens outre-mer de l’Empire, nous sommes un empire indirect, certes, mais nous n’en restons pas moins un empire. Si cela est vrai, notre but n’est pas de combattre un adversaire, mais de maintenir notre position impériale et de maintenir un ordre impérial. Planifier des guerres impériales est différent de la planification de guerres conventionnelles internationales…Les guerres impériales pour restaurer l’ordre ne sont pas autant contraintes [par des considérations sur la dissuasion]. Une quantité maximale de force peut et doit être utilisée aussi vite que possible pour obtenir un impact psychologique – pour démontrer que l’empire ne peut être défié impunément…La stratégie impériale se concentre sur la prévention de l’émergence de challengers puissants et hostiles à l’Empire : par la guerre si nécessaire, mais si possible par l’assimilation impériale.(2). »

Dans un commentaire paru fin 2002 dans Foreign Policy, John Lewis Gaddis, professeur d’histoire militaire et navale àYale, déclarait que le but de la guerre imminente contre l’Irak était d’infliger un “Azincourt sur les rives de l’ Euphrate.” Comme la fameuse victoire militaire d’Henry V au 15ème siècle, cela serait une démonstration de force si grande que le paysage géopolitique en serait changé pour des décennies. Selon Gaddis, ce qui était en dernière analyse en jeu, c’était la “gestion du système international par une seule puissance hégémonique », les USA. Cette stratégie visant à assurer l’hégémonie sur le monde entier par les USA par le biais d’actions préventives, était, soutenait-il, ni plus ni moins qu’une « nouvelle grande stratégie de transformation ». (3)
 
La nature de la grande stratégie

Depuis l’époque de Clausewitz, la tactique est définie dans les cercles militaires comme « l’art d’utiliser des troupes dans une bataille » et la stratégie comme « l’art d’utiliser des batailles pour gagner la guerre ». (4) En revanche d’idée de « grande stratégie » telle qu’elle a été promue de manière classique par les stratèges et historiens militaires comme Edward Meade Earle et B. H. Liddell Hart se réfère à l’intégration du potentiel guerrier d’un État dans des objectifs politico-économiques plus vastes. Comme l’a remarqué l’historien Paul Kennedy dans son ouvrage Grand Strategies in War and Peace (1991), “une veritable grande stratégie” “est autant, sinon plus, concernée par la paix que par la guerre…à propos de l’évolution ou de l’intégration de politiques qui pourraient être opérationnelles pour des décennies, voire des siècles. ». (5)

Les grandes stratégies sont géopolitiques dans leur orientation, visant à la domination de zones géographiques entières – y compris les ressources stratégiques comme les minerais et les voies d’eau, les ressources économiques, les populations et les positions militaires vitales.  Les grandes stratégiques les plus réussies du passé sont celles des empires qui ont duré longtemps, qui ont été capables de maintenir leur pouvoir sur de grandes étendues de territoire sur des périodes prolongées. En général, les historiens de la grande stratégie se focalisent sur l’Empire britannique du XIXème siècle (Pax Britannica) et aussi sur l’ancien Empire romain (Pax Romana).

Pour les USA aujourd’hui, ce qui est en jeu, ce n’est plus le contrôle simplement d’une partie  du globe, mais bien une véritable Pax Americana mondiale. Bien que certains commentateurs aient vu dans la dernière poussée impériale le résultat d’une petite cabale de néoconservateurs au sein de l’administration Bush, il y a en réalité un large consensus dans la structure de pouvoir US sur la nécessité d’étendre l’empire US.  Une collection récente d’ouvrages qui contient des contributions critiques sur l’administration (en place) est intitulée The Obligation of Empire: United States’ Grand Strategy for a New Century [L’obligation d’Empire : la grande stratégie des USA pour un nouveau siècle]. (6)

Ivo. H. Daalder (chargé de recherche à la Brookings Institution et ancien conseiller en politique étrangère d’ Howard Dean) et James M. Lindsay (vice-Président du Conseil sur les Relations étrangères, auparavant employé au Conseil de sécurité nationale sous Clinton) arguent dans leur livre America Unbound que les USA ont longtemps eu un « empire secret », camouflé sous le multilatéralisme.  La politique unilatérale de la Maison blanche sous Bush consistant à “construire un empire fondé sur le seul pouvoir américain” n’a changé les choses que dans le mesure où elle a mis à nu son caractère caché et a réduit sa force d’ensemble en s’appuyant moins sur les États vassaux.   Selon Daalder et Lindsay, les USA sont maintenant sous le commandements de penseurs  “hégémonistes”, qui veulent assurer que les USA dominant le globe entier – à la fois dans leur propre intérêt national et pour remodeler le monde en accord avec « l’impérialisme démocratique ».  Mais une posture si agressive, font-ils remarquer, n’est historiquement rien de bien nouveau sous le ciel US. On peut retracer une tendance impériale unilatéraliste jusqu’à l’époque de Theodore Roosevelt et elle était présente dès le début de la Guerre froide dans les administrations Truman et Eisenhower. Daalder et Lindsay croient encore en la possibilité d’une stratégie plus coopérative comme stratégie supérieure d’approche de la gestion d’un empire, avec les autres grandes puissances se laissant distancer par les USA. (7)

Mais un tel impérialisme coopératif devient plus difficile à réaliser une fois que la puissance hégémonique commence à décliner. Non seulement les USA subissent une concurrence économique accrue, mais avec la disparition de l’URSS, l’alliance de l’OTAN s’est affaiblie. Les vassaux  européens de Washington ne suivent pas toujours ses directives, même s’ils ne sont pas en mesure de le défier directement.  La tentation qui s’offre à une puissance hégémonique déclinante mais qui reste armée et dangereuse dans de telles circonstances est celle de tenter de reconstituer et même d’étendre son pouvoir en agissant unilatéralement et en monopolisant le butin de guerre.

La guerre pour le “Nouveau siècle usaméricain”
 
Le système capitaliste est mondial dans sa dimension économique mais politiquement, il est divisé en États qui sont en compétition entre eux et développent leur économie de manières diverses. La contradiction du développement inégal du capitalisme a été exprimée de manière classique par Lénine dans son livre L’impérialisme, stade suprême du capitalisme (1916 ). Il ne peut y avoir d’autre base, dans le capitalisme, à la division en sphères d’influence, d’intérêt, de colonies etc. que le calcul de la force des participants dans cette division, leur force économique générale, financière, militaire etc. Et la force de ces participants dans la division ne change pas à un degré égal, car, dans le capitalisme, le développement de diverses entreprises, trusts, secteurs industriels ou pays ne peut pas être égal. Il y a un demi-siècle, l’Allemagne était un pays insignifiant et misérable,  pour ce qui était de sa force économique, comparé avec la force de l’Angleterre à cette époque.  Le Japon était également insignifiant, comparé à la Russie. Est-il “concevable” qu’en dix ou vingt ans, la force relative des puissances impérialistes demeure inchangée ? C’est asbolument inconcevable. (8)

Il règne aujourd’hui un large consensus sur le fait que le monde est en train de subir une transformation économique globale. Non seulement le taux de croissance de l’économie mondiale connaît un ralentissement général , mais la force économique relative des USA continue à s’affaiblir. En 1950 les USA comptaient pour moitié du PNB mondial, pour descendre à un cinquième en 2003.  De même, ils contribuaient à presque la moitié de stock mondial d’investissements étrangers directs en 1960, comparés à un peu plus de 20% au début de ce siècle. Selon des projections de  Goldman Sachs, la Chine pourrait prendre la relève des USA comme première économie du monde en 2039. (9)

Cette menace croissante alimente l’obsession de Washington pour jeter les bases d’un “Nouveau siècle usaméricain”.  Son actuel interventionnisme vise à profiter de sa primauté présente, sur le court terme, sur les plans économique et militaire pour s’assurer des ressources stratégiques qui lui garantiraient à long terme une suprématie mondiale.   Le but est d’étendre la puissance US directement tout en privant les concurrents potentiels de ces ressource stratégiques vitales qui pourraient leur permettre de défier (les USA) au niveau mondial ou même à l’intérieur de certaines zones.

Le document La stratégie de sécurité nationale des USA (The National Security Strategy of the United States) de 2002 notait : « Nos forces seront assez fortes pour dissuader d’éventuels adversaires d’édifier une puissance militaire à même de surpasser, ou d’égaler celle des USA. » Mais la grande stratégie va au-delà de la simple puissance militaire. Les avantages économiques sur les rivaux potentiels sont l’enjeu réel de la compétition intercapitaliste. D’où l’intégration de la puissance militaire US dans la lutte pour contrôler le capital, le commerce, la valeur du dollar et les matières premières stratégiques.

Les objectifs stratégiques US ont peut-être été exposés le plus clairement par Robert J. Art, professeur de relations internationales à Brandeis et chercheur associé à l’Olin Institute, dans son livre Grand Strategy for America. « Une grande stratégie », écrit-il “indique aux leaders d’une nation quels buts ils doivent poursuivre et comment ils peuvent utiliser au mieux la puissance militaire de leur pays pour atteindre ces objectifs. Dans la conceptualisation d’une telle grande stratégie pour les USA, Art présente six «intérêts nationaux principaux » par ordre d’importance :

·          1° - Prévenir une attaque sur le sol usaméricain;

·          2° - Prévenir des guerre eurasiatiques entre grandes puissances et, si possible, les compétitions intenses en matière de sécurité qui les rendent probables ;

·          3° -Préserver l’accès à des réserves de pétrole à des prix raisonnables et de manière sûre;

·          4° - Préserver un ordre économique international ouvert;

·          5° - Promouvoir la diffusion de la démocratie et le respect des droits humains à l’étranger et prévenir les génocides ou les massacres dans les guerres civiles;

·          6° - Protéger l’environnement mondial, en particulier contre les effets néfastes du réchauffement global et d’un changement climatique grave ;

Après la défense nationale au sens propre, c’est-à-dire la défense de la “patrie” contre des attaques extérieures, les trois autres grandes priorités stratégiques sont donc:

(1)   l’objectif géopolitique traditionnel d’hégémonie sur le continent eurasiatique vue comme la clé de la puissance,

(2)    assurer le contrôle des réserves pétrolières mondiales et

(3)   promouvoir des relations économiques capitalistes au plan mondial.

Pour atteindre ces objectifs, explique Art, Washington devrait “maintenir des forces positionnées” en Europe et en Asie orientale (les deux parties de l’ Eurasie avec les plus hautes concentrations de puissance) et dans le Golfe arabo-persique (où se trouve le plus gros des réserves pétrolières). “L’Eurasie  abrite la plus grande partie de la population du monde, de ses réserves avérées de pétrole, de sa puissance militaire ainsi qu’une grande part de sa croissance économique. » C’est pourquoi il est crucial que la grande stratégie US dans cette région vise à renforcer l’hégémonie dans la région, à commencer par les régions pétrolières clé du sud de l’Asie centrale. (10)

Alors que la guerre et l’occupation s’enlisent en Afghanistan et en Irak sans issue, Washington a procédé à une escalade des menaces d’attaque “préventive” contre le voisin le plus puissant de ces pays, l’Iran. La justification principale donnée à cela et le programme iranien d’enrichissement de l’uranium, qui pourrait éventuellement permettre à l’Iran de développer des armes nucléaires. Mais il existe d’autres raisons à l’intérêt des USA por l’Iran. Comme l’Irak avant lui, l’Iran est une puissance pétrolière de premier rang, disposant maintenant des plus grandes réserves avérées après l’Arabie saoudite et avant l’Irak. Le contrôle de l’Iran est crucial dans le projet US de domination du Golfe arabo-persique et de son pétrole.

L’importance géopolitique de l’Iran va en outre au-delà du Moyen-Orient. Il est une pièce clé (tout comme l’Afghanistan) dans le Nouveau grand Jeu pour le contrôle du sud de l’Asie centrale, y compris du bassin de la Mer caspienne avec ses énormes réserves d’hydrocarbures. Les planificateurs stratégiques US sont obsédés par la crainte que se constitue un bloc formé par la  Russie , la Chine , l’Iran et les pays d’Asie centrale (avec éventuellement le Japon), qui pourraient se rassembler économiquement et passer des accords dans le domaine energétique. Ce  bloc pourrait briser la mainmise US et occidentale sur le marché mondial du pétrole et du gaz et créer la base pour un changement de pouvoir en faveur de l’Orient. Actuellement, la Chine , dont l’économie connaît la croissance la plus rapide du monde, manque de sécurité énergétique, même si sa demande en énergie fossile est en croissance rapide.  Elle est en train d’essayer de résoudre partiellement ce problème en augmentant son approvisionnement énergétique à partir de l’Iran et des pays d’Asie centrale. Les tentatives US récentes d’établir une alliance plus forte avec l’Inde, dont Washington a favorisé l’accès au statut de puissance nucléaire, font clairement partie du Nouveau Grand Jeu pour le contrôle du sud de l’Asie centrale – ce qui évoque le Grand jeu entre la Russie et l’Angleterre au XIXème siècle pour le contrôle de cette partie de l’Asie. (11)

Dans sa propagande –il faudrait dire plutôt son marketing – le Pentagone diffuse des images tendant à étayer son argument principal : les armées US en Afrique font du travail humanitaire et d’aide au développement. Voici quelques-unes des photos diffusées sur le site e l’ United States European Command USEUCOM et prises généralement par des militaires chargés des « affaires publiques » ou de la « communication de masse »

La nouvelle course à l’Afrique

S’il y a un Nouveau Grand Jeu en cours en Asie, il y a aussi une nouvelle “Course à l’Afrique” de la part des grandes puissances. (12)  The National Security Strategy of the United States de 2002 déclarait que  le “combat contre le terrrorisme mondial” et la nécessité d’assurer la sécurité énergétique des USA requéraient des USA qu’ils augmentent leur engagement en Afrique et appelaient à une « coalition volontaire » pour établir des arrangements sécuritaires sur ce continent.  Peu après, le Commandement US d’Europe, basé à Stuttgart, en Allemagne —et chargé des opérations militaires U.S. en Afrique subsaharienne —a augmenté ses activités en Afrique de l’Ouest, se centrant sur les pays ayant d’importantes productions ou réserves de pétrole dans ou autour du Golfe de Guinée (en gros de la Côte d’Ivoire à l’Angola). Le Commandement militaire US pour l’Europe consacre maintenant 70% de son temps aux affaires africaines, alors qu’elles avaient une part insignifiante encore en 2003. (13)

Comme l’a remarqué Richard Haass, actuellement président du Conseil sur les Relations étrangères, dans sa préface au rapport publié par le Conseil en 2005 sous le titre Plus que de l’humanitarisme : une approche stratégique US de l’Afrique [More Than Humanitarianism: A Strategic U.S. Approach Toward Afric]a: “À la fin de la décennie, l’Afrique subsaharienne est susceptible de devenir une source d’importations énergétiques US aussi  importante que le Moyen-Orient.». (14)  L’Afrique de l’Ouest dispose de quelques 60 milliards de barils de réserves pétrolières avérées. Son pétrole, à faible teneur en soufre, est un brut doux fort apprécié par l’économie US. Les agences et les boîtes à idées US prévoient qu’un baril de pétrole sur cinq entrant dans le circuit économique mondial dans la deuxième moitié de cette décennie viendra du Golfe de Guinée et que la part  provenant du Golfe de Guinée dans les importations US passera de 15 à 20 % en 2010 et à 25% en 2015. Le Nigeria fournit déjà 10% du pétrole importé par les USA. L’Angola en fournit 4% et sa part devrait doubler d’ici la fin de la décennie. La découverte d e nouvelles réserves e l’expansion de la production pétrolière sont en train de faire d’autres pays de la région des exportateurs importants de pétrole, notamment la Guinée équatoriale, São Tomé et Principe, le Gabon, le Cameroun et le Tchad. La Mauritanie deviendra un exportateur de pétrole en 2007. Le Soudan, limité par la Mer rouge à l’Est et le Tchad à l’Ouest, est un important producteur de pétrole.

À l’heure actuelle, la principale base militaire permanente US en Afrique est celle établie à Djibouti, dans la Corne de l’Afrique, qui permet aux USA le contrôle stratégique de la route maritime qu’emprunte un quart de la production pétrolière mondiale. La base de Djibouti est aussi à proximité du pipeline soudanais (les militaires françaises ont depuis longtemps une présence militaire importante à Djibouti ainsi qu’une base aérienne à Abéché, au Tchad, près de la frontière soudanaise). La base de Djibouti permet aux USA de dominer l’extrémité orientale de la vaste bande pétrolière traversant l’Afrique, qui est désormais considérée comme vitale pour leurs intérêts stratégiques  — une vaste bande allant du pipeline Higleig-Port Soudan ( 1600 km ) dans le sud-est au pipeline Tchad-Cameroun ( 1000 km ) et au Golfe de Guinée dans l’Ouest. Un nouveau poste d’opérations avancées en Ouganda donne aux USA la possibilité de contrôler le sud-Soudan, où se trouve la plus grosse patrie du pétrole soudanais.

En Afrique de l’Ouest, le Commandement militaire US pour l’Europe a désormais établi des postes d’opérations avancées au Sénégal, au Mali, au Ghana et au Gabon—ainsi qu’en Namibie, à la frontière avec l’Angola, au Sud – qui impliquent l’amélioration de pistes aériennes, le stockage de réserves essentielles et de carburant ainsi que des accords (avec les gouvernements locaux) permettant le déploiement rapide de troupes US. (15) En 2003 a été lancé un programme de contreterrorisme en Afrique de l’Ouest et en mars 2004, des Forces spéciales US ont été directement engagées dans une opération militaire avec des pays du Sahel contre le groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), qui figure sur la liste des organisations terroristes dressée par Washington. Le Commandement US pour l’Europe es en train de développer un programme de sécurité côtière dans le Golfe de Guinée appelé la Garde du Golfe de Guinée. Il prévoit aussi la construction d’une base militaire navale US à São Tomé et Principe, qui selon, le Commandment US, pourrait rivaliser avec la base navale de Diégo Garcia dans l’Océan indien. Le Pentagone est donc est en train de se mouvoir agressivement pour établir une présence militaire dans le Golfe de Guinée qui permettra le contrôle de la partie occidentale de la route transafricaine du pétrole et les réserves vitales de pétrole qui y ont été découvertes. L’Opération Flintlock (“Pistolet à pierre”), une manoeuvre militaire de mise en route, a impliqué en 2005 1000 membres des Forces spéciales US. L’été prochain (2006), le Commandement pour l’Europe va conduire des manœuvres de sa nouvelle force de réaction rapide pour le Golfe de Guinée.

Ici, les canons suivent le commerce : les grandes entreprises pétrolières US et occidentales sont prises dans une course au pétrole ouest-africain et réclament de la sécurité.  Selon le Wall Street Journal du 25 avril 2006, le Commandement militaire US pour l’Europe est en train de travailler avec la Chambre de Commerce US pour étendre l’emprise des entreprises US en Afrique dans le cadre d’une « réponse US intégrée ».  Dans cette course économique aux ressources pétrolières africaines, les anciennes puissances coloniales, la Grande-Bretagne et la France, sont en compétition avec les USA. Mais sur le plan militaire, elles collaborent étroitement avec les USA pour assurer le contrôle impérial occidental sur la région.

L’escalade de la présence militaire US en Afrique est fréquemment justifiée par la nécessité de combattre le terrorisme et de contrer une instabilité croissante dans la région pétrolière de l’Afrique subsaharienne. Depuis 2003 le Soudan a été ravagé par une guerre civile et un conflit ethnique concentrés dans la région du Darfour, au sud-ouest (où se trouve une grande partie du pétrole soudanais), qui ont donné lieu à d’innombrables violations des droits humains et des massacres par des milices liées au gouvernement de populations de la région. Des tentatives de coups d’État ont eu lieu dans les nouveaux pétro-États de São Tomé et Principe (2003) e de Guinée équatoriale (2004). Le Tchad, dirigé par un régime brutalement oppressif protégé par un appareil de sécurité et de renseignements appuyé par les USA, a aussi vécu une tentative de coup d’État en 2004. Un coup d’État réussi a eu lieu en 2005 en Mauritanie contre l’homme fort soutenu par les USA Maaouiya Ould Taya. En Angola, la guerre civile a duré trois décennies – provoquée et alimentée par les USA, qui, avec l’Afrique du sud, ont organisé l’armée terroriste dirigée par l’UNITA de Jonas Savimbi – jusqu’au cessez-le-feu qui a suivi la mort de Savimbi en 2002. Au Nigeria, pays hégémonique dans la région, règnent la corruption, les révoltes et le vol organise de pétrole, avec des parts considérables de la production pétrolière du delta du Niger qui sont siphonnées – jusqu’à 300 000 barils par jour au début de 2004. (16) L’apparition d’une insurrection armée dans le delta du Niger et le conflit potentiel entre le Nord musulman et Sud non musulman sont des sources majeures d’inquiétude US.

Il y a donc des appels incessants, avec un flot de justifications douteuses, à des « interventions humanitaires » US en Afrique. Le rapport du Conseil pour les Relations étrangères More than Humanitarianism insiste sur le fait que “les USA et leurs alliés doivent être prêts à prendre les mesures appropriées pour agir » au Darfour, au Soudan, « y compris des sanctions et, si nécessaire, une intervention militaire, si le Conseil de sécurité est bloqué pour le faire. » Parallèlement, l’idée que les militaires US pourraient être amenés avant longtemps à intervenir au Nigeria a été fortement agitée parmi les sommités et dans les cercles d’experts. Le correspondant de l’Atlantic Monthly Jeffrey Taylor écrivait en avril 2006 que le Nigeria était devenu “le plus grand État failli sur terre”, et qu’une poursuite de la déstabilisation de cet État ou son passage sous la coupe de forces islamiques radicales mettrait en danger «   les importantes réserves pétrolières que l’Amérique a juré de protéger. Si ce jour devait arriver, cela donnerait le signal d’une intervention militaire bien plus massive que la campagne d’Irak. » . (17).

............suite sur http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=5063
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« Répondre #149 le: 16/01/2008 - 14:23:01 »

Et l'Algérie ? à 18 ans de la fin du pétrole et Gaz Algériens

Comment les États du Golfe ont appris à ne pas dilapider la manne pétrolière
15 janvier 2008 - Depuis Paris (France) - Réseau Voltaire
http://www.voltairenet.org/article154353.html

Voila le rapport de mission de la délégation sénatoriale française. http://www.voltairenet.org/IMG/pdf/Les_fonds_souverains_au_Moyen-Orient.pdf

Les économies du Golfe sont en très rapide mutation. À l’occasion des voyages simultanés de MM. Bush et Sarkozy dans cette région, nous reproduisons un extrait du rapport de mission de la délégation sénatoriale française qui s’est rendue dans cette région en mars 2007. Il témoigne de la nouvelle gestion des avoirs pétroliers qui, après des décennies de gaspillage, s’est concentrée sur les investissements nécessaires à l’après-pétrole.
   
À l’image de l’Arabie Saoudite, qui a mis en place une politique significative de désendettement, les pays de la péninsule arabique ont le souci de promouvoir une gestion publique rigoureuse afin de répondre aux défis socio-économiques des prochaines années, au premier rang desquels figurent l’éducation et le secteur de la santé.

Conscients que « l’âge d’or » actuel ne pourra durablement se maintenir, les gouvernements de ces pays, dont les élites ont été, pour la plupart, formées dans les meilleures universités anglo-saxonnes, ont le souci de mener des politiques structurelles d’assainissement mais aussi de diversification afin de participer pleinement à la mondialisation.

Diversification de l’économie vers l’industrie et les services

La réduction de la part des hydrocarbures dans le PIB se constate dans les trois Etats visités, et, plus généralement, dans tout le Moyen-Orient.

Cette réduction résulte, non pas du tarissement de la manne, mais du souci, largement partagé par les autorités politiques, d’accroître la part des autres secteurs, dans le double intérêt de rééquilibrage économique mais également de stabilisation de la société.

Le Royaume d’Arabie Saoudite : à tous les niveaux sortir du « tout pétrole »

Cet objectif est patent au sein de la principale force économique de la région, l’Arabie Saoudite, dont l’économie dépend très fortement du pétrole.

En 2007, le pétrole représente encore 90 % de ses exportations, 80 % de ses recettes budgétaires et la moitié de son PIB. Cela se confirme à l’examen du palmarès du « top 100 » des entreprises saoudiennes qui sont concentrées principalement dans le secteur énergétique : le secteur pétrolier représentant à lui seul 10 % des capitaux de ce « top 100 » et générant près de 30 % du revenu de ces 100 entreprises.

Aussi le gouvernement saoudien sous l’impulsion du roi Abdallah a-t-il mis en place une politique de privatisation de l’économie afin de favoriser l’émergence d’un secteur privé, créateur de croissance et d’emplois, et de diversifier l’économie pour qu’elle sorte de la dépendance énergétique : le 8eme plan quinquennal de développement, adopté en 2006, prévoit ainsi 500 milliards de dollars d’investissements d’ici 2024.

La visite de la SAGIA (Saoudi Arabia General Investment Authority), permet par le dynamisme et le professionnalisme des équipes rencontrées, de conforter cette impression. Elle est, en effet, chargée « d’attirer » les capitaux étrangers et de les répartir le plus équitablement possible avec pour objectif officiel et ambitieux d’insérer l’Arabie Saoudite parmi les 10 économies les plus compétitives du monde avant 2010.

La priorité est la restructuration de l’économie et les grands axes demeurent la diversification des ressources, la saoudisation des emplois, la libéralisation et l’insertion dans l’économie globalisée (comme en témoignent l’adhésion à l’OMC en novembre 2005 et la mise en oeuvre de l’union douanière du CCEAG) mais aussi l’appel aux investissements étrangers, l’ouverture de l’amont gazier ou le développement du tourisme, notamment religieux grâce à la proximité des lieux saints. L’Arabie Saoudite espère ainsi attirer une partie des 1,3 milliard d’habitants vivant à moins de 3 heures de vol de son territoire. Les privatisations sont entrées dans leur phase de concrétisation, dans les secteurs des télécommunications, du dessalement d’eau de mer, de la production d’électricité, des services parapétroliers et du transport aérien.

La question du financement de ces projets d’infrastructures n’est cependant pas résolue alors que les besoins sont estimés à 17 milliards de dollars par an au cours des 10 à 20 années à venir. L’excédent budgétaire exceptionnel, dû au contexte extrêmement favorable du marché pétrolier, devrait y contribuer. Cependant, l’instauration d’une véritable fiscalité, parce qu’elle impliquerait des contreparties en matière de participation à la vie politique, n’est toujours pas envisagée.

Des économies déjà plus diversifiées : les Emirats arabes unis et le Royaume de Bahreïn

Deux images fortes attestent de cette diversification déjà largement engagée. En premier lieu, le dynamisme immobilier de Dubaï, caractérisé par l’augmentation du nombre des transactions réalisées et des mises en chantier ainsi que l’envolée des prix des actifs immobiliers. En second lieu, la visite d’ALBA (Aluminium Bahreïn) à Manama, l’une des plus importantes usines de production d’aluminium au monde.

Une économie émirienne en profonde mutation

L’économie des Emirats arabes unis (EAU) est ainsi en phase de mutation profonde : depuis 2000 a été lancé un vaste mouvement de privatisation dans les secteurs de l’eau, de l’électricité, de l’industrie et des services, tandis que le montant planifié d’investissement public et privé au titre « d’Abu Dhabi 2030 » est de 1.000 milliards de dirhams sur 15 ans, soit environ 200 milliards d’euros. A titre de comparaison, il y aurait eu, entre 1968 et 2006, « seulement » 192 milliards de dirhams d’investissement public soit environ 40 milliards d’euros.

Les EAU apparaissent ainsi comme le pays de la région le plus avancé dans le processus de diversification de son économie : les services (commerce international, tourisme et activités financières) atteignent 40 % du PIB, essentiellement à Dubaï, tandis que le secteur des hydrocarbures a vu son poids relatif décroître : 70 % au milieu des années 1970, 45 % dans les années 1980 et environ 35 % aujourd’hui. L’économie des Emirats arabes unis a ainsi été classée « économie la plus compétitive du monde arabe » par le World Economic Forum (WEF) de Doha des 9 et 10 avril 2007.

Les infrastructures et le secteur des transports connaissent un essor considérable : Dubaï revendique la place de première plate-forme aéroportuaire régionale. Un nouvel aéroport est en construction ambitionnant de devenir le plus grand aéroport mondial et le principal « hub » nord-sud, d’une capacité de 120 millions de passagers par an. La compagnie Emirates, fondée en 1985, est devenue un acteur aéronautique mondial majeur et est le premier client de lancement de l’A380 (43 appareils initialement commandés, auxquels se sont ajoutés quatre autres appareils en mai 2007). Avec Qatar Airways, cette compagnie constitue désormais un très sérieux concurrent d’Air France KLM. En outre, en contrepartie de ces achats d’avions, elle tente d’obtenir des ouvertures de lignes supplémentaires, ce qui peut susciter des tensions au sein de l’administration entre les directions en charge de la régulation des créneaux aériens et celles dont la vocation affichée est de dynamiser le commerce extérieur.

L’émirat d’Abou Dabi semble désormais s’inspirer de la stratégie suivie par Dubaï afin de diversifier à son tour son économie et développe ses capacités aéroportuaires, industrielles et touristiques. Ainsi, à titre anecdotique, l’Emirates Palace, hôtel 7 étoiles, ouvert en 2005, dont le dôme est doré à l’or fin, a coûté plus de 3 milliards de dollars et représente la « vitrine luxueuse » d’Abou Dabi face à l’hôtel Burj Al Arab de Dubaï.

Les entreprises émiriennes (en particulier Emirates, évoqué précédemment, mais aussi Dubaï Ports Authority, Etihad Airways, Emirates Bank International, Emaar, International Petroleum Investment Company et Dubaï Aluminium) ou les fonds d’investissement (Mubadala Development Company et Dubaï Holding) mènent d’ambitieuses politiques d’internationalisation et de prises de participation sur des marchés extérieurs.

On doit cependant relever le caractère trop spéculatif de ces investissements, insuffisamment tournés vers les infrastructures et les moyens de production au profit de la mobilité et la forte rentabilité. L’exception du Qatar, et depuis peu, celle de Dubaï, qui souhaitent investir dans EADS, mérite à ce titre d’être soulignée [1]. En effet, le fonds d’investissement Dubaï International Capital (DIC) est entré à hauteur de 3,12 % dans le capital d’EADS en juillet 2007.

Bahreïn : l’économie la plus ouverte de la région ?

Le Royaume de Bahreïn est considéré comme détenteur de l’économie la plus ouverte et la plus libérale de la région avec une volonté constante et ancienne de diversifier le tissu économique.

Premier pays du Golfe à avoir mis en exploitation ses réserves, il est également le premier pays à subir les effets de leur épuisement : les hydrocarbures ne représentent plus, aujourd’hui, que 25 % de son PIB, dont 16 % pour le seul pétrole, mais encore 75 % de ses recettes budgétaires.

Dès le début des années 1980 la législation applicable à l’investissement étranger a été libéralisée, autorisant en particulier les sociétés étrangères à prendre une participation de 100 % dans une société bahreïnienne. Les autorités ont ainsi pu développer l’appareil industriel du pays, notamment dans le secteur de l’aluminium et dans celui du tourisme.

L’organisme chargé du développement économique et de la promotion du pays auprès des investisseurs étrangers (l’Economic development board, EDB), s’est ainsi fixé 3 objectifs :

- d’une part, créer le plus grand nombre d’emplois en levant les obstacles au développement du secteur privé, et lutter ainsi contre le chômage, apparu dans les années 1980 ;

- d’autre part, attirer les investissements dans certains secteurs en se concentrant sur la qualité et la valeur ajoutée ;

- enfin, accroître le niveau de vie des habitants.

Si l’Etat conserve un rôle prépondérant dans l’économie (60 % du PIB sont générés par des entreprises détenues en majorité ou en totalité par le gouvernement ou la famille royale, telles Gulf International Bank ou Alba), un programme de privatisation est en cours. Un bureau de supervision, de transparence et de contrôle des passations de marchés publics (tender board) a été créé et placé sous l’autorité du prince héritier.

Jouant à la fois la carte de l’intégration régionale et de la mondialisation, le Royaume de Bahreïn a signé en septembre 2004 un accord de libre-échange avec les Etats-Unis. Le CCEAG, dont il est membre, et l’Union européenne négocient actuellement un accord de libre-échange, qui permettra au Royaume de Bahreïn d’obtenir une baisse des tarifs appliqués à l’aluminium et aux produits pétroliers.

Une condition nécessaire : la mise en place d’un cadre juridique adapté pour attirer les compétences et les investissements

A l’instar de la stratégie adoptée par le Royaume de Bahreïn depuis une trentaine d’années, l’attractivité et la diversification économiques de la région nécessitent la mise en place de zones franches non seulement fiscales mais également réglementaires.

Cette « privatisation » de l’espace juridique public permet d’offrir aux investisseurs un cadre ad hoc sûr, négocié à la demande et donc particulièrement attractif. Les zones franches sont à la fois des « produits d’appel » mais aussi un « sas » qui permet aux investisseurs étrangers d’intégrer progressivement les particularités régionales.

Ainsi, la visite et la présentation du Dubaï International Financial Center, DIFC, zone franche instituée en janvier 2004 avec l’ambition de s’ériger en place financière la plus importante du Golfe est très impressionnante. Elle propose une véritable supervision « clef en main » en matière financière qui s’inspire pour une très large part des pratiques anglo-saxonnes, en l’espèce du mode de fonctionnement de la City.

Si l’Arabie Saoudite avait, jusqu’à présent, relativement peu attiré d’investisseurs étrangers, les autorités saoudiennes ont désormais instauré un cadre réglementaire jugé particulièrement sécurisant. L’adhésion du royaume à l’OMC, en décembre 2005 après douze ans de négociations, a consacré les efforts poursuivis en matière d’ouverture aux investissements directs étrangers (comme l’a illustré l’ouverture de « l’amont gazier » en 2003).

Mais ces efforts n’en sont qu’à leurs débuts, puisque en dépit de ses atouts, l’économie saoudienne ne demeure toutefois que la 51ème destination des investissements directs étrangers dans le monde.

Le recours aux meilleures techniques pour gérer ces avoirs

Tous les interlocuteurs insistent sur la rigueur et le professionnalisme dont ces pays font preuve dans la gestion de leurs avoirs.

La mise en place de « best practices »

Ces qualités apparaissent indispensables au vu des montants concernés, des erreurs commises naguère et de la nécessité de constituer des fonds de réserves aptes à prendre le relais à plus ou moins brève échéance de la manne pétrolière et donc de conforter la solidarité transgénérationnelle.

En outre, par effet de « contagion », l’affichage de ces exigences peut contribuer à rassurer les investisseurs potentiels étrangers quant à la stabilité et au sérieux de ces économies.

Des stratégies d’investissement guidées par la recherche de rentabilité

La nature et l’organisation des structures en charge du choix et du suivi des investissements prennent donc la forme, soit de fonds alimentés directement par les revenus du pétrole et ayant une stricte logique d’investissement de portefeuille la plus diversifiée possible, guidée par le seul critère de la rentabilité, soit de fonds chargés de prendre des participations stratégiques dans les sociétés cotées, avec ou sans présence au sein du management de l’entreprise.

Aux EAU, l’ADIA réalise, pour l’essentiel, des investissements de portefeuille sous forme d’achats d’actions ou de bons du Trésor, tandis que la Mubadala Developpement Company (MDC) a pour vocation de prendre des participations stratégiques et que Dubaï Holding (créée en 2004 et entièrement contrôlée par le gouvernement) s’oriente vers des opérations sur des grosses sociétés emblématiques.

Ainsi, le groupe Dubaï Ports World (DPW), après avoir racheté la compagnie britannique Peninsular and Oriental Ports, a-t-il tenté, fin 2005, de prendre le contrôle des six principaux ports de la côte Est américaine (New-York, Newark, Baltimore, Philadelphia, Miami et Nouvelle-Orléans). Devant le « tollé » politique et médiatique suscité aux Etats-Unis, le DPW a finalement renoncé à cette ambition en cédant ses droits à l’assureur AIG.

A Bahreïn, Mumtalakat Holding Company, créée en juin 2006, est la structure choisie par le gouvernement pour y loger tous ses actifs industriels et commerciaux. Elle gère les participations stratégiques dans 29 entreprises parmi lesquelles Gulf Air, ALBA, ou MacLaren. Sa mission est de maximiser le rendement financier de ses actifs afin que les dividendes ainsi perçus compensent progressivement une partie de la baisse attendue de la rente pétrolière.
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