Algerieinfo.com Forum
24/04/2014 - 13:10:35 *
Bienvenue, Invité. Veuillez vous connecter ou vous inscrire.
Avez-vous perdu votre courriel d'activation?

Connexion avec identifiant, mot de passe et durée de la session
Nouvelles: Bienvenue sur le forum d'Algerieinfo.com qui respecte la liberté d'opinion et d'expression pour discuter librement, civilement, intelligemment et cordialement et merci d'avance de respecter le règlement du forum : respect des convenances, pas d'insultes, pas de dénigrement, pas de propos racistes, xénophobes ou calomnieux. Tous les messages postés sur ce forum expriment la vue et opinion de leurs auteurs respectifs, et non pas des administrateurs, ou modérateurs, ou webmasters (excepté les messages postés par eux-même) et par conséquent ne peuvent pas être tenus pour responsables. Les administrateurs et modérateurs de ce forum s'efforceront de supprimer ou éditer tous les messages à caractère répréhensibles aussi rapidement que possible. Toutefois, il leur est impossible de passer en revue tous les messages. Les opinions exprimées dans le forum sont laissées à la stricte responsabilité de l'auteur.
 
   Accueil   Aide Rechercher Identifiez-vous Inscrivez-vous  
Pages: 1 ... 4 5 6 [7] 8 9 |   Bas de page
  Imprimer  
Auteur Fil de discussion: Alerte Rouge : l'Algérie face à l'actuelle crise banco-financière mondiale  (Lu 437988 fois)
informaticien
Full Member
***
Hors ligne

Sexe: Homme
Messages: 118


« Répondre #90 le: 25/10/2008 - 18:23:07 »

PETIT RAPPEL POUR LES NAIFS,

- LA MAFIA, JE PARLE DE LA NOUVELLE VERSION MODERNE DES DIVERS COLONS INTERNATIONAUX (FINANCIERE ET POLITIQUE), A TOUJOURS EXISTE.

- LES MAFIAS LOCALES DZ (ALGERIENNES) FRELATEES, TRES MAUVAISES COPIES DE CERTAINES MAFIAS (Européennes: CORSES, SICILIENNES ET ITALIENNES) EXISTENT SEULEMENT ET UNIQUEMENT PAR LA VOLONTE, SOUS ORDRE, SUPERVISION ET COMMANDEMENT DE CES MAFIAS INTERNATIONALES (SOUVANT PLUS ETRANGERE (Européennes) QU'ALGERIENNE) AVEC LE SUPPORT TACTIQUE DE LEURS MERCENAIRES D'AL-QAIDA alias AL-CIA avec la complicité de certains services spéciaux étrangers ocidentaux et arabes.

- LES ENTREMETTEURS DZ (ALGERIENS), CUPIDES, DELATEURS (ex harkis graciés ou épargnés), CORRUPTEURS PROFESSIONNELS ET CORROMPUS QUALIFIES,

ENTRE

LES SERVICES SPECIAUX INTERNATIONAUX (CIA alias AL-QAIDA, SERVICES SECRETS DIVERS (Européens et arabes), MILITAIRES DIVERS, POLICES DIVERS, etc...)

ET

CES MAFIA(S) LOCALE(S) DZ (ALGERIENNES) SONT DE PLUS EN PLUS INFLUENTE(S) GRACE AUX SUPPORTS TACTIQUES FINANCIERS ET TERRORISTES DES MAFIA(S) INTERNATIONALES  (Européennes, US et arabes).

MAIS QUE CE PASSE T IL EN ALGERIE ?

JE NE VEUX PLUS REDEVENIR L'ESCLAVE D"UN "COLONIALISTE MAFIEUX MODERNE" OCCIDENTAL ou EUROPEEN ou US ou ARABE CUPIDE ET NEO-ESCLAVAGISTE COMME MES ANCETRES D'AVANT 1962.  


**************************************

L’économie algérienne dans le rouge : L’Etat face à la crise
Par Omar Belhouchet - 26 octobre 2008 - El Watan
http://www.elwatan.com/L-economie-algerienne-dans-le

L’Etat algérien va-t-il enfin pouvoir tordre le cou aux intérêts mafieux, ceux qui imposent à la collectivité nationale — en s’appuyant sur la formidable « puissance » de la bureaucratie, noyautée par des réseaux occultes — l’importation massive de denrées, produits en tout genre... qui auraient pu être, depuis déjà de longues années, fabriqués en Algérie ? La crise économique mondiale est à nos portes. Si notre système bancaire et financier n’a pas été touché « en raison du retard mis à le moderniser », le ralentissement des économies des pays développés, y compris celle de la Chine, porte un coup dur au marché de l’énergie. L’Opep est aujourd’hui incapable de défendre un prix de pétrole oscillant entre 60 et 80 dollars, à moins d’une très forte réduction de la production. Ce qui n’est pas du tout évident.

Le cycle d’un prix du pétrole élevé inauguré en 1999 s’achève. Les pays producteurs de pétrole vont devoir batailler fort pour empêcher un effondrement du marché du brut ; le scénario de 1986, avec un baril à 6 dollars, est encore dans tous les esprits. L’économie algérienne est, de nouveau, exposée à tous les périls. Tous les dangers. Le chef du gouvernement Ahmed Ouyahia a eu le courage d’avertir, le 25 juin dernier, lors du congrès du RND, du risque de voir le prix du pétrole passer en dessous des 60 dollars : « Tous les projets du pays seraient chimériques et sans lendemain. » Le président Bouteflika prend le relais le 26 juillet, face aux maires, en critiquant sévèrement les investisseurs étrangers qui font des bénéfices sur le dos de l’Algérie. L’aisance financière est un mythe. La cagnotte financière (140 milliards de dollars) risque d’être aspirée en quelques petites années. La fragilité légendaire de l’économie algérienne se vérifie encore une fois. Le coût social sera élevé, sans préjuger du reste... L’on se pose à nouveau cette question qui taraude continuellement les esprits : est-il normal que la facture alimentaire du pays soit encore à ce point élevée ? Pourquoi toutes ces importations de voitures qui coûtent très cher à la Banque centrale en termes de devises, et l’on apprend, au détours d’une déclaration de la vaillante Unop, que pas moins de 15 unités de médicaments sont fermées pour donner libre cours à l’importation. Qui profite de ces situations de rente si l’on exclut les firmes étrangères ? Depuis 1999, des dizaines de milliards de dinars ont été engloutis par l’agriculture, beaucoup d’argent a été détourné à cause d’une gestion aléatoire des fonds de développement de ce secteur. L’Etat est floué dans cette affaire ; nos importations de produits alimentaires (céréales, sucre, lait, huile, café, légumes secs...) n’ont cessé de gonfler, aggravées, il est vrai, par les augmentations des prix à l’échelle mondiale. Peu importe, les experts algériens (Mme Chaulet, Aït Amara, Bessa, Bedrani...) s’évertuent à longueur d’année, dans les colloques, à travers les colonnes de journaux... à tirer la sonnette d’alarme. Aucun répondant des pouvoirs publics. Ils prêchent dans le désert...

La rente impose ses schémas économiques et son mode opératoire pour l’agriculture. C’est le tout nouveau ministre de l’Agriculture, Rachid Benaïssa, dont la voix était étouffée jusque-là, qui vient d’admettre le danger d’une telle dépendance, au moment où la devise va se faire rare pour pouvoir satisfaire les besoins alimentaires des Algériens. Il ne s’agit pas de verser dans le catastrophisme, mais l’on risque, si l’Etat ne réagit pas avec célérité, avec les stratégies adéquates, de revivre des moments pénibles et franchement désastreux pour la population. Il est dans la capacité de notre pays d’amener, à moyen terme, un taux de couverture d’au moins 70% de nos besoins alimentaires par la production nationale. C’est avant tout une question de décision politique. Les pouvoirs publics doivent faire preuve de volontarisme. Une politique conséquente de soutien à la production nationale revêt un caractère extrêmement urgent. Si l’Etat n’agit pas en empruntant le bon chemin, celui de la rigueur, de la production, il ne faut pas s’étonner que l’on renoue avec l’emprunt extérieur dans 3 ou 4 années pour nourrir la population. C’est une perspective peu glorieuse pour l’Algérie et l’aveu d’une faillite économique... Il en est de même pour l’industrie, totalement laminée par l’informel, dans l’indifférence générale. La crise à nos portes doit être, au contraire, le motif de bousculer les certitudes, de remettre tout à plat, d’analyser les incohérences et de situer les dépendances et les responsabilités. L’Etat doit s’attaquer aux situations de rente si l’on veut, malgré notre pétrole, éviter le naufrage économique.

***********************

Sans le pétrol, le pays ne peut assurer sa sécurité alimentaire
La fragilité de l’Algérie mise à nu

Par Faycal Metaoui - 9 juin 2008 - El Watan
http://www.elwatan.com/Sans-le-petrol-le-pays-ne-peut

Sans les hydrocarbures, l’Algérie figurerait sur la liste des pays les moins avancés (PMA).

Le constat est établi par l’économiste Salah Mouhoubi, lors d’une intervention hier au Cercle national de l’armée de Beni Messous, à Alger, aux quatrièmes journées parlementaires (JEP) sur la défense nationale, organisées depuis samedi par le Conseil de la nation sur le thème « La défense économique ». « La survie du pays et donc la sécurité nationale dépendent étroitement d’une seule ressource épuisable et, de surcroît, soumise aux aléas de la conjoncture internationale », a-t-il estimé.

La pétrolisation excessive de l’économie souligne, selon lui, l’échec de la stratégie qui devait faire sortir l’Algérie de la dépendance des hydrocarbures. La structure actuelle du produit intérieur brut (PIB) est citée comme exemple de l’aggravation de « la vulnérabilité » du pays. « L’agriculture et l’industrie, les secteurs qui créent la richesse, ne représentent que 13% du PIB ! Pire, les secteurs productifs connaissent une régression », a-t-il relevé. L’Algérie n’a pas réussi, d’après lui, à construire une économie puissante et diversifiée pour la libérer progressivement de la dépendance à l’égard des hydrocarbures.

« L’Algérie a accepté la fatalité de devenir un pays rentier, acceptant délibérément de tomber dans le piège de la facilité. En choisissant cette option suicidaire à très long terme, elle n’a pas réussi à réduire ses vulnérabilités », a appuyé Salah Mouhoubi, ancien conseiller à la Banque d’Algérie. Sans les recettes pétrolières, l’Etat, selon lui, ne peut assurer ni son fonctionnement ni les besoins de la société. Cette situation fait que le pays n’est pas à l’abri d’un éventuel choc pétrolier.

« L’Algérie n’a pas atteint l’objectif stratégique de sécurité alimentaire. Sans les hydrocarbures, il lui aurait été quasiment impossible de régler la facture des importations », a-t-il expliqué. Pire : l’Algérie est, d’après l’analyse de l’économiste, dépourvue de politique budgétaire rigoureuse « qui se préoccupe de diversifier les recettes et de rationaliser les dépenses ». Il a cité l’exemple de la hausse de 22% du budget de fonctionnement de l’Etat en 2008. « L’Algérie est dépendante de l’extérieur pour se nourrir, se soigner et faire fonctionner son économie.

Le solde de sa balance commerciale dépend des fluctuations du dollar, monnaie de facturation des hydrocarbures qui représentent 98% de ses revenus en devises », a relevé M. Mouhoubi, soulignant que les importations algériennes se font à 60% en zone euro. « Or, le dollar n’a fait que se déprécier par rapport à l’euro. Il y a une perte réelle pour l’Algérie qui résulte du cours des changes des deux principales devises », a-t-il ajouté. Cette perte n’est toujours pas quantifiée.

Le pays n’a, d’après lui, aucune culture d’exportation, en ce sens que l’Algérie a renoncé à défendre ses parts de marché dans le monde. Proposant une stratégie de développement à moyen terme (jusqu’à 2020), il a estimé possible d’atteindre l’objectif de 25% d’exportations hors hydrocarbures. Il faut, a-t-il suggéré, réduire la facture alimentaire et celle des médicaments.

« Pour des raisons de sécurité nationale, l’industrie du médicament devrait connaître un essor », a-t-il noté. Il est nécessaire, selon lui, d’élaborer une politique d’aménagement du territoire, de lutter contre la désertification et maîtriser le problème de l’eau. Emboîtant le pas à Salah Mouhoubi, qui est également conseiller à la présidence de la République, Djoudi Bouras, économiste, membre du Conseil national économique et social (CNES), a relevé l’archaïsme du système bancaire. « De nombreux retards de mise à niveau sont observés et conduisent à un gaspillage important des ressources, favorisant la circulation informelle, découragent l’investissement tant national qu’étranger et font peser des risques sur la sécurité financière », a-t-il observé.

Selon lui, les profondes réformes, « dont l’urgence n’est plus à signaler », buttent sur une attitude devenue, de report en report des processus, un blocage insupportable avec une rente « qui permet à l’Etat de maintenir en état de fonctionnement des systèmes cliniquement végétatifs ». Intervenant lors du débat, Mériem Belmihoub Zerdani, ancien ministre, a estimé qu’il faut demander des comptes à ceux en charge de la gestion des finances du pays. « En l’absence de démocratie, l’argent sera toujours dépensé par des enfants gâtés », a répondu un conférencier.

**************

La crise financière mondiale nous rappelle que nous devons préparer l'après pétrole
Algérie Presse Service - dimanche 2 novembre 2008
http://www.aps.dz/fr/page4.asp

ALGER - Le chef du gouvernement, Ahmed Ouyahia, a indiqué, samedi à Alger, que la crise financière mondiale "nous rappelle que nous sommes gravement dépendants" et qu'il faudrait se mettre sérieusement au travail pour préparer l'après pétrole. "L'avantage de cette crise, pour nous Algériens, est qu'elle vient nous rappeler que nous sommes gravement dépendants", a déclaré M. Ouyahia à la presse en marge de la cérémonie commémorative du 54e anniversaire du déclenchement de la lutte de libération nationale. "Il faut qu'on travaille.

Il faut qu'on cesse de penser que nous sommes devenus un pays riche et ne plus parler d'aisance financière", a-t-il ajouté. M. Ouyahia, tout en réaffirmant que l'Algérie est à l'abris de la crise financière mondiale, a appelé à préparer, dès maintenant, l'après pétrole par le travail et la valeur ajoutée pour créer une "économie compétitive".

**************

Crise financière : Les aveux du chef du gouvernement (Ahmed Ouyahia)
par B. Mokhtaria - Dimanche 2 novembre 2008 - lequotidien-oran.com
http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5111450

Avec la crise financière mondiale, la question de l'après-pétrole, en Algérie, redevient d'actualité. Le chef du gouvernement, Ahmed Ouyahia, bien que convaincu que «l'Algérie est à l'abri de cette crise», n'est pas, pour autant, rassuré sur l'avenir du pays après l'épuisement de l'or noir.

Penser à l'après-pétrole est devenu chose incontournable, selon le chef du gouvernement qui s'est exprimé, hier en marge de la cérémonie commémorative du 54e anniversaire du déclenchement de la lutte de Libération nationale, sur la crise financière affirmant que cet événement a un avantage: il «nous rappelle que nous sommes gravement dépendants». Le seul moyen pour se mettre à l'abri des effets de cette crise reste le travail, explique M. Ouyahia qui a lancé, «il faut qu'on travaille. Il faut qu'on cesse de penser que nous sommes devenus un pays riche et ne plus parler d'aisance financière». Même si l'Algérie n'est pas affectée directement par cette crise, pour le moment, le chef du gouvernement a appelé à préparer, dès maintenant, l'après-pétrole par le travail et la valeur ajoutée pour créer une économie compétitive.

Mercredi dernier, Ouyahia avait déclaré, en marge de l'ouverture de l'année judiciaire 2008-2009, que «nous sommes à l'abri de tout risque engendré par cette crise», en ce sens, a-t-il dit, que «nous sommes en mesure de satisfaire nos besoins extérieurs». «Notre système bancaire ne fait pas partie du système financier international, mais on peut considérer cette crise comme une douche froide qui doit nous faire réagir, car nous n'avons eu de cesse de chanter notre aisance financière», avait ajouté Ouyahia. Il estime que la récession de l'économie mondiale «peut durer jusqu'à trois ans». Cependant, «si l'Algérie en est aujourd'hui à l'abri», cette crise, a-t-il fait remarquer, «a eu, au moins, le mérite de nous révéler que nous n'avons pas travaillé en conséquence pour préparer l'après-pétrole».

Dans son message, vendredi, à l'occasion du 54e anniversaire du déclenchement de la Révolution du 1er Novembre, le président de la République a aussi évoqué la crise financière mondiale et insisté sur le travail comme substitut à la manne pétrolière. Il a affirmé que «le développement est une entreprise qui nécessite le concours et la complémentarité de toutes les données matérielles et morales.

A la faveur de ces choix, nous allons faire face au séisme économique qui se prépare et à ses répliques préjudiciables, en premier lieu, aux économies faibles des pays en développement. Notre souci majeur est de substituer à la manne pétrolière, la valeur ajoutée du travail productif sur les plans, matériel, intellectuel et technologique, et ce, en puisant dans des alternatives à rechercher dans l'agriculture et les industries diverses, notamment les industries de transformation, et en accordant davantage d'intérêt pour les services et les sources d'énergie autres que les hydrocarbures.

J'exhorte nos jeunes à adhérer à cette démarche, à miser sur le travail productif et à favoriser l'activité intellectuelle afin d'exploiter, à bon escient, les richesses et les ressources du pays et abandonner, définitivement, les mirages que nous font miroiter les chaînes satellitaires qui ne cessent de faire la propagande à une prétendue prospérité à rechercher outre-mer».

**************

L’économie factice
Par Ali Bahmane - 6 novembre 2005 - El Watan
http://www.elwatan.com/L-economie-factice

Il ne se passe pas une semaine sans qu’un dirigeant ne s’enthousiasme devant la poignée de milliards de dollars engrangés ces dernières années par l’Etat comme si cet argent aurait été arraché de haute lutte alors qu’il n’est que le fruit d’une conjoncture mondiale exceptionnelle en matière de prix du pétrole.

Cette cagnotte est de surcroît dérisoire comparativement à ce qui se brasse en affaires dans les pays développés : elle n’équivaut qu’au total des exportations de jus de fruits de l’Etat de Californie. Certes, ces quelques sous sont les bienvenus pour un pays qui a vécu des décennies de disette, mais ils sont loin de répondre aux besoins multiformes d’une population de trente-deux millions d’habitants. L’utilité de ces pétro-dinars cache leur danger : ils voilent le problème essentiel de l’économie algérienne qui est son incapacité structurelle à produire de la richesse interne et sa totale dépendance à l’égard d’une matière première périssable et volatile sur les marchés internationaux. Les gens du FMI ont bien raison de dire qu’il est dangereux d’augmenter les salaires s’il n’y a pas leur équivalent dans la production nationale de biens et services. Et si l’UGTA les contredit, c’est bien pour des raisons autres que celles liées à la rationalité et à la prudence économique. D’ailleurs, cet argent est en train de fondre comme neige au soleil dans la frénésie qui s’est emparée dans le domaine de l’importation. Près de quinze milliards de dollars pour le seul premier semestre 2005, alors même que les exportations hors hydrocarbures sont en chute libre et représentent la somme dérisoire de 0,34 milliards de dollars, toujours es trois premiers mois de l’année 2005. C’est dire toute l’ampleur du désastre d’une économie qui ne sait qu’acheter sans rien produire, où agonise un secteur public réduit à l’état de cadavre mais maintenu sous perfusion à coups de milliards, où arrive difficilement à se frayer du chemin un secteur privé dont les capacités créatrices ne sont pas mises en valeur en l’absence de réformes audacieuses et profondes. C’est là que le bât blesse, dans cette incapacité des dirigeants politiques à bousculer l’ordre établi, à aller au-devant des risques et des pesanteurs. La frilosité qui les caractérise tient moins de la prudence que d’une crainte de voir s’échapper à tout jamais la rente qui nourrit le régime politique et irrigue le système qui le sous-tend. L’économie algérienne toujours en otage et constamment sacrifiée à l’autel de la soif du pouvoir.

*********************

Hausse des importations durant les neuf premiers mois de 2008
Une facture de 27,98 milliards de dollars US

Par M. Mamart  - 26 octobre 2008 - El Watan
http://www.elwatan.com/Une-facture-de-27-98-milliards-de

Pays dont l’économie continue toujours à carburer grâce aux recettes pétrolières, l’Algérie paie une lourde facture pour ses importations. En ces temps de crise financière mondiale où le prix du pétrole ne cesse de dégringoler, l’Algérie aura ainsi fort à faire afin de joindre les deux bouts : poursuivre les projets de développement lancés tous azimuts et payer une facture d’importation de plus en plus chère.

Durant les neuf premiers mois de l’année 2008, indique le Centre national de l’informatique et des statistiques des douanes nationales (Cnis), le commerce extérieur algérien a enregistré un volume des importations de 27,98 milliards de dollars US, soit une augmentation de 39,82% par rapport aux résultats des neuf premiers mois 2007. Le volume global des exportations est estimé, quant à lui, à 63,15 milliards de dollars US, soit une augmentation de 48,63% par rapport à la même période l’année dernière. Ces résultats dégagent un taux de couverture des importations par les exportations, durant la période de référence, de 226%, selon le Cnis.

Les statistiques du Cnis font ressortir une hausse pour l’ensemble des produits, avec en tête de classement les « biens d’équipements industriels ». Ainsi, les importations destinées aux équipements qui représentent 32% du total des importations sont passées de 6,06 à 8,89 milliards de dollars US durant la période de référence, soit un accroissement de près de 47%. Les hausses ont aussi concerné les biens destinés à l’outil de production avec 30,7%, les biens alimentaires 67,5% et les biens de consommation non alimentaires avec 20,6%. Pour les biens d’équipement, il s’agit essentiellement, des véhicules de transport de marchandises, de bulldozers, des turboréacteurs et turbopropulseurs. Les biens destinées au fonctionnement de l’outil de production sont constitués essentiellement de tubes et tuyaux, de matériaux de construction (rond à béton, bois, etc.) et des huiles destinées aux industries alimentaires.

Par répartition par mode de financement, le Cnis indique que les importations réalisées ont été financées essentiellement cash à raison de 82,60%, soit 23,11 milliards de dollars US, enregistrant ainsi une augmentation de près de 42% par rapport aux neuf mois 2007. Les lignes de crédit ont financé 8,20% du volume global des importations, soit une diminution de 4,38%. Alors que 3,98% ont été financés par le recours aux comptes devises propres, soit un volume de 1,11 milliard de dollars US. Concernant la provenance de ces importations, le rapport du Cnis fait ressortir que c’est avec les pays de l’OCDE que les échanges extérieurs de l’Algérie sont les plus importants et plus particulièrement avec les pays de l’Union européenne. Les importations en provenance de l’UE ont enregistré une hausse de l’ordre de 42,36% avec 14,87 milliards de dollars US. Parmi les principaux fournisseurs, la France occupe toujours le premier rang avec plus de 16,59%, suivie de l’Italie et de l’Espagne avec les proportions respectives de 10,99% et 7,06%.

Les pays de l’OCDE (hors UE) viennent en deuxième position, avec une part de 18,08% des importations de l’Algérie. Avec ce groupe, il est à signaler que l’essentiel des échanges est réalisé avec les USA, suivis de la Turquie avec les taux respectifs de 6,18% et 2,88% d’importations. Pour les autres régions, les importations algériennes sont relativement faibles, avec une progression tout de même, en passant de 589 millions de dollars US à 641 millions de dollars US. Avec les pays asiatiques, on affiche une augmentation appréciable de 25,51%, alors que le volume des échanges avec les pays du Maghreb a enregistré une augmentation en passant de 678 millions de dollars US à 1,14 milliard de dollars US. Les pays arabes hors Maghreb ont, quant à eux, enregistré un volume global des échanges de l’ordre de 1,19 milliard de dollars US.

****************

Il a parlé de Djezzy pour masquer « l’affaire » Lafarge
Ce que ne dit pas Naguib Sawiris

Par Hassan Moali - El Watan - Le 27 octobre 2008
http://www.elwatan.com/Ce-que-ne-dit-pas-Naguib-Sawiris

« Un investisseur est venu investir 700 millions de dollars et au bout de trois ans a généré un bénéfice de 2 milliards de dollars et l’Algérie n’a rien gagné…

Des investisseurs pareils, on n’en veut pas ! » Pour tous les observateurs, cette violente salve tirée par le président de la République le 26 juillet dernier, lors de la conférence des maires, ciblait prioritairement le patron du groupe égyptien Orascom, Naguib Sawiris. Abdelaziz Bouteflika écumait de rage contre le fait que cette firme ait revendu sa filiale algérienne, la société Ciment blanc d’Algérie holding (Ciba) qui regroupe deux cimenteries (M’sila et Mascara) au géant français Lafarge en septembre 2007, quelques années seulement après son acquisition auprès de l’Etat algérien.

Pour les autorités, ce coup fourré de l’homme d’affaires égyptien s’apparente à une trahison en ce sens que l’Algérie est tenue à l’écart de la transaction. Ceci, bien que légalement rien n’oblige Orascom à tenir informé le gouvernement algérien quant à son intention de céder sa filiale algérienne. Mais le fait est que le milliardaire égyptien a engrangé une plus-value exceptionnelle de l’ordre de 1,5 milliard de dollars sur le dos de l’Algérie, alors qu’il était venu soi-disant investir. Pis, son investissement, si tant est qu’il en fut un, a bénéficié d’un montage financier des banques publiques et privées algériennes comme ce fut le cas d’ailleurs pour sa filiale de téléphonie mobile Djezzy dont les bénéfices sont tout simplement énormes. Faut-il rappeler également que son projet de réalisation de deux lignes de production de ciment blanc et de ciment gris basées dans la région d’Oggaz près de Mascara a été financé à hauteur de 61% par les banques publiques et privées algériennes ? Le coût total de cette opération est évalué à 538 millions de dollars (38,74 milliards de dinars). L’histoire retiendra que jamais une entreprise algérienne ou étrangère n’a mobilisé autant de banques de renom pour concéder un montant aussi important. Orascom l’a fait. Et le président de sa filiale algérienne n’a pas caché sa joie ce jour-là : « C’est un rêve qui se réalise ! », avait déclaré alors le responsable de Ciba. Au bout du compte, ce financement algérien des « investissements » de Sawiris lui a juste permis de mieux vendre à Lafarge. Le vrai rêve c’est donc la cagnotte qu’il a engrangée, mais surtout le pied qu’il a mis dans le capital du groupe français à hauteur de 11,4%.

Le gouvernement algérien n’eut qu’à constater les dégâts d’une politique de privatisation défectueuse et cahoteuse. Et c’est dans ce contexte qu’il faut placer le coup de sang de Bouteflika. Que Naguib Sawiris invite les journalistes algériens au Caire pour raconter sa success story en Algérie ou encore gloser sur l’argent frais qu’il aurait apporté au pays laisse, tout compte fait, les observateurs songeurs. En réalité, cet homme qui flaire les bonnes affaires voudrait transmettre des messages sibyllins à qui de droit. Contre toute attente, il soutient même, avec une assurance déconcertante, que la diatribe de Bouteflika ne cible ni lui ni son groupe… Pourtant, trois mois seulement après le discours présidentiel, le gouvernement annonça un train de mesures destinées à consacrer le « droit à la récupération des entreprises cédées par les opérateurs étrangers et nationaux ». Il y est stipulé que l’Etat est prioritaire « quand le CPE traite avec un opérateur étranger donné, ce dernier n’aura pas, désormais, le droit de vendre son entreprise réalisée en Algérie à un autre opérateur sans avoir l’aval du gouvernement ». Le parallèle est pourtant limpide et la précision tranche avec la belle assurance de Sawiris. Le porte- parole du gouvernement avait même justifié ces mesures par le souci de l’Etat de « préserver l’intérêt national dans le cadre du respect de l’économie de marché ». Il est cependant loisible de deviner le souhait du patron égyptien de faire amende honorable et pourquoi pas redevenir fréquentable dans les salons feutrés du sérail algérois. Il se murmure en effet qu’il a demandé vainement à être reçu par le président de la République pour parler de ses projets. La conférence du Caire était, peut-être, destinée à mettre la puce à l’oreille. Et à bon entendeur…

--------------------

Derrière la panique, la guerre financière pour la future domination bancaire mondiale

Par F. William Engdahl
Le 14 octobre 2008
Cette version française a été révisée le 22 octobre 2008.
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=10558

Ce qui ressort du comportement des marchés financiers européens ces deux dernières semaines, c’est que les anecdotes dramatiques de la crise financière et la panique provoquée servent délibérément à certains groupes d’influence - à l’intérieur et en dehors de l'Union européenne - à façonner le futur visage de la finance mondiale suite à la débâcle aux États-Unis des subprimes (prêt à haut risque) et des titres adossés à des créances (ABS). Le développement le plus intéressant des derniers jours est la position allemande unifiée et forte de la Chancelière, du ministre des Finances, de la Bundesbank et du gouvernement de coalition. Tous sont opposés à un super-fond de renflouage bancaire du style étasunien dans l’Union européenne. Pendant ce temps-là, le ministre étasunien des Finances, Henry Paulson, continue son copinage capitaliste (Crony Capitalism) au détriment de la nation et au profit de ses copains du monde financier. C'est un cocktail inutilement explosif.

La chute de la bourse de 7 à 10 pour cent par jour fait les gros titres de l'actualité et sert à susciter un grand sentiment de malaise proche de la panique chez le citoyen ordinaire. Les événements des deux dernières semaines dans les banques de l'UE - depuis les sauvetages dramatiques des banques Hypo Real Estate, Dexia et Fortis, et l'annonce d’Alistair Darling, le Chancelier de l'Échiquier au Royaume-Uni, d'un changement radical dans la politique du traitement des banques en difficulté au Royaume-Uni - ont commencé à révéler les grandes lignes des diverses réponses européennes à ce qui est en réalité une crise « made in USA ».

On peut raisonnablement penser que Henry Paulson, l’ancien directeur général de Goldman Sachs, n'est pas un ministre des Finances stupide. Il y a aussi des raisons réelles de croire qu'il agit en fait en fonction d'une stratégie à long terme bien pensée. Les événements qui se déroulent actuellement dans l'UE tendent à le confirmer. Comme me l’a dit un haut responsable d’une banque européenne lors d’une discussion privée, « Une guerre est en cours entre les États-Unis et l'Union européenne pour définir le futur visage de la finance européenne. »

Du point de vue de ce banquier, la tentative en cours du Premier ministre italien Silvio Berlusconi et du président français Nicolas Sarkozy de créer un « fonds » commun en Union européenne (avec peut-être plus de 300 milliards de dollars pour sauver les banques en difficulté) participerait de facto à la stratégie à long terme de Paulson et de l’establishment étasunien. En réalité, cela affaiblirait les banques en remboursant les titres véreux d’origine étasunienne détenus par les banques de l'UE.
 
Utiliser la panique pour centraliser le pouvoir

Comme je l’expose dans mon prochain livre, Power of Money: The Rise and Decline of the American Century, (Le pouvoir de l'argent : essor et déclin du siècle étasunien), dans toutes les grandes paniques financières aux États-Unis depuis au moins celle de 1835, les titans de Wall Street, surtout la Maison JP Morgan avant 1929, ont délibérément déclenché la panique bancaire en coulisses pour consolider leur emprise sur le système bancaire étasunien. Les banques privées ont utilisé cette panique pour contrôler la politique de Washington, notamment la définition exacte de la propriété privée de la nouvelle Réserve fédérale en 1913, et pour consolider leur contrôle sur les groupes industriels comme US Steel, Caterpillar, Westinghouse, etc. En bref, ce sont des habitués de ce genre de guerre financière, qui augmente leur pouvoir.

Ils doivent maintenant faire quelque chose de semblable à l'échelle mondiale afin de pouvoir continuer à dominer la finance mondiale, le cœur de la puissance du siècle étasunien.

Cette pratique du recours à la panique pour concentrer leur pouvoir privé a créé une concentration extrêmement puissante de pouvoir financier et économique entre quelques mains du secteur privé. Ce sont ces mêmes mains qui, en 1921, créèrent le Council on Foreign Relations, l’influent groupe d’experts en politique étrangère étasunienne, pour guider la montée du Siècle Étasunien, comme l’appelait Henry Luce, le fondateur du Time, dans un essai capital en 1941.

Il devient de plus en plus évident que les gens comme Henry Paulson, qui fut l'un des promoteurs les plus énergiques de la révolution de l’ABS à Wall Street, avant de devenir ministre des Finances, sont animés par des mobiles qui dépassent de loin leurs instincts de cupidité. Dans ce contexte, la propre expérience de Paulson est intéressante. A l’aube des années 70, Paulson entama sa carrière en travaillant pour un homme célèbre nommé John Ehrlichman, l’impitoyable conseiller en politique intérieure du président Nixon. A l'époque du Watergate, John Ehrlichman avait mis sur pieds la fameuse équipe des plombiers pour réduire au silence les adversaires du président, mais Nixon l’avait abandonné et il avait fini en prison, sans soutien.

Paulson semble avoir pris de la graine de son mentor de la Maison Blanche. Selon un article du New York Times, en 1998, quand il était coprésident de Goldman Sachs, il a fait partir de force Jon Corzine, l’autre coprésident, dans ce qui équivalait à un « coup d’État ».

Comme je l'ai exposé en détail dans les parties I à IV de ma précédente série, Financial Tsunami, il devient évident que Paulson et ses amis de Citigroup et JP Morgan Chase ont une stratégie, de même que le parrain de la titrisation des hypothèques et de la déréglementation bancaire, l’ancien président de la Réserve fédérale, Alan Greenspan.

Sachant qu’à un moment donné,  la pyramide de billions de dollars de subprimes douteuses et autres titres hypothécaires à haut risque allait s’effondrer, ils étaient apparemment déterminés à propager le plus possible dans le monde entier les « déchets toxiques » de l’ABS, pour attirer les grandes banques du monde, plus particulièrement celles de l'Union européenne, dans leur piège à miel.

Mais ils n’agissaient pas seuls. Lors de son dernier témoignage sous serment, Lynn Turner, chef comptable de la Securities and Exchange Commission (SEC, organisme fédéral de réglementation et de contrôle des marchés financiers, NDR), qui était chargé de la surveillance du marché des swaps de défaut (credit default swaps), un marché d’un montant de 62 000 milliards de dollars, avait fait les frais des coupes budgétaires de l’administration Bush. Son personnel était passé de plus de 100 personnes à une seule. Oui. UNE personne, ce n'est pas une faute de frappe.

Le représentant du Vermont au Congrès, Peter Welsh demanda à Lynn Turner « (…) la réduction des effectifs des autorités de régulation visait-elle à rendre impossible un quelconque contrôle avec un seul employé en poste ? Et est-il exact que 146 personnes ont été licenciées du département de contrôle du SEC ? ». Et Turner, sous serment, lui répondit « Oui… je pense qu’un écrémage systématique – appelez ceci comme vous voudrez – parmi les fonctionnaires a eu lieu dans cette administration, afin de saper ses capacités de contrôle ».

Etait-ce simplement une coupe budgétaire inspirée par une ferveur idéologique, ou cette manœuvre avait-elle un objectif caché ? L'ancien employé de Goldman Sachs, qui avait convaincu le président d’embaucher Henry Paulson et Joshua Bolten (ancien directeur de l’Office of Management and Budget (OMB) de Bush et actuel chef d'état-major du président) tentait-il de s’assurer que le gouvernement ne s’occuperait pas de l'explosion de la titrisation des actifs hypothécaires ?

Ce sont peut-être des questions que le Congrès ferait bien de poser à des gens comme Henry Paulson et Joshua Bolten, au lieu de faire diversion en évoquant le montant des indemnités touchées par Richard Fuld pour son départ de chez Lehman Brothers. N’y a-t-il pas les empreintes de M. Bolten sur les lieux du crime ? Et pourquoi n’y a-t-il personne pour questionner le rôle de Paulson en tant que directeur général de Goldman Sachs - l’un des promoteurs de titres exotiques et autres produits de titrisation les plus agressifs - de Wall Street ?

Il semblerait aujourd’hui que la stratégie de Paulson était d'utiliser une situation de crise - de crise préprogrammée, prévisible dès 2003, quand Joshua Bolten a accédé à la tête de l’OMB -  lorsqu’elle se produirait, pour affoler les gouvernements les plus conservateurs de l'Union européenne et les précipiter au secours des actifs pourris des États-Unis.

Si cela devait arriver, ça détruirait ce qui reste de bon dans le système bancaire et les institutions financières de l'UE, et cela rapprocherait le monde d’un marché monétaire contrôlé par les copains de Paulson, des copains capitalistes « à la mode américaine ». Le « copinage capitaliste » est certainement une expression appropriée ici. Robert Rubin, prédécesseur de Paulson à la fois chez Goldman Sachs et au ministère des Finances, aimait accuser les banquiers de Thaïlande, d’Indonésie et des autres pays frappés en 1997 par les attaques spéculatives des fonds de placement sponsorisés par les États-Unis, de « copinage capitaliste ». Cela donnait l'impression que la crise avait sa source en Asie et n’était pas la conséquence d'attaques délibérées d’institutions financières étasuniennes, ayant  pour objectif d’éliminer le modèle des Tigres asiatiques et de transformer l'Asie en bailleur de fonds de la dette de Washington.

Il est intéressant de noter que Rubin est à présent directeur de Citigroup, manifestement l'une des banques survivantes « copines de Paulson ». C’est la banque qui a dû jusqu’ici inscrire à son passif la plus grande somme en titres empoisonnés.

Si l'allégation de panique planifiée, comme celle de 1907, est exacte (et c'est un grand « si »), alors le plan a réussi… jusqu'à un certain point. Ce point a été franchi pendant le week-end du 3 octobre, le même jour que l’anniversaire de l'unification nationale de l’Allemagne.
 
L'Allemagne rompt avec le modèle étasunien

Dans la soirée du dimanche 5 octobre, lors de pourparlers à huis clos, Alex Weber, patron pragmatique de la Bundesbank, Jochen Sanio, dirigeant de BaFin, et des représentants du gouvernement de coalition à Berlin de la chancelière Angela Merkel, ont lancé pour Hypo Real Estate (HRE) un plan de renflouage d'un valeur nominale de 50 milliards d’euros. Toutefois, comme le soulignait Weber au ministre des Finances Peer Steinbrück dans une lettre du 29 septembre rendue publique dans la presse, les banques privées allemandes doivent apporter 60 pour cent de la somme et l’Etat, 40 pour cent. De plus, compte tenu de l'attention avec laquelle le gouvernement, en coopération avec la Bundesbank et BaFin, a établi l’accord de crédit de secours, la perte maximale possible pour l'État serait limitée à 5,7 milliards d’euros dans le pire des scénarios, et non pas à 30 milliards, comme beaucoup le pensent. C’est toujours beaucoup d'argent, mais ce n’est rien en comparaison du chèque de 700 milliards de dollars que le Congrès des États-Unis, contraint par les quelques jours de chute des cours boursiers, a décidé de donner à Paulson.

La rapidité d'action du ministre des Finances Steinbrück à licencier la direction de HRE, en contraste frappant avec Wall Street où les fraudeurs du même acabit restent dans leur bureau à récolter d'énormes primes, témoigne aussi d’une approche différente. Mais cela ne tranche pas le nœud du problème. La situation de HRE provient, comme noté précédemment, des excès de DEPFA, sa banque filiale auxiliaire en propriété exclusive, basée en Irlande, un pays de l'UE connu pour sa réglementation libérale peu contraignante et son bas régime fiscal.

Changement dans la politique britannique

Au Royaume-Uni, après le renflouage stupide et coûteux de Northern Rock en début d'année, le gouvernement du Premier ministre Gordon Brown vient d'annoncer un changement politique radical, allant dans le même sens que l'Allemagne. Les banques britanniques obtiendront exceptionnellement 50 milliards de livres (64 milliards d’euros) de crédits de renflouage du gouvernement et de prêts de secours de la Banque d'Angleterre.

Le Trésor Public a déclaré que le gouvernement allait acheter des actions privilégiées de la Royal Bank of Scotland Group Plc, de Barclays Plc et d’au moins six autres banques, et fournira environ 250 milliards de livres de garanties de prêts pour refinancer la dette. La Banque d'Angleterre mettra à disposition au moins 200 milliards de livres. Le plan ne précise pas combien obtiendra chaque banque.

Tout ça signifie que le gouvernement britannique va nationaliser, au moins partiellement, ses banques internationales les plus importantes, au lieu de racheter leurs prêts véreux dans le style d’un plan inapplicable à la Paulson. Avec cette approche, le coût pour le contribuable du Royaume-Uni sera bien moindre car, une fois la crise calmée et les affaires revenues à la normale, le gouvernement pourra vendre des parts de l'État aux banques en bonne santé avec peut-être un bon bénéfice pour le Trésor Public. Le gouvernement Brown a sans doute réalisé que la couverture de garantie accordée à Northern Rock et Bradford & Bingley en début d’année n’a fait qu’ouvrir les vannes des dépenses gouvernementales sans arranger le problème.

Cette nouvelle politique de nationalisation contraste totalement avec l’approche idéologique du libre marché prônée par Paulson, qui consiste à racheter le titres sans valeur détenus par des banques que Paulson a choisi de sauver, plutôt que de recapitaliser les banques pour leur permettre de continuer à fonctionner.
 
Les lignes de la bataille se dessinent

Que se dégage-t-il des grandes lignes des deux approches opposées face au développement de la crise ? À présent, le plan Paulson fait manifestement partie d'un projet visant à créer trois colosses financiers mondiaux : Citigroup, JP Morgan Chase et bien entendu Goldman Sachs, la « maison » de Paulson, maintenant transformée en banque de façon assez opportune. Après être parvenus à arracher 700 milliards de dollars aux contribuables étasuniens par la peur et la panique, ces trois mastodontes utiliseront leurs muscles hors du commun pour ravager les banques européennes dans les années à venir. Tant que les plus grandes agences mondiales financières de notation - Moody's et Standard & Poors - seront épargnées par les scandales et les auditions au Congrès, le pouvoir financier réorganisé de Goldman Sachs, Citigroup et JP Morgan Chase pourrait potentiellement se regrouper et faire progresser leur plan de bataille mondial dans les prochaines années, en marchant sur les cendres de la faillite de l'économie étasunienne, mise en banqueroute par leur folie.

En s’accordant sur la stratégie de nationalisation des banques que les ministres des Finances de l'UE estiment « trop stratégiques par leur caractère systémique pour être abandonnées » tout en garantissant les dépôts bancaires, les plus grands gouvernements de l'UE, l'Allemagne et le Royaume-Uni, ont pris le contre-pied des États-Unis, et ont opté pour une approche sur le long terme, qui permettra aux géants bancaires de résister aux attaques financières de géants comme Goldman Sachs ou Citigroup.

La liquidation spectaculaire des actions sur les bourses d'Europe et d'Asie est en réalité un problème secondaire, bien moins critique. Selon des rapports du marché, ce bradage est alimenté surtout par les fonds de placements (hedge funds) étasuniens, qui tentent désespérément d’obtenir des liquidités, car ils réalisent que l'économie étasunienne se dirige vers une dépression économique à laquelle ils seront exposés et que le plan Paulson ne prévoit pas de régler le problème.

Le problème le plus important, c’est de trouver un système bancaire et interbancaire solvable et fonctionnel. La débâcle de l'ABS était « made in New York ». Néanmoins, ses effets doivent être isolés et les banques viables de l'UE défendues dans l'intérêt public et non pas, comme aux États-Unis, dans le seul intérêt des banques des « copains de Paulson ». Les instruments non réglementés à l’étranger, comme les hedge funds et les banques et assurances non réglementées, ont tous participé à la construction de ce que j’ai appelé un tsunami de 80 000 milliards de dollars en ABS. Certains des gouvernements les plus conservateurs de l’UE ne sont pas sur le point d’adopter le remède proposé par Washington.

Tout en s’emparant des gros titres, la baisse coordonnée des taux d'intérêt de la BCE et des autres banques centrales européennes ne fait pas grand chose en réalité pour traiter le vrai problème : la peur des banques de se prêter entre elles tant que leur solvabilité n’est pas assurée.

En amorçant un état partiel de nationalisation dans l'UE, et en rejetant le système de renflouage Berlusconi-Sarkozy, les gouvernements de l'UE, cette fois menés de façon intéressante par l'Allemagne, mettent en place une base saine pour sortir de la crise.

Et c’est loin d'être terminé. C’est là une lutte pour la survie du Siècle étasunien, en construction depuis 1939 par la domination financière et militaire : les piliers jumeaux de la domination étasunienne.

Les banques asiatiques, gravement endommagées par la crise asiatique de 1997-98 pilotée par Wall Street, sont apparemment très peu exposées aux problèmes étasuniens. Les banques européennes sont exposées de différentes façons, mais aucune ne l’est aussi sérieusement que la sphère bancaire étasunienne.
 
Original en anglais: Behind the Panic: Financial Warfare and the Future of Global Bank Power, publié le 9 octobre 2008.

Traduction libre de Pétrus Lombard. Révisé par Nicolas Gourio pour Mondialisation.ca.
F. William Engdahl est associé de Mondialisation.ca/Global Research. Il est l'auteur de Pétrole, une guerre d’un siècle : L’ordre mondial anglo-américain, et de Seeds of Destruction: The Hidden Agenda of Genetic Manipulation.  
Signaler au modérateur   Journalisée
zahir
Newbie
*
Hors ligne

Messages: 5


« Répondre #91 le: 28/10/2008 - 03:43:54 »

PETIT RAPPEL POUR LES NAIFS,

- LA MAFIA, JE PARLE DE LA NOUVELLE VERSION MODERNE DES DIVERS COLONS INTERNATIONAUX (FINANCIERE ET POLITIQUE), A TOUJOURS EXISTE.

- LES MAFIAS LOCALES DZ (ALGERIENNES) FRELATEES, TRES MAUVAISES COPIES DE CERTAINES MAFIAS (Européennes: CORSES, SICILIENNES ET ITALIENNES) EXISTENT SEULEMENT ET UNIQUEMENT PAR LA VOLONTE, SOUS ORDRE, SUPERVISION ET COMMANDEMENT DE CES MAFIAS INTERNATIONALES (SOUVANT PLUS ETRANGERE (Européennes) QU'ALGERIENNE) AVEC LE SUPPORT TACTIQUE DE LEURS MERCENAIRES D'AL-QAIDA alias AL-CIA avec la complicité de certains services spéciaux étrangers ocidentaux et arabes.

- LES ENTREMETTEURS DZ (ALGERIENS), CUPIDES, DELATEURS (ex harkis graciés ou épargnés), CORRUPTEURS PROFESSIONNELS ET CORROMPUS QUALIFIES,

ENTRE

LES SERVICES SPECIAUX INTERNATIONAUX (CIA alias AL-QAIDA, SERVICES SECRETS DIVERS (Européens et arabes), MILITAIRES DIVERS, POLICES DIVERS, etc...)

ET

CES MAFIA(S) LOCALE(S) DZ (ALGERIENNES) SONT DE PLUS EN PLUS INFLUENTE(S) GRACE AUX SUPPORTS TACTIQUES FINANCIERS ET TERRORISTES DES MAFIA(S) INTERNATIONALES  (Européennes, US et arabes).

MAIS QUE CE PASSE T IL EN ALGERIE ?

JE NE VEUX PLUS REDEVENIR L'ESCLAVE D"UN "COLONIALISTE MAFIEUX MODERNE" OCCIDENTAL ou EUROPEEN ou US ou ARABE CUPIDE ET NEO-ESCLAVAGISTE COMME MES ANCETRES D'AVANT 1962.  

*********************************************************

laisson nous la CIA et les autres un moment ! et preparez vous pour le 7 et 8 novembre 2008 aux charton Club des pins pour un colloque assez attendu chez nous!
vous aller profiter d'une assisstance financiere de la fondation BEN RACHED-ALMAKTOUM de Dubai pour pouvoir evaluer vos etudes a l'etranger.
lire le texte dessous
zahir serrai president du club ETTAKI londres. ,erci a toutes et a tous

تقدم منحا لمزاولة دراسات عليا بالجامعات العالمية على نفقتها
مؤسسة محمد بن راشد آل مكتوم بالجزائر يوم السابع نوفمبر
 
 يحل ممثلو مؤسسة محمد بن راشد آل مكتوم، في السابع من شهر نوفمبر الداخل، بالجزائر، في إطار جولة تطال مختلف الدول العربية. فيما ينتظر أن تنظم المؤسسة ''العلمية'' محاضرات، موازاة مع إعلانها عن منح فرصة للراغبين في الحصول على منحة الدراسات العليا في كبرى الجامعات العالمية في تخصصات مختلفة.
وأفاد مصدر من لندن، مقرب من مؤسسة محمد بن راشد آل مكتوم، حاكم دبي، لـ''الخبر''، أن المؤسسة العربية ستطلق مجددا فرصا للشباب الجزائري، قصد مزاولة دراسات عليا في كبرى الجامعات العربية والعالمية، في إطار تطوير القدرات المعرفية للإطارات من أجل مواجهة التحديات الاقتصادية والاجتماعية في الوطن العربي. بينما قيدت ذات المؤسسة الحاصلين على منحة الاستفادة من الدراسة في الجامعات المذكورة بشرط العودة إلى بلدانهم فور الحصول على درجة ماجستير، من أجل تسخير معارفهم في خدمة أوطانهم. في الوقت الذي لاحظت فيه المؤسسة، حسب ذات المصدر، ظاهرة هجرة الكفاءات العربية إلى أوروبا وأمريكا، في ظل انعدام فرص العمل ببلدانهم، الشأن الحاصل بحدة بالنسبة للجزائر، بينما سبق للرئيس بوتفليقة أن أطلق نداء في خطاب سابق له، للأدمغة الجزائرية للعودة إلى أرض الوطن والإسهام في جهود التنمية.
وركزت مؤسسة محمد بن راشد آل مكتوم على تخصصات رأت أن بعثها يعد ضرورة قصوى بالدول العربية في الوقت الراهن، تتعلق بإدارة الأعمال والإدارة العامة والمالية، حيث يتوجه المستفيدون من منح الدراسة على نفقة المؤسسة الإماراتية إلى أرقى الجامعات العربية والعالمية في هذه التخصصات، كما يستفيدون من منحة لإعالتهم في حياتهم اليومية أثناء الدراسة.
وينتظر أن يحل أعضاء المؤسسة بفندق الشيراتون، بنادي الصنوبر، من أجل تنظيم منتداها العلمي، يوم السابع من الشهر الداخل، بعد أن تكون مرت بتونس يوم الخامس من نفس الشهر، فيما رتبت لشد الرحال إلى القاهرة خلال اليوم التاسع في الإطار ذاته. كما برمجت المؤسسة زيارات لمناطق مختلفة من الجزائر، قصد التعرف عن قرب على طاقاتها. وقد استعانت في هذا الإطار برئيس نادي ''الترقي الجزائري أوروبا بلندن''، زاهير سراي، قصد توفير ما يمكن من اتصالات، لتسهيل مهمتها بالجزائر. ويعرف عن المؤسسة، التوجه ''الخيري'' في المجال العلمي بالبلدان العربية، وخصت هذه المرة الجزائر بموضوع يتعلق بكيفية ترقية المستويات العلمية، بدرجة دكتوراه وماجستير.
وكانت المؤسسة أقرت دفعة أولى من الدارسين خلال السنة الأكاديمية الجارية لفائدة 60 من نخبة الشباب العربي، حيث يدرسون حاليا في جامعات كامبريج وشيكاغو وهارفارد وملبورن وكرانفيلد وكولومبيا وكلية لندن للأعمال، وجامعة نيويورك وجامعة ساينسبو وجامعة بنسيلفانيا.
 
**************************************************





L’économie algérienne dans le rouge : L’Etat face à la crise
Par Omar Belhouchet - 26 octobre 2008 - El Watan
http://www.elwatan.com/L-economie-algerienne-dans-le

L’Etat algérien va-t-il enfin pouvoir tordre le cou aux intérêts mafieux, ceux qui imposent à la collectivité nationale — en s’appuyant sur la formidable « puissance » de la bureaucratie, noyautée par des réseaux occultes — l’importation massive de denrées, produits en tout genre... qui auraient pu être, depuis déjà de longues années, fabriqués en Algérie ? La crise économique mondiale est à nos portes. Si notre système bancaire et financier n’a pas été touché « en raison du retard mis à le moderniser », le ralentissement des économies des pays développés, y compris celle de la Chine, porte un coup dur au marché de l’énergie. L’Opep est aujourd’hui incapable de défendre un prix de pétrole oscillant entre 60 et 80 dollars, à moins d’une très forte réduction de la production. Ce qui n’est pas du tout évident.

Le cycle d’un prix du pétrole élevé inauguré en 1999 s’achève. Les pays producteurs de pétrole vont devoir batailler fort pour empêcher un effondrement du marché du brut ; le scénario de 1986, avec un baril à 6 dollars, est encore dans tous les esprits. L’économie algérienne est, de nouveau, exposée à tous les périls. Tous les dangers. Le chef du gouvernement Ahmed Ouyahia a eu le courage d’avertir, le 25 juin dernier, lors du congrès du RND, du risque de voir le prix du pétrole passer en dessous des 60 dollars : « Tous les projets du pays seraient chimériques et sans lendemain. » Le président Bouteflika prend le relais le 26 juillet, face aux maires, en critiquant sévèrement les investisseurs étrangers qui font des bénéfices sur le dos de l’Algérie. L’aisance financière est un mythe. La cagnotte financière (140 milliards de dollars) risque d’être aspirée en quelques petites années. La fragilité légendaire de l’économie algérienne se vérifie encore une fois. Le coût social sera élevé, sans préjuger du reste... L’on se pose à nouveau cette question qui taraude continuellement les esprits : est-il normal que la facture alimentaire du pays soit encore à ce point élevée ? Pourquoi toutes ces importations de voitures qui coûtent très cher à la Banque centrale en termes de devises, et l’on apprend, au détours d’une déclaration de la vaillante Unop, que pas moins de 15 unités de médicaments sont fermées pour donner libre cours à l’importation. Qui profite de ces situations de rente si l’on exclut les firmes étrangères ? Depuis 1999, des dizaines de milliards de dinars ont été engloutis par l’agriculture, beaucoup d’argent a été détourné à cause d’une gestion aléatoire des fonds de développement de ce secteur. L’Etat est floué dans cette affaire ; nos importations de produits alimentaires (céréales, sucre, lait, huile, café, légumes secs...) n’ont cessé de gonfler, aggravées, il est vrai, par les augmentations des prix à l’échelle mondiale. Peu importe, les experts algériens (Mme Chaulet, Aït Amara, Bessa, Bedrani...) s’évertuent à longueur d’année, dans les colloques, à travers les colonnes de journaux... à tirer la sonnette d’alarme. Aucun répondant des pouvoirs publics. Ils prêchent dans le désert...

La rente impose ses schémas économiques et son mode opératoire pour l’agriculture. C’est le tout nouveau ministre de l’Agriculture, Rachid Benaïssa, dont la voix était étouffée jusque-là, qui vient d’admettre le danger d’une telle dépendance, au moment où la devise va se faire rare pour pouvoir satisfaire les besoins alimentaires des Algériens. Il ne s’agit pas de verser dans le catastrophisme, mais l’on risque, si l’Etat ne réagit pas avec célérité, avec les stratégies adéquates, de revivre des moments pénibles et franchement désastreux pour la population. Il est dans la capacité de notre pays d’amener, à moyen terme, un taux de couverture d’au moins 70% de nos besoins alimentaires par la production nationale. C’est avant tout une question de décision politique. Les pouvoirs publics doivent faire preuve de volontarisme. Une politique conséquente de soutien à la production nationale revêt un caractère extrêmement urgent. Si l’Etat n’agit pas en empruntant le bon chemin, celui de la rigueur, de la production, il ne faut pas s’étonner que l’on renoue avec l’emprunt extérieur dans 3 ou 4 années pour nourrir la population. C’est une perspective peu glorieuse pour l’Algérie et l’aveu d’une faillite économique... Il en est de même pour l’industrie, totalement laminée par l’informel, dans l’indifférence générale. La crise à nos portes doit être, au contraire, le motif de bousculer les certitudes, de remettre tout à plat, d’analyser les incohérences et de situer les dépendances et les responsabilités. L’Etat doit s’attaquer aux situations de rente si l’on veut, malgré notre pétrole, éviter le naufrage économique.

***********************

Sans le pétrol, le pays ne peut assurer sa sécurité alimentaire
La fragilité de l’Algérie mise à nu

Par Faycal Metaoui - 9 juin 2008 - El Watan
http://www.elwatan.com/Sans-le-petrol-le-pays-ne-peut

Sans les hydrocarbures, l’Algérie figurerait sur la liste des pays les moins avancés (PMA).

Le constat est établi par l’économiste Salah Mouhoubi, lors d’une intervention hier au Cercle national de l’armée de Beni Messous, à Alger, aux quatrièmes journées parlementaires (JEP) sur la défense nationale, organisées depuis samedi par le Conseil de la nation sur le thème « La défense économique ». « La survie du pays et donc la sécurité nationale dépendent étroitement d’une seule ressource épuisable et, de surcroît, soumise aux aléas de la conjoncture internationale », a-t-il estimé.

La pétrolisation excessive de l’économie souligne, selon lui, l’échec de la stratégie qui devait faire sortir l’Algérie de la dépendance des hydrocarbures. La structure actuelle du produit intérieur brut (PIB) est citée comme exemple de l’aggravation de « la vulnérabilité » du pays. « L’agriculture et l’industrie, les secteurs qui créent la richesse, ne représentent que 13% du PIB ! Pire, les secteurs productifs connaissent une régression », a-t-il relevé. L’Algérie n’a pas réussi, d’après lui, à construire une économie puissante et diversifiée pour la libérer progressivement de la dépendance à l’égard des hydrocarbures.

« L’Algérie a accepté la fatalité de devenir un pays rentier, acceptant délibérément de tomber dans le piège de la facilité. En choisissant cette option suicidaire à très long terme, elle n’a pas réussi à réduire ses vulnérabilités », a appuyé Salah Mouhoubi, ancien conseiller à la Banque d’Algérie. Sans les recettes pétrolières, l’Etat, selon lui, ne peut assurer ni son fonctionnement ni les besoins de la société. Cette situation fait que le pays n’est pas à l’abri d’un éventuel choc pétrolier.

« L’Algérie n’a pas atteint l’objectif stratégique de sécurité alimentaire. Sans les hydrocarbures, il lui aurait été quasiment impossible de régler la facture des importations », a-t-il expliqué. Pire : l’Algérie est, d’après l’analyse de l’économiste, dépourvue de politique budgétaire rigoureuse « qui se préoccupe de diversifier les recettes et de rationaliser les dépenses ». Il a cité l’exemple de la hausse de 22% du budget de fonctionnement de l’Etat en 2008. « L’Algérie est dépendante de l’extérieur pour se nourrir, se soigner et faire fonctionner son économie.

Le solde de sa balance commerciale dépend des fluctuations du dollar, monnaie de facturation des hydrocarbures qui représentent 98% de ses revenus en devises », a relevé M. Mouhoubi, soulignant que les importations algériennes se font à 60% en zone euro. « Or, le dollar n’a fait que se déprécier par rapport à l’euro. Il y a une perte réelle pour l’Algérie qui résulte du cours des changes des deux principales devises », a-t-il ajouté. Cette perte n’est toujours pas quantifiée.

Le pays n’a, d’après lui, aucune culture d’exportation, en ce sens que l’Algérie a renoncé à défendre ses parts de marché dans le monde. Proposant une stratégie de développement à moyen terme (jusqu’à 2020), il a estimé possible d’atteindre l’objectif de 25% d’exportations hors hydrocarbures. Il faut, a-t-il suggéré, réduire la facture alimentaire et celle des médicaments.

« Pour des raisons de sécurité nationale, l’industrie du médicament devrait connaître un essor », a-t-il noté. Il est nécessaire, selon lui, d’élaborer une politique d’aménagement du territoire, de lutter contre la désertification et maîtriser le problème de l’eau. Emboîtant le pas à Salah Mouhoubi, qui est également conseiller à la présidence de la République, Djoudi Bouras, économiste, membre du Conseil national économique et social (CNES), a relevé l’archaïsme du système bancaire. « De nombreux retards de mise à niveau sont observés et conduisent à un gaspillage important des ressources, favorisant la circulation informelle, découragent l’investissement tant national qu’étranger et font peser des risques sur la sécurité financière », a-t-il observé.

Selon lui, les profondes réformes, « dont l’urgence n’est plus à signaler », buttent sur une attitude devenue, de report en report des processus, un blocage insupportable avec une rente « qui permet à l’Etat de maintenir en état de fonctionnement des systèmes cliniquement végétatifs ». Intervenant lors du débat, Mériem Belmihoub Zerdani, ancien ministre, a estimé qu’il faut demander des comptes à ceux en charge de la gestion des finances du pays. « En l’absence de démocratie, l’argent sera toujours dépensé par des enfants gâtés », a répondu un conférencier.

**************

L’économie factice
Par Ali Bahmane - 6 novembre 2005 - El Watan
http://www.elwatan.com/L-economie-factice

Il ne se passe pas une semaine sans qu’un dirigeant ne s’enthousiasme devant la poignée de milliards de dollars engrangés ces dernières années par l’Etat comme si cet argent aurait été arraché de haute lutte alors qu’il n’est que le fruit d’une conjoncture mondiale exceptionnelle en matière de prix du pétrole.

Cette cagnotte est de surcroît dérisoire comparativement à ce qui se brasse en affaires dans les pays développés : elle n’équivaut qu’au total des exportations de jus de fruits de l’Etat de Californie. Certes, ces quelques sous sont les bienvenus pour un pays qui a vécu des décennies de disette, mais ils sont loin de répondre aux besoins multiformes d’une population de trente-deux millions d’habitants. L’utilité de ces pétro-dinars cache leur danger : ils voilent le problème essentiel de l’économie algérienne qui est son incapacité structurelle à produire de la richesse interne et sa totale dépendance à l’égard d’une matière première périssable et volatile sur les marchés internationaux. Les gens du FMI ont bien raison de dire qu’il est dangereux d’augmenter les salaires s’il n’y a pas leur équivalent dans la production nationale de biens et services. Et si l’UGTA les contredit, c’est bien pour des raisons autres que celles liées à la rationalité et à la prudence économique. D’ailleurs, cet argent est en train de fondre comme neige au soleil dans la frénésie qui s’est emparée dans le domaine de l’importation. Près de quinze milliards de dollars pour le seul premier semestre 2005, alors même que les exportations hors hydrocarbures sont en chute libre et représentent la somme dérisoire de 0,34 milliards de dollars, toujours es trois premiers mois de l’année 2005. C’est dire toute l’ampleur du désastre d’une économie qui ne sait qu’acheter sans rien produire, où agonise un secteur public réduit à l’état de cadavre mais maintenu sous perfusion à coups de milliards, où arrive difficilement à se frayer du chemin un secteur privé dont les capacités créatrices ne sont pas mises en valeur en l’absence de réformes audacieuses et profondes. C’est là que le bât blesse, dans cette incapacité des dirigeants politiques à bousculer l’ordre établi, à aller au-devant des risques et des pesanteurs. La frilosité qui les caractérise tient moins de la prudence que d’une crainte de voir s’échapper à tout jamais la rente qui nourrit le régime politique et irrigue le système qui le sous-tend. L’économie algérienne toujours en otage et constamment sacrifiée à l’autel de la soif du pouvoir.

*********************

Hausse des importations durant les neuf premiers mois de 2008
Une facture de 27,98 milliards de dollars US

Par M. Mamart  - 26 octobre 2008 - El Watan
http://www.elwatan.com/Une-facture-de-27-98-milliards-de

Pays dont l’économie continue toujours à carburer grâce aux recettes pétrolières, l’Algérie paie une lourde facture pour ses importations. En ces temps de crise financière mondiale où le prix du pétrole ne cesse de dégringoler, l’Algérie aura ainsi fort à faire afin de joindre les deux bouts : poursuivre les projets de développement lancés tous azimuts et payer une facture d’importation de plus en plus chère.

Durant les neuf premiers mois de l’année 2008, indique le Centre national de l’informatique et des statistiques des douanes nationales (Cnis), le commerce extérieur algérien a enregistré un volume des importations de 27,98 milliards de dollars US, soit une augmentation de 39,82% par rapport aux résultats des neuf premiers mois 2007. Le volume global des exportations est estimé, quant à lui, à 63,15 milliards de dollars US, soit une augmentation de 48,63% par rapport à la même période l’année dernière. Ces résultats dégagent un taux de couverture des importations par les exportations, durant la période de référence, de 226%, selon le Cnis.

Les statistiques du Cnis font ressortir une hausse pour l’ensemble des produits, avec en tête de classement les « biens d’équipements industriels ». Ainsi, les importations destinées aux équipements qui représentent 32% du total des importations sont passées de 6,06 à 8,89 milliards de dollars US durant la période de référence, soit un accroissement de près de 47%. Les hausses ont aussi concerné les biens destinés à l’outil de production avec 30,7%, les biens alimentaires 67,5% et les biens de consommation non alimentaires avec 20,6%. Pour les biens d’équipement, il s’agit essentiellement, des véhicules de transport de marchandises, de bulldozers, des turboréacteurs et turbopropulseurs. Les biens destinées au fonctionnement de l’outil de production sont constitués essentiellement de tubes et tuyaux, de matériaux de construction (rond à béton, bois, etc.) et des huiles destinées aux industries alimentaires.

Par répartition par mode de financement, le Cnis indique que les importations réalisées ont été financées essentiellement cash à raison de 82,60%, soit 23,11 milliards de dollars US, enregistrant ainsi une augmentation de près de 42% par rapport aux neuf mois 2007. Les lignes de crédit ont financé 8,20% du volume global des importations, soit une diminution de 4,38%. Alors que 3,98% ont été financés par le recours aux comptes devises propres, soit un volume de 1,11 milliard de dollars US. Concernant la provenance de ces importations, le rapport du Cnis fait ressortir que c’est avec les pays de l’OCDE que les échanges extérieurs de l’Algérie sont les plus importants et plus particulièrement avec les pays de l’Union européenne. Les importations en provenance de l’UE ont enregistré une hausse de l’ordre de 42,36% avec 14,87 milliards de dollars US. Parmi les principaux fournisseurs, la France occupe toujours le premier rang avec plus de 16,59%, suivie de l’Italie et de l’Espagne avec les proportions respectives de 10,99% et 7,06%.

Les pays de l’OCDE (hors UE) viennent en deuxième position, avec une part de 18,08% des importations de l’Algérie. Avec ce groupe, il est à signaler que l’essentiel des échanges est réalisé avec les USA, suivis de la Turquie avec les taux respectifs de 6,18% et 2,88% d’importations. Pour les autres régions, les importations algériennes sont relativement faibles, avec une progression tout de même, en passant de 589 millions de dollars US à 641 millions de dollars US. Avec les pays asiatiques, on affiche une augmentation appréciable de 25,51%, alors que le volume des échanges avec les pays du Maghreb a enregistré une augmentation en passant de 678 millions de dollars US à 1,14 milliard de dollars US. Les pays arabes hors Maghreb ont, quant à eux, enregistré un volume global des échanges de l’ordre de 1,19 milliard de dollars US.

****************

Il a parlé de Djezzy pour masquer « l’affaire » Lafarge
Ce que ne dit pas Naguib Sawiris

Par Hassan Moali - El Watan - Le 27 octobre 2008
http://www.elwatan.com/Ce-que-ne-dit-pas-Naguib-Sawiris

« Un investisseur est venu investir 700 millions de dollars et au bout de trois ans a généré un bénéfice de 2 milliards de dollars et l’Algérie n’a rien gagné…

Des investisseurs pareils, on n’en veut pas ! » Pour tous les observateurs, cette violente salve tirée par le président de la République le 26 juillet dernier, lors de la conférence des maires, ciblait prioritairement le patron du groupe égyptien Orascom, Naguib Sawiris. Abdelaziz Bouteflika écumait de rage contre le fait que cette firme ait revendu sa filiale algérienne, la société Ciment blanc d’Algérie holding (Ciba) qui regroupe deux cimenteries (M’sila et Mascara) au géant français Lafarge en septembre 2007, quelques années seulement après son acquisition auprès de l’Etat algérien.

Pour les autorités, ce coup fourré de l’homme d’affaires égyptien s’apparente à une trahison en ce sens que l’Algérie est tenue à l’écart de la transaction. Ceci, bien que légalement rien n’oblige Orascom à tenir informé le gouvernement algérien quant à son intention de céder sa filiale algérienne. Mais le fait est que le milliardaire égyptien a engrangé une plus-value exceptionnelle de l’ordre de 1,5 milliard de dollars sur le dos de l’Algérie, alors qu’il était venu soi-disant investir. Pis, son investissement, si tant est qu’il en fut un, a bénéficié d’un montage financier des banques publiques et privées algériennes comme ce fut le cas d’ailleurs pour sa filiale de téléphonie mobile Djezzy dont les bénéfices sont tout simplement énormes. Faut-il rappeler également que son projet de réalisation de deux lignes de production de ciment blanc et de ciment gris basées dans la région d’Oggaz près de Mascara a été financé à hauteur de 61% par les banques publiques et privées algériennes ? Le coût total de cette opération est évalué à 538 millions de dollars (38,74 milliards de dinars). L’histoire retiendra que jamais une entreprise algérienne ou étrangère n’a mobilisé autant de banques de renom pour concéder un montant aussi important. Orascom l’a fait. Et le président de sa filiale algérienne n’a pas caché sa joie ce jour-là : « C’est un rêve qui se réalise ! », avait déclaré alors le responsable de Ciba. Au bout du compte, ce financement algérien des « investissements » de Sawiris lui a juste permis de mieux vendre à Lafarge. Le vrai rêve c’est donc la cagnotte qu’il a engrangée, mais surtout le pied qu’il a mis dans le capital du groupe français à hauteur de 11,4%.

Le gouvernement algérien n’eut qu’à constater les dégâts d’une politique de privatisation défectueuse et cahoteuse. Et c’est dans ce contexte qu’il faut placer le coup de sang de Bouteflika. Que Naguib Sawiris invite les journalistes algériens au Caire pour raconter sa success story en Algérie ou encore gloser sur l’argent frais qu’il aurait apporté au pays laisse, tout compte fait, les observateurs songeurs. En réalité, cet homme qui flaire les bonnes affaires voudrait transmettre des messages sibyllins à qui de droit. Contre toute attente, il soutient même, avec une assurance déconcertante, que la diatribe de Bouteflika ne cible ni lui ni son groupe… Pourtant, trois mois seulement après le discours présidentiel, le gouvernement annonça un train de mesures destinées à consacrer le « droit à la récupération des entreprises cédées par les opérateurs étrangers et nationaux ». Il y est stipulé que l’Etat est prioritaire « quand le CPE traite avec un opérateur étranger donné, ce dernier n’aura pas, désormais, le droit de vendre son entreprise réalisée en Algérie à un autre opérateur sans avoir l’aval du gouvernement ». Le parallèle est pourtant limpide et la précision tranche avec la belle assurance de Sawiris. Le porte- parole du gouvernement avait même justifié ces mesures par le souci de l’Etat de « préserver l’intérêt national dans le cadre du respect de l’économie de marché ». Il est cependant loisible de deviner le souhait du patron égyptien de faire amende honorable et pourquoi pas redevenir fréquentable dans les salons feutrés du sérail algérois. Il se murmure en effet qu’il a demandé vainement à être reçu par le président de la République pour parler de ses projets. La conférence du Caire était, peut-être, destinée à mettre la puce à l’oreille. Et à bon entendeur…
Signaler au modérateur   Journalisée
informaticien
Full Member
***
Hors ligne

Sexe: Homme
Messages: 118


« Répondre #92 le: 01/11/2008 - 13:11:18 »

Le chef du gouvernement, Ahmed Ouyahia: "La crise financière mondiale nous rappelle que nous devons préparer l'après pétrole"
Algérie Presse Service - dimanche 2 novembre 2008
http://www.aps.dz/fr/page4.asp

ALGER - Le chef du gouvernement, Ahmed Ouyahia, a indiqué, samedi à Alger, que la crise financière mondiale "nous rappelle que nous sommes gravement dépendants" et qu'il faudrait se mettre sérieusement au travail pour préparer l'après pétrole. "L'avantage de cette crise, pour nous Algériens, est qu'elle vient nous rappeler que nous sommes gravement dépendants", a déclaré M. Ouyahia à la presse en marge de la cérémonie commémorative du 54e anniversaire du déclenchement de la lutte de libération nationale. "Il faut qu'on travaille.

Il faut qu'on cesse de penser que nous sommes devenus un pays riche et ne plus parler d'aisance financière", a-t-il ajouté. M. Ouyahia, tout en réaffirmant que l'Algérie est à l'abris de la crise financière mondiale, a appelé à préparer, dès maintenant, l'après pétrole par le travail et la valeur ajoutée pour créer une "économie compétitive".

**********************

L’ancien gouverneur de la banque d’Algérie Abderrahmane Hadj Nacer prévient
« La crise va exclure l’Algérie des lieux de négociation stratégique »

Par El Kadi Ihsane - Edition du 30 octobre 2008 - El Watan
http://www.elwatan.com/La-crise-va-exclure-l-Algerie-des

Le banquier international, ancien gouverneur de la Banque d’Algérie, lance une alerte pressante. La crise financière est en train de redistribuer les cartes. L’Algérie est en passe de ne plus être un interlocuteur parmi les pays du Sud.

La crise financière mondiale est en train d’exclure l’Algérie des cadres de négociation stratégique multilatéraux. » Le banquier international Abderrahmane Hadj Nacer, ancien gouverneur de la Banque d’Algérie, a usé d’un ton alarmant dans un entretien accordé à El Watan, pour décrire la brutale accélération des évènements sous l’effet de l’effondrement des capitalisations boursières depuis la mi-septembre et du passage de la crise à l’économie réelle déjà perceptible au dernier trimestre de l’année. Les grands pays industriels se sont lancés dans la définition d’un nouveau système financier international, « un Bretton Woods 2 » et configurent les formats et les lieux de négociation. Un premier sommet du G20, auquel participent l’Afrique du Sud pour le continent noir et l’Arabie Saoudite pour le monde arabe, aura lieu le 15 novembre à Washington pour lancer le chantier du recadrage des pratiques financières internationales. « L’Algérie figure parmi les pays qui vont être poussés à la lisière du système. » M. Hadj Nacer évoque les tentatives qui se profilent pour déplacer les lieux de discussion et leurs composantes par pays. Il s’agira, pour lui, d’être notamment très attentif à l’évolution du rôle et de la composante de divers centres de coordination, à l’instar du Comité monétaire et financier international (CMFI) du FMI, l’ancien comité intérimaire du FMI, passé de 22 à 24 pays, une instance qui reflète le conseil d’administration. « Le CMFI est un lieu de négociation peu connu. Les pays membres sont représentés par le gouverneur de leur Banque centrale ou leur ministre des Finances et l’on peut s’y interpeller de manière informelle sur des questions clés de la régulation de l’économie mondiale. De fait, loin du regard des médias, c’est là que se négocient les orientations qui vont marquer les forums économiques multilatéraux, y compris celles du G8 », car les pays industrialisés et ceux du Sud peuvent s’y consulter.

« On vient de désigner notre remplaçant »

L’Algérie siège au CMFI pour le compte d’un groupe de pays d’Afrique du Nord et d’Asie. Sa participation est ancienne et même si elle est restée discrète, elle a toujours servi à exposer un point de vue autonome sur les enjeux de l’organisation du système financier international. « La participation de l’Algérie au comité intérimaire puis au CMFI repose sur une double légitimité. Il fallait que le Tiers-Monde soit représenté par un pays pivot, ensuite ce pays s’est conduit de manière sage en s’ouvrant dans les années 1980 et 1990 », devenant au sein de cette instance un grand pays témoin des transitions vers l’économie de marché. L’ancien gouverneur de la Banque d’Algérie se rappelle une discussion « avant l’heure » au sein du CMFI au début des années 1990 sur « les barrières non tarifaires » dressées par les marchés des pays avancés devant les produits du Sud. La crise en cours peut mettre fin à cette présence. Le Bretton Woods 2 en préparation se promet de tout chambouler, y compris les cadres de concertation multilatéraux efficaces comme le CMFI. « Des noms d’autres pays de la région commencent à circuler. Je ne veux manquer de respect à personne, mais le sentiment est que ce qui se prépare c’est la cooptation de pays qui disent oui. Il faut bien comprendre que nous vivons un moment clé. Le moment qui correspond à la montée de l’impuissance des puissants. On peut redouter une réaction dure des puissants, surtout lorsqu’ils s’effondrent. Cela passe pour les pays dominants du système actuel par un réaménagement des règles et des lieux de négociation de sorte à gagner du temps face à ce qui se profile. Et ce qui arrive, c’est la rentrée pour la première fois dans l’ère du vrai multilatéralisme. » Avoir des vis-à-vis en Afrique qui ne portent pas de « projets alternatifs » à ce que proposent les pays industrialisés sur la nouvelle régulation de l’économie mondiale est subitement devenu très important. Cela est une manière de prolonger un ascendant dont la crise actuelle a annoncé les proches limites. Face à « l’arrivée des nouveaux acteurs de la puissance » que sont la Chine, l’Inde et les autres pays émergents : « C’est de la re-captation de pouvoir. » Pour Abderrahmane Hadj Nacer, les trois pays africains qui représentent des « interlocuteurs légitimes par leurs capacités de leadership et leur positionnement stratégique » dans cette « redistribution des cartes » demeurent l’Afrique du Sud, le Nigeria et l’Algérie. Mais la réalité est que « l’on vient de désigner notre remplaçant dans les négociations stratégiques. Il s’agit de l’Egypte ».La crise financière mondiale a également mis à nu la faiblesse de « l’anticipation stratégique » de l’Algérie. « Sommes-nous juste devant la transition du capitalisme financier vers autre chose ? » Et quoi ? M. Hadj Nacer déplore le fait que l’Algérie ne se soit pas donné, depuis trois ou quatre ans, les instruments financiers pour profiter des opportunités qui se sont ouvertes avec la dévalorisation des patrimoines, prendre des actifs technologiques à l’international et « acheter du temps en transférant les capitalisations de savoir-faire que nous avons perdues ». Il propose qu’une réflexion stratégique soit organisée dans le pays face à « la guerre de position que la crise annonce ». « Nous achevons probablement un cycle long de Kondratieff. Au-delà de la renégociation internationale en cours, il nous faut une réflexion stratégique sur le long terme. L’Etat doit impulser un cadre pour cela. Nous devons donner un territoire à la nouvelle croissance et un nouveau contenu. » Abderrahmane Hadj Nacer décline en trois volets l’orientation stratégique à laquelle il pense. « L’Union pour la Méditerranée est une inspiration fulgurante » qui va non seulement accélérer les retrouvailles maghrébines, mais va repositionner la Méditerranée au centre de la relance de la zone Eurafrique, qui peut faire de l’Algérie le hub logistique de cette région. « C’est un lieu de relance où nous sommes interlocuteurs des membres du G8 et un espace où il existe un vrai projet. »

« Mutualiser les problèmes et les solutions »

Au cœur de la récession qui arrive, « le capitalisme se cherche de nouveaux moteurs de croissance. La contrainte écologique, avec le réchauffement climatique est aujourd’hui déterminante. Les politiques publiques des pays avancés sont en train de l’intégrer. Pour l’Algérie, le prochain modèle de croissance doit glisser vers ces nouveaux métiers », ce sera une tendance mondiale et l’Algérie doit être à l’initiative de ces redéploiements. Enfin, troisième volet, l’Algérie devrait initier – c’est toujours dans sa vocation – « de nouvelles formes de solidarité dans le monde : face à la guerre qui se profile, il faut mutualiser les problèmes et les solutions. Il faut redéfinir les géographies et les frontières. Nous devons dire à la rive Nord nous avons l’énergie, les marchés, la main-d’œuvre ; vous avez la gouvernance, les brevets, les modes d’organisation ; les comptes sociaux, la sécurité sociale et autres ; mis en commun, seraient en faveur de l’équilibre et au profit de tous ». Enfin, au-delà de la nécessaire réforme du FMI et de la Banque mondiale (BM), il convient de ne pas oublier d’inclure la Banque des règlements internationaux (BRI) et surtout l’Organisation mondiale du commerce (OMC) qui ne sont que les miroirs des égoïsmes du Nord ; l’Algérie doit être à l’initiative du nouveau tropisme qu’ils doivent accueillir, le vrai multilatéralisme.

**********************

Il est déjà largement déficitaire : le budget de l’Algérie pour 2009 a été élaboré sur la base d’un baril à 75 dollars - REVELATIONS
Par  samir allam , le  01/11/2008
http://www.tsa-algerie.com/Il-est-deja-largement-deficitaire---le-budget-de-l-Algerie-p_5207.html

A peine adopté par le Parlement, le 23 octobre dernier, à une écrasante majorité, le budget de l'année 2009 est déjà largement déficitaire. La cause ? Selon des informations exclusives recueillies par toutsurlalgerie (www.tsa-algerie.com) de source bien informée, le budget de l'Algérie pour l'année prochaine a été en réalité élaboré sur la base d'un baril de pétrole à 75 dollars et non à 37 dollars, comme inscrit officiellement dans la loi de Finances 2009 soumise aux votes des députes et des sénateurs.

Explication : le budget de l'Etat sera équilibré avec un baril de pétrole supérieur à 75 dollars en glissement annuel. A moins de ce prix, il sera déficitaire et le gouvernement serait alors dans l'obligation de solliciter le fonds de régulation des recettes des hydrocarbures pour équilibrer le budget. Le fonds a déjà été sollicité en 2008 à hauteur de 40 milliards de dollars.

D'ailleurs, au sein de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), l'Algérie milite pour un prix du baril supérieur à 75 dollars. Pour l'Algérie ce seuil constitue un élément non négociable, en dépit des pressions occidentales émanant notamment de Londres et Washington qui souhaitent voir les pays de l'Opep maintenir leur production à un niveau élevé pour favoriser une baisse des prix. Actuellement, le prix moyen du baril se situe aux alentours de 60 dollars. Un prix nettement inférieur aux espérances algériennes.

Ce n'est pas la première fois que le gouvernement algérien élabore un budget sur une base erronée. Avant 2009, les budgets ont été construits sur la base peu réaliste d'un baril à 19 dollars, et ce en dépit des critiques et des réserves émises régulièrement par plusieurs experts et économistes. Dans les pays développés, il existe des mécanismes appelés lois d'exécution du budget. Ils permettent de vérifier si le budget de l'Etat a été réellement exécuté et dans quelles conditions. En Algérie, un tel dispositif n'existe pas, ouvrant la porte à toutes sortes de «dérapages» en matière d'élaboration et d'exécution des budgets de l'Etat.

*********************

Crise financière : Les aveux du chef du gouvernement
par B. Mokhtaria - Dimanche 2 novembre 2008 - lequotidien-oran.com
http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5111450

Avec la crise financière mondiale, la question de l'après-pétrole, en Algérie, redevient d'actualité. Le chef du gouvernement, Ahmed Ouyahia, bien que convaincu que «l'Algérie est à l'abri de cette crise», n'est pas, pour autant, rassuré sur l'avenir du pays après l'épuisement de l'or noir.

Penser à l'après-pétrole est devenu chose incontournable, selon le chef du gouvernement qui s'est exprimé, hier en marge de la cérémonie commémorative du 54e anniversaire du déclenchement de la lutte de Libération nationale, sur la crise financière affirmant que cet événement a un avantage: il «nous rappelle que nous sommes gravement dépendants». Le seul moyen pour se mettre à l'abri des effets de cette crise reste le travail, explique M. Ouyahia qui a lancé, «il faut qu'on travaille. Il faut qu'on cesse de penser que nous sommes devenus un pays riche et ne plus parler d'aisance financière». Même si l'Algérie n'est pas affectée directement par cette crise, pour le moment, le chef du gouvernement a appelé à préparer, dès maintenant, l'après-pétrole par le travail et la valeur ajoutée pour créer une économie compétitive.

Mercredi dernier, Ouyahia avait déclaré, en marge de l'ouverture de l'année judiciaire 2008-2009, que «nous sommes à l'abri de tout risque engendré par cette crise», en ce sens, a-t-il dit, que «nous sommes en mesure de satisfaire nos besoins extérieurs». «Notre système bancaire ne fait pas partie du système financier international, mais on peut considérer cette crise comme une douche froide qui doit nous faire réagir, car nous n'avons eu de cesse de chanter notre aisance financière», avait ajouté Ouyahia. Il estime que la récession de l'économie mondiale «peut durer jusqu'à trois ans». Cependant, «si l'Algérie en est aujourd'hui à l'abri», cette crise, a-t-il fait remarquer, «a eu, au moins, le mérite de nous révéler que nous n'avons pas travaillé en conséquence pour préparer l'après-pétrole».

Dans son message, vendredi, à l'occasion du 54e anniversaire du déclenchement de la Révolution du 1er Novembre, le président de la République a aussi évoqué la crise financière mondiale et insisté sur le travail comme substitut à la manne pétrolière. Il a affirmé que «le développement est une entreprise qui nécessite le concours et la complémentarité de toutes les données matérielles et morales. A la faveur de ces choix, nous allons faire face au séisme économique qui se prépare et à ses répliques préjudiciables, en premier lieu, aux économies faibles des pays en développement. Notre souci majeur est de substituer à la manne pétrolière, la valeur ajoutée du travail productif sur les plans, matériel, intellectuel et technologique, et ce, en puisant dans des alternatives à rechercher dans l'agriculture et les industries diverses, notamment les industries de transformation, et en accordant davantage d'intérêt pour les services et les sources d'énergie autres que les hydrocarbures. J'exhorte nos jeunes à adhérer à cette démarche, à miser sur le travail productif et à favoriser l'activité intellectuelle afin d'exploiter, à bon escient, les richesses et les ressources du pays et abandonner, définitivement, les mirages que nous font miroiter les chaînes satellitaires qui ne cessent de faire la propagande à une prétendue prospérité à rechercher outre-mer».

*********************

Le FMI, l’UE et la Banque Mondiale au secours de la Hongrie (membre de l'Union européenne)
30-10-2008 - H. H. - lanouvellerepublique.com
http://www.lanouvellerepublique.com/actualite/lire.php?ida=70158&idc=124&date_insert=20081030

Le Fonds monétaire international, l’Union européenne et la Banque mondiale sont venus mardi au secours de la Hongrie, dont l’économie a été mise à mal par la crise financière, en apportant des prêts pour un montant total de 20 milliards d’euros.

Sur ce montant, 12,5 milliards d’euros ont été promis par le FMI, 6,5 milliards d’euros par l’UE, et un milliard d’euros par la Banque mondiale, a annoncé le FMI dans un communiqué mardi soir.

Le Fonds a ainsi révélé le montant du prêt que la Commission européenne avait indiqué plus tôt dans la journée être en train de finaliser, et qui devait être soumis à des conditions qui n’ont pas été précisées à ce stade. L’aide européenne sera la première de ce type à être accordée à un Etat membre de l’Union européenne depuis le soutien à l’Italie au début des années 1990.

Cette mesure a été décidée «en coordination avec le FMI afin de renforcer la soutenabilité de la balance des paiements hongroise», ont précisé la présidence française du Conseil Ecofin et la Commission européenne dans un communiqué conjoint publié mercredi à Paris. Le FMI a annoncé «accord de confirmation pour un prêt de 17 mois», procédure qui autorise un Etat-membre à puiser dans le Compte des ressources générales du Fonds pour affronter un déséquilibre temporaire de ses finances.

Ce prêt «pourrait être soumis à l’approbation du conseil exécutif début novembre conformément aux procédures d’urgence du Fonds», a indiqué l’institution multilatérale.

Les conditions du prêt de la Banque mondiale, exceptionnel pour un pays que l’institution considère comme «dans la tranche haute des pays à revenu moyen», n’ont pas été précisées. Le pays a été frappé de plein fouet par la crise financière internationale avec la chute de sa devise, le forint, l’effondrement de son marché boursier, une crise de confiance des investisseurs internationaux dans son économie et de graves problèmes de liquidités de ses banques.

Son premier ministre, Ferenc Gyurcsany, affirmait mardi que le produit intérieur brut devrait se contracter de 1% en 2009. Dimanche, le directeur général du FMI avait promis une «aide financière substantielle», quatre jours après un brusque relèvement par la Banque centrale de son taux directeur, de 8,5% à 11,5%, pour enrayer la descente du forint. M. Strauss-Kahn a précisé mardi que la Hongrie avait «développé un ensemble complet de mesures qui (allait) solidifier la stabilité à court terme de l’économie et améliorer son potentiel de croissance à long terme».

«Il est à la fois conçu pour restaurer la confiance des investisseurs et alléger les tensions connues ces dernières semaines sur les marchés financiers hongrois», a poursuivi M. Strauss-Kahn.
«En particulier, cet ensemble inclut des mesures pour maintenir une liquidité adéquate en monnaie locale et étrangère, ainsi que de hauts niveaux de capitalisation, pour le système bancaire. D’importantes mesures dans le domaine budgétaire réduiront les besoins de financement du gouvernement et assureront la soutenabilité de la dette à long terme», a-t-il rapporté.
Budapest a déjà mis en place un plan d’austérité qui a permis de ramener son déficit budgétaire de 9,2% du PIB à 5% en 2007.

La Hongrie devient le troisième pays à obtenir un prêt du FMI pour affronter les conséquences de la crise financière, après l’Islande qui s’est vu promettre vendredi un prêt de 2,1 milliards de dollars (1,65 milliard d’euros) et l’Ukraine qui s’est vu promettre dimanche 16,5 milliards de dollars (13 milliards d’euros).

Le FMI discute avec d’autres pays auquel il pourrait également apporter son aide: le Pakistan et le Belarus. Il a en revanche démenti mardi négocier avec la Roumanie.

************************

Les pays émergeants seront les prochains à être touchés
Synthèse Dalila T - LeMaghrebdz.com - Samedi 1 Novembre 2008.

Les pays à économie émergeante sont les prochaines victimes de la crise financière internationale qui a débuté aux Etats-Unis avant de s'étendre à l'Europe occidentale, a averti, hier, le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, dans le journal autrichien Der Standard.

Ces pays "doivent non seulement faire face à des baisses de leurs exportations et un recul de la confiance mais ils sont également les dernières victimes d'une crise financière qui a débuté aux Etats-Unis et s'est ensuite étendue en Europe et qui inonde maintenant au-delà des frontières européennes", a écrit le DG du FMI dans un commentaire pour ce quotidien.

Devant les retraits massifs des capitaux et des investissements étrangers dans les pays d'Europe centrale et de l'est notamment, M. Strauss-Kahn souligne une certaine "ironie de l'histoire".

Il note qu'actuellement il devient plus attractif de rapatrier dans les pays hautement industrialisés l'argent investi ces dernières années avec de hauts rendements dans les économies émergeantes, et cela en raison des mesures mises en oeuvre par les dirigeants des pays riches pour soutenir les banques nationales en difficulté. "Cela complique l'existence des pays à économie émergeante", selon M. Strauss-Kahn, car pour soutenir la demande nationale, ces pays "doivent accepter de prendre des mesures similaires à celles décidées par les pays hautement industrialisés", comme les aides d'Etat temporaires aux banques en difficultés.Dans les pays à économie émergeante, le niveau de vie des populations est étroitement lié à l'accès aux capitaux étrangers investis dans l'économie du pays.

Ce dernier s'étant brutalement effondré, "ces pays ne peuvent faire face seuls à ces nouveaux défis et les pays industrialisés doivent être prêts à assurer les financements nécessaires qui vont atteindre un montant qui n'a jamais été aussi important", ajoute le patron du FMI.

Le FMI, a-t-il rappelé, est prêt à injecter 250 milliards de dollars pour répondre aux besoins générés par cette crise et étudie actuellement la création d'un mécanisme permettant de fournir une aide financière à court terme à des pays bien gérés, mais faisant face à des problèmes de liquidités temporaires.

"J'appelle aussi d'urgence les gouvernements et Banques centrales des pays industrialisés à tenir à disposition un mode de financement parallèle aux programmes du FMI destinés à surmonter la crise financière", a encore écrit M. Strauss-Kahn.

Il s'est également dit "convaincu que nous devons trouver les moyens de faire intervenir les ressources des pays disposant d'importantes réserves", sans les nommer.Dans un communiqué de presse, le FMI a indiqué que la "facilité de liquidité à court terme" est créée pour aider les  pays émergeants à ranimer les marchés. Le nouveau mécanisme, approuvé mardi par le conseil  d'administration du FMI, accordera des prêts sans imposer de  conditions afin d'aider les pays émergeants à restaurer la  confiance et à lutter contre la crise financière.

**************

Crise financière ou guerre secrète ? Le souverain saoudien, le roi Abdullah Ben Abdelaziz a indiqué que la crise financière que subissent les marchés financiers internationaux aurait pu être planifiée afin de faire saigner les pays du Golfe
Mohammad Djamal Arafah - Islam On Line - Le 26 octobre 2008
http://www.alterinfo.net/Crise-financiere-ou-guerre-secrete-Le-souverain-saoudien,-le-roi-Abdullah-Ben-Abdelaziz-a-indique-que-la-crise_a25421.html?PHPSESSID=3494b06c82a30628484c7712f8502d58

Le 14 octobre 2008, le gestionnaire de fonds et l’analyste financier Mostafa Belkhayate a accordé une interview au Capitale.fr, qu’on retrouve également sur son site personnel à cette adresse.

Curieusement l’une des questions et l’analyse de Monsieur Belkhayate sur des possibles causes profondes de cette crise, a complètement disparu sur le site du Capital ?! Cependant, Capital a pris le soin de laisser un lien vers le site de Belkhayate (indiqué plus haut) où l’on peut lire le suivant :

Capital.fr : Qu’est ce qui vous fait penser que la chute n’est pas terminée ?

Mostafa Belkhayate : Lorsqu’il y a un crime, cherchons le coupable du coté de celui qui en profite. Washington a résolu en moins d’une semaine le grave problème des créances américaines : en faisant croire que Freddie Mac et Fannie Mae, deux organismes américains de financement, risquaient la faillite, les financiers yankee ont coupé l’herbe sous les pieds des chinois, qui possèdent près de 400 milliards de dollars d’obligations émises par ces institutions. Ces dernières, aujourd’hui loin de leur valeur initiale, ne peuvent plus être revendues. Tous ceux qui pourraient en acheter en ont déjà ; les japonais, les européens, les russes, les arabes,… Voilà comment on peut dissoudre des milliers de milliards de dollars de dette. Pour moi, c’est la seule explication du sacrifice de Lehman Brothers. C’est ingénieux, d’autant plus que Washington a manipulé le prix du pétrole à la hausse à partir d’avril 2008 pour "offrir" sur un plateau venimeux un maximum d’obligations aux arabes, qui leur ont toujours fait une confiance aveugle. Une fois le plein fait, on lâche le pétrole et les obligations. Le mécanisme a parfaitement marché puisque aujourd’hui les créanciers amis de l’Amérique n’ont que du papier sans valeur entre les mains. Voilà la vraie guerre ! Sauf qu’il me semble qu’on ait sous-estimé la réaction de "ces amis". Leur réaction sera violente, foudroyante…car ils ne vont pas se laisser faire. La crise boursière ne fait que commencer. On va assister à une attaque en règle sur le billet vert…

Qu’est-ce qui se passe vraiment ? Le spectacle auquel on assiste, s’agit-il simplement d’une machinerie trop complexe devenue folle et qu’on ne contrôle plus. Un gros machin qui échappe à la compréhension des contribuables heureux que nous sommes, et qui risque d’exploser et faire beaucoup de dégâts ? Ou est-ce qu’il y a des malins qui appuient sur les boutons et tirent sur les manettes les ficelles, qui se croient trop rusés pour tout contrôler et qui se fichent si cela peut faire tomber le ciel sur nos têtes ?

Est-ce seulement une crise financière, ou bien, comme certaines voix commencent à se faire entendre, comme le montre l’article suivant, une guerre économique secrète ?

L’Arabie Saoudite : La crise financière est une guerre secrète

Le souverain saoudien, le roi Abdullah Ben Abdelaziz a indiqué que la crise financière que subissent les marchés financiers internationaux aurait pu être planifiée afin de faire saigner les pays du Golfe, en la décrivant comme une « guerre secrète ».

Dans son discours lors de sa réception du ministre de la culture et de l’information, Iyad Ben Amîn Madani, d’un certain nombre de responsables ministériels du secteur de la presse, et des rédacteurs en chef des journaux et des magazines saoudiens, ce samedi 25 octobre 2008, le roi Abdullah a déclaré : « Je crois que le monde subit maintenant une guerre secrète, une guerre économique. Vous devez prendre cela en considération, ainsi que l’intérêt de la religion et de la patrie et non pas l’intérêt de quelques individus, car l’économie est la base de toute chose ».

Aussi, le souverain saoudien a insisté, durant sa réception des ministres des finances et des gouverneurs des banques centrales dans les états du Conseil de Coopération du Golfe, que le Golfe poursuivait sa marche mais qu’il était visé.

Il a expliqué dans un discours transmis par l’agence officielle saoudienne : « Vos pays sont une cible visée pour ébranler ce bienfait (la richesse et la stabilité, Ndt), que nous devons apprécier et respecter, nous devons entretenir, et nous devons protéger sans précipitation, sans faux nationalisme et sans ostentation inutile. Nous voulons que chacun mette devant ses yeux la crainte du Seigneur, la reconnaissance qui lui est due, et l’intérêt de la nation. C’est ce que nous voulons ».

Le souverain saoudien a dévoilé qu’il allait bientôt se rendre aux Etats-Unis, mais il n’a pas précisé s’il allait aborder la crise financière pendant cette visite. Il a déclaré : « Je me rends aux Etats-Unis pour y participer au dialogue interreligieux en cours actuellement ».

Crise ou complot ?

Les experts économiques sont d’accord que la cause principale qui a déclenché l’actuelle crise financière est le fait que plusieurs banques EU ont vendu des produits d’emprunt obligataire garantis par les hypothèques des crédits immobiliers et des polices d’assurance, pour des centaines de millions de dollars, à différentes banques partout dans le monde, avant qu’on se rende compte que ces produits étaient sans valeur, ce qui a provoqué la crise des crédits hypothécaires.

Mais quelques hommes politiques arabes pensent qu’il se pourrait que la crise vise les investissements de quelques états, ce qu’on appelle les « fonds souverains », dans les institutions financières EU qui viennent de s’effondrer.

Ce groupe croit que la crise financière aux Etats-Unis, et qui a entrainé la chute des bourses internationales, serait organisée dans le cadre d’un plan occidental pour frapper les fortunes arabes pétrolières, et pour mettre la main sur les profits gagnés par les Arabes aux dépens de l’Occident sous forme des recettes pétrolières, suite à la hausse importante des cours du pétrole récemment.

Les partisans de cet avis avancent pour preuve deux rapports stratégiques EU publiés en juin 2008, soit avant la crise, qui mettent en garde contre l’influence des fonds souverains arabes, contrôlés principalement par l’argent du Golfe, le fruit du pétrole, sur l’économie EU et occidentale.

Ces deux rapports mettent aussi en garde contre une future réorientation du gouvernail de la politique internationale sous l’effet de cette influence économique au service des intérêts arabes, si ces états pétroliers le voulaient.

Le premier des deux rapports est celui de Richard Haass, l’ex directeur de la planification au département d’état EU, et qui a été publié dans le numéro de mai/juin du magazine Foreign Affairs (« The Age of Nonpolarity », Ndt). Dans cet article, il parle de l’importance croissante de ces fonds et de leurs possessions, ce qui leur permet de contrôler le système financier EU et de devenir des moyens de pression politique.

L’autre rapport signé Daniel Drezner, professeur assistant des politiques internationales à l’école Fletcher, université de Tufts aux Etats-Unis, était publié dans le numéro mai/juin du magazine The American sous le titre « The Sovereigns Are Coming ». Il y souligne que le temps de la domination de ces fonds souverains s’approche (un tableau fourni dans l’article donne un total de 1425 milliards de dollars pour seulement l’Emirats Arabes Unis, l’Arabie Saoudite et le Koweït. D’autres avancent un chiffre entre 3000 et 4000 milliards de dollars pour les pays arabes du Moyen Orient, voir « Le nouvel âge d’or des fonds souverains au Moyen Orient », Ndt).

Un article publié le 15 septembre 2008 par le journal International Herald Tribune (« The rising danger of high oil prices », Ndt), met en garde contre l’accumulation des milliards de pétrodollars dans le Golfe et contre les fonds souverains de ses pays, et il appelle à développer une « nouvelle stratégie » pour affronter ces fonds arabes fruits du pétrole.

L’article est signé Henri Kissinger, l’ex-secrétaire d’état EU, et Martin Feldstein, professeur d’économie à l’université de Harvard et ex-conseiller économique en chef du président Ronald Reagan (voir à propos de leur article l’intéressante analyse : Henri Kissinger, l’ « israélisation » de la raison, les Fonds souverains, le Fond de Zakat et l’épouvantail « islamiste », Ndt).

Mise en faillite « volontaire »

Après le déclenchement de la crise, différents rapports circulaient sur les sites web arabes à propos de l’existence d’un plan EU bien organisé dont l’objectif est de mettre en « faillite volontaire » quelques banques et entreprises EU, notamment celles avec beaucoup d’investissements d’argent arabe et asiatique, afin d’avaler ces fortunes.

Les partisans de cette thèse affirment que ce plan a été organisé pour mettre la main sur les fonds souverains arabes que les gouvernements investissent dans les banques, les institutions et autres entreprises industrielles EU.

Ces rapports ajoutent que ces effondrements « provoquées » de quelques banques et entreprises, visent non seulement plus d’un trillion (mille milliards, Ndt) de dollars – selon des estimations non officielles – des fonds souverains arabes, mais aussi environ deux trillions et demi supplémentaires des fonds souverains asiatique ou d’Amérique latine, pour des états comme la Chine, le Japon, la Singapour, la Corée du Sud et le Brésil.

Ces fonds sont investis dans les institutions financières EU et représentent des dettes sur l’économie EU. Les états investisseurs comptaient sur le retour de ces fonds et de leurs bénéfices astronomiques, mais les décideurs EU ne le voyaient pas ainsi selon ces rapports.

Ces rapports expliquent le recours des Etats-Unis à ce plan en affirmant que « l’économie EU ne pourrait pas supporter les risques du retrait de ces fonds, et ne pourrait pas payer les profits gigantesques pour l’étranger. Il y aurait aussi d’autres objectifs politiques visant à sauver l’empire capitaliste EU de la faillite et de l’implosion économique et politique ».

Ces analystes soutiennent leur thèse en affirmant que les investisseurs étrangers ne pourront pas obtenir le moindre dédommagement des institutions Eu en faillite, en vertu du chapitre onze de la loi sur les faillites aux Etats-Unis. Ce chapitre protège les institutions en faillite contre leurs investisseurs, et n’accorde à ces investisseurs aucun droit sur ceux qui achètent ces institutions en faillite.
 
Il n’y a pas de rapports fiables sur les pertes des fonds souverains du Golfe dans cette crise financière EU, mais on les estime à plusieurs milliards de dollars.
Signaler au modérateur   Journalisée
kader
Full Member
***
Hors ligne

Sexe: Homme
Messages: 217



« Répondre #93 le: 01/11/2008 - 20:26:13 »

Pékin (Chine) et Moscou (Russie) en guerre contre le billet vert (Dollar US-USD Dollar américain) ?

31/10/2008 18:48 Par Anatoli Gorev, pour RIA Novosti
http://fr.rian.ru/analysis/20081031/118067282.html

Le volet monétaire de la rencontre qui a eu lieu au début de la semaine entre le chef du gouvernement russe Vladimir Poutine et son homologue chinois Wen Jiabao s'est avéré presque sensationnel. Le premier ministre chinois a déclaré que la Russie et la Chine pourraient lutter contre la crise financière mondiale en conjuguant leurs efforts. Vladimir Poutine a invité, pour sa part, à renoncer au dollar dans les transactions commerciales entre les deux pays.

Cette idée ne date pas d'hier. Un accord "cadre" à ce sujet était déjà intervenu entre la Russie et la Chine fin novembre 2007. La Chine et la Biélorussie avaient convenu à peu près en même temps d'un possible renoncement au billet vert dans les paiements réciproques. Au premier semestre de cette année, ce fut au tour du président iranien Mahmoud Ahmadinejad et de son homologue vénézuélien Hugo Chavez de partir en guerre contre le dollar, en invitant leurs partenaires au sein du cartel pétrolier à renoncer à la monnaie américaine dans le commerce du pétrole, affirmant que le billet vert était en bout de course et que l'heure était venue de songer à une monnaie plus stable et prévisible.

Mais n'oublions pas que les déclarations de Vladimir Poutine, à la différence des appels d'Ahmadinejad et de Chavez, ont retenti à un moment où le dollar progresse et "fait pression" sur l'euro. Qui plus est, les économistes estiment qu'il s'agit non pas d'un renforcement temporaire du dollar, mais d'un changement de tendance radical sur les marchés monétaires mondiaux. Les analystes affirment qu'en quelques mois le dollar va récupérer ce qu'il avait perdu en quelques années de baisse. Par conséquent, pour l'instant, on ne voit à l'horizon aucun facteur capable de mettre un coup d'arrêt à son appréciation constante.

Néanmoins, Vladimir Poutine invite à renoncer au dollar en tant qu'instrument de paiement lors de la conclusion de transactions commerciales avec la Chine. De quoi s'agit-il: d'une méfiance par rapport à l'avenir du dollar, ou bien d'une démarche politique?

Les avis des experts divergent. Igor Nikolaïev, directeur du département d'analyse stratégique de FBK (PKF), se déclare sceptique: "A mon avis, les propos tenus par le chef du gouvernement russe relèvent plutôt de la politique que de l'économie. Une idée répandue aujourd'hui dit que les Etats-Unis sont la source de tous les maux, c'est pourquoi il faut renoncer au dollar". Mais il ne faut pas oublier que le dollar devra être remplacé par une autre monnaie: il est peu probable que la Chine accepte le rouble en tant que moyen de paiement, et que la Russie fasse de même avec le yuan. "Il ne reste que l'euro... Mais son avenir est peu clair, surtout à la lumière des événements actuels sur le marché financier mondial. Une autre chose reste incertaine: la Chine acceptera-t-elle l'euro, alors qu'une partie considérable de ses réserves internationales sont libellées en dollars?", souligne l'expert. Bref, pour l'instant, il y a plus de questions que de réponses, résume Igor Nikolaïev.

Pour être juste, il convient de souligner que tous les analystes ne partagent pas ce scepticisme. Andreï Marintchenko, directeur général de la compagnie Kalita-Finance, estime que le renoncement au dollar dans les paiements entre les compagnies chinoises et russes est bien réaliste. Bien plus, d'après lui, le rouble a aujourd'hui de bonnes chances de devenir une monnaie de réserve, ne serait-ce que parce que les Chinois sont définitivement déçus du dollar et ne se sont pas encore habitués à l'euro.

Qui a raison sur ce point: seul l'avenir nous le dira. On comprend également que le renoncement au dollar dans les paiements réciproques entre la Russie et la Chine est une mesure trop importante pour être prise uniquement sur la base de considérations politiques. Supposons que cela ait été fait. A quoi les Russes devraient-ils s'attendre dans ce cas, comment cette nouvelle réalité financière et politique pourrait-elle se répercuter sur leurs revenus et leurs épargnes?

De la meilleure des manières, estime Andreï Marintchenko. De l'avis du spécialiste, si le rouble est accepté en qualité de monnaie de paiement, sa demande s'accroîtra considérablement de la part des compagnies chinoises, et même des particuliers chinois. Par conséquent, les positions de la monnaie nationale russe se renforceront, de même que son prestige dans le monde.

Il convient d'ajouter à cela qu'il y aura en Russie moins de bouleversements liés aux chutes du marché des valeurs, et moins de craintes en matière de dévaluation ou de réévaluation, parce que le dollar qui a acquis ces dernières années une réputation de monnaie très instable jouera un rôle bien plus modeste.

^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^

sauvés ?
Françoise Garteiser - La Chronique Agora - 04/11/2008
http://www.la-chronique-agora.com/
http://www.24hgold.com/francais/cours_or_argent.aspx?money=Euro

http://eurogoldfrance.com/

Ca y est, on est sauvés ! La crise n'aura pas lieu. Les banques centrales et les gouvernements de la planète, héroïques, sont entrés en scène et ont assommé le marché baissier à grands coups de milliards de dollars (américain - USD).

Recapitalisation des banques, garanties à tous les niveaux, injection de liquidités... Partout dans le monde, les autorités ont collaboré pour éloigner le système bancaire du gouffre au bord duquel il vacillait.

Résultat, envolée spectaculaire des indices mondiaux -- avec les valeurs bancaires sur le devant de la scène.

On croit rêver.

Le risque a-t-il disparu ? Qu'en est-il des milliers de milliards de dollars de produits structurés -- swaps, CDO et autre CDS -- qui flottent toujours au-dessus de nos têtes comme un nuage toxique ? Ont-ils été liquidés ? Et puis... où les gouvernements sont-ils allés trouver tout cet argent ? Sous les coussins du canapé ?

Pour autant que je puisse en juger, les dernières mesures ne font que rajouter une couche de ce qui a mis le système dans un tel pétrin : toujours plus de cash, toujours plus de crédit facile.

Et quelle couche ! 500 milliards par ici, 250 milliards par là... Rien que pour l'Union européenne, on annonçait hier une enveloppe de 1 700 milliards de dollars au total.

Non, on n'a pas résolu la crise. On a simplement reculé pour mieux sauter. La récession mondiale est désormais une réalité avec laquelle il faut compter. Augmentation du chômage, baisse des revenus... avec quoi les gouvernements vont-ils payer leurs engagements ? Une fois encore, on se retrouve obligé d'éteindre les incendies de court terme au détriment des générations futures. "On s'en souviendra dans les livres d'histoire", a-t-on souvent entendu ces derniers jours -- sans doute, sans doute... mais je ne suis pas certaine que les commentaires seront très amènes.

Résumons-nous : suite à l'effondrement de la bulle du crédit (causée par un excès de liquiditéset de crédit facile), les autorités injectent encore plus de liquidités et de crédit dans le système pour tenter de regonfler ladite bulle.

Excusez-moi ce parallèle peu ragoûtant, cher lecteur, mais le système bancaire actuel ressemble à une plaie purulente. Il faudrait débrider, enlever les chairs mortes, désinfecter, cautériser. Douloureux, mais sain. Au lieu de cela, on colle sur la plaie un emplâtre de boue provenant du marais le plus proche, en espérant que cela suffira à la guérir. Alors certes, pendant un temps, on ne verra plus la plaie. Mais la surinfection guette... suivie par la gangrène et la mort du patient.

Eh oui ! Même si le système bancaire est effectivement sauvé, l'équation de base (inflation monétaire + récession économique) est toujours là...à la puissance 1 700 milliards. Comment se résoudra-t-elle ?

Je n'en sais rien. Par contre, ce dont je suis certaine, c'est que les monnaies papier n'en sortiront pas intactes. Comme le disait ma collègue Simone Wapler la semaine dernière : "nous avons été ivres de consommation, d'émission monétaire et les gouvernements successifs des pays riches ont acheté de la paix sociale en émettant de la monnaie. Le dollar étalon, qui arrange tout le monde, repose sur du vent : une montagne de dettes publiques et privées. 10 250 milliards de dollars. Ce chiffre n'a plus aucun sens,  c'est presque 30% du PIB mondial annuel".

"Les réserves internationales reposent sur ce dollar. Toutes les banques centrales ont émis de la monnaie au motif que 'si les Etats-Unis le faisaient, pourquoi pas nous ?'. Des gouvernements complaisants ont poussé les banques centrales à émettre cet argent sans travail, basé sur aucune production de biens ou de services. Les politiques de relance par la consommation incitent les gens à dépenser ce qu'ils n'ont pas encore. Les cadeaux fiscaux aggravent les déficits budgétaires."

"L'imbrication des monnaies fiduciaires est telle que la faillite sera collective."

Notre Transaction de la Décennie reste plus que jamais d'actualité ; méfiez-vous des actions... et achetez de l'or physique (pièces, lingots). Avec la récente envolée des cours boursiers, le métal jaune a connu un repli ce début de semaine ; c'est une nouvelle occasion de vous positionner à bon compte.

L'or physique (pièces, lingots) a de nombreuses raisons de monter, comme vous le constaterez en continuant votre lecture. Le récent krach boursier et les mesures qui ont été prises pour le contrer en fournissent une nouvelle... et elle est de taille.

Positionnez-vous sans plus attendre : profits ET protection, l'or (physique (pièces, lingots) et surtout pas l'or papier) est un remède parfait à la crise colossale qui continue de menacer l'économie mondiale.

^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^

Cette nouvelle ruée vers l'or... que le prix du métal jaune ne reflète pas
Le Temps - Genève,Switzerland - Pierre-Alexandre Sallier - Lundi 10 novembre 2008
http://www.letemps.ch/template/finance.asp?page=23&article=243682#243683
      
L'or physique a récemment remplacé l'or papier chez beaucoup d'investisseurs.

METAUX PRECIEUX. Pièces et lingots s'arrachent. Mais les cours de l'or ont perdu 12% cette année.

L'âge d'or? Il y a deux ans, alors que les banquiers avaient la bouche remplie de leurs fabuleux produits d'épargne concoctés à partir de produits magiques - CDO, ABS, ARS... -, cela ressemblait plutôt à un retour à l'âge de pierre. Qui aurait imaginé que lingots et pièces dorées deviennent recherchés au point de provoquer une pénurie? Aux Etats-Unis, l'US Mint, qui frappe les American Eagles, ne livre plus. Son homologue canadien impose des quotas. Et les affineurs témoignent d'une demande sans précédent de métal.

Le mystère de la baisse de l'or

Et pourtant un paradoxe défie l'entendement des aficionados du métal brillant: cet engouement n'a en rien fait exploser le cours de l'or sur le marché londonien ou new-yorkais. Alors que ces derniers mois ont vu se réaliser les sombres prophéties des avocats d'un retour en grâce de l'étalon-or: une menace d'écroulement du système financier. Les vieux réflexes ont bien joué au début de la crise. En mars, lorsque la banque Bear Stearns faisait faillite, le prix de l'once d'or a dépassé les 1000 dollars. Depuis, plus rien. Alors que l'Amérique s'enfonçait dans une crise sans précédent depuis la Grande Dépression, les cours sont redescendus à 735 dollars. Et les bouées de sauvetage sur lesquelles se sont précipités les investisseurs ces derniers mois ont été... les bons du Trésor américain.

Pourquoi? Précisément à cause de la crise, assurent certains. «Faisant face aux demandes de remboursement de leurs souscripteurs, les fonds de placements ont dû liquider leur or», rappelle Peter Meier, gérant du Quantex Precious Metal Fund, à Zurich. «Beaucoup de gens qui achetaient de l'or papier ces dernières années ont simplement transformé ces placements en métal physique», avance Marwan Shakarchi, responsable de la maison MKS Finance à Genève. D'autres invoquent la réappréciation du dollar depuis cet été, ou la baisse du pétrole, autant d'élément dissuadant de s'enfermer dans son coffre entouré de lingots.

Certains ne se satisfont pas de telles justifications. «Le matin du 10 octobre, alors que les places européennes étaient en baisse de 11% au sortir de leur pire semaine depuis le krach de 1987, le prix de l'or s'est effondré de 100 dollars en quatre heures. La main de Dieu aurait-elle frappé?» ironisait récemment Dominique Casaï, responsable de la maison de gestion genevoise Uram.

Vente des banques centrales?

Cette main de Dieu commence à prendre un nom: les banques centrales. «Celles-ci ont un énorme besoin de cash et ont été forcées de vendre de l'or en masse; en particulier la Banque nationale suisse», assure un analyste helvétique ne souhaitant pas être cité en raison de la sensibilité de cette opération. «Si tel n'était pas le cas, les événements des derniers mois auraient dû envoyer les cours de l'once à 2000 dollars», poursuit-il.

Economiste et auteur de l'essai Les faux-monnayeurs, Pierre Leconte estime de son côté que «la Banque des règlement internationaux, le Fonds monétaire international ont également cédé leur or, tout comme certaines banques commerciales, qui ont vendu du métal détenu en compte propre». Problème, personne ne peut le prouver. Les principales banques centrales ne sont censées céder que 500 tonnes par an, conformément aux accords dits de Washington. Il faudra donc attendre leur bilan annuel, début 2009, pour confirmer ces suspicions.

L'illusion du rendement

Autant de rumeurs qui ne semblent guère militer pour un placement en lingots, choisis précisément pour être à l'abri de tout. Stephan Mueller, le gérant de Julius Bär, aborde la question différemment. «Pour un particulier, spéculer sur une envolée des cours ne fait guère de sens; surtout en ce moment, alors que nombre d'institutionnels vendent pour obtenir du cash et recommencer à investir sur les actions.» Selon lui, le métal brillant vise «non point à fournir du rendement mais à réduire le risque d'un portefeuille» en y intégrant de l'or «à dose homéopathique». De son côté, Marwan Shakarchi rappelle que «l'or reste une assurance à laquelle on espère ne jamais avoir à faire appel». Une protection qui conduit à une ruée sur les Kruger Rand et autres Vreneli. Mais que les cours du métal, eux, ne reflètent pas. Pour l'instant.

«L'Occident se précipite sur nos lingots»
Pierre-Alexandre Sallier

Responsable du groupe MKS, l'un des quatre affineurs d'or en Suisse, Marwan Shakarchi, voit la demande d'or des banques privées s'envoler.

C'est une porte cochère discrète, au cœur du vieux Genève. Elle ouvre sur les bureaux - modestes alors qu'on les attendrait «bling-bling» - de MKS Finance, maison de négoce spécialisée dans les métaux précieux. Aucun lingot entassé dans des armoires. La quarantaine de collaborateurs s'occupent de trading, pour le compte de gouvernements, les banques centrales, les banques commerciales. Pour trouver l'or, il faut quitter Genève et rejoindre PAMP, l'usine d'affinage du groupe, dans le Tessin, d'où sortent 450 tonnes de métal par an. Celle-ci coule du «doré» en provenance des mines du monde entier ou fond des bijoux, afin de produire pour les gouvernements et les banques lingots et autres «faces» - ces pièces nues prêtes à être frappées. Plus de la moitié des petits lingots (moins de 100 grammes) produits dans le monde sortent de chez PAMP.

L'Europe, marché émergent

Lorsque le père de Marwan, Mahmoud Shakarchi, négociant libanais d'origine irakienne, fonde MKS à Genève après avoir fui un Pays du Cèdre en guerre, la plus grande partie de son activité se faisait avec l'Inde et le Moyen-Orient. L'Occident, lui, avait délaissé la relique barbare pour les titres de papier.

La crise financière est en train de brouiller cette carte dorée. «On assiste à une demande de métal physique très importante en Occident, en particulier un très grand intérêt de la part des banques privées suisses, pour le compte de leurs clients», explique Marwan Shakarchi. «On commence pratiquement de zéro avec cette clientèle; aujourd'hui pour nous la Suisse, la France, l'Allemagne ou les Etats-Unis sont comme des marchés émergents», sourit celui qui prit, avec sa sœur, la relève de son père décédé en 1983.

Les fonderies du Tessin, qui avaient des journées de travail classiques, tournent maintenant au maximum de leur capacité, au rythme des «3-8».

Leurs effectifs sont passés de 120 à 150 personnes en six mois. «Avant on livrait avec une semaine de préavis, maintenant nous sommes obligés d'imposer des délais de deux mois», témoigne Marwan Shakarchi.

Fonderies en flux tendu

Et si la production de son usine d'affinage ne peut plus guère augmenter, le chiffre d'affaires, lui, s'envole. «Probablement 30 à 40% de plus cette année», souffle le patron de MKS, qui ne donnera pas davantage de précisions. Un rapide calcul montre cependant que la seule vente de 450 tonnes d'or par an au cours moyen affiché cette année représente une valeur de plus de 10 milliards de dollars.

MKS n'oublie pas les marchés plus traditionnels, en particulier l'Inde, de loin le premier consommateur d'or au monde (700 tonnes par an). La société genevoise va y ouvrir une usine d'affinage capable de produire 150 tonnes, en partenariat avec un groupe public indien.

La folie de l'or ne touche pas que les riches déposants des banques genevoises. Les particuliers affluent également sur Goldavenue.com, le site de vente par correspondance de MKS. «Depuis fin juillet son activité s'est envolée de 500%, c'est de la folie», s'étonne presque le marchand d'or.

^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^

L'or, dernier bastion de résistance, attaqué de toutes parts
par Isabelle Mouilleseaux - Mardi 21 octobre 2008
http://www.edito-matieres-premieres.fr/0570/metaux-precieux/or/metal-resistance-crise-financiere.html

Or physique – or papier : le grand écart

Comme l'écrit Simone Wapler dans L'Investisseur Or & Matières : "Le marché de l'or papier (contrats à terme et certificats papier émis sur la base d'une réserve d'or) et celui de l'or physique font maintenant le grand écart un peu partout dans le monde.

D'un côté, les amateurs d'or physique se bousculent, de l'autre, les vendeurs d'or physique se font rares : sentant la hausse venir, ils ne souhaitent pas se débarrasser de leur or. Parallèlement, les contrats papiers sont tirés à la baisse par les fonds contraints de vendre".

Un prime jamais aussi importante qu'en ce moment

"La "prime" permet de mesurer l'écart entre le marché papier et la réalité physique. La prime est la différence entre le prix de l'or physique contenu dans une pièce et le prix comptant de l'or. Cette prime n'a jamais été aussi élevée que maintenant aux Etats-Unis, au Canada, en Europe, en Australie et en Afrique du Sud : un énorme 20 à 30%".

[NDLR : Au sortir de la crise, la demande d'or devrait exploser pour atteindre son plus-haut historique à plus de 2 000 $ ! Découvrez sans plus attendre les stratégies et recommandations hebdomadaires de Simone Wapler et soyez parmi les premiers à profiter du spectaculaire rebond de l'or : il suffit de suivre le guide...]

Julius Baer n'a pas tergiversé longtemps...

Face à ce constat sans appel, la banque suisse Julius Baer a décidé de créer un fond d'investissement "lingots d'or". Contrairement aux trackers et autres certificats or papier disponibles sur le marché, ce fond sera physiquement assis sur de l'or physique. Donc adossé à des lingots effectivement détenus dans les coffres. Et si cette grande banque zurichoise mise à ce point sur l'or physique, c'est bien qu'elle y croit !

Les dominos tombent les uns après les autres

Ces derniers temps, les valeurs minières ont été massacrées, le brut (pétrole) a perdu pied chutant la semaine dernière jusqu'à 68 $ le baril WTI, les actions ont plongé avec une violence inouïe, les métaux industriels se sont engouffrés dans la brèche...

Pas une classe d'actifs n'aura réussi à résister à l'ouragan qui s'est abattu sur les marchés, à l'exception de l'or. Il a réussi à maintenir la tête hors de l'eau durant la tourmente. Remontant même au-dessus des 900 $ quand les marchés actions touchaient leur point bas.

Maintenant, le tour de l'or ?

Alors que l'accalmie revient sur les bourses mondiales, c'est au tour de l'argent de s'effondrer comme un château de cartes. Sous le seuil psychologique des 10 $ !

Et voilà que ces derniers jours, l'or s'est lui aussi mis à dévisser sérieusement ! Il devrait pourtant profiter de la crise ambiante. Quoi de mieux que l'or pour ne pas sombrer au beau milieu de la tempête !

Eh bien non. Il revient vers les 790 $ l'once...

L'or, victime des ventes massives des fonds

Lui aussi a fini par être rattrapé par le débouclage de positions "à tout prix" des fonds spéculatifs. N'oubliez pas que ceux-ci ont emprunté de l'argent aux banques pour maximiser leurs effets de levier. Avec le krach boursier, leurs actifs s'effondrent. Pour rembourser l'argent emprunté, ils sont dans l'obligation de vendre à tout prix, ce qui nourrit d'autant la spirale baissière.

L'or victime de la hausse du dollar

"Le métal jaune souffre de la remontée du dollar. Celle-ci est due à une course folle vers les liquidités et les bons du Trésor. Le dollar a beaucoup de défauts mais c'est la monnaie la plus répandue dans le monde. Nombreux sont ceux qui privilégient une politique de "préservation des actifs" et qui, n'ayant pas le bonheur d'avoir une monnaie robuste, cherchent refuge dans le dollar", nous dit Simone Wapler

L'or victime de la chute du cours du brut et du débouclage de positions acheteuses

Toute baisse du cours du pétrole (et des matières en général) pèse sur les cours de l'or car brut et or sont fortement corrélés. La baisse du cours du pétrole ayant pour effet de réduire le risque inflationniste qui nourrit la hausse de l'or.

Autre facteur baissier : le débouclage des positions longues (acheteuses) des traders qui, début octobre, avaient fait passer l'or de 730 $ à plus de 900 $. Non seulement ils ont pris leurs bénéfices étant donné la mise en sourdine de la crise bancaire mais ils en ont aussi profité pour jouer l'or à la baisse...

^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^

RAND Corporation fait pression sur le Pentagone pour lancer une guerre afin de sauver l'économie étasunienne

Paul Joseph Watson & Yihan Dai - Prison Planet.com 30 Octobre 2008
Original : http://www.infowars.com/?p=5654
Traduction libre de Pétrus Lombard pour Alter Info

Selon des articles issues de la meilleure presse traditionnelle chinoise, RAND Corporation a récemment présenté au Pentagone une proposition choquante faisant pression pour lancer une guerre contre une grande puissance étrangère afin de chercher à stimuler l'économie étasunienne et prévenir la récession.

Un vif débat s’en est alors suivi en Chine sur qui pourrait être la puissance étrangère, avec la Chine elle-même ainsi que la Russie et même le Japon soupçonnés d'être la cible de l'agression.

Ces articles citent des sources d’informations françaises qui auraient découvert la proposition, dans laquelle RAND a suggéré que les 700 milliards de dollars assignés au renflouage de Wall Street et des banques en faillite servent plutôt à financer une nouvelle guerre qui, à son tour, revigorera les marchés boursiers faiblissants.

RAND Corporation est une ONG notoirement puissantes avec des liens profonds au complexe militaro-industriel étasunien, ainsi que des relations imbriquées avec les fondations Ford, Rockefeller, et Carnegie.

La direction actuelle de RAND inclue Frank Charles Carlucci III, ancien Ministre de la Guerre et directeur adjoint de la CIA, Ronald L. Olson, sommité du Council on Foreign Relations et ancien Ministre du Travail, et Carl Bildt, membre supérieur des Bilderberg et ancien Premier Ministre suédois.

Carlucci fut président du Groupe Carlyle de 1989 à 2005 et supervisait les bénéfices gargantuesque des contractants de la guerre, faits suite à l'invasion de l'Afghanistan après le 11/9. Le Groupe Carlyle a aussi reçu des fonds d'investissement de la famille Ben Laden.

La proposition effrontée de RAND conseillerait vivement que puisse être lancée une nouvelle guerre qui profiterait à l'économie, mais soulignerait que le pays visé devrait être une puissance majeure influente, et non pas un petit pays de la taille de l'Afghanistan ou de l'Irak.

Les articles ont suscité une vague de débats publics et de la tension en Chine au sujet de l’éventualité d'un nouveau conflit mondial se profilant à l'horizon.

Sohu.com, le plus grand média de Chine, spécule que l'objectif de la nouvelle guerre serait probablement la Chine ou la Russie, mais qu'il pourrait aussi être l'Iran ou un autre pays du Moyen-Orient. Le Japon a aussi été mentionné comme cible potentielle car il détient la majorité de la dette des États-Unis.

La Corée du Nord a été envisagée comme cible, mais exclue parce que l'ampleur de cette guerre ne correspondrait pas aux besoins de RAND.

La proposition attribuée à RAND va de pair avec les commentaires récents de Joe Biden, Colin Powell, Madeleine Albright et d'autres, concernant la « garantie » du fait que Barack Obama sera confronté à une « crise internationale » majeure dès son entrée en fonction.

Elle arrive aussi suite à une alerte de Michael Bayer, président d'un important groupe consultatif du Pentagone, qui se fait l’écho de la déclaration selon laquelle la prochaine administration fera face à une crise internationale dans les mois de son entrée en fonction.

On pourrait espérer que des personnes sages, ou du moins saines d'esprit, qui ne souhaitent pas entamer une guerre nucléaire mondiale, comme les généraux supérieurs de l'armée qui ont menacé de démissionner si Bush ordonnait d’attaquer l'Iran, s'opposeront à la proposition de RAND. L’amiral William Fallon, le chef du commandement central étasunien, a démissionné en mars l'année dernière à cause de son opposition à la politique de l'administration Bush envers l'Iran.

^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^

Les États-Unis se préparent à des troubles intérieurs majeurs
29 octobre 2008 Washington DC (États-Unis)
http://www.voltairenet.org/article158452.html

Le 30 septembre 2008, The Army Times révélait que la 1ère brigade de combat de la 3ème division d’infanterie US [1] avait été rapatriée d’Irak et affectée au maintien de l’ordre intérieur aux États-Unis [2]. Devant le tollé général, le journal a publié un démenti de son propre article.

Cependant tout laisse à penser que l’Administration Bush, inquiète des conséquences sociales de la crise financière et du Plan Paulson, envisage une répression brutale en cas d’émeutes.

Après avoir été traitée avec dérision dans la presse nationale, l’information a ému l’American Civil Liberties Union (ACLU), la puissante association de défense des droits de l’homme. Celle-ci a engagé une procédure FOIA pour se faire transmettre les documents officiels précisant les attributions exactes de cette unité militaire d’élite en matière de police [3].

De source diplomatique, on indique que Washington semble particulièrement craindre de mauvaises nouvelles économiques et des troubles civils durant la période de transition entre les deux présidents (4 novembre-20 janvier). Des démarches ont même été entreprises auprès des autorités financières des pays alliés pour envisager la possibilité de fermeture simultanée des Bourses en cas de crise politique aux États-Unis.

[1] Site officiel

[2] « Brigade homeland tours start Oct. 1 », par Gina Cavallaro, Army Times, 30 septembre 2008.

[3] « ACLU Demands Information On Military Deployment Within U.S. Borders », communiqué de l’American Civil Liberties Union, 21 octobre 2008.

^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^

Communiqué public GEAB N°28 (15 octobre 2008) -
Alerte Crise Systémique Globale été 2009 : Cessation de paiement du gouvernement américain

15 octobre 2008
http://www.leap2020.eu/GEAB-N-28-est-disponible!-Alerte-Crise-Systemique-Globale-Ete-2009-Cessation-de-paiement-du-gouvernement-americain_a2240.html?PHPSESSID=8bd3aa1ccb2763f6aca7839586b5864a

A l'occasion de la parution du GEAB N°28, LEAP/E2020 a décidé de lancer une nouvelle alerte dans le cadre de la crise systémique globale car nos chercheurs estiment qu'à l'été 2009, le gouvernement américain sera en cessation de paiement et ne pourra donc pas rembourser ses créditeurs (détenteurs de Bons du Trésor US, de titres de Fanny Mae et Freddy Mac, etc.). Cette situation de banqueroute aura bien évidemment des conséquences très négatives pour l'ensemble des propriétaires d'actifs libellés en dollars US. Selon notre équipe, la période qui s'ouvrira alors deviendra propice à la mise en place d'un « nouveau Dollar » destiné à remédier brutalement au problème de la cessation de paiement et de la fuite massive de capitaux hors des Etats-Unis. Ce processus découlera des cinq facteurs suivants qui sont analysés plus en détail dans le GEAB N°28 :

1.L'évolution récente, à la hausse, du Dollar US est une conséquence directe et provisoire de la chute des bourses mondiales

2.Le « baptême politique » de l'Euro vient juste d'avoir lieu donnant une alternative « de crise » au Dollar US, en tant que « valeur-refuge » crédible

3.La dette publique américaine s'enfle de manière désormais incontrôlable

4.L'effondrement en cours de l'économie réelle des Etats-Unis empêche toute solution alternative à la cessation de paiement

5.« Forte inflation ou hyper-inflation aux Etats-Unis en 2009 », là est la seule question.

Mais on peut déjà se faire une idée de l'évolution à venir en regardant l'Islande que notre équipe suit à la loupe depuis début 2006. Ce pays constitue en effet un bon exemple de ce qui attend les Etats-Unis, et également le Royaume-Uni. On peut considérer, comme d'ailleurs bon nombre d'Islandais aujourd'hui, que l'effondrement du système financier islandais est venu du fait qu'il était surdimensionné par rapport à la taille de l'économie du pays.

L'Islande s'est en fait prise en matière financière pour le Royaume-Uni (1). Comme le Royaume-Uni en matière financière s'est lui-même pris pour les Etats-Unis et que les Etats-Unis se sont pris pour la planète entière, il n'est pas inutile de méditer le précédent islandais (2) pour appréhender le cours des évènements des douze prochains mois à Londres et Washington (3).

Nous assistons en effet actuellement à un double phénomène historique :

. d'une part, depuis le mois de Septembre 2008 (comme annoncé dans le GEAB N°22 de Février 2008), l'ensemble de la planète est désormais conscient de l'existence d'une crise systémique globale caractérisée par un effondrement du système financier américain et sa contagion au reste de la planète.

. d'autre part, un nombre croissant d'acteurs mondiaux entreprennent d'agir par eux-mêmes devant l'inefficacité des mesures préconisées ou prises par les Etats-Unis, pourtant centre du système financier mondial depuis des décennies. L'exemple du 1° Sommet de l'Euroland (ou Eurozone ), qui s’est tenu Dimanche 12 octobre 2008 et dont les décisions, par leur ampleur (près de 1.700 milliards EUR) et leur nature (4), ont permis un retour de confiance sur les marchés financiers de toute la planète, est à ce titre tout-à-fait exemplaire du « monde d'après-Septembre 2008 ».

Car il y a bien un « monde de l'après-Septembre 2008 ». Pour notre équipe, il est désormais évident que ce mois restera dans les livres d'histoire de l'ensemble de la planète comme celui « datant » le déclenchement de la crise systémique globale ; même s'il ne s'agit en fait que de la phase de « décantation », la dernière des quatre phases de cette crise identifiée dès Juin 2006 par LEAP/E2020(5). Comme toujours quand il s'agit de grands ensembles humains, la perception du changement par le plus grand nombre n'intervient que lorsque le changement est en fait déjà bien engagé.

En l'occurrence, Septembre 2008 marque l'explosion majeure du « détonateur financier » de la crise systémique globale. Selon LEAP/E2020, ce second semestre 2008 est en effet le moment où « le monde plonge au cœur de la phase d'impact de la crise systémique globale » (6). Ce qui veut dire pour nos chercheurs qu'à la fin de ce semestre, le monde entre dans la phase dite de « décantation » de la crise, c'est-à-dire la phase où l’on voit les conséquences du choc se mettre en place. C'est de facto la phase la plus longue de la crise (entre trois et dix ans selon les pays) et celle qui va affecter directement le plus grand nombre de personnes et de pays. C'est l'étape qui va voir également se dégager les composantes des nouveaux équilibres mondiaux dont LEAP/E2020 présente deux premières illustrations graphiques dans ce GEAB N°28 (7).

Ainsi, comme nous l'avons répété à plusieurs reprises depuis 2006, cette crise est beaucoup plus importante, en termes d'impact et de conséquences, que celle de 1929. Historiquement, nous sommes tous les premiers acteurs, témoins et/ou victimes d'une crise qui affecte toute la planète, avec un degré sans précédent d'interdépendance des pays (du fait de la globalisation de ces vingt dernières années) et des personnes (le degré d'urbanisation, et donc de dépendance pour les besoins de base - eau, nourriture, énergie, ... - est aujourd'hui sans précédent dans l'Histoire). Cependant, le précédent des années 1930 et ses terribles conséquences destructrices semblent à nos chercheurs assez présents dans les mémoires collectives pour nous permettre, si les citoyens sont vigilants et les dirigeants lucides, d'éviter un bis repetita conduisant à une (ou des) conflagration(s) majeure(s).

Europe, Russie, Chine, Japon,... constituent sans aucun doute les acteurs collectifs pouvant d'assurer que l'implosion en cours de la puissance dominante de ces dernières décennies, à savoir les Etats-Unis, ne conduise pas la planète dans une catastrophe. En effet, à l'exception de l'URSS de Gorbatchev, les empires ont tendance à tenter vainement d'inverser le cours de l'Histoire quand ils sentent leur puissance s'effondrer. C'est aux puissances partenaires de canaliser pacifiquement le processus, ainsi qu'aux citoyens et élites du pays concerné de faire preuve de lucidité pour affronter la période très pénible qui se prépare.

La « réparation d'urgence » des canaux financiers internationaux, réalisée avant tout par les pays de la zone Euro en ce début de mois d'Octobre 2008 ( 8 ), ne doit pas masquer trois faits essentiels :

. cette « réparation d'urgence », nécessaire pour éviter une panique qui menaçait d'engloutir tout le système financier mondial en quelques semaines, ne traite provisoirement qu'un symptôme. Elle ne fait qu'acheter du temps, deux à trois mois maximum, car la récession globale et l'effondrement de l'économie américaine (le tableau ci-dessus montre ainsi la vertigineuse croissance des fonds prêtés aux banques américaines par la Réserve fédérale) vont s'accélérer et créer de nouvelles tensions économiques, sociales et politiques qu'il faut traiter par anticipation dès le mois prochain (une fois les « paquets financiers » mis en oeuvre)

. même s'il était absolument nécessaire de remettre en marche le système de crédit, les gigantesques moyens financiers consacrés sur toute la planète aux « réparations d'urgence » du système financier mondial seront autant de moyens qui ne pourront pas être mis à disposition de l'économie réelle dans les mois à venir pour faire face à la récession globale

. la « réparation d'urgence» constitue une marginalisation, et donc un affaiblissement supplémentaire des Etats-Unis, puisqu'elle met en place des processus contraires à ceux prônés par Washington pour les 700 Milliards USD du TARP de Hank Paulson et Ben Bernanke : une recapitalisation des banques par les gouvernements (décision qu'Hank Paulson est obligé de suivre maintenant) et une garantie des prêts interbancaires (en fait les gouvernements de l'Euroland se substituent aux assureurs de crédits, une industrie au cœur de la finance mondiale et essentiellement américaine depuis des décennies). Ces évolutions détournent toujours plus de relais décisionnels et de flux financiers hors de l'orbite américaine à un moment où l'économie des Etats-Unis et l'explosion de leur dette publique (9) et privée en auraient plus que jamais besoin ; sans même parler des retraites qui s'envolent en fumée (10).

Le dernier point illustre comment, dans les mois à venir, les solutions à la crise et ses différentes séquences (financière, économique, sociale et politique) vont diverger de plus en plus : ce qui est bon pour le reste du monde ne le sera pas pour les Etats-Unis (11) et désormais, Euroland en tête, le reste du monde semble déterminer à faire ses propres choix.

Le choc brutal que générera la cessation de paiement des Etats-Unis à l'été 2009 est en partie une conséquence de ce découplage décisionnel des grandes économies du monde par rapport aux Etats-Unis. Il est prévisible et peut être amorti si l'ensemble des acteurs commencent dès maintenant à l'anticiper ; c'est d'ailleurs l'un des thèmes développés dans ce GEAB N°28. LEAP/E2020 espère seulement que le choc de Septembre 2008 aura « éduqué » les responsables politiques, économiques et financiers de la planète afin qu'ils comprennent qu'on agit mieux par anticipation que dans l'urgence. Il serait dommage que l'Euroland, l'Asie et les pays producteurs de pétrole, tout comme les citoyens américains d'ailleurs, découvrent brutalement au cours de l'été 2009, à la faveur d'un week-end prolongé ou d'une fermeture administrative des banques et bourses pour plusieurs jours sur le territoire américain, que leurs Bons du Trésor US et leurs Dollars US ne valent plus que 10% de leur valeur car un « nouveau Dollar » vient d'être instauré (12).

^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^

Crise financière : Ajustement, mutation ou effondrement de l’Empire ?

par Thierry Meyssan* - 2 novembre 2008 - voltairenet.org
http://www.voltairenet.org/article158424.html

Depuis l’été 2006, Thierry Meyssan pronostique l’effondrement des États-Unis à moyen terme suivi de leur dislocation. Ce point de vue —qui a fait beaucoup sourire— trouve aujourd’hui un début de confirmation : rien ne parvient à stopper la crise financière US qui se transforme en crise économique. Selon cet analyste, qui est politologue et non pas économiste, les sommets internationaux qui se succèdent aujourd’hui n’ont pas pour but de résoudre la crise, mais représentent une révolte des États vassaux pour réorganiser un système qui, bien qu’agonisant, continue à profiter aux États-Unis.

Depuis près de deux ans, le système économique mondial est déstabilisé par un krach financier à rebondissements. De manière consensuelle, tous les analystes s’accordent à interpréter cette période comme une crise interne du modèle impérial anglo-saxon qui provoque des convulsion dans toutes les économies sur lesquelles il exerce un leadership, voire une domination. Dans ces conditions, les réponses publiques sont de deux ordres. Pour la plupart des États, il s’agit de préserver l’économie nationale en limitant la contamination, mais pour Washington, Londres, Paris et Moscou, l’enjeu est différent. Il s’agit de savoir si le dollar restera la clé de voûte du système, ou si celui-ci sera réformé, voire abandonné car la question d’un possible effondrement des États-Unis est désormais débattue.

Pour comprendre les rapports de force actuels, nous allons retracer les étapes de cette crise. Commençons par le commencement visible de la catastrophe.

La première crise des subprimes (trois premiers trimestres 2007)

Tout au long de la dernière décennie, les banques US ont multiplié les propositions alléchantes de crédit hypothécaire spéculatif (subprime). Tablant sur une hausse permanente des prix immobiliers, elles ont évalué les hypothèques non plus selon le prix du bien immobilier au moment de l’obtention du crédit, mais selon son prix espéré s’il devait être vendu avant la fin du crédit. Les prêteurs proposaient ainsi aux consommateurs d’emprunter pour s’acheter à la fois la maison, les meubles, la voiture, et les frais de scolarité des enfants, en gageant leur emprunt sur la seule maison. De la sorte, ils purent trouver quantité de nouveaux clients qui n’auraient normalement pas souscrit d’emprunt. Les consommateurs, quant à eux, jouissaient d’une évidente amélioration de leurs conditions de vie. Bien que n’ayant pas produit de richesses supplémentaires, mais uniquement créé de l’argent sous forme de dette, ils pouvaient tous couler une vie heureuse au pays enchanté du capitalisme triomphant.

Cependant, en 2006, les banques ayant fait le tour des clients potentiels et la Réserve fédérale ayant augmenté ses taux d’intérêt, la demande de logement à construire commença à se ralentir. Les prix baissèrent. Du coup, les hypothèques ne suffisaient plus à garantir les crédits engagés.

Pendant ce temps, les autorités US s’acharnaient à masquer la situation économique en autorisant les multinationales à truquer leur comptabilité et en truquant elles-mêmes les comptes de la nation. Les grandes sociétés camouflaient leurs opérations sur des produits financiers en les déplaçant dans leurs filiales off shore donnant ainsi l’impression qu’elles réalisaient des profits à partir d’une production réelle alors qu’ils provenaient de la spéculation. À l’inverse, alors que la production nationale brute était en forte récession, le Trésor états-unien ajoutait à ses statistiques les crédits, obligations et titres dérivés. En cumulant produits réels et « produits » financiers, l’Administration pouvait se targuer d’une croissance continue. Quoi qu’il en soit, la récession de l’économie réelle appauvrit des familles en cours d’accession à la propriété. Ne pouvant payer leur traites, et le montant de l’hypothèque ne suffisant plus à clôturer le crédit, on assista aux premières expulsions d’emprunteurs.

Le séisme intervient en janvier 2007. Ownit Mortgage Solutions et Mortgage Lenders Network USA Inc. cessent leur activité, laissant derrière eux une ardoise de 3,4 milliards de dollars. L’ensemble du secteur se trouve déstabilisé. 25 sociétés de prêt hypothécaire font faillite en chaîne, dont le leader du marché, New Century Financial Corporation. Alors que la classe dirigeante et les médias n’ont pas réagi à l’expulsion de centaines de milliers de familles, la faillite de quelques établissements financiers les réveille dans leur sommeil.

Le problème s’étend bientôt aux fonds d’investissement concernés. Bear Streams en ferme deux en juin 2007. Le problème s’étend aussi à l’étranger. BNP-Paribas suspend la cotation de trois de ses fonds d’investissement.

Ces faillites groupées assèchent les liquidités des banques. Les gouvernements occidentaux considèrent que l’on ne pourra pas stopper la crise des subprimes. Selon eux, une purge générale est inévitable et il faut donc s’attendre à d’autres faillites et à des expulsions en masse de nouveaux propriétaires. Par contre, les gouvernements occidentaux mettent en place un plan coordonné pour contenir la crise au secteur des prêts hypothécaires et sauver de la contamination le secteur bancaire classique. Le 10 août, la Réserve fédérale US injecte 43 milliards de dollars pour fluidifier les marchés, la Banque centrale européenne l’équivalent de 214 milliards de dollars et la Banque du Japon l’équivalent de 8 milliards. L’Australie et le Canada interviennent à moindre échelle.

Pourtant, quelques jours plus tard, la banque britannique de dépôts Northern Rock se trouve à court de liquidités. Elle sera renflouée par la Banque d’Angleterre avant d’être finalement nationalisée pour garantir les comptes des petits épargnants.

En octobre, Merrill Lynch annonce des pertes colossales, bientôt évaluées à 8,4 milliards de dollars, et se cherche un repreneur.

Washington constate que le plan de sauvetage est insuffisant car la poursuite de la crise des subprimes assèche à nouveau les banques et oblige de nouvelles injections de liquidités par la Réserve fédérale. On ne peut donc plus considérer la crise des subprimes comme une « douloureuse correction du marché des prêts hypothécaires » et on ne peut se contenter de l’accompagner de mesures sociales pour les expulsés. Comme la doctrine économique du laisse-faire interdit à l’État de nationaliser les habitations impayées, la Maison-Blanche fait appel aux grandes banques et leur demande de créer un « super-fonds » de 100 milliards pour absorber les crédits pourris. Cela paraît faisable, dans la mesure où la Réserve fédérale a déjà largement injecté de telles liquidités dans le marché. Dans la pratique, les banques comprennent vite qu’elles ne seront jamais remboursées et se retirent du super-fonds dès qu’elles le peuvent. Simultanément, le Congrès vote une législation gelant provisoirement les dettes de plusieurs sociétés de prêt hypothécaire pour éviter leur faillite.

Durant cette première tourmente, les banques ont enregistré des dépréciations d’actif (c’est-à-dire des pertes dues à l’insolvabilité à la base) d’environ 500 milliards de dollars. Pour y faire face, elles ont du ouvrir leur capital pour 300 milliards de dollars et diminuer leur activité de 200 milliards de dollars. Sur l’aimable suggestion de l’Administration Bush, les Fonds souverains du Golfe viennent à la rescousse et entrent à leurs risques et périls dans les grandes banques occidentales.

En définitive, l’éphémère super-fonds et le gel des dettes interrompent la crise des subprimes. Toutefois, rien n’est réglé. La crise reprendra six mois plus tard.

Les émeutes de la faim (dernier trimestre 2007, premier semestre 2008)

Conséquence de cette accalmie, les grands établissements financiers se retrouvent avec un surplus de liquidités. Ils décident de se refaire au plus vite une santé en spéculant sur les marchés à terme : l’or, le pétrole, les denrées alimentaires de base [1].

Or, le marché du pétrole est lui-même en pleine restructuration. À l’appétit démesuré des économies occidentales s’ajoute le récent développement industriel de l’Inde et de la Chine. Par malheur, cette augmentation de la demande coïncide avec une augmentation des coûts de production. De nombreux gisements arrivent à épuisement, tandis que les nouveaux champs pétroliers sont toujours plus onéreux à exploiter. D’autant que ce marché étant spéculatif, la cotation ne se base pas sur le coût de production du jour, mais sur l’estimation du niveau qu’il aura atteint lorsque l’on renouvellera les stocks. Il s’en suit une flambée des prix du pétrole.

Le marché des denrées alimentaires de base est lui aussi déjà en pleine crise [2]. Sous l’effet des mesures de solvabilisation des économies imposées par le FMI et la Banque mondiale, de nombreux pays du tiers-monde ont diminué leurs surfaces cultivées et ont préféré des cultures spéculatives aux cultures vivrières. Symbole de ce changement : la production de bio-carburants destinés à faire rouler les 4x4 aux États-Unis au détriment de la culture d’aliments pour nourrir la population locale [3]. À cette crise structurelle s’ajoutent les mauvaises récoltes dans plusieurs pays et surtout l’augmentation des coûts de production. En effet, l’agriculture contemporaine est grosse consommatrice d’engrais et de pesticides dérivés du pétrole. Il s’en suit une crise alimentaire et des émeutes de la faim dans 37 pays à la fin 2007 et au premier semestre 2008.

Ces émeutes menaçant l’équilibre politique mondial, la Maison-Blanche et le Congrès décident de stabiliser les prix par des interventions de l’USAID sur les marchés agricoles et un discret rappel à l’ordre des établissements financiers impliqués dans la spéculation.

Si la demande alimentaire est stable quelque soit le prix de vente, car on ne peut vivre sans manger, par contre la demande d’énergie est volatile. Elle baisse lorsque les prix sont trop élevés. Et la baisse de la demande fait baisser les prix, relançant ainsi la demande, etc. Cet effet yo-yo devrait s’accroître dans le futur, au fur et à mesure de la raréfaction des champs pétroliers faciles à exploiter et de l’augmentation des coûts de production.

Seconde crise des subprimes (second semestre 2008)

La crise des subprimes reprend à l’expiration des mesures provisoires, à l’été 2008. Cette fois, elle est attendue et l’Administration Bush s’y est préparée. Sa stratégie consiste d’une part à laisser autant que possible les dettes aux mains d’investisseurs étrangers, et d’autre part à informer des sociétés amies pour qu’elles profitent de la crise pour absorber leurs concurrents.

Les obligations et titres US en tous genres, jugés insolvables, détenus par des investisseurs étrangers se répartissent alors comme suit :
- Japon : 593 milliards de dollars
- Chine (Hong Kong inclus) : 580 milliards de dollars
- Paradis fiscaux : 208 milliards de dollars
- Royaume-Uni : 291 milliards de dollars
- Pays du Golfe : 174 milliards de dollars
- Brésil : 148 milliards de dollars
- Russie : 74 milliards de dollars
- Suisse : 45 milliards de dollars
Tout cet argent virtuel est appelé à disparaître en priorité, mais en définitive ce sont 25 000 milliards de dollars virtuels qui vont partir en fumée remettant en cause le leadership états-unien.

Les pertes des petites sociétés qui ont été gelées se répercutent sur les deux principales sociétés de prêts hypothécaires US garanties par l’État fédéral, Fannie Mae et Freddie Mac. Le temps de faire les comptes et le 7 septembre, elles annoncent des pertes records approchant les 15 milliards de dollars. Obligé d’exercer sa garantie, l’Agence fédérale du Logement place ces sociétés sous administration publique conservatoire. C’est une nationalisation de facto. Les créanciers de Fannie Mae et Freddic Mac sont rassurés, mais les détenteurs d’obligations émises par ces deux géants se retrouvent avec du papier sans valeur. Pas de chance, la Banque centrale chinoise en avait acheté pour 397 milliards de dollars… sur les conseils d’Henry Paulson lorsqu’il était patron de Goldman Sachs.

Nouvelle partie de « chaises musicales ». La règle du jeu est connue : chacun essaye de vendre les titres qu’ils sait insolvables et d’en acheter qu’il espère juteux. Mais il est très difficile d’évaluer leur valeur tant qu’on ne s’est pas trouvé dans la situation de la recouvrir. Les établissements financiers s’échangent donc des titres en multipliant les plus-values, mais lorsque des consommateurs ne peuvent plus payer leurs emprunts, l’établissement qui détient leurs créances fait faillite. Plus distrayant encore : les joueurs qui ont une meilleure trésorerie ou qui ont eu un peu de chance peuvent spéculer à la baisse sur les actions des établissements mal-portants et réaliser des profits en hâtant leur faillite.

Sur ce principe, Merrill Lynch est racheté par Bank of America, tandis que Lehman Brothers se voit refuser l’aide de l’État et s’effondre. Avec l’aide du directeur des investissements de la firme, George Herbert Walker IV, frère du président Bush, ses actifs seront principalement récupérés par le Britannique Barclays. Cette fois, la crise ne se limite pas aux sociétés de prêt hypothécaire. Elle franchit un pas et contamine le secteur des assurances. Prenant pour la première fois une mesure personnelle, la Réserve fédérale accorde des prêts-relais totalisant 123 milliards de dollars à AIG en échange d’une prise de participation majoritaire, une mesure qu’elle avait refusée à Lehman Brothers. Il ne s’agit plus de la nationalisation d’une société d’économie mixte, mais de celle d’une société privée. Il apparaît vite que cette mesure contraire à orthodoxie du laissez-faire vise aussi à sauver les dirigeants d’AIG qui fêtent leur nationalisation en dépensant un demi-million de dollars pour se reposer une semaine dans un palace californien. Champagne et jolies filles : c’est le contribuable US qui régale !

Les malheurs des uns font le bonheur des autres. JPMorganChase rachète les actifs de Washington Mutual, tandis que CityGroup acquiert Wachovia.

L’orage grondant et la rumeur évoquant une Grande dépression comme en 1929, l’administration républicaine élabore enfin une solution : le plan Paulson, du nom du secrétaire au Trésor. Plutôt que d’organiser la faillite des sociétés détenant des crédits pourris, l’idée est de sauver la bulle financière et les privilèges qui vont avec en faisant payer par l’État fédéral les crédits insolvables. Techniquement, on reprend le principe d’un « super-fonds » pour éponger les dettes des organismes financiers, mais cette fois au lieu d’être abondé par des banques, il le sera par l’État, c’est-à-dire par les contribuables. La fuite en avant continue. Il s’agit de gagner quelques semaines et de repousser les mauvaises nouvelles après l’élection présidentielle US. Un fonds de 700 milliards de dollars sera ainsi créé. Cet argent pourrait être récupéré ultérieurement car après avoir ré-négocier les dettes des particuliers, l’État percevra directement durant des années les mensualités de leurs prêts. Enfin… si les consommateurs conservent leur emploi et ont de quoi payer leurs traites, ce qui est peu probable.

L’annonce de ce plan fait immédiatement chuter le dollar. En effet, ces 700 milliards représentent une hausse d’un quart du budget fédéral, sans la moindre entrée pour l’équilibrer. L’Administration sera obligée de faire marcher la planche à billets, donc de dévaluer insidieusement la valeur du dollar, ce que les spéculateurs anticipent.

La crise se développe désormais en Europe aussi. Le 29 septembre, le Royaume-Uni nationalise Bradford & Bingley. La Belgique et les Pays-Bas démantèlent Fortis, en cèdent des actifs à BNP-Paribas et nationalisent le reste. L’Allemagne vient au secours de Hypo Real Estate. La France, la Belgique et le Luxembourg viennent au secours de Dexia. L’Irlande annonce qu’elle garantira les avoirs des petits épargnants placés dans les six principales banques de dépôt du pays, à hauteur de 400 milliards de dollars. L’Islande nationalise Glitnir et suspend des cotations, mais ne parvient pas à stabiliser sa monnaie qui dévisse de 30 %.

Soumis le 29 septembre à une Chambre des représentants dominée par des démocrates qui sont favorables à cette solution, le Plan Paulson est à la surprise de tous rejeté par… les républicains de M. Paulson. À la surprise de tous ? Non : quelques grands spéculateurs proches d’Henry Paulson, dont Goldman Sachs, CityGroup et JP Morgan Chase, étaient informés de cette péripétie. Ils réalisent des profits faramineux dans la journée.

Le Plan est rediscuté et amendé, puis finalement adopté. Dans la version finale, le montant des avoirs liquides des petits épargnants garantis par l’État a été augmenté, ce qui ne change pas grand chose mais donne l’impression d’avoir pris en considération les classes laborieuses. Les deux nouveautés importantes sont que les succursales états-uniennes de banques étrangères pourront profiter de la manne et que la distribution des 700 milliards ne sera pas discrétionnaire par le secrétaire au Trésor, mais soumise à un vague contrôle parlementaire a posteriori. En d’autres termes, lorsque l’Administration sauvera un établissement financier, elle devra prouver qu’elle n’en a pas profité pour enrichir des amis. Mais elle n’aura aucun compte à rendre lorsqu’elle laissera choir un autre établissement, comme elle le fit avec Lehman Brothers. En définitive, le contribuable US renflouera donc à ses frais les amis du pouvoir qui ont fait de mauvais placements, tandis que les expulsions continueront. Avant de quitter la Maison-Blanche, l’équipe Bush réalise ainsi le hold-up du siècle.

Après une journée d’euphorie à Wall Street, l’indice Dow Jones perd 22 % en une semaine. Le problème est que la bulle financière ne se limite pas aux subprimes. Les banques ont émis des obligations sur ces crédits, puis ont encore titrisé ces obligations. Bref, la spéculation s’est développée sur trois étages et le plan de sauvetage du premier étage n’empêchera pas la chute des deux autres. En outre, s’il est possible en théorie d’arrêter la crise des subprimes en faisant payer les contribuables US, c’est hors de proportion pour renflouer les étages supérieurs. En une décennie, l’ensemble de la bulle financière a atteint l’équivalent de deux années complètes de produit intérieur brut états-unien.

Extension du domaine de la crise

La crise financière globale avait été analysée et prévue à l’avance par quelques économistes, au premier rang desquels l’États-unien Lyndon LaRouche et le Français Jacques Cheminade [4], mais ils avaient été diabolisés, tour à tour traités de fascistes et d’extrémistes de gauche pour les disqualifier. Selon eux, le système ne peut être sauvé en sa forme actuelle. Quoique douloureux, il faut mettre en faillite les établissements non solvables en accompagnant leur chute de mesures sociales, au lieu de renflouer le tonneau des Dannaïdes et d’entretenir la crise. Ils militent pour relancer l’économie par des investissements productifs étatiques, et pour changer le système financier mondial de manière à empêcher la reformation d’une bulle financière. Néanmoins la justesse de leur analyse de la crise ne signifie pas nécessairement que leurs solutions soient les bonnes. On ne manquera pas de leur objecter que des mesures de ce type n’avaient pas suffit à Roosevelt pour résoudre la Grande dépression.

Identiquement, le Français Maurice Allais (prix Nobel d’économie 1988) avait publié deux ouvrages majeurs La crise mondiale d’aujour’hui : pour de profondes réformes des institutions financières et monétaires [5] et La Mondialisation, la destruction des emplois et de la croissance : l’évidence empirique [6] dans lesquels il analysait l’évolution du système financier et prévoyait la crise actuelle [7]

Suivant l’exemple irlandais, le Danemark, l’Autriche, l’Allemagne, l’Islande et la Grèce annoncent qu’ils garantiront les avoirs des petits épargnants. Bientôt, tous les États membres de l’Union européenne font de même.

Le 8 octobre, le Premier ministre britannique Gordon Brown, annonce la nationalisation partielle des principales banques de la Cité : Abbey, Barclays, HBOS, HSBC Bank plc, Lloyds TSB, Nationwide Building Society, Royal Bank of Scotland, et Standard Chartered. En outre, la Banque d’Angleterre injecte des liquidités pour fluidifier le marché inter-bancaire.
Plus surprenant, activant la loi anti-terroriste, le chancelier de l’échiquier annonce le gel des avoirs islandais au Royaume-Uni. Pour éviter que la crise monétaire islandaise ne contamine l’économie britannique, il argumente que les décisions du gouvernement islandais menacent la sécurité du Royaume-Uni. Frappée de plein fouet, la monnaie islandaise poursuit sa descente aux enfers.
Le Royaume-Uni ne s’est pas contenté de prendre des mesures pour sauver ses banques au prix d’une spectaculaire volte-face idéologique. Il a franchi un pas en plaçant les questions financières dans le domaine de la sécurité nationale. C’est qu’il n’entend pas uniquement résoudre les conséquences intérieures de la crise, mais utiliser celle-ci pour recentrer le système mondial à Londres en s’appuyant sur les banques anglo-américaines.
Le même jour, les banques centrales des USA, du Royaume-Uni, du Canada, de la Zone euro, de la Suède et de la Suisse annoncent simultanément une baisse de leurs taux d’intérêt.

L’économie russe est indirectement affectée. Les investisseurs anglo-saxons ont retirés leurs avoirs au mois d’août, à titre de rétorsion après la guerre d’Ossétie du Sud, provoquant une forte chute de la Bourse de Moscou. Alors que le gouvernement peine à remettre de l’ordre, Washington et Londres exigent que leurs banques se concentrent sur le marché intérieur et cessent tout prêt à des sociétés russes. De nombreux oligarques, qui ont placé leurs avoirs à l’étranger, refusent de les rapatrier ainsi que leur suggère le Kremlin depuis deux ans et persistent à spéculer sur les marchés mondiaux. Le gouvernement et la Douma sont contraints de débloquer 36 milliards de dollars pour compenser la défaillance ou le refus des banques anglo-saxonnes.

À Monaco, les dirigeants de Dexia fêtent leur renflouement par la Belgique et la France autour d’un dîner à 200 000 euros. Le lendemain midi, C’est au tour des dirigeants de Fortis qui ont survécus à la nationalisation partielle par les Pays-Bas de retrouver l’appétit. Ils s’offrent un déjeuner dans le même palace à 3 000 euros le couvert.
L’Empire, co-géré par Londres et Washington

Les 10 et 11 octobre, une série de réunion est organisée à Washington. L’administration Bush convoque une réunion du G8 sans la Russie avec qui la guerre financière est déclarée depuis août et le conflit ossète. Lui coupant l’herbe sous le pied, le premier ministre britannique Gordon Brown adresse préalablement une lettre à chaque participant. Il y présente les propositions de sa conseillère spéciale, la baronne Shriti Vadera. Pour Londres, plutôt que de chercher à éponger les dettes astronomiques des organismes bancaires, il faut restructurer ce secteur et le nationaliser partiellement. Cet objectif peut être réalisé en recourant à trois mesures simultanées : la « recapitalisation » des banques défaillantes, la fluidification des prêts inter-bancaires et la garantie publique des dépôts des petits épargnants. Problème : le Plan Vadera, comme le Plan Paulson, doit être financé par une vaste émission de monnaie au risque d’accroître une crise qui trouve son origine dans la bulle financière. La négociation s’engage.

Le secrétaire US au Trésor, Henry Paulson veut conserver la main, mais a déjà montré qu’il ne maîtrisait pas la situation chez lui. Il rappelle au passage, de manière mécanique, comme si son autorité n’était pas ébranlée, que le désordre bancaire ne doit pas permettre aux Iraniens de contourner l’embargo dont ils font l’objet. Le ministre allemand Peer Steinbrück ne veut pas que l’on profite du krach pour imposer une gouvernance financière supra-nationale, à l’inverse de son homologue français, Christine Lagarde qui pense faire la bonne élève en évoquant la création d’un Fonds spécial européen équivalent au Fonds Paulson.

Ça n’a plus d’importance, car le patron de la Réserve fédérale, Ben Bernanke, s’est déjà mis d’accord avec ses collègues de la City. C’est que la Réserve fédérale n’est pas une agence du gouvernement fédéral US, mais un organisme mixte contrôlé par de grandes banques privées, dont certaines sont états-uno-britanniques. En définitive, le plan britannique est adopté, mais dans des termes assez vagues pour ne pas humilier Paulson. Pour sauver le système, les grands argentiers se sont pliés devant les propositions de Dame Vadera. La page du laissez-faire reagano-tatchérien est tournée. L’interventionnisme de l’État est de retour, mais à la manière de la Couronne, pour socialiser les pertes, pas les richesses.

Voici le relevé de décisions du G7 :
« Le G7 a convenu aujourd’hui que la situation actuelle appelle une action urgente et exceptionnelle. Nous nous engageons à continuer à travailler ensemble pour stabiliser les marchés financiers et restaurer le flot du crédit pour soutenir la croissance économique mondiale. Nous avons convenu de :
1 - prendre des mesures décisives et utiliser tous les outils à notre disposition pour soutenir les institutions financières d’importance systémique et empêcher qu’elles fassent faillite ;
2 - prendre toutes les mesures nécessaires pour débloquer le crédit et les marchés monétaires et pour assurer que les banques et les institutions financières aient un accès large aux liquidités et aux capitaux ;
3 - faire en sorte que nos banques et nos autres intermédiaires financiers majeurs puissent, quand c’est nécessaire, lever des capitaux de sources publiques comme privées, en des montants suffisants pour restaurer la confiance et leur permettre de continuer à prêter aux ménages et aux entreprises ;
4 - faire en sorte que nos programmes nationaux respectifs de garantie des dépôts bancaires soient robustes et cohérents, de manière que nos petits déposants puissent continuer à avoir confiance dans la sécurité de leurs dépôts ;
5 - prendre des décisions, lorsque c’est approprié, pour relancer le marché secondaire de la dette hypothécaire et d’autres actifs titrisés. Des évaluations précises, une information transparente sur ces actifs et la mise en oeuvre cohérente de normes comptables de haute qualité sont nécessaires.
Ces actions doivent être prises de manière à protéger le contribuable et à empêcher des effets potentiellement dommageables sur d’autres pays. Nous allons utiliser les outils de politique macroéconomique quand cela est nécessaire et adéquat. Nous soutenons fortement le rôle déterminant joué par le FMI pour aider les pays affectés par ces turbulences. Nous allons accélérer la mise en oeuvre complète des recommandations du Forum de stabilité financière et nous avons pleinement conscience du besoin pressant d’une réforme du système financier. Nous allons continuer à renforcer notre coopération et travailler avec d’autres pour accomplir ce plan. »

Le lendemain matin, les ministres des Finances du « G7 » (mais pas les banquiers centraux) sont reçus à la Maison-Blanche. Cette seconde rencontre n’est pas décisionnaire, elle a pour seul objet de réaffirmer la suzeraineté états-unienne, alors même que le plan adopté est celui des Britanniques. À la fin, le président des États-Unis s’adresse à la presse. Symboliquement, tous ses hôtes se tiennent en ligne derrière lui, comme un bataillon au garde à vous. George W. Bush se contente d’indiquer que des décisions prises la veille devraient être étendues incessamment au G20. C’est en fait le G24 qui se réunit sans attendre autour du secrétaire au Trésor, Henry Paulson, avec la Russie cette fois, pour prendre acte des décisions du G7. Le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et le Forum de stabilisation financière ont été associés à ces trois rencontres.

Force est de constater que la mise en œuvre de ce programme par les États membres de la Zone euro est juridiquement impossible. Les critères de convergence de l’Union économique et monétaire, dits « critères de Maastricht » du nom du traité qui les fixe, sont formels : les États doivent contenir leur dette publique et leur déficit budgétaire. Aucune intervention financière massive des États n’est autorisée, sauf à modifier le traité, selon une procédure qui exige plusieurs années.

Qu’à cela ne tienne ! La France, en tant que présidente temporaire du Conseil européen, convoque une réunion de l’Eurogroupe auquel se joint le Royaume-Uni. Gordon Brown expose le plan Vadera qui ne peut plus être amendé puisqu’il a déjà été adopté par le G7 et que le G24 en a pris acte. Angela Merkel répète qu’il n’est pas question que l’Allemagne cède un pouce de sa souveraineté financière et entrouvre la porte à une gouvernance supra-nationale. Silvio Berlusconi, seul dirigeant présent à avoir une expérience personnelle du monde des affaires, explique à ses collègues, politiciens professionnels, les difficultés de financement des entreprises. Nicolas Sarkozy abandonne l’idée d’un Fonds spécial européen, puisque les États-uniens se sont ralliés au plan britannique. Il veut bien tout ce que l’on veut pourvu qu’il puisse partager avec Brown ce moment de gloire. Comme prévu, le plan Vadera est adopté, c’est-à-dire que les dispositions relatives à la Zone euro dans le Traité de Maastricht sont abandonnées par consensus inter-gouvernemental, sans égard pour les Parlements et les Peuples qui l’ont ratifié. À vrai dire, personne ne s’en soucie, car plus personne ne veut de ces règles étouffantes et dépassées.

Le communiqué final de l’Eurogroupe élargi est une paraphrase verbeuse du relevé de décisions du G7. Outre les décisions relatives à la crise, le plan Vadera comprend un engagement de normalisation des règles comptables internationales sur celles de la City. Les sociétés seront autorisées au choix à évaluer leur actif au prix auquel elles les ont achetés ou au prix auquel elles pourraient les vendre. Cette mesure est d’autant plus surprenante que l’opacité de la comptabilité anglo-saxonne est une des causes de la crise. C’est elle qui empêche d’évaluer précisément la solvabilité des entreprises. Peu importe, alors que les chefs d’État et de gouvernement européens évoquent en public un besoin de transparence, ils concèdent aux Anglo-saxons une mesure essentielle à la poursuite de la globalisation de leur modèle.

L’Empire peut-il être co-géré par Washington et Bruxelles ?

Conseillé par ses amis de la Banque Rothschild, son frère Olivier Sarkozy du Carlyle Group, ainsi que par son beau-père par alliance, l’ambassadeur Frank Wisner II (vice-président du groupe AIG), Nicolas Sarkozy ne se contente pas de suivre le mouvement [8].

Dès le 23 septembre (c’est-à-dire pendant le lancement du Plan Paulson), il appelle l’Assemblée générale de l’ONU à « refonder le capitalisme ». Soutenu par la Banque d’Angleterre et la Réserve fédérale US, il revient à la charge à chaque occasion, malgré l’agacement de l’administration Bush finissante.

En de nombreuses occasions, Nicolas Sarkozy et ses alliés anglo-saxons évoquent « un nouveau Bretton Woods », en référence à la conférence internationale qui créa le système financier actuel à la fin de la Seconde Guerre mondiale. De la part de personnalités qui se sont toujours opposé à la remise à plat des règles de la finance mondiale, l’expression est significative : le système de Bretton Woods a été conçu dans la lignée de la Charte de l’Atlantique pour asseoir la domination financière anglo-saxonne sur « le monde libre », au détriment des autres Alliés et contre l’Union soviétique.

En définitive, George W. Bush concède la convocation d’un sommet des chefs d’État du G20 à Washington, le 15 novembre, c’est-à-dire après l’élection de son successeur. Drôle de réunion en vérité où les États-Unis seront représentés par deux présidents : un sortant, chargé des affaires courantes et un entrant, pas encore investi des pouvoirs de sa fonction.

Nicolas Sarkozy enfonce le clou devant le Parlement européen, évoquant la création d’un gouvernement économique européen, sous forme d’une présidence permanente de l’Eurogroupe qu’il se propose d’assumer. L’idée provoque la fureur des Allemands et la joie des Britanniques qui y voient la possible réalisation du projet de Winston Churchill : un système économique mondial fondé sur deux piliers, un nord-américain et un ouest-européen, avec le Royaume-Uni comme charnière, sinon comme centre du monde. Le tout passant par l’anglo-saxonisation des États-nations européens.

Contrairement aux apparences, la création éventuelle d’un gouvernement économique européen n’ambitionne pas un renforcement de l’euro, mais vise à mettre fin à la rivalité euro-dollar en intégrant l’euro dans un nouveau système impérial [9]. Moscou ne s’y est pas trompé, qui a décidé de se délester progressivement de ses réserves en euros comme il l’a déjà fait de ses réserves en dollars. Le président Dmitry Medvedev a même proposé aux chefs d’État de l’Organisation de coopération de Shanghai d’abandonner le dollar pour leurs échanges au profit des monnaies nationales.

Vers la dislocation des États-Unis ?

Cependant cette réorganisation du système financier mondial arrive trop tard [10]. La récession de l’économie états-unienne est trop profonde. La décision, prise en 1995, par le Congrès alors dominé par les républicains, de relancer la machine de guerre US pour dominer le monde s’est soldée par un désastre. Dés 2004, le Fonds monétaire international constatait que la production de biens de consommation s’effondrait aux États-Unis et que ceux-ci entraient dans une « économie de guerre » [11]. Cette tendance s’accélérait sous la double pression des mesures sécuritaires étouffant le commerce et des dépenses astronomiques de la guerre globale au terrorisme. Transformé en monstre prédateur, les États-Unis ont essayé de se nourrir en enchaînant les proies, mais ne sont pas parvenus à trouver de retour immédiat sur investissement suffisant en Irak. Ils se retrouvent très exactement dans la position de l’Union soviétique à la fin des années 80 : leur secteur militaire a vampirisé toutes leurs énergies.

Ainsi que je l’ai systématiquement noté dans les nombreuses émissions auxquelles j’ai participé depuis l’été 2006, l’échec du projet de remodelage du Grand-Moyen Orient sanctionné par la défaite militaire israélienne au Liban a sonné la fin de l’Empire. De même que l’Union soviétique s’est effondrée et disloquée, de même les États-Unis sont désormais menacés d’effondrement et de dislocation.

Au delà des indices boursiers qui ne donnent pas d’indication fiables sur l’état de l’économie réelle, les indices se multiplient de faillite du système. L’industrie automobile, principale industrie civile aux États-Unis annonce des fermetures d’usines et ne pourra pas éviter la catastrophe sans être rachetée par l’État. Ces fermetures en annoncent d’autres de sorte qu’il paraît difficile d’empêcher un doublement du chômage aux États-Unis en 2009. Les usines chinoises qui approvisionnent les super-marchés outre-Pacifique ferment en chaîne, ce qui implique que les rayonnages de ces super-marchés ne tarderont pas à être vides. Ainsi que nous l’avons annoncé il y a un an déjà, de nombreux États fédérés devraient bientôt se retrouver dans l’incapacité de payer les traitements de leurs fonctionnaires et par voie de conséquence dans l’obligation de fermer écoles et hôpitaux [12]. Déjà la Californie est officiellement menacée de faillite, c’est pourtant l’État fédéré le plus riche.

Plus d’un quart des États-uniens sont des retraités dont les pensions dépendent de placements financiers. La plupart d’entre eux risquent de se trouver rapidement sans ressources.

On n’imagine pas que l’expulsion de centaines de milliers de familles et leur relogement dans des campings municipaux ne tourne pas à l’émeute dans un pays où les armes sont en vente libre. Craignant les conséquences sociales de cette situation, le gouvernement fédéral s’est préparé à proclamer l’état d’urgence. Cette éventualité a été évoquée au Congrès lors du vote du Plan Paulson. Des troupes d’élite, spécialisées en Irak dans le maintien de l’ordre, ont été rapatriées et se tiennent prêtes [13].

Certains commentateurs envisagent que Washington cède à la tentation des années 30, lorsque pour sortir de la crise de 1929, il encouragea la guerre en Europe. Mais une telle option serait aujourd’hui inadéquate : la guerre ne peut plus être la solution car elle est précisément à la base du problème.

C’est pourquoi tout est entrepris pour masquer l’ampleur de la crise, tout au moins jusqu’à l’élection présidentielle du 4 novembre. Au besoin, de nouvelles liquidités seront injectées et les bourses occidentales suspendront leurs cotations. Une fois cette échéance passée, il appartiendra au prochain locataire de la Maison-Blanche de procéder à la liquidation des actifs et de tenter de le faire en préservant la paix civile.
Signaler au modérateur   Journalisée

informaticien
Full Member
***
Hors ligne

Sexe: Homme
Messages: 118


« Répondre #94 le: 11/11/2008 - 18:16:25 »

DANS CE CONTEXTE DE DIVERSES CRISES MONDIALES TRES GRAVES, FALLAIT-IL FAIRE UNE DIVERSION DRAMATIQUE LE JOUR (11 NOVEMBRE) DE L'ARMISTICE METTANT FIN A LA GRANDE GUERRE MONDIALE DE 1914-1918 EN SACRIFIANT "PRESQUE RITUELLEMENT" LE SANG DE MONSIEUR TONY BLAIR (représentant du Quartet (UE, ONU, États-Unis et Russie) au Proche-Orient. ?

Y A T IL EU UNE TENTATIVE D'ASSASSINAT CONTRE MONSIEUR TONY BLAIR A L'AEROPORT DE BEN GURION DE TEL AVIV COMME LA TENTATIVE D'ASSASSINAT DU 24 JUIN 2008 CONTRE LE PRESIDENT FRANCAIS NICOLAS SARKOZY ?

BIZARRE CES COUPS DE FEU "ACCIDENTELS" D'ARMES A FEU AUTOMATIQUES ULTRA SECURISEES A L'AEROPORT DE BEN GURION DE TEL AVIV...!  LES AMIS COMMENCENT A DEVENIR LES PIRES ENNEMIS MORTELS ET LA TRAITRISE COMMENCE A FAIRE DES RAVAGES MORTELS DANS LES MONDES EXTREMISTES OCCIDENTALS ET SIONISTES. APPARAMMENT, CETTE "NOUVELLE OPERATION DE DESTABILISATION ET DE DIVERSION" A ENCORE ECHOUE. VOUS N'AVEZ PLUS LA BARAKA LES GARS PAR CONTRE VOUS ETES VRAIMENT MAUDITS PAR VOS PRECEDENTES VICTIMES QUI VOUS OBSERVENT.


-----------------------------------

British Leaders Targeted As ‘Horrific’ Attack Expected On US

November 17, 2008 - By: Sorcha Faal,
http://www.whatdoesitmean.com/index1167.htm

Russian Military Analysts are reporting to Prime Minister Putin today that British Leaders Gordon Brown and Tony Blair have both survived assassination attempts by what are being described as rightwing factions within Israel’s National Intelligence Agency HaMossad leModi'in uleTafkidim Meyuhadim (Mossad).

The first attack these reports say was made against former British Prime Minister Blair, and current International Envoy to West Asia, who while leaving Israel this past week was fired upon by an assailant who was then in turn killed by one of the security agents protecting him. Western news reports are continuing their suppression of the true facts of this attack and are reporting that the attack against Blair at Tel Aviv’s Ben Gurion International Airport was instead an ‘incident’ caused by one of his security guards ‘accidentally’ firing his weapon.

The second, and more serious attack was an assassination attempt against the current British Prime Minister Gordon Brown during his visit this past weekend to the US for the G20 summit when another rightwing Israeli zealot threw a grenade and fired shots during an assassination attempt while Brown was exiting the Waldorf-Astoria hotel where he had been staying and meeting with top American economic officials.

Western news reports are, likewise, continuing their suppression of this attack too and are stating that the assassination attempt on Brown’s life was an ‘attempted robbery’ of a jewelry store at the Waldorf-Astoria by an Israeli attacker identified as Rafael Rabinovich, but which reports don’t even attempt to explain the grenade explosion which witnesses to the attack, such as Christine Cataldo, described as “It sounded like a bomb, one big boom.”

Even more perplexing of these Western reports to the attack against Brown at the Waldorf-Astoria is their failure to explain how any attacker could enter the most prestigious hotel in New York at the exact time it was being inhabited by nearly every foreign leader in the Western World attending the G20 summit protected by their formidable security details, and not even to mention those security and intelligence forces under the control of the United States.

Russian Military reports, however, state that these attacks against Blair and Brown are attempts by rightwing Israeli forces and their American Nazi backed allies to destroy the planned Blair backed attempt to force Israel to return to its 1967 borders, and which the new American President Barack Obama has signed onto as the ‘first step’ towards instituting a permanent peace in the Middle East.

It is important to note that the rightwing ‘Zionist’ forces have long cooperated with their Nazi enemies in the establishment of Israel and the continued destruction of the Palestinian peoples, and as best described by Zionist leader Chaim Weizmann who in 1937 explained his organizations cooperation with the German Nazis by stating:

“The hopes of Europe's six million Jews are cantered on emigration. I was asked: 'Can you bring six million Jews to Palestine?' I replied, 'No.' ... From the depths of the tragedy I want to save ... young people [for Palestine]. The old ones will pass. They will bear their fate or they will not. They are dust, economic and moral dust in a cruel world. ... Only the branch of the young shall survive. They have to accept it.”

To the current ‘cruel world’, however, facing these Zionists, and threatening to turn them into ‘economic and moral dust’, like they consigned millions of their people too during World War II, the currently embattled Israeli Prime Minster, Ehud Olmert, has warned his Nation and called upon them to return to their 1967 borders, but to which the expected new to be Prime Minister, Tzipi Livni, is stating there will be no agreeing to the new Obama led efforts at peace in the Middle East.

Further adding to the woes of the rightwing Israeli forces, and as we had previously reported on in our November 11th report “Obama Tells US Military To Prepare For ‘Rapid Destruction’ Of Israel”, these latest failed attempts to derail what Russian Intelligence Analysts state is our World’s ‘last chance’ for lasting peace are turning our World towards an ‘inevitable collision’ with total and open Global warfare that will ensure their destruction.

Even now the ominous warnings of the new and horrific attacks designed as the catalysts for Total Global War by these ‘hidden’ forces are circling the Globe, and as we can read:

“An Israeli intelligence site claimed Sunday that “US president-elect Barack Obama, European and Russian heads of states in Washington G20 conference were briefed over the weekend about a probable early al Qaeda attack.”

Israeli intelligence news site, “Debka”, also claimed that “Obama and his team have been advised that a new al Qaeda strike is highly probable in the United States or against a key US target in Europe, North Africa or the Middle East.”

The “Debka” claim coincided with a regional intelligence report that Israeli Mossad and Indian RAW regional chiefs have held an important meeting in a European capital and discussed “possible preparatory reaction” to a new mystery yet to unfold. Regional watchers have also cautioned against fast growing strategic and secret cooperation between certain foreign elements in the neighorbood of Pakistan.

DEBKA report claimed that al Qaeda’s Yemen base, a reliable barometer for Osama bin Laden’s schemes, issued a Directive to All Fighters in Arabia on Nov. 9 presaging a major operation in the United States that will “change the political and economic world” and be “far bigger than 9/11.”

Israeli source claimed that the Al Qaeda “notice said the operation “is very near” and “precise instructions were in the hands of “the fighters, who are already on their way to America” armed with bin Laden’s orders.”

Most important about these latest warnings, these reports continue, and which is virtually unknown to the American people, are that ‘warnings’ issued from the Osama Bin Laden backed Al Qaeda Terror Organization are actually those ‘issued’ by the Nazi backed dissident forces within the CIA, and who created Al Qaeda to begin with to further their destruction of the United States as the World’s last superpower.

Not being understood by the American people about these events is that though Osama Bin Laden and Al Qaeda have been blamed for the 9/11 attacks upon their Nation and the reasons for their wars in Afghanistan and Iraq their own government has never actually accused, or charged, them with being responsible, and as the FBI wanted poster for Bin Laden freely admits, and as we can read:

“USAMA BIN LADEN IS WANTED IN CONNECTION WITH THE AUGUST 7, 1998, BOMBINGS OF THE UNITED STATES EMBASSIES IN DAR ES SALAAM, TANZANIA, AND NAIROBI, KENYA. THESE ATTACKS KILLED OVER 200 PEOPLE. IN ADDITION, BIN LADEN IS A SUSPECT IN OTHER TERRORIST ATTACKS THROUGHOUT THE WORLD.”

However, the ignorance of the American about Bin Laden has not carried through to President-Elect Obama, quite the contrary as he has repeatedly vowed that upon taking office Bin Laden and Al Qaeda would be his ‘top priority’ for destruction, and which in US ‘code-speak’ is a declaration of war upon the Nazi backed forces in his own Nation centered in the CIA, and who no one is expecting to go down without a vicious fight.

-----------------------------------

Tony Blair bodyguard fires gun in Israeli airport

By Tim Butcher in Jerusalem - Last Updated: 3:28PM GMT 11 Nov 2008
http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/middleeast/israel/3440481/Tony-Blair-bodyguard-fires-gun-in-Israeli-airport.html

Tony Blair had to be rushed on to his plane at an Israeli airport after one of his British bodyguards accidentally fired his gun causing a security scare.

Nobody was hurt in the incident at Tel Aviv's Ben Gurion airport and Mr Blair's spokesman said the former Prime Minister had not heard the gunshot.

But an Israeli police spokesman said that in the confusion Mr Blair was hurried on to his plane.

Accidental firings are taken extremely seriously in Israel and its Airports Authority has launched an inquiry.

"One of his bodyguards accidentally fired his gun, and the bullet hit the ground," said, Maayan Malkin, an IAA spokesman.

The incident took place as Mr Blair was leaving Ben Gurion, the main international airport in Israel, after spending a few days in the country in his capacity as international envoy for Palestinian development.

Since being appointed as Middle East representative for the Quartet - the diplomatic grouping of America, Russia, the United Nations and European Union - Mr Blair has visited many times using commercial and private flights.

Earlier this year Israeli fighter planes intercepted a private jet carrying Mr Blair after the plane failed to identify itself adequately as it approached Israeli airspace.

In June an official farewell on the tarmac at Ben Gurion for Nicolas Sarkozy, the French president, ended in chaos after an Israeli policeman guarding the event shot himself dead.

In September another of Mr Blair's bodyguards left their gun in the lavatory of a Starbuck's coffee shop near his London home.

-----------------------------------

Blair bodyguard in security scare (Tony Blair is now a Middle East envoy)
Page last updated at 15:43 GMT, Tuesday, 11 November 2008 - BBC
http://news.bbc.co.uk/2/hi/uk_news/politics/7722522.stm

One of Tony Blair's bodyguards accidentally fired his handgun at Israel's Ben Gurion International Airport, the BBC has been told.

It is understood he was unloading his gun outside the terminal building before travel when he fired a shot.

No one was hurt but airport security guards and police rushed to the scene.

Former British PM Mr Blair, now envoy for the Quartet of Middle East mediators was preparing to leave Israel at the time.

The Israeli Aviation Authority told the BBC it happened on Tuesday afternoon.

It is not the first security scare Mr Blair's presence has prompted in Israel.

In May, Israeli fighter jets were scrambled to intercept a jet carrying Mr Blair, after its crew failed to identify themselves.

As an envoy for the Middle East diplomatic quartet - made up of the US, UN, EU and Russia - he is a frequent visitor to Israel.

Mr Blair was appointed to the role after stepping down as British prime minister in June 2007.

-----------------------------------

Security scare as Blair bodyguard’s gun goes off at airport terminal
Paul Waugh, Deputy Political Editor - 11.11.08
http://www.thisislondon.co.uk/standard/article-23585330-details/Security+scare+as+Blair+bodyguard+s+gun+goes+off+at+airport+terminal/article.do

TONY BLAIR'S Scotland Yard bodyguard caused a security scare at an Israeli airport today when he accidentally fired his handgun.

The weapon went off at Ben-Gurion International Airport in Tel Aviv as the former Prime Minister was preparing to leave the country following another trip as Middle East peace envoy.

No one was injured in the incident, outside the terminal building. Israeli security guards and police rushed to the scene. An initial investigation revealed that the incident was due to an error by the bodyguard.

Airport Authority spokeswoman Maayan Malkin said: “One of his bodyguards accidentally fired his gun and the bullet hit the ground.”

Mr Blair is expected to meet Barack Obama in the United States on Thursday as part of a new push by President Bush to revive the peace process.

The latest incident is further embarrassment to the former Prime Minister.

It emerged in September that his female bodyguard left a loaded semi-automatic Glock 17 pistol on the floor of a Starbuck's lavatory in Edgware Road for nearly 20 minutes before it was discovered. Staff called 999.

Last May, Israeli fighter jets scrambled to intercept a private jet carrying Mr Blair amid fears that the unidentified aircraft was hostile. Mr Blair was flying from the World Economic Forum summit in Sinai, Egypt, to an investment conference in Bethlehem when his plane entered Israeli airspace and failed to respond to control tower calls demanding it identify itself.

Two fighter jets flew above Mr Blair's plane and quickly established contact with the cockpit.

The plane was said to have had a technical malfunction and could not hear the Israeli control tower's calls.

Like all former premiers, Mr Blair will have Metropolitan Police protection officers guarding him for the rest of his life.

But he has extra protection because of his current work in the Middle East. Scotland Yard's SO1 protection unit, which also protects Gordon Brown and other non-royal VIPs, is responsible for looking after Mr Blair around the world.

Given his decisions to go to war in Iraq and Afghanistan, their job is to protect him from al Qaeda and other terrorist groups.
Signaler au modérateur   Journalisée
kader
Full Member
***
Hors ligne

Sexe: Homme
Messages: 217



« Répondre #95 le: 17/11/2008 - 00:51:31 »


LEAP/E2020 - Phase IV de la Crise Systémique Globale : Rupture du Système Monétaire Mondial d'ici l'été 2009

Communiqué public GEAB N°29 - Dimanche 16 Novembre 2008

Voir source et courbes sur :

http://www.leap2020.eu/GEAB-N-29-est-disponible!-Phase-IV-de-la-Crise-Systemique-Globale-Rupture-Systeme-Monetaire-Mondial-d-ici-l-ete-2009_a2429.html?PHPSESSID=fadd2c7b6ad07a5d82d758c272dfeb7c

La réunion du G20 à Washington des 14/15 Novembre 2008, est en soi un indicateur historique, qui signale la fin du monopole occidental, avant tout anglo-saxon, sur la gouvernance économique et financière mondiale.

Mais, pour LEAP/E2020, cette réunion a aussi clairement démontré que ces sommets sont condamnés à l'inefficacité face à la crise car ils se limitent à traiter les symptômes (dérives financières des banques et autres hedge funds, explosion des produits financiers dérivés, volatilité extrême des marchés financiers et des devises, ...) sans traiter la cause principale de la crise systémique globale actuelle, à savoir l'effondrement du système de Bretton Woods fondé sur le Dollar US comme pivot de l'édifice monétaire mondial.

Sans remise à plat complète du système hérité de 1944 d'ici l'été 2009, la faillite du système actuel et des Etats-Unis qui en sont le cœur entraînera l'ensemble de la planète vers une instabilité économique, sociale, politique et stratégique sans précédent, marquée notamment par la rupture du système monétaire mondial à l’été 2009.

Au vu du jargon et du calendrier technocratiques du communiqué de ce premier Sommet du G20, totalement déconnecté de la vitesse et de l’ampleur de la crise en cours (1), il plus que probable qu’il faudra d’abord en passer par cette catastrophe pour que les problèmes de fond soient concrètement abordés et un début de réponse efficace à la crise enfin amorcé.

Quatre phénomènes fondamentaux jouent désormais à pleine puissance pour faire s'effondrer le système de Bretton Woods II (2) dans le courant de l'année 2009, à savoir :

1. Affaiblissement très rapide des acteurs centraux historiques : USA, UK

2. Trois visions d'avenir de la gouvernance globale vont diviser les principaux acteurs mondiaux (Etats-Unis, Eurozone, Chine, Japon, Russie, Brésil) d'ici le Printemps 2009

3. Accélération incontrôlée des processus (dé)stabilisateurs de la dernière décennie

4. Multiplication de chocs-retours d'une violence accrue.


LEAP/E2020 a déjà largement anticipé dans les derniers numéros du GEAB les phénomènes 1 et 4. Dans ce GEAB N°29, nous nous concentrerons sur les phénomènes 2 et 3.

Ainsi, la fébrilité qui a saisi les dirigeants mondiaux depuis la fin Septembre 2008 illustre clairement un sentiment de panique au plus haut niveau.

Les responsables politiques de l'ensemble de la planète ont bien compris désormais qu'il y avait le feu à la maison.

Mais ils n'ont pas perçu une évidence : c'est la structure même de l'édifice qui est en cause.

Il ne s'agit pas simplement d'améliorer les consignes anti-incendie ou l'organisation des secours.

Pour prendre une image symbolique forte, les tours jumelles du World Trade Center ne se sont pas effondrées parce que les pompiers ont eu du retard ou parce qu'il n'y avait pas assez d'eau dans le système automatique anti-incendie : elles se sont effondrées parce que leur structure n'était pas faite pour encaisser le choc de deux avions de ligne les percutant quasi-simultanément.

Le système monétaire mondial actuel est dans une situation identique : les deux tours, c'est Bretton Woods, et les avions s'appellent « crise des subprimes », « crise du crédit », « faillites bancaires », « récession économique », « Très Grande Dépression US », « déficits US », ... une vraie escadrille.

Les dirigeants actuels, issus du monde qui s'effondre sous nos yeux (Barak Obama inclus (3)), ne peuvent pas imaginer les solutions nécessaires, tout comme les banquiers centraux n'ont pas pu, en 2006/2007, imaginer l'ampleur de la crise actuelle (4).

C'est leur monde qui disparaît sous leurs yeux, leurs certitudes et leurs illusions (parfois identiques d'ailleurs) (5).

Selon notre équipe, il va être nécessaire d'attendre un renouvellement d'au moins 20% des principaux dirigeants de la planète pour commencer à voir des solutions viables (6) émerger.

C'est en effet, selon LEAP/E2020, la « masse critique » nécessaire pour envisager tout changement fondamental de perspective dans un groupe humain complexe, peu hiérarchisé. On est loin du compte aujourd'hui car ces nouveaux dirigeants, pour contribuer réellement aux solutions de la crise, doivent accéder au pouvoir après avoir pris conscience de la nature de la crise.

Pour LEAP/E2020, sans de telles prises de conscience par les dirigeants mondiaux au cours des trois mois à venir et leur traduction en actes dans les six mois à venir, comme nous l'indiquions dans le GEAB N°28, la dette des Etats-Unis « implosera » à l'été 2009 sous forme de cessation de paiement du pays ou de dévaluation massive du Dollar.

Cet effondrement aura été précédé de plusieurs autres épisodes similaires affectant des pays moins centraux (voir GEAB N°28), dont le Royaume-Uni déjà surendetté, qui voit sa dette et ses déficits s'accroître presque au même rythme que ceux de Washington (7).

Tout comme la Réserve Fédérale US a vu, mois après mois, ses « Primary Dealers » ( 8 ) être emportés par la crise avant d'être désormais elle-même confrontée à un vrai problème de capitalisation et donc de survie, les Etats-Unis verront dans l'année à venir les pays les plus intégrés à leur économie et à leur finance, et leurs alliés fortement dépendants financièrement (9), imploser les uns après les autres.

Le rôle des Européens en la matière est essentiel (10). La zone Euro en particulier doit relayer un message très fort vers Washington : « Les Etats-Unis vont tomber dans un trou noir économique et financier en 2009 s'ils s'accrochent à tout prix à leurs « privilèges » passés.

Une fois que le monde aura fait une croix sur le Dollar, il sera trop tard pour rien négocier ».

Avec plus de 550 Milliards USD, la zone Euro possède ainsi les troisièmes (ex-aequo avec la Russie qui n’est pas très précise sur ce sujet) réserves les plus importantes au monde derrière la Chine et le Japon, et avant les pays du Golfe (voir tableau ci-dessus).

Elle a donc le poids diplomatique, le poids financier, le poids économique, le poids commercial et le poids monétaire pour forcer Washington à faire face aux réalités (11).

L'ensemble de l’UE suivra car tous les pays européens hors zone Euro sont aujourd'hui à la merci d'une grave crise de leur devise ou de leur économie, voire des deux à la fois (12).

Sans l'Euroland, leurs perspectives à court et moyen terme sont très sombres. D'ailleurs, l'Euro est la seule devise que veulent rejoindre un nombre croissant d'Etats initialement réticents (Islande, Danemark, ...) ou peu pressés (Pologne, Tchéquie, Hongrie, ...) (13).

Signe des temps, le Financial Times a commencé à établir la liste des actifs matériels du gouvernement fédéral américain : bases militaires, parcs nationaux, bâtiments publics, musées, etc... tout a été évalué pour arriver à un montant d'environ 1.500 milliards USD, soit à peu près le montant du déficit budgétaire probable de 2009 (voir le détail des actifs sur le graphique ci-dessous).

Pas étonnant que Taiwan, pourtant très dépendante de la sécurité fournie par Washington, ait déjà décidé d'arrêter d'acheter l'une des trois grandes composantes de la dette publique US (les titres Fannie Mae et Freddie Mac pourtant désormais « sauvés » par l'état fédéral (14)) ; ou que le Japon soit devenu vendeur net de Bons du Trésor US.

Que ceux qui, malgré nos conseils de ces deux dernières années, ont investi dans ces mêmes Fannie Mae et Freddie Mac, ou dans les bourses, ou dans les grandes banques d'affaires US ou dans le secteur bancaire en général, se rassurent une fois encore : tout cela ne peut pas arriver car « ils » l'empêcheront. Seul problème : les « ils » sont désormais paniqués et « ils » ne comprennent plus rien à une situation à laquelle « ils » ne se sont jamais préparés.

Comme nous l'avons expliqué dans le GEAB 28, 2008 n'était que le détonateur de la crise systémique globale. Voici maintenant venir la phase IV, celle des conséquences !


--------
Notes :

(1) On peut trouver ici le communiqué final en Anglais et une première analyse très réservée de la presse française, dans le Journal du Dimanche, proche du pouvoir parisien, qui va certainement être du même ordre dans la presse de l’ensemble des pays de l’Eurozone. Une chose est certaine : ce Sommet du G20 n’aura rien fait pour calmer la crise, il risque même d’inquiéter encore plus les opérateurs au vu du refus américain à accepter que les vrais problèmes soient traités.

(2) N'en déplaise à Gordon Brown et Nicolas Sarkozy, et à des médias peu regardant, Bretton Woods II existe depuis les années 1970. C'est en effet à partir de 1971 et de la décision unilatérale américaine d'abandonner la parité Dollar/Or, puis des accords de la Jamaïque en 1976 qui n'ont fait que formaliser un régime général de changes flottants, que l'on est sorti du cadre initial de Bretton Woods pour entrer dans un système généralisé de change flottants (Bretton Woods II).

(3) Le future président des Etats-Unis semble en effet n’avoir comme objectif que la mise en place de son programme de campagne (sécurité sociale, infrastructures, réduction d’impôts pour les classes moyennes, …) élaboré avant la crise et impliquant quantité de dépenses nouvelles alors que l’Etat américain est déjà surendetté. C’est un programme parfait … pour une Amérique qui n’existe plus que dans les discours électoraux.

(4) Voir à ce sujet nos anticipations des GEAB n°17 et n°18.

(5) C'est ainsi le cas de des réserves en dollars US de nombreux pays comme la Chine, le Japon ou les pays pétroliers du Golfe persique. Les dirigeants actuels ne parviennent pas à imaginer que ces centaines de milliards de Dollars US accumulés dans leurs réserves ne valent en fait peut-être plus que 50% ou 30% de leur valeur faciale. Ce sont leurs successeurs qui en tireront sans état d'âmes les conclusions nécessaires, imaginant alors un système mondial très différent de l'actuel.

(6) C'est à dire intellectuellement pertinentes et efficacement mises en œuvre.

(7) Ainsi c’est déjà le Royaume-Uni, du fait de sa récession forte, qui fait baisser la faible croissance moyenne de l’UE en 2009. La Grande-Bretagne va être l’ « homme malade » de l’UE pour les années à venir.

( 8 ) Il est très instructif de consulter sur Wikipedia l’historique des « Primary Dealers », ces banques choisies par la Reserve Federal US pour être les privilégiées ayant seules le droit de faire des affaires avec elle. En effet, après une longue stabilité au cours des dernières décennies, on constate tout à coup une réduction de la liste et l’énumération de « primary dealers » disparus depuis le début 2008, tous balayés par la crise.

(9) En termes d’alliés dépendants, c’est d’ailleurs déjà le cas du Pakistan et de l’Ukraine désormais sous perfusion du FMI, de la Turquie (dont la note de crédit vient d’être abaissée), ... Attendons de voir l’Egypte, Israël, la Colombie rejoindre la liste.

(10) Ce que souligne également Joseph Stiglitz dans son article du 11/11/2008 dans le Telegraph.

(11) Loin de notre équipe l'idée que la zone Euro ne fait pas face à de graves difficultés également (voir notamment le GEAB N°28 pour les perspectives économiques) ; mais au sein d'une crise historique comme celle que nous vivons, ces problèmes paraissent mineurs comparés à ceux des Etats-Unis, du Royaume-Uni ou même de l'Asie dans l'année à venir.

(12) Ainsi la Lettonie vient de nationaliser dans l'urgence la seconde banque du Pays ; la Hongrie est sous perfusion de la BCE et du FMI ; la croissance s'effondre en Pologne ; le Danemark et la Suède s'apprêtent à entrer dans la zone Euro dans les deux années à venir ; le Royaume-Uni est en perdition ; ...

(13) Source : NRC, 13/11/2008. On ne peut pas franchement en dire autant de la devise US qui voit au contraire des pays vouloir se « dé-pegger » du Dollar (supprimer le « peg », régime de change lié, qui les relie à la monnaie américaine), voire même créer des devises alternatives, comme par exemple les pétro-monarchies du Golfe persique et leur projet de devise commune d'ici 2010. Source : GulfNews, 22/09/2008

(14) L’annonce d’une nouvelle perte record de Fannie Mae au 3° trimestre (29 milliards USD) explique peut-être cela. Sources : Barron’s, 24/10/2008 ; MarketWatch, 10/11/2008

Dans la même rubrique :

LEAP/E2020 offre gratuitement les archives du GEAB à 100 bibliothèques universitaires dans le monde ! - 05/11/2008
Six mois décisifs pour éviter une récession mondiale : Cinq conseils stratégiques pour les banques centrales, gouvernements et autres institutions de contrôle - 30/09/2008
LEAP/2020 : Annonce Spéciale Crise Systémique Globale Septembre 2008 - 24/09/2008
SEQUENCE 6 - 'Très Grande Dépression' aux Etats-Unis, crise sociale et montée en puissance des militaires dans la gestion du pays (2° Trimestre 2007 – 4° Trimestre 2009) - 24/08/2008
Information Trafic LEAP/E2020 - Mai 2008 - 12/05/2008
Offert avec tout nouvel abonnement ! Numéro spécial 'GEAB/CRISE DES SUBPRIMES : Causes, déroulement, conséquences et conseils stratégiques'... tout comprendre pour bien se prémunir - 12/08/2007
Offre Archives GEAB (1) – 6 numéros d'archive de votre choix pour 50 euros - 22/01/2007
Le prospectiviste français, Pierre Gonod, donne son point de vue sur le travail d'anticipation de LEAP - 30/08/2006

********************

Radar 16 novembre 2008 : L’économie US au guichet de l’Etat providence
Mise à jour : 2008-11-16 16:40:20
http://contreinfo.info/rubrique.php3?id_rubrique=50

L’ampleur des pertes de la finance, plus proches de 2 000 milliards que des 1 000, selon Nouriel Roubini ( http://www.rgemonitor.com/blog/roubini/ ), dépassera sous peu les capacités de refinancement de l’Etat US.

La file ininterrompue des établissements qui viennent mendier des subventions pour survivre s’allonge de jour en jour, et plus encore, s’étend désormais aux autres secteurs d’activités, ceux de l’économie dite « réelle ».

Le TARP (Troubled Assets Relief Program), le plan Paulson, est mort né, de l’aveu même de celui qui fut son initiateur.

Il n’est plus désormais question de racheter les actifs toxiques, mais de refinancer les banques, et au delà les entreprises dont la survie est menacée pat l’effondrement de leurs bilans et de leurs activités.

Le dégrisement provoqué par le processus de désinflation des actifs, dont la valeur était artificiellement gonflée par l’apport du crédit et des capitaux flottants, a mis en branle un douloureux mouvement de retour au réel se traduisant par la destruction d’actifs devenus créances irrecouvrables. La liquidation amorcée l’an dernier prend un élan dévastateur, et personne aujourd’hui ne peut dire jusqu’où sera dévalée cette pente déflationniste.

Mais comme l’affirme Roubini, le pire est vraisemblablement devant nous, pas derrière.

110 banques sollicitent 170 milliards du Trésor

Au moins 110 banques ont sollicité un renflouement du Trésor US, pour un montant total supérieur à 170 milliards.

Cette estimation ne prend pas en compte la demande de l’assureur Hartford, ni celle d’American Express qui a annoncé qu’elle allait se transformer en banque afin d’obtenir 3,4 milliards de dollars.

Freddie Mac demande 13,8 milliards au Trésor US

Freddie Mac, l’organisme semi public chargé du refinancement des prêts immobiliers accordés par les banques, demande au Trésor US 13,8 milliards après avoir enregistré 25,3 milliards de pertes ce trimestre. (FT Alphaville note que ce montant est équivalent au PIB de la Jamaïque)

En septembre, l’Etat a accordé sa garantie à hauteur de 100 milliards à chacune des deux agences Freddie et Fannie.

Les réserves en dollars accumulées par les banques centrales étrangères pour défendre leurs monnaies sont typiquement constituées de bons du Trésor et des titres émis par les GSE Fannie et Freddie.

L’abandon des GSE (Government Sponsored Enterprise) est un luxe que l’Etat US ne peut plus se permettre.

Il serait équivalent à un défaut de paiement sur la dette US. Fannie et Freddie ont émis de l’ordre de 5000 milliards de titres, soit un montant comparable à celui des bons du Trésor US en circulation. En transformant en septembre le soutien implicite à ces organismes en soutien explicite, la dette US a de fait été multipliée par deux.



Quatre assureurs US tentent de bénéficier des fonds publics


Quatre compagnies d’assurances ont sollicité l’autorisation de se porter acquéreuses de banques, ce qui leur permettrait de bénéficier du plan de soutien au système bancaire.

Tous banquiers ! Tel semble être le mot d’ordre de toutes les entreprises américaines. De American Express aux assureurs, toutes les entreprises tentent désespérément de se transformer en établissement bancaire ou de mettre la main sur une banque pour pouvoir prendre place dans la file d’attente du « Corporate Welfare State »

*************************

Crise financière internationale, économie nationale et corruption : Le discours coup-de-poing de Ahmed Ouyahia

Par Nabila Amir - El Watan - 20 décembre 2008
http://www.elwatan.com/Le-discours-coup-de-poing-de-Ahmed

C’est un Ahmed Ouyahia sûr de lui qui s’est présenté, jeudi, devant les députés pour répondre à leurs interrogations et tenter de les convaincre du bien-fondé des options du gouvernement après quatre jours de débat autour du programme du plan d’action du gouvernement. Un programme adopté à l’unanimité. Durant trois heures, le Premier ministre a établi une sorte de bilan de ce qui a été fait et de ce qui reste à faire pour sortir le pays de l’ornière. Il a également passé en revue les points positifs et négatifs qui, au plan de la gestion, ont caractérisé les dix dernières années. A l’occasion, le Premier ministre s’est attardé sur les principaux risques auxquels fait face l’Algérie.

M.Ouyahia a, dans ce contexte, souligné que « le danger n’est pas la réduction des prix du brut mais plutôt l’épuisement du pétrole ». Une situation à laquelle, a-t-il dit, l’Algérie n’est pas du tout préparée. Le Premier ministre est longuement revenu sur le poids de la corruption qui gangrène notre pays, le dossier de l’adhésion de l’Algérie à l’OMC et la question de l’assainissement de l’économie. Question qui bute encore, selon lui, sur des résistances multiples, en témoignent les oppositions qui se sont faites entendre lors de la cession aux Emiratis des ports d’Alger et de Jijel. Au titre des perspectives, Ahmed Ouyahia a fait part de l’élaboration d’un autre programme de développement quinquennal devant bénéficier d’une enveloppe estimée entre 100 et 150 milliards de dollars. Paraphrasant le président Bouteflika et tout en appelant les Algériens à retrousser leurs manches et à se mettre au travail, il a plaidé pour la construction d’une économie solide et la libération de l’Algérie de l’emprise des recettes des hydrocarbures. L’orateur s’est montré persuadé qu’en 2030, quelle que soit la situation, la production pétrolière nationale connaîtra un recul considérable. Ce faisant, il a indiqué qu’il était primordial pour l’Algérie de penser à s’y préparer. « Incontestablement, la crise actuelle des prix du pétrole nous a conduits à réfléchir aux moyens de faire en sorte que l’Algérie ne soit plus l’otage d’une économie basée exclusivement sur les hydrocarbures, ce qui requiert un consensus national de tous les acteurs de la société », a-t-il expliqué. A ce titre, M. Ouyahia a trouvé inapproprié et dangereux le fait que les importations algériennes soient en augmentation constante (35 milliards de dollars en 2008). Pour le Premier ministre, le déficit enregistré au plan des exportations hors hydrocarbures est dû essentiellement à la mauvaise qualité des produits algériens qui sont incapables de concurrencer les produits étrangers sur les marchés internationaux, bien que les conditions pour améliorer la qualité de la production nationale existent. Le Premier ministre, à titre d’exemple, a indiqué que le secteur agricole a bénéficié d’un budget de 257 milliards de dinars en 2008 (environ 2,7 milliards d’euros) et bénéficiera encore d’un budget de 306 milliards de dinars en 2009 (3,2 milliards d’euros). « L’Algérie est en mesure de réduire de 65% sa dépendance alimentaire durant les cinq prochaines années », a-t-il dit. Aux députés qui ont dénoncé l’instauration d’une taxe pour les véhicules neufs, Ouyahia expliqué que l’Algérie ne pouvait se permettre de dépenser tous les ans l’équivalent de 2,7 milliards de dollars rien que pour l’achat d’automobiles alors que ce ne sont pas les priorités qui manquent. Surtout, a-t-il dit, en ces temps de crise. Sur un autre registre, M. Ouyahia a minimisé l’impact de la baisse de la valeur du dollar sur l’économie nationale, estimant qu’il s’agit d’un « paramètre très secondaire » qui n’influera pas sur les projets futurs du pays. Le prix du baril de pétrole, selon les prévisions de Ouyahia, pourrait remonter à 60 ou 70 dollars d’ici mars 2009 si les pays membres de l’OPEP respectent leur engagement de baisser leur production.

L’Algérie n’est pas un poulet à plumer

Au titre des maux qui rongent le pays, comme la corruption, Ahmed Ouyahia a relevé que « la fraude fait plus de mal au pays que le démantèlement tarifaire ». Et d’ajouter : « Le populisme fait aussi mal. Depuis les années 1990, nous ne faisons que dans le rattrapage du pouvoir d’achat. il est temps de mettre fin à cette situation. » En réponse à ceux qui ont critiqué la politique du gouvernement en matière de placement des réserves de changes, le responsable du gouvernement a rétorqué que celles placées aux Etats-Unis étaient en sécurité. Et de préciser que ce sont près de 62% des réserves de changes du pays qui ont été déposées aux Etats-Unis. « Je vous rassure, l’Algérie ne s’aventure pas à jouer au poker », a notamment déclaré Ouyahia. il a précisé que les réserves de changes de l’Algérie ont atteint 138 milliards de dollars à la fin novembre 2008 contre 135 milliards de dollars à fin octobre 2008. M. Ouyahia a, dans ce sillage, réitéré la prudence permanente adoptée par la Banque d’Algérie en matière de placement des réserves de changes. Une option qui fait qu’elle choisit la sécurité en lieu et place d’une forte rentabilité. Abordant la question des opérateurs nationaux, le Premier ministre a salué le travail de certains d’entre eux, mais n’a pas non plus ménagé ceux qui rechignent à « mouiller le maillot ». « Certains passent leur temps à se plaindre. L’Etat est présent s’ils ont besoin d’une aide publique ou de facilités. Il est vrai que la bureaucratie est une réalité, toutefois ces opérateurs sont appelés à mouiller davantage le maillot et à faire plus d’efforts pour s’imposer sur les marchés national et international » a-t-il martelé. Et d’ajouter que l’on ne peut pas permettre en permanence de déplumer l’Algérie. « L’Algérie n’est pas un poulet », a lancé M. Ouyahia à l’adresse des entreprises étrangères qui aspirent à décrocher des marchés en Algérie sans contrepartie.
Signaler au modérateur   Journalisée

kader
Full Member
***
Hors ligne

Sexe: Homme
Messages: 217



« Répondre #96 le: 22/12/2008 - 00:07:15 »

La Chine avertit les USA qu’elle pourrait bientôt cesser de financer leur dette

Editorial China Daily, 17 décembre 2008
Publication originale China Daily http://www.chinadaily.com.cn/opinion/2008-12/17/content_7313063.htm , traduction Contre Info
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2421

Les USA ne doivent pas espérer se sortir de cette crise en empruntant sans limite, car la Chine n’est pas prête à continuer ad vitam aeternam à recycler ses dollars sous forme de bons du Trésor, avertit le China Daily, un quotidien en langue étrangère contrôlé par le Parti Communiste. La Chine s’irrite visiblement du risque croissant de la chute de la valeur des bons US, et lance des menaces à peine voilées : « toute négligence sur la gravité de ce problème causerait de graves difficultés à la fois pour le débiteur et le créancier. »

Les clés du Trésor

L’augmentation des acquisitions de titres du Trésor américain par la Chine ne devrait pas être interprétée comme une approbation de l’éventualité que les États-Unis puissent se sortir de la crise financière actuelle en empruntant.

Toute négligence sur la gravité de ce problème causerait de graves difficultés à la fois pour le débiteur et le créancier, en particulier au moment où l’économie mondiale est confrontée à la pire crise depuis des décennies.

Après avoir remplacé en septembre la position qu’occupait le Japon de premier détenteur étranger de la dette du Trésor américain, les données en provenance des États-Unis montrent que la Chine a encore renforcé sa position en achetant 65,9 milliards de titres américains en octobre.

Détentrice de façon permanente de 652,9 milliards de titres du Trésor américain, la Chine montre ostensiblement qu’elle considère ces prêts comme un moyen convenable d’utiliser ses 1 900 milliards réserves de change.

Toutefois, l’appétit apparemment accru du pays à l’heure actuelle pour les bons du Trésor américain n’indique pas que ceux-ci seront un bon investissement à long terme ou que le gouvernement des États-Unis continuera à dépendre des capitaux étrangers.

Le gonflement de l’excédent commercial de la Chine, créé non pas par une accélération de ses exportations, mais par un déclin rapide des importations, et par l’afflux d’investissements étrangers directs - qui reste énorme malgré un ralentissement - ont ajouté des dizaines de milliards de dollars US dans les réserves de devises durant ces derniers mois.

Ne disposant que de peu d’options pour investir ses réserves croissantes de façon sûre et rentable, la Chine pourrait donc devoir acheter plus de titres du Trésor américain, en dépit de ses doutes grandissants sur le fait que ces titres puissent encourir de lourdes pertes plus tard.

Outre les conséquences néfastes que la réduction des achats de bons du Trésor des États-Unis aurait sur les marchés mondiaux, il serait également peu opportun de les vendre avant que l’économie mondiale n’ait pu retrouver sa stabilité.

Si les pays créanciers arrêtent de recycler aux USA les dollars qu’ils ont accumulés, l’élévation des taux d’intérêt aux Etats-Unis compromettrait les efforts du gouvernement pour renflouer les institutions financières en difficulté et les entreprises.

En ces temps de crise, accroître les dépenses du gouvernement financées par des capitaux étrangers peut s’avérer nécessaire pour éviter le pire.

Pourtant, au moment où de plus en plus de pays créanciers lancent leurs propres politiques de relance pour stimuler la demande intérieure, le gouvernement des États-Unis ne devrait plus s’attendre à un flux continu de capitaux étrangers à bas prix pour financer les uns après les autres ses plans de sauvetage massifs.

Le fort appétit manifesté en ce moment par l’étranger pour les bons du Trésor ne devrait pas être interprété par le gouvernement des États-Unis comme une preuve solide de leur valeur à long terme.

Au lieu de cela, il devrait se lancer dans une course contre la montre et entreprendre les réformes douloureuses mais critiques qui sont nécessaires pour relancer son économie avant que de cette demande ne décline dans un proche avenir.

[1] Titre original. Inutile d’insister sur le sous entendu...

*****************************

Dévaluations : une guerre des devises durant les fêtes ?

Article rédigé par Aimé FAY le vendredi 19 décembre 2008

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=48967

Lors de son premier New Deal, Roosevelt avait dévalué le dollar de 59 %, pour disait-il: "transformer le recul en une progression vers l’avant". Ce fut l’une des clés de sa réussite. Apparemment exemplaire, puisqu’aujourd’hui beaucoup parlent de faire un New Deal. Ainsi, par le passé, aucun plan majeur de relance n’a omis d’utiliser l’instrument monétaire comme électrochoc pour accentuer son efficacité et sa rapidité d’impact sur l’économie. Dans cet esprit, comment utiliser l’arme monétaire et quel(s) pays pourrai(en)t la mettre en œuvre rapidement?

D’abord, cela commencera indispensablement par une forte baisse du taux directeur de la banque centrale pour relancer l’investissement des entreprises et la consommation des ménages. Puis, afin d’enfoncer profondément le clou pour relancer les exportations tout en freinant les importations en les renchérir … on dévaluera le cours de la monnaie. C’est aussi simple que cela et, on le fera nuitamment durant un week-end, bien sûr!

Les mots d’investissement, de consommation, d’exportation, d’importation … nous ramènent totalement dans les discours ambiants et actuels de tous les gouvernements de la planète, notamment occidentaux et asiatiques.

Aujourd’hui, où les plans de relance se succèdent à la queue leu leu, ici et ailleurs, souvent à hue et à dia, les Etats peuvent-ils faire l’économie d’une utilisation massive de l’instrument monétaire, c’est-à-dire d’une dévaluation, sinon de sa réflexion? Si oui, qui tirera le premier? La Chine? Les Etats-Unis? Le Royaume-Uni? L’Euroland?

Tout d’abord, il convient de rappeler que l’on ne parle de dévaluation monétaire que dans le cadre d’un système de changes fixes ou concertés entre monnaies de différents pays. Ce système n’est plus celui opérant aujourd’hui. En effet, depuis la fin du système de Bretton Woods à Kingston en janvier 1976 et sauf à de très rares exceptions, le cours des monnaies fluctue au gré de l’offre et de la demande sur les marchés des changes internationaux. Dans ce cas, quand le cours d’une monnaie baisse par rapport à une ou plus autres devises, on parle de dépréciation. Cette monnaie étant plus vendue qu’achetée, son prix diminue, comme le fait toute marchandise sur laquelle l’offre est supérieure à la demande. En sens contraire, son cours augmente et l’on parle alors d’appréciation de la dite monnaie par rapport à une ou plusieurs autres devises.

Donc, aujourd’hui, il faut parler de dépréciation plutôt que de dévaluation. Ainsi, si un pays ou groupe de pays émetteur d’une monnaie via leur banque centrale, souhaitait la déprécier pour accompagner un plan de relance, il lui faudrait passer par le marché de l’offre et de la demande et, amener les opérateurs à se débarrasser de la dite monnaie au profit d’autres. Comment procéderait-il?

Pour cela, toute banque centrale dispose d’au moins quatre leviers:

- D’abord, baisser fortement son taux d’intérêt et annoncer clairement à l’avance qu’il sera bientôt proche de zéro pourcent. De fait, les possesseurs de la dite monnaie – et même ceux qui ne la possède pas, les vendeurs à découvert par exemple – vont l’arbitrer au profit d’autres devises mieux rémunérées et donc plus rentables. Cette action, très simple, aura aussi l’avantage de provoquer des anticipations tout en relançant le crédit à l’économie de la zone monétaire en question.

- Ensuite, vendre elle-même massivement sa monnaie contre d’autres devises sur les marchés internationaux. Cette action doit être affirmée dans la continuité. Elle ne souffrira d’aucun relâchement qui pourrait faire douter de la volonté politique des autorités de la zone monétaire concernée.

- Puis, battre monnaie, c’est-à-dire faire tourner sa planche à billets pour inonder les marchés de sa monnaie. Tous les marchés, même le sien. Monnaie rapidement baptisée "monnaie de singe", car ne valant plus grand-chose pour cause d’inflation, si la planche à billets est utilisée sans discernement. Cette option a la particularité d’être uniquement à la disposition des pays autonomes, c’est-à-dire qui ont le droit de battre monnaie comme ils le souhaitent, tels: les Etats-Unis, le Royaume-Uni, le Japon, la Chine, la Russie, l’Inde, le Brésil, pour ne citer que les plus intéressants conjoncturellement. Pour ne pas être provocateur, ne n’avons naturellement pas cité le Zimbabwe qui, chaque jour, fait chauffer au rouge sa planche à billets en imprimant des millions de grosses coupures pour faire face, non pas à un plan de relance sans précédent … mais à une inflation de plusieurs millions de pourcents par an. Eh oui, cela existe encore aujourd’hui!

Quant à l’Euroland, ilpourrait battre monnaie, mais il faudrait pour cela qu’il renie ses statuts et qu’il ait l’accord de tous les pays qui le composent.

- Enfin, ultime levier, mener une politique budgétaire dispendieuse et suicidaire, en faisant craindre la faillite prochaine de l’Etat concerné, provoquant irrémédiablement une fuite devant sa monnaie, elle aussi bientôt nommée "monnaie de singe". Cet outil, bien que dangereux s’il est utilisé de manière irresponsable, est à la disposition de tout pays automne en matière de politique monétaire (cf. supra).
Le décor est planté. On voit ses nombreuses limites. La question finale peut maintenant être posée: quel Etat pourrait demain avoir la volonté politique – et malfaisante – de choisir comme scénario de relance massive, celui qui le conduirait à utiliser concomitamment les quatre outils cités ci-dessus, pour faire en sorte que sa monnaie soit durablement dépréciée sur les marchés internationaux – ce qui reviendrait à une dévaluation de fait, mais donnerait un bon coup de booster à son économie?

Si le premier outil, celui des taux, est relativement acceptable et donc utilisable comme premier outil d’une politique de relance, les trois seraient une véritable déclaration de guerre économique et peut-être … de guerre tout court.

Il convient cependant de noter que vendre et brader sa monnaie sur les marchés des changes est une action heureusement parfaitement visible, dès les premières transactions d’ampleur et récurrentes.
Par contre, mener une politique budgétaire dispendieuse et irresponsable, peut échapper durant plusieurs semaines à beaucoup de personnes, même aux organismes internationaux chargés de scruter les politiques conjoncturelles des pays adhérents.

Quant à battre monnaie, c’est la même chose. En effet, cela peut être parfaitement discret dans un premier temps et donc échapper aux organisations internationales chargées des statistiques. Mais, une fois découvert, plusieurs mois après, le mal étant fait, les autres pays seraient alors devant le fait accompli et … totalement impuissants.

Donc, comme on le voit, le pays qui voudrait utiliser l’arme monétaire pour accompagner ses plans de relance à répétition, pourrait facilement le faire. Les outils, plus ou moins voyant, ne manquent pas. A court terme, ils ont souvent montré leur efficacité. A moyen et long terme, ils peuvent être catastrophiques s’ils ne sont pas accompagnés de politiques structurelles visant à équilibrer la quantité de monnaie émise avec le volume de production et le niveau des prix - c’est l équation quantitative de Fisher: MV = QP.

Si un Etat est amené à utiliser aujourd’hui l’arme de la dépréciation massive de sa monnaie c’est, soit qu’il est incompétent, car il n’aura pas su mettre en œuvre le bon plan de relance au bon moment, soit qu’il se moque totalement de ses partenaires économiques, soit les deux en même temps … soit qu’il ne craint personne à quelque niveau que ce soit.

Alors, quid de Roosevelt en 1933? Roosevelt avait à cette époque le devoir de sauver les Etats-Unis d’Amérique du gouffre de la grande dépression. Il l’a fait. Il a réussi et, l’once d’or qu’il a dévaluée à 35 dollars est restée la référence mondiale durant quarante-trois ans, exactement.

L’exemple de Roosevelt est-il encore valable aujourd’hui? Quand il s’agit de sauver son pays de la récession, voire d’une amorce de dépression, des fermetures d’usines à la chaîne, des files de chômeurs qui s’allongent … aucun Etat ne peut, en conscience, renoncer à utiliser tous les outils à sa disposition sous prétexte qu’il porterait atteinte à ses partenaires économiques. La raison d’Etat prime!
Alors, une fois la chose décidée, celle de procéder à une dévaluation compétitive, il faudra agir vite et surtout sans préavis. Quand? Peut-être durant les fêtes, période très propice à l’action masquée et surprise? Le premier Etat qui tirera, prendra un avantage concurrentiel et compétitif déterminant pour le salut de son économie. Ben Bernanke a prévenu: "Je suis prêt à utiliser tous les instruments à ma disposition pour sauver le pays de la récession". A bon entendeur …! Il est déjà passé à l’action. La Fed a baissé son taux cible close to zero (proche de zéro), mercredi 17 décembre 2008. Jusqu’où ira-t-elle?

La BCE va-t-elle réagir, avec la même ampleur, si elle ne veut pas être distancée de manière irréversible et plonger la zone euro dans une catastrophe récessionniste qui marquera son histoire et la présidence Trichet?

Les prochains jours ou tout au plus les prochaines semaines, devraient être porteurs de décisions très fortes, cette fois-ci non conventionnelles et donc vraiment sans précédent.

La décision ultime de déclarer une guerre des devises viendra-t-elle d’un grand pays tel que la Chine, des Etats-Unis d’Amérique … ou tout simplement d’un petit royaume comme celui de Grande-Bretagne, pas vraiment intégré à l’Union européenne et à ses solidarités de façade?
A suivre!

*****************************

crise et krach financier

L’impact de la crise financière sur l’Algérie : garantie de deux années de financement . Et l’Algérie d’après 2011 ?


Lundi 22 Décembre 2008 associationadem@yahoo.fr
http://www.alterinfo.net/L-impact-de-la-crise-financiere-sur-l-Algerie-garantie-de-deux-annees-de-financement-Et-l-Algerie-d-apres-2011-_a27414.html

1.-Le gouverneur de la banque d’Algérie, structure dépendante de la présidence de la république qui est la seule habilitée à gérer le fonds de régulation et les réserves de change de l’Algérie, vient donc de mettre un terme à la cacophonie qui règne depuis quelques mois au niveau des structures gouvernementales en affirmant que le financement futur de l’économie, si l’on devait maintenir le même rythme du montant de l’investissement que durant les années 2007/2008 pourrait se maintenir jusqu’à fin 2010. Et ce tenant compte du fonds de régulation- 4192,5 milliards de dinars à fin novembre 2008 ( un dollar environ 63 dinars) qui représente le solde budgétaire en dinars (ce dernier n’étant pas convertible l’Algérie exportant 98% d’hydrocarbures et important presque tout) l’excédent de liquidités des banques évalué à 2418 milliards et les réserves de change estimées à 138,345 milliards de dollars (solde en devises à travers la balance des paiements) selon un cours entre 30/35 dollars. Car un cours de 40 dollars corrigés par une inflation annuelle de 3% et un dérapage de 30% du dollar nous donnerait moins de 25 dollars le baril de pétrole et 12,5 dollars pour le gaz pour un même volume. Mais partant de l’hypothèse de la stabilité du dollar et de l’inflation mondiale, ce qui est peu dans la vie d’une Nation, car il faut raisonner en termes de dynamique de développement, d ‘autant plus que le taux de croissance hors hydrocarbures (90% des dépenses publiques proviennent des hydrocarbures) est très faible et que la demande d’emploi additionnelle annuelle est de 450.000/500.000 unités plus le taux de chômage actuel( plus de 13% selon l’ONS incluant les emplois rentes) Situation d’autant plus préoccupante car fera t –on donc au-delà de 2011 si la crise qui est structurelle et non conjoncturelle comme cela est probable, persiste jusqu’en 2013/2014 ?

2.-Ce diagnostic du gouverneur en date du 21 décembre 2008 est en contradiction avec les déclarations de certains responsables qui déclaraient publiquement que la crise ne concernait pas l’Algérie avant de se rétracter , tant de Karim Djoudi Ministre des Finances qui parlait de 4 années, de Abdelatif Benachenhou ex Ministre des Finances qui stipulait sur 5 années( fin 2014) ou d’autres(irresponsables) que la crise ne nous toucherait pas même avec un cours du baril de 15 dollars jusqu’en 2015 nous faisant penser au discours d’un ex premier ministre au lendemain de la crise de 1986.

Cela rejoint donc mes analyses largement diffusées au niveau national et international suite à la crise des prêts hypothécaires, ou j’émettais l’hypothèse que si la crise devait persister au-delà de deux années, les tensions budgétaires pouvaient se manifester en juin 2011 pour un cours de 50/55 dollars ,en supposant une stabilité du dollar, et fin 2010 pour un cours variantentre30/40 , étant entendu qu’un dérapage simultané du dollar (inévitable d’ailleurs durant l’année 2009/2010 ) et du cours du brent avancerait les échéances. Durant les11 premiers mois de 2008 l'Algérie a importé pour 34,16 milliards de dollars contre 24,96 milliards de dollars en 2007, soit une hausse de 36,87% allant vers 40 milliards de dollars clôturé au 31/12/2008 sans compte les transferts des dividendes ( y compris les associés de Sonatrach) et les transferts des services qui commencent à prendre une part croissante devant dépasser certainement les 50 milliards de dollars de transfert de devises pour 2008. Le besoin de financement sera d’autant plus important entre 2009/2014 qu’existe une crise de liquidités au niveau mondial, et surtout que la nouvelle politique économique du gouvernement y compris au sein de Sonatrach impose une participation majoritaire de l’Etat dans tout acte d’investissement.

3-. Or la crise risque de perdurer jusqu’en 2012 avec des ondes de chocs pouvant aller jusqu’à 2013/2014 s’il y a légère reprise fin 2010, début 2011. Car l’erreur stratégique de certains experts de l’OPEP a été de penser que la demande serait tirée par l’Asie (Japon et Chine) qui connaissent une récession importante , expliquant que les décisions prises par l’Opep, lors des trois dernières réunions de baisser sa production depuis le début 2008 à 4,2 millions de barils jours n’ont pas réussi à freiner la baisse des cours qui avaient atteint le pic de plus de 147 dollars le baril.

Tout en n’oubliant pas que durant la période 2010/2020 que ce serait une erreur stratégique de raisonner en termes de modèle de consommation énergétique linéaire oubliant les cycles énergétiques depuis que le monde est monde, passage par exemple de la prédominance des hydrocarbures au lieu du charbon et surtout de la non prise en compte de la politique énergétique du président Barak Obama qui sera déterminante vis-à-vis de l’évolution du cours du pétrole.

Car le programme du nouveau président US est de mettre fin à la dépendance énergétique en pétrole des Etats-Unis vis à vis du Moyen Orient , donc de l’OPEP d’ici à 10 ans ,tout au plus d’ici 20 ans ainsi que de l’influence russe à travers la stratégie de Gazprom, avis partagé par l’Europe

La généralisation des nouvelles technologies rentables également pour l’Asie qui possède le savoir faire, à 80/90 dollars 2010, à moins de 60 dollars horizon 2015 et à moins de 40/50 dollars horizon 2020 et ce aux prix constants 2008.

Les investisseurs potentiels à l’instar de l’abandon partiel du charbon pour les hydrocarbures la décennie passée, anticiperont donc de nouveau modèle de consommation pouvant assister à un désinvestissement dans ce segment, le pétrole devenant non plus une arme politique dominante mais une énergie comme une autre en diminution relative horizon 2020.

Cette tendance anti-pétrole de la nouvelle gouvernance américaine est confirmée par la nomination du nouveau secrétariat à l’Energie US, le prix Nobel de physique (1997) Steven Chu celui ci étant un partisan farouche d'énergies alternatives.

4.-Aussi, la marge de manœuvre financière de l’Algérie face à cette crise entre 2009/2014 est étroite d’où l’urgence de réorienter toute la politique socio-économique du passage d’une économie de rente à une économie hors hydrocarbures, (la facture alimentaire a atteint en 2008 plus de 7 milliards de dollars) qui doit se fonder sur une meilleure gouvernance et la valorisation du savoir pilier du développement du XXIème siècle.

Au cours de 50 dollars les recettes de Sonatrach s’établirait à 37 milliards de dollars et à un cours de 40 dollars à environ 30 milliards de dollars, montant auquel il faut soustraire entre 15 et 20milliards de dollars d’autofinancement et le transfert des associés ce qui reste peu pour le montant versé au trésor public à des fins d’investissement.

Le montant sera d’autant plus faible avec la dépréciation du dollar où l’Algérie serait triplement pénalisée : baisse de la valeur des recettes en termes réels hydrocarbures, hausse de la facture des importations en euros, baisse de la valeur des réserves de change libellés en dollars en termes de pouvoir d’achat euros dont les bons de trésor.

En annonçant des dépenses publiques variant entre 100 et 150 milliards de dollars entre 2009/2014 (la différence de 50 milliards de dollars est énorme 1,5 fois les recettes hydrocarbures au cours de 50 dollars ) le gouvernement reconnaît qu’il va y avoir restrictions budgétaires puisque pour la première hypothèse cela représenterait 40% des dépenses de 2004/2008 évaluées à environ 200/240 milliards de dollars et 60% selon la seconde hypothèse qui certainement se fonde sur un cours de 60 dollars le baril.

Aussi devant la gravité de la situation s’impose un discours de vérité et surtout d’éviter la cacophonie par les contradictions actuelles au plus haut

[Docteur Abderrahmane MEBTOUL Expert international Professeur des Universités en sciences économiques ( Algérie ) (mobile 00213 661552928) fax 0021341395229]i

*****************************

Crise financière internationale, économie nationale et corruption : Le discours coup-de-poing de Ahmed Ouyahia

Par Nabila Amir - El Watan - 20 décembre 2008
http://www.elwatan.com/Le-discours-coup-de-poing-de-Ahmed

C’est un Ahmed Ouyahia sûr de lui qui s’est présenté, jeudi, devant les députés pour répondre à leurs interrogations et tenter de les convaincre du bien-fondé des options du gouvernement après quatre jours de débat autour du programme du plan d’action du gouvernement. Un programme adopté à l’unanimité. Durant trois heures, le Premier ministre a établi une sorte de bilan de ce qui a été fait et de ce qui reste à faire pour sortir le pays de l’ornière. Il a également passé en revue les points positifs et négatifs qui, au plan de la gestion, ont caractérisé les dix dernières années. A l’occasion, le Premier ministre s’est attardé sur les principaux risques auxquels fait face l’Algérie.

M.Ouyahia a, dans ce contexte, souligné que « le danger n’est pas la réduction des prix du brut mais plutôt l’épuisement du pétrole ». Une situation à laquelle, a-t-il dit, l’Algérie n’est pas du tout préparée. Le Premier ministre est longuement revenu sur le poids de la corruption qui gangrène notre pays, le dossier de l’adhésion de l’Algérie à l’OMC et la question de l’assainissement de l’économie. Question qui bute encore, selon lui, sur des résistances multiples, en témoignent les oppositions qui se sont faites entendre lors de la cession aux Emiratis des ports d’Alger et de Jijel. Au titre des perspectives, Ahmed Ouyahia a fait part de l’élaboration d’un autre programme de développement quinquennal devant bénéficier d’une enveloppe estimée entre 100 et 150 milliards de dollars. Paraphrasant le président Bouteflika et tout en appelant les Algériens à retrousser leurs manches et à se mettre au travail, il a plaidé pour la construction d’une économie solide et la libération de l’Algérie de l’emprise des recettes des hydrocarbures. L’orateur s’est montré persuadé qu’en 2030, quelle que soit la situation, la production pétrolière nationale connaîtra un recul considérable. Ce faisant, il a indiqué qu’il était primordial pour l’Algérie de penser à s’y préparer. « Incontestablement, la crise actuelle des prix du pétrole nous a conduits à réfléchir aux moyens de faire en sorte que l’Algérie ne soit plus l’otage d’une économie basée exclusivement sur les hydrocarbures, ce qui requiert un consensus national de tous les acteurs de la société », a-t-il expliqué. A ce titre, M. Ouyahia a trouvé inapproprié et dangereux le fait que les importations algériennes soient en augmentation constante (35 milliards de dollars en 2008). Pour le Premier ministre, le déficit enregistré au plan des exportations hors hydrocarbures est dû essentiellement à la mauvaise qualité des produits algériens qui sont incapables de concurrencer les produits étrangers sur les marchés internationaux, bien que les conditions pour améliorer la qualité de la production nationale existent. Le Premier ministre, à titre d’exemple, a indiqué que le secteur agricole a bénéficié d’un budget de 257 milliards de dinars en 2008 (environ 2,7 milliards d’euros) et bénéficiera encore d’un budget de 306 milliards de dinars en 2009 (3,2 milliards d’euros). « L’Algérie est en mesure de réduire de 65% sa dépendance alimentaire durant les cinq prochaines années », a-t-il dit. Aux députés qui ont dénoncé l’instauration d’une taxe pour les véhicules neufs, Ouyahia expliqué que l’Algérie ne pouvait se permettre de dépenser tous les ans l’équivalent de 2,7 milliards de dollars rien que pour l’achat d’automobiles alors que ce ne sont pas les priorités qui manquent. Surtout, a-t-il dit, en ces temps de crise. Sur un autre registre, M. Ouyahia a minimisé l’impact de la baisse de la valeur du dollar sur l’économie nationale, estimant qu’il s’agit d’un « paramètre très secondaire » qui n’influera pas sur les projets futurs du pays. Le prix du baril de pétrole, selon les prévisions de Ouyahia, pourrait remonter à 60 ou 70 dollars d’ici mars 2009 si les pays membres de l’OPEP respectent leur engagement de baisser leur production.

L’Algérie n’est pas un poulet à plumer

Au titre des maux qui rongent le pays, comme la corruption, Ahmed Ouyahia a relevé que « la fraude fait plus de mal au pays que le démantèlement tarifaire ». Et d’ajouter : « Le populisme fait aussi mal. Depuis les années 1990, nous ne faisons que dans le rattrapage du pouvoir d’achat. il est temps de mettre fin à cette situation. » En réponse à ceux qui ont critiqué la politique du gouvernement en matière de placement des réserves de changes, le responsable du gouvernement a rétorqué que celles placées aux Etats-Unis étaient en sécurité. Et de préciser que ce sont près de 62% des réserves de changes du pays qui ont été déposées aux Etats-Unis. « Je vous rassure, l’Algérie ne s’aventure pas à jouer au poker », a notamment déclaré Ouyahia. il a précisé que les réserves de changes de l’Algérie ont atteint 138 milliards de dollars à la fin novembre 2008 contre 135 milliards de dollars à fin octobre 2008. M. Ouyahia a, dans ce sillage, réitéré la prudence permanente adoptée par la Banque d’Algérie en matière de placement des réserves de changes. Une option qui fait qu’elle choisit la sécurité en lieu et place d’une forte rentabilité. Abordant la question des opérateurs nationaux, le Premier ministre a salué le travail de certains d’entre eux, mais n’a pas non plus ménagé ceux qui rechignent à « mouiller le maillot ». « Certains passent leur temps à se plaindre. L’Etat est présent s’ils ont besoin d’une aide publique ou de facilités. Il est vrai que la bureaucratie est une réalité, toutefois ces opérateurs sont appelés à mouiller davantage le maillot et à faire plus d’efforts pour s’imposer sur les marchés national et international » a-t-il martelé. Et d’ajouter que l’on ne peut pas permettre en permanence de déplumer l’Algérie. « L’Algérie n’est pas un poulet », a lancé M. Ouyahia à l’adresse des entreprises étrangères qui aspirent à décrocher des marchés en Algérie sans contrepartie.

**************************

Grande-Bretagne : Une monnaie parallèle dans le sud de l'Angleterre
Une lueur d'espoir


Lundi 22 Décembre 2008 sylvainauger777@hotmail.com
http://www.alterinfo.net/ROYAUME-UNI-%E2%80%A2-Une-monnaie-parallele-dans-le-sud-de-l-Angleterre-_a27411.html

Une petite ville anglaise est depuis plus d'un an "en transition" : ses habitants consomment moins d'énergie, privilégient les denrées produites localement et délaissent la livre sterling pour une monnaie frappée à l'effigie de leur commune, rapporte The Independent.

Si, un jour, vous allez sur le marché de Totnes [8 500 habitants], dans le Devon [sud-ouest de l'Angleterre], pour acheter des pancakes, des crêpes ou des falafels, vous ferez sans doute la connaissance de Lou Brown, une cuisinière hors pair. Outre la qualité de sa cuisine, son commerce se distingue par la monnaie qu'il utilise. L'image de la reine y a été remplacée par une autre, nettement plus familière, celle de la rue principale de la ville.

A l'instar de nombreux habitants de cette région haute en couleur, Lou Brown paie en "livres de Totnes", une monnaie imprimée et utilisée localement depuis plus de un an.

Son objectif : resserrer les liens entre les habitants et les commerçants locaux, tout en réduisant leur dépendance vis-à-vis des grandes industries.

En privilégiant la production régionale, les instigateurs du projet espèrent ainsi réduire les coûts liés à l'acheminement des biens et des denrées produits ailleurs, tout en renforçant le tissu social local.

La livre de Totnes est un véritable succès, et le phénomène fait désormais tache d'huile. Des initiatives similaires devraient voir le jour cette année à Lampeter, Llandeilo et Llandovery, dans le pays de Galles.

"Les gens sont très contents de cette monnaie. Je pense que beaucoup d'entre eux veulent aider les producteurs locaux", explique la cuisinière.

Le projet de la livre de Totnes a été porté par un groupe de militants écologistes dirigé par Rob Hopkins et Naresh Giangrande [tous deux spécialistes en "permaculture" ; la culture de la permanence regroupe des principes et des pratiques visant à créer une production agricole durable, économe en énergie et respectueuse des êtres vivants]. Ces derniers ont ouvert quatre "bureaux de change" permettant d'échanger une livre anglaise contre une livre de Totnes. A l'heure actuelle, on compte plus de 6 000 livres de Totnes en circulation.

"Le but est de garder l'argent dans la région en le retenant au sein de la communauté. Si vous observez les régions en crise, vous constaterez que leurs problèmes économiques sont liés à la fuite des richesses", explique Noël Longhurst, l'un des responsables du projet.

Alan Langmaid, directeur du musée de Totnes, affiche la même conviction, même s'il reconnaît que "beaucoup de livres de Totnes finissent accrochées sur le frigo". Certaines voix critiques se font toutefois entendre. "Au début, nous acceptions de nous faire payer avec cet argent, mais il était difficile de rendre la monnaie avec", raconte Ray Johnson, propriétaire d'un magasin de fruits situé au bout de la rue principale. "C'est pour ça que nous avons arrêté de l'utiliser. A la fin de la journée, nous nous retrouvions avec une soixantaine de livres de Totnes, qu'on ne pouvait dépenser que chez les marchands qui les acceptaient."

L'émission de cette monnaie parallèle s'inscrit dans le cadre du projet "Ville en transition" mis en place en 2006 à Totnes. Les zones "en transition" – dont le premier modèle fut lancé il y a quelques années par Rob Hopkins, dans la ville irlandaise de Kinsale – reposent sur une stratégie pour lutter contre les effets du changement climatique [dont les problèmes d'approvisionnement en nourriture] et de l'épuisement des ressources pétrolières.

Outre la livre de Totnes, les écologistes ont mis en place des "ateliers sur la dépendance au pétrole" pour expliquer aux commerçants comment réduire leur consommation. Le groupe est actuellement en négociation avec la mairie pour créer des "plates-bandes potagères" au lieu des buissons et autres massifs décoratifs. Les militants conseillent aux habitants de passer à l'énergie produite localement, encouragent l'usage de chauffe-eau solaires et d'ampoules à faible consommation.

"Le pays de Galles fait figure de pionnier. Nous avons maintenant une cinquantaine de projets officiels de villes en transition et plus de 700 ‘nouveaux convertis', notamment en Nouvelle-Zélande et en Australie. Nous veillons à ce que nos publications soient traduites en plusieurs langues. La diffusion presque ‘virale' des villes en transition a surpris tout le monde. Nous sommes passés d'un unique projet à cinquante en bonne et due forme et plus de 700 en chantier, principalement grâce au bouche-à-oreille et à Internet", se réjouit Rob Hopkins.
Signaler au modérateur   Journalisée

kader
Full Member
***
Hors ligne

Sexe: Homme
Messages: 217



« Répondre #97 le: 21/03/2009 - 20:09:15 »

Crise financière internationale, crise des banques dans l'Umoa*-Union Monétaire Ouest Africaine (voir BCEAO - Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest) des années 80 : Deux poids, deux mesures

Diagna NDIAYE Administrateur Cbao - Walf Fadjri - Dakar,Senegal - 21/03/2009
http://www.walf.sn/contributions/suite.php?rub=8&id_art=54024

II convient de se souvenir d'abord que la crise du système bancaire intervenue dans les années 80 dans la zone Umoa, créée en 1962, elle regroupe huit Etats de l’Afrique de l’Ouest que sont le Bénin, le Burkina, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo, avait essentiellement été imputée à une politique de crédit laxiste sans rapport avec les ressources disponibles. Cette politique qui avait généré une importante accumulation de créances gelées avait, en définitive, conduit à une crise financière généralisée de liquidités et de solvabilité des banques de la zone.

Nos Etats étaient alors pointés du doigt en raison de leur forte implication dans la gestion des institutions bancaires. La politique monétaire de la BCEAO (Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest), fondée sur des règles dites ‘administratives’ ou dirigistes, n'avait pas également été épargnée. Une politique de redressement du système bancaire avait été alors courageusement mise en œuvre par nos Etats avec l'appui des partenaires au développement. Sous l'inspiration de ces derniers, l'orientation générale retenue consistait à restaurer le marché et ses vertus. Ainsi diverses mesures furent mises en œuvre, dont les plus importantes étaient les suivantes :

- retrait d'agrément et liquidation des banques en difficulté : à l'échelle de l'Union, cette mesure a concerné au moins une vingtaine de banques. L'actif et le passif des établissements dissous ont été transférés à des sociétés de recouvrement créées pour la circonstance avec l'objectif de recouvrer les créances gelées et de réaliser les actifs afin de rembourser progressivement les dépôts gelés de la clientèle. Ces sociétés de recouvrement sont encore en activité ;

- consolidation sur une durée de 15 ans à la charge des Etats, des concours monétaires de la Bceao portés sur les établissements liquidés ; - dans les rares cas où une réhabilitation individuelle de banque était possible, l'effort de redressement avait été mis à la charge des actionnaires avec, le cas échéant, le soutien des Etats à travers une titrisation partielle des créances gelées.

Pour accompagner la restructuration des banques ainsi engagée et favoriser une relance optimale de l'activité bancaire, les partenaires au développement avaient recommandé plusieurs mesures d'accompagnement, dont les plus importantes concernaient le désengagement des Etats du capital des banques, la libéralisation du cadre d'exercice de l'activité bancaire, la mise en œuvre de nouvelles normes comptables, l'institution de fonds d'assurances dépôts, l'amélioration de l'environnement des affaires et la promotion d'un marché financier régional. L'objectif déclaré était de hisser les banques de la zone au niveau des meilleures pratiques internationales fondées sur les règles du marché. Le désengagement des Etats du capital des établissements financiers devait favoriser une gestion privée et plus saine des banques. Avec la libéralisation de la politique monétaire, les règles administratives étaient abandonnées au profit des mécanismes de marché, notamment l'utilisation des instruments indirects de régulation de la liquidité pour conforter la stabilité monétaire et contribuer au financement non inflationniste de la croissance tels que les taux directeurs, les opérations d'open market et le dispositif de réserves obligatoires. La politique de crédit des banques n'était désormais soumise à aucune orientation particulière de la Banque centrale. Les conditions des banques appliquées à leur clientèle étaient libéralisées et seules les règles de concurrence entre banques devraient jouer.

Aujourd'hui, une crise financière internationale s'est installée. Point n'est besoin de s'attarder sur ses origines. Pour résumer, il s'agit d'une crise systémique, une crise de confiance partie des Usa. Prises par le vertige d'une innovation financière assise sur un processus de titrisation de plus en plus complexe, les banques ont investi fortement sur des crédits risqués dits ‘subprimes’, issus de la titrisation des prêts consentis aux agents économiques américains présentant un historique de crédit détérioré ou une faible solvabilité. Cette situation, favorisée par une absence de réglementation et les faiblesses des agences de notation, a conduit à une prise de risques inconsidérés. Aussi, dès qu'il est apparu que la qualité des crédits primaires titrisés était fortement dépréciée, pour ne pas dire sans valeur, la panique s'est emparée du système, la crise de confiance s'est installée et a gagné les banques qui, dès lors, refusent de se faire des prêts entre elles.

Depuis le déclenchement de la crise aux Usa en août 2007, les mesures mises en œuvre par les Banques centrales à travers les injections de liquidité sur le marché monétaire et les réductions successives de taux directeurs n'ont pas convaincu les marchés, qui n'ont cessé de se replier. Des faillites ont commencé à être enregistrées, la crise est propagée outre-Atlantique. Sur toutes les places boursières, les indices n'ont cessé de chuter. Pour l'instant, la mise en œuvre du plan Paulson, concomitamment avec l'initiative européenne, a permis de maîtriser l'incendie.

Face à cette panique générale, les Etats ont désormais pris la résolution de se mettre en première ligne. Que penser de tout ceci ?

A vrai dire, une impression générale s'impose : surprises et comme prises dans la tourmente, les autorités politiques et monétaires de l'Occident manifestent un instinct de conservation. Toutes les solutions semblent être portées par la puissance publique et les Banques centrales. Quel paradoxe pour nos pays où l'engagement des Etats dans les établissements de crédits a été expressément limité à 25 % !

Aux Usa, après plusieurs initiatives engagées sans succès, l'intensification de la crise financière vient de conduire le Congrès à adopter le Plan Paulson, un plan de stabilisation économique d'urgence consistant à créer une structure publique chargée de racheter à hauteur de 700 milliards de dollars les actifs toxiques liés aux prêts hypothécaires détenus par les banques et autres institutions financières américaines. Au Benelux, les Etats volent au secours de Fortis. Au Royaume-Uni, un plan de sauvetage du système bancaire vient d'être annoncé. En Allemagne, la Banque Hypo Real Estate vient d'être renflouée. En France, le gouvernement prend l'engagement de garantir la continuité de l'activité bancaire et la création d'une structure de prise de participation de l'Etat dans les banques vient d'être annoncée. Par ailleurs, pour soutenir l'activité des Pme, le gouvernement français a décidé d'instituer un fonds de plus de 20 milliards d'euros.

Partout, la volonté de l'Etat est la même. La puissance publique, entièrement solvable par définition, apporte sa garantie au sauvetage des banques. En Europe, une garantie de dépôts harmonisée à 50 000 euros est instaurée pour rassurer les déposants. Dans nos pays, la solution préconisée par ces mêmes partenaires avait consisté en la création de sociétés de recouvrement, dont les performances sont apparues fort modestes. En d'autres termes, la plupart des déposants de nos anciennes banques dissoutes attendent encore d'être remboursés.

Et comme si cela ne suffisait pas, certaines règles de bonne gestion indispensables pour la gestion de la monnaie commune, l'Euro en l'occurrence, feront l'objet d'aménagements temporaires, en particulier en ce qui concerne la concurrence, le pacte de stabilité et de croissance ainsi que les critères de convergence, pour justifier les aides publiques apportées aux banques et permettre au déficit public d'excéder le seuil de 3 %. Au plan comptable, alors que depuis ces dernières années, de fortes pressions sont exercées sur nos entreprises et nos banques pour la mise aux normes IFRS, voilà que l'Europe envisage d'en revenir !

A l'instar des Etats, les Banques centrales des pays développés se sont inscrites dans la même logique de sauvetage. En effet, confinées au départ dans leur position traditionnelle de prêteur en dernier ressort, elles ont semblé progressivement être emportées par la tourmente. Le cas de la Fed est particulièrement révélateur à cet égard. Après avoir procédé à des baisses successives de son taux objectif des Fed funds à partir du mois de septembre 2007, pour le ramener à fin avril 2008 jusqu'à 2 %, la Fed, face à la persistance des tensions sur les marchés financiers, a mis en place, à partir du mois de décembre 2007, un guichet temporaire de refinancement dénommé ‘Term Auction Facility’, destiné aux banques de dépôt et à accroître les injections de liquidité en dollars Us et à mettre fin aux tensions sur le marché interbancaire aux Etats-Unis et à l'extérieur. A cet égard, des sommes ont été dégagées sur le guichet du ‘Taf’ pour satisfaire les besoins en dollars Us des banques établies en dehors des Etats-Unis. Ainsi, des lignes de swap de devises ont été octroyées à la Banque centrale européenne et la Banque nationale suisse contre euro et franc suisse, sous la forme de lignes de refinancement.

Pis, la Fed a créé deux guichets de refinancement additionnels, le Term Securites Lending Facility et le Primary Dealer Credit Facility, destinés d'une part, aux banques pour leur permettre d'échanger, contre des obligations d'Etat, des titres de ‘rating’ triple A, devenus peu liquides, en particulier les titres des agences gouvernementales ou issus de titrisations hypothécaires (residential mortgage backed securities) et d'autre part, aux spécialistes en valeurs du Trésor, pour le refinancement d'une gamme plus étendue de collatéraux dont les obligations municipales, les actifs ‘corporate’ ainsi que les Asset Backed Securities. Par ailleurs, la Fed a rallongé les maturités des facilités d'emprunt, en particulier sur le guichet de l'escompte (d'un jour à 30 jours au mois d'août 2007, puis de 30 jours à 90 jours depuis le 16 mars 2008).

Toutefois, les initiatives les plus spectaculaires de la Fed, qui semblent être prises loin de toute orthodoxie pour une Banque centrale, résident cependant dans son implication dans le rachat de Merrill Lynch par Bank of America, l'ouverture d'une ligne de crédit de 30 milliards de dollars Us à IP Morgan pour le rachat de la banque d'affaires Bears Stearns, l'aide d'urgence de 85 milliards de dollars octroyée au premier assureur mondial AIG, la mise sous tutelle des banques d'investissement Morgan Stanley et Goldman Sachs et, plus récemment, sa décision de racheter des billets de trésorerie, c'est-à-dire de financer directement l'économie en lieu et place des banques commerciales.

Parallèlement, l'Etat américain s'est illustré par la mise sous tutelle publique des deux agences de refinancement hypothécaire, Fannie Mae et Freddie Mac. Ces deux sociétés privées, bénéficiant de la garantie implicite de l'Etat, étaient des acteurs clés du marché immobilier et ont largement contribué à son essor. Elles détiennent 45 % de l'encours total de créances hypothécaires, soit 5 300 milliards de dollars.

Comme on peut le constater, pour un observateur averti de la restructuration du système bancaire de l'Umoa, ce qui se passe actuellement aux Usa et en Europe est loin de toute orthodoxie et dépasse l'imagination. Au nom du dogme libéral, nos partenaires ne l'auraient jamais accepté pour nos Etats et nos Banques centrales. Que de banques auraient pu être sauvées et de dépôts remboursés ! Mais hélas, la main invisible est défaillante et il n'y a plus de principe : la fin justifie les moyens. A vrai dire, l'on ne peut manquer de ressentir une certaine amertume et de se dire : deux poids, deux mesures.

Après le diagnostic, quelle thérapie pour l'avenir ? Comment conjurer, pour les temps qui viennent, les conséquences dramatiques de ce qui apparaît en vérité comme une triple crise, financière bien sûr, mais surtout économique et sociale, avec des effets cumulatifs dans le quotidien des gens ? II me paraît urgent que soient repensés les fondements, j'allais dire, les fondamentaux du libéralisme économique. Par son ampleur et sa soudaineté, cette crise vient à rebours de la thèse de Fukuyama sur la fin de l'histoire et de l'idée que le marché allait supplanter l'Etat dans les mécanismes de l'économie moderne. Voilà que le dogme sur la nécessité du dépérissement salutaire de l'Etat vole en éclats. II faut en tirer les leçons. Le sauvetage de l'économie mondiale consacre paradoxalement le retour de l'Etat comme instrument indispensable de solution et de régulation. Lorsque certaines frontières sont franchies, l'économie se venge.

II n'y a pas de rupture en économie. Tout repose sur des lignes d'équilibre sans lesquelles, il n'y a pas d'issue raisonnable. II en est de l'économie comme de la vie. Ni certitudes closes, ni illusions de réconfort. Pour durer, il faut se prémunir de ces pièges. La seule vérité susceptible de trouver grâce aux yeux de ceux qui ont en charge le destin des peuples tient en trois mots : ni dépendance idéologique, ni culte de l'Etat, mais vision pragmatique de l'économie.


* UMOA : L’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA) a été créée en 1962. Elle regroupe actuellement huit Etats de l’Afrique de l’Ouest que sont le Bénin, le Burkina, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo.

La superficie totale des pays de l’UMOA est de 3.505.504 de km2, qui masque des différences importantes entre le Niger, pays le plus étendu avec 1.267.000 km2 et la Guinée Bissau, pays le plus petit avec 36.125 km2. La population totale de l’Union est de 74.300.000 d’habitants.

Elle se caractérise par la reconnaissance d’une même unité monétaire, le Franc de la Communauté Financière Africaine (F.CFA), dont l’émission est confiée à la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).


Les organes qui assurent le fonctionnement de l’UMOA sont :

- La Conférence des Chefs d’Etat ;
- Le Conseil des Ministres ;
- La Commission Bancaire ;
- Le Conseil Régional de l’Epargne et des Marchés Financiers.

La Conférence des Chefs d’Etat constitue l’autorité suprême de l’Union. Elle décide de l’adhésion de nouveaux membres, et prend toutes les décisions sur les questions qui lui sont soumises par le Conseil des Ministres.

Le Conseil des Ministres assure la direction de l’Union. Chacun des pays membres y est représenté par deux Ministres, mais seul le Ministre des Finances est habilité à voter.

Le Conseil des Ministres arrête, à l’unanimité, les décisions dans les matières dévolues à sa compétence par les dispositions du Traité de l’UMOA et celles des Statuts de la BCEAO, ainsi que toutes celles que les Gouvernements des Etats membres conviendraient de soumettre à son examen ou de remettre à sa décision. Ces décisions doivent respecter les engagements internationaux contractés par les Etats membres de l’Union.

Le Conseil des Ministres définit la politique monétaire et de crédit de l’Union afin d’assurer la sauvegarde de la valeur de la monnaie commune et de pourvoir au financement de l’activité et du développement économique des Etats de l’Union.

Il approuve notamment les accords de compensation et de paiement entre l’Institut d’émission commun et les instituts d’émission étrangers destinés à faciliter les règlements extérieurs des Etats de l’Union.

L’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) est créée le 10 janvier 1994, en vue de consolider les bases économiques de la monnaie commune et assurer une croissance forte et durable des économies des Etats membres de l’Union.

Lien vers le site de la BCEAO (Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest) : BCEAO : 1962 - 2002 quarante ans d’intégration monétaire
Signaler au modérateur   Journalisée

radar
Jr. Member
**
Hors ligne

Messages: 89



« Répondre #98 le: 08/04/2009 - 23:37:19 »

L’immobilier touristique étranger en panne au Maroc

Mardi 07 Avril 2009 Christelle Marot, à CASABLANCA
http://www.econostrum.info/L-immobilier-touristique-etranger-en-panne-au-Maroc_a1014.html

Le Belge Thomas & Piron et le groupe émirati Dubaï Holding ont décidé de se retirer du Maroc. La poursuite de leurs projets touristiques est garantie par des intérêts locaux.

MAROC. Coup sur coup, deux importants investisseurs étrangers, Sama Dubaï et Thomas & Piron, viennent de se retirer de leurs projets d’aménagement touristique et hôteliers au Maroc.

Principal actionnaire en charge du développement de la vallée du Bouregreg autour de Rabat (projet Amwaj), Sama Dubaï, bras immobilier du groupe émirati Dubaï Holding, en difficultés financières, a décidé fin mars le gel de ses activités au Maghreb.

Autre actionnaire de référence auprès de l’établissement public marocain Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG), l’ Agence d’aménagement de la vallée du Bouregreg (AAVB) envisagerait de prendre la relève pour la partie gestion.

Dans le royaume, outre le projet Amwaj, d’un coût d’environ 2 Mds $, le projet de développement de la station de ski de l’Oukaïmeden, dans les montagnes de l’Atlas, porté par Emaar, autre filiale du mastodonte émirati, est également en attente.

Thomas & Piron se retire au profit d'Alliances Développement

De son côté, le Belge Thomas & Piron International a annoncé début avril la cession de tous ses intérêts au Maroc. Cela comprend sa participation majoritaire dans la station balnéaire de Port Lixus à Larache, ainsi que ses parts minoritaires dans les sociétés de développement des projets Mogador à Essaouira et Mansour Lake City, sorte de « Las Vegas marocain », à Ouarzazate.

Selon le magazine belge Trends-Tendances, les motifs invoqués par le management de Thomas & Piron sont la revente récente des parts de l’industriel néerlandais Colbert Orco, partenaire dans Port Lixus et Mogador.

C’est le promoteur marocain Alliances Développement Immobilier, partenaire local déjà actionnaire à hauteur de 33%, qui est venu à la rescousse de Port Lixus en rachetant l’ensemble des participations de Thomas & Piron. Le projet est estimé à 5 Mds de dirhams (450 M€).

Une situation qui n’est pas sans rappeler le sort de la station balnéaire de Saïdia sur la côte méditerranéenne. Terrassé par la crise, le promoteur espagnol Martinsa-Fadesa avait cédé, fin 2007, la majorité de ses intérêts marocains au groupe immobilier Addoha.

A quelques kilomètres de la frontière algérienne, Saïdia devrait toutefois inaugurer la première station touristique du plan Azur en juin prochain.

Dans le sud du pays, près d’Agadir, les travaux de construction de Taghazout, autre station du plan Azur, trainent en longueur. Après les déboires de la société saoudienne Palais des Roses International, l’Américain Colony Capital, en partenariat avec l’Espagnol Satocan, avait décroché, en 2006, la convention d’aménagement-développement avec l’Etat marocain.

--------------------------
Signaler au modérateur   Journalisée
kader
Full Member
***
Hors ligne

Sexe: Homme
Messages: 217



« Répondre #99 le: 20/04/2009 - 22:44:14 »

L'Analyse ci-dessous est à lire et à méditer en urgence car certains Algéro-harkis dans l'Etat nous ont mis par corruption et cupidité dans le « piège Dollar » dans lequel la chine est déjà tombée.

LA CHINE VEUT RAPIDEMENT ET DISCRETEMENT SE DEBARRASSER AVANT LA FIN DE L'ETE 2009 DE SES 1400 MILLIARDS DE DOLLARS AMERICAINS USD (MILLE QUATRE CENT MILLIARDS DE DOLLARS AMERICAINS) D'ACTIFS TOXIQUES CONSTITUES EN BONS DU TRESOR US ET EN BILLETS DE BANQUES EN DOLLARS AMERICAINS.


*******************

GEAB N°34 est disponible! Eté 2009 : La rupture du système monétaire international se confirme


- Communiqué public GEAB N°34 (15 avril 2009) - Mercredi 15 Avril 2009
http://www.leap2020.eu/GEAB-N-34-est-disponible!-Ete-2009-La-rupture-du-systeme-monetaire-international-se-confirme_a3113.html?PHPSESSID=f589d0276f4a1a6f37864babd9c0dd69

La prochaine étape de la crise sera déterminée par un rêve chinois. En effet, à quoi peut bien rêver Pékin pris, d'après Washington, dans le « piège Dollar » de ses 1.400 milliards d'actifs libellés en Dollars US ( 1 ) ? D'après les dirigeants américains et leur cortège d'experts médiatiques, à continuer à être prisonnier et même à renforcer cette condition carcérale en achetant toujours plus de Bons du Trésor et de Dollars US (2).

Pourtant, tout le monde sait à quoi rêve vraiment un prisonnier ? A s'évader bien sûr, à sortir de sa prison.

Aussi, pour LEAP/E2020, il ne fait aucun doute que Pékin cherche sans relâche désormais (3) à se débarrasser au plus vite de cette montagne d'actifs « toxiques » que sont devenus les Bons du Trésor US et la devise américaine sous laquelle la richesse de 1 milliard 300 millions de Chinois (4) est emprisonnée.

Dans ce GEAB N°34, notre équipe détaille donc les « tunnels et les galeries » que Pékin creuse discrètement depuis plusieurs mois dans le système économique et financier mondial afin de s'évader du « piège Dollar » d'ici la fin de l'été 2009.

Sur fond de cessation de paiement des Etats-Unis s'ouvrira alors la période à partir de laquelle le « chacun pour soi » deviendra la règle du jeu international, dans la droite ligne d'un G20 de Londres dont le communiqué final se lit comme la « chronique d'une dislocation géopolitique annoncée » ainsi que LEAP/E2020 l'analyse dans ce numéro du Global Europe Anticipation Bulletin.


Derrière le « jeu de dupes » londonien, où chacun a prétendu croire qu’une collaboration internationale « historique » (5) était en action, on constate en fait une profonde division du G20 : les Américains et le Britanniques (suivis par un Japon docile) tentent désespérément de préserver leur contrôle sur le système financier mondial, en bloquant ou en diluant toute réforme significative donnant un pouvoir plus important aux autres acteurs du système, sans plus avoir assez de puissance pour imposer leurs objectifs. Les Chinois, les Russes, les Indiens, les Brésiliens, … essayent de rééquilibrer le système monétaire et financier international en leur faveur, mais sans pouvoir (ou peut-être même sans vouloir vraiment (6)) imposer une telle réforme. Les Européens (et quand on utilise ce terme il implique de plus en plus une UE sans le Royaume-Uni) s'avèrent de leur côté incapables de trancher entre les deux seules options qui s'offrent à eux : sombrer avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni en copiant leurs politiques ou bien remettre fondamentalement en cause le système monétaire et financier mondial actuel en partenariat avec les Chinois, les Russes, les Indiens et les Brésiliens. Ils arrivent à ne plus suivre Washington et Londres dans leur reproduction des politiques passées qui ont toutes déjà fait faillite (7), mais ils ne parviennent pas à oser préparer l'avenir.

Les Européens porteront d'ailleurs une responsabilité majeure si, dans la brève fenêtre temporelle qui reste (moins de six mois désormais), aucune action majeure n'est entreprise pour éviter la crise longue et tragique qui durera plus d'une décennie ( 8 ). Ils possèdent à la fois le savoir-faire technique pour aider au succès d'une devise internationale fondée sur un panier des principales monnaies et une méthode politique qui permet de gérer au mieux les intérêts stratégiques divers d'un ensemble de pays comme ceux dont la monnaie serait derrière la nouvelle devise internationale de référence. Pourtant, il existe aujourd'hui une évidente incapacité des dirigeants de l'UE (et notamment de la zone Euro) à assumer ces responsabilités, comme si finalement ils préféraient voir le système occidental finir de se briser (tout en proclamant le contraire) plutôt que de se battre pour en faire un pont vers un nouveau système mondial : que ce soit un choix (ce que LEAP/E2020 ne croit pas) ou que ce soit le simple résultat de la pusillanimité de dirigeants européens choisis pour leur docilité (vis-à-vis de Washington et des grands opérateurs économiques et financiers européens), dans tous les cas, leur neutralité est très dangereuse pour la planète puisqu'elle empêche le lancement d'un processus efficace permettant d’éviter une crise longue et tragique ( 9 ).

Ainsi, dans ce GEAB N°34, nos chercheurs développent plus avant leurs anticipations sur les formes possibles que prendra la cessation de paiement américaine d'ici la fin de l'été 2009 et que le mois d'Avril 2009 (principal mois de collecte des revenus fiscaux aux Etats-Unis) va rendre désormais impossible à masquer (10). La cessation de paiement des Etats-Unis à l'été 2009 est en effet d'une actualité toujours plus brûlante avec un déficit public désormais totalement hors de contrôle sur fond d'explosion des dépenses (+ 41%) et d'effondrement des recettes fiscales (-28%) comme l'a anticipé LEAP/E2020 il y a plus d'un an : pour le seul mois de Mars 2009, le déficit fédéral s'est monté à près de 200 Milliards USD (très largement au-dessus des prévision les plus pessimistes), soit à peine un peu moins de la moitié du déficit pourtant record de l'ensemble de l'année 2008 (11). Et le même phénomène se répète à tous les niveaux de la structure publique du pays : état fédéral, états fédérés (12), comtés, villes (13), … partout les recettes fiscales s'évanouissent entraînant de manière accélérée l'ensemble du pays dans une spirale déficitaire que personne (Washington en premier chef) ne maîtrise plus.

Dans ce GEAB N°34, nos chercheurs se penchent également sur le « mystère du cours de l'or ». Pour le métal jaune, nos chercheurs (non pas d'or, mais d'information) ont identifié quelques pistes très intéressantes pour comprendre pourquoi (14), alors que les acheteurs d'or sont légion et que dans de nombreux pays on signale des ruptures d'approvisionnement en pièces ou lingots d'or, le cours du métal jaune ne fait qu'osciller autour du même pivot depuis des mois.

Enfin, notre équipe présente ses recommandations pour se préparer aux prochains mois de la crise en s'attachant ce mois-ci notamment à l'épargne en général et aux assurances-vie en particulier.


---------
Notes:

( 1 ) Si l'ensemble des réserves chinoises est évalué désormais à environ 2.000 milliards USD, la part d'actifs libellés en Dollars US n'est au maximum que de 70%, ce qui donne environ 1.400 milliards USD. Le reste consiste essentiellement en actifs libellés en Euros.

(2) N'oublions pas que ce sont en général les mêmes « experts » qui prédisaient ces dernières années que l'économie mondiale bénéficierait de la suppression de la régulation des banques, que l'économie de l'Internet ouvrait la voie à une croissance sans fin, que les déficits américains étaient un signe de force, que les prix de l'immobilier US n'arrêteraient pas de monter et enfin que s'endetter sans restrictions était la forme moderne d'un enrichissement durable.

(3) Le message sur le nécessaire changement de devise internationale de référence que Pékin a adressé au monde entier, et aux autorités américaines en particulier, à la veille du sommet du G20 de Londres n'était absolument pas un « ballon d'essai » ou une tentative sans espoir de réussite. Les dirigeants chinois ne se faisaient aucune illusion sur la probabilité qu'un tel sujet soit discuté au cours de ce G20. Ils ont voulu imposer ce débat dans les couloirs du sommet afin de faire passer un message, un avertissement officieux à tous les acteurs du système monétaire international : pour Pékin, le système Dollar, c'est fini. Si personne ne veut préparer un système alternatif en commun, alors, cela se fera autrement. Et leurs actes, analysés dans ce numéro du GEAB, corroborent cette intention. D'ailleurs, et le hasard du calendrier politique est une rareté à Pékin, dans la même période sort un livre, intitulé « La Chine mécontente », qui demande une action plus volontariste des leaders chinois afin d'imposer leurs choix sur la scène internationale. Source : ChinaDailyBBS, 27/03/2009

(4) Un lien original pour suivre ce chiffre en temps réel : Chine Information.

(5) C'est en fait Angela Merkel qui a fait preuve de la plus grande clairvoyance en trouvant le mot juste sur la nature du sommet du G20 à Londres. Elle a dit que c'était une réunion « presque historique » ; et c'est bien le mot « presque » qui résume ce qui s'est passé à Londres. Les dirigeants du G20 ont « presque » abordé les questions essentielles ; ils ont « presque » défini un programme commun d'action; ils sont « presque » parvenus à lancer de nouvelles stimulations économiques et une nouvelle régulation financière mondiale; ils ont « presque » interdit les paradis fiscaux; et ils ont « presque » convaincu » l'opinion publique mondiale. « Presque », mais, hélas, pas réellement. Et cela fait une belle différence pour la suite de la crise.

(6) C'est en effet le dilemme du « jeu international » développé dans le GEAB N°33. A un certain moment, l'intérêt des joueurs qui montent en puissance est de laisser purement et simplement l'ancien jeu se briser net pour en reconstruire un qui leur convienne plutôt que de se battre pour transformer l'ancien jeu via une transition longue et incertaine.

(7) Notamment l'endettement public à outrance, qui est appelé par Washington et Londres « stimulus économique ».

( 8 ) Le G20 de Londres s'inscrit directement dans la direction de cette crise de longue durée.

( 9 ) A propos de l'UE, l'équipe de LEAP/E2020 souhaite souligner l'inanité des « analyses » économico-politiques, essentiellement issues d'éminents économistes et experts proches du Parti démocrate américain, que relayent actuellement les principaux médias internationaux, et qui se limitent à reprocher aux Européens … de ne pas faire comme Washington. Paul Krugman en tête, ces « grands amis » de l'Europe, qui l'aiment tant qu'ils pensent savoir mieux que les Européens ce qu'elle doit faire (et aussi ce qu'elle doit être car les mêmes prônent généralement aussi son extension à la Turquie, voire à Israël et à l'Asie centrale), feraient mieux de s'occuper de conseiller efficacement leur propre parti et leur nouveau président pour éviter l'effondrement de leur pays, car c'est bien de cela qu'il s'agit désormais. Enfin, et nous n'y reviendrons plus, il est quand même étonnant qu'un ensemble d'experts qui depuis des années a tant vanté les mérites d'un système qui aujourd'hui s'effondre sous les yeux de tous, ose encore donner des leçons au reste du monde. La plus élémentaire décence lui imposerait, au niveau international, la seule voie respectable possible : le silence. En tout cas, en Europe, ce discours, qui a bien entendu toujours ses relais académiques et journalistiques, ne passe plus car il vient tout droit d'une époque révolue. Comme le fait d'ailleurs régulièrement remarquer LEAP/E2020, il est bien évidemment nécessaire et légitime de porter un regard très critique sur l'UE, ses dirigeants et ses politiques ; mais le faire avec comme seul critère la conformité ou non aux orientations de Washington (ou Londres) est désormais inacceptable. Visiblement, à l'image des financiers qui n'ont pas encore compris qu'une page était tournée en ce qui concerne leurs stock-options et leurs « parachutes dorés », nombre d'intellectuels et de politiques n'ont pas encore bien intégré que leurs références, leurs valeurs et leurs analyses appartenaient désormais au passé. Qu'ils pensent aux élites du bloc soviétique … et ils comprendront comment et à quelle vitesse un système de pensée peut devenir obsolète.

(10) Outre la baisse des revenus fiscaux, on assiste dorénavant aux Etats-Unis à l'extension d'un mouvement de révolte contre l'utilisation des impôts pour sauver Wall Street et contre l'ampleur des déficits prévus, qui met en cause l'ensemble de la classe dirigeante américaine. Sources : USAToday, 13/04/2009 ; MarketWatch, 16/04/2009

(11) Sources : USAToday, 11/04/2009 ; MarketWatch, 10/04/2009

(12) Ainsi en Californie, les premiers jours d'Avril laissent craindre des recettes très largement inférieures aux pires prévisions, entraînant un déficit budgétaire multiplié par deux pour la Californie par rapport aux prévisions d’il y a seulement quelques mois. Au niveau fédéral, un processus du même type est en cours, rendant désormais envisageable selon LEAP/E2020 un déficit fédéral annuel à près de 3.500 Milliards USD, soit plus de 20% du PNB des Etats-Unis. Source : CaliforniaCapitol, 08/04/2009

(13) L'exemple de ces villes qui, comme Auburn dans la région de Seattle, doivent interdire leurs grands axes aux poids-lourds faute de moyens pour les entretenir est éloquent. Source : SeattleBusinessJournal, 10/04/2009

(14) Et permettre ainsi d'anticiper les tendances des prochains mois.

Mercredi 15 Avril 2009


Dans la même rubrique :

Conseils pour anticiper les prochaines étapes de la crise : Treize questions/réponses de LEAP/E2020 (1er épisode) - 08/04/2009
Lettre ouverte / Sommet du G20 de Londres: la dernière chance avant la dislocation géopolitique mondiale - 24/03/2009
LEAP/E2020 offre gratuitement les archives du GEAB à 100 bibliothèques universitaires dans le monde ! - 05/11/2008
LEAP/2020 : Annonce Spéciale Crise Systémique Globale Septembre 2008 - 24/09/2008
Information Trafic LEAP/E2020 - Mai 2008 - 12/05/2008
Offert avec tout nouvel abonnement ! Numéro spécial 'GEAB/CRISE DES SUBPRIMES : Causes, déroulement, conséquences et conseils stratégiques'... tout comprendre pour bien se prémunir - 12/08/2007
Offre Archives GEAB (1) – 6 numéros d'archive de votre choix pour 50 euros - 22/01/2007
Le prospectiviste français, Pierre Gonod, donne son point de vue sur le travail d'anticipation de LEAP - 30/08/2006

Signaler au modérateur   Journalisée

kader
Full Member
***
Hors ligne

Sexe: Homme
Messages: 217



« Répondre #100 le: 02/05/2009 - 15:18:45 »

Le Dinar algérien, vraie monnaie ou simple support d’une économie dollarisée ?

Par  sonia lyes , le  02/05/2009
http://www.tsa-algerie.com/Le-Dinar-algerien--vraie-monnaie-ou-simple-support-d-une-eco_6816.html

Depuis quelques mois, les Algériens assistent à une chute continue de leur pouvoir d'achat due à la faiblesse persistante du dinar. En six mois, la monnaie nationale a perdu près de 25% de sa valeur face à l'euro, principale devise d'importation du pays. La semaine dernière, au marché parallèle des devises, un euro s'échangeait à plus de 120 dinars. Régulièrement, la Banque d'Algérie tente d'expliquer cette faiblesse de la monnaie nationale : « le taux de change effectif réel du dinar est proche, depuis 2003, de son niveau d'équilibre de long terme », selon cette institution.

Or, entre 2003 et 2009, l'Algérie est devenue plus riche, comme le montre les indicateurs macroéconomiques. Et la monnaie n'est autre que le reflet des richesses produites par un pays. Que s'est-il donc passé dans le cas de l'Algérie ?

En réalité, la faiblesse du dinar a une autre explication. L'Algérie produit presque toutes ses richesses en dollar : 98% des recettes du pays sont issues des exportations d'hydrocarbures. Des exportations facturées directement en dollar sur les marchés internationaux. La production locale hors hydrocarbures est très faible. Le pays est entièrement dépendant de l'étranger pour sa consommation : en 2008, l'Algérie a importé pour plus de 38 milliards de dollars, essentiellement des produits alimentaires. A cela s'ajoute le fait que les 150 milliards de dollars de réserves de changes sont placés aux Etats-Unis dans des bons du Trésor américain. Si le dollar dégringolait, l'économie algérienne se retrouverait dans une situation de fragilité totale.

«On peut dire que l'Algérie n'a plus de monnaie propre. Le dinar n'est qu'un support à une économie dolarisée. L'Algérie produit presque toutes ses richesses qui sont constituées de pétrole et de gaz en dollars. La production locale est quasi-inexistante. Et tous les avoirs de l'Algérie sont placés en dollars, sans aucune diversification», explique un économiste.

Pour mettre fin à cette situation, l'Algérie devra diversifier fortement son économie et réduire son indépendance à l'égard des hydrocarbures. Le pays pourra alors exporter autre chose que le pétrole et le gaz et rendre son économie moins dépendante du dollar. Le dinar pourrait alors redevenir une monnaie, capable d'être convertible.

Signe de cette dollarisation de l'économie et de la monnaie nationales, l'évolution du taux de change. Officiellement, la valeur du dinar par rapport aux autres monnaies est fixée toutes les semaines par la Banque d'Algérie. Mais il suffit de se rendre sur n'importe quel site boursier pour suivre l'évolution du taux de change du dinar en temps réel...En fonction de la valeur du dollar.

***********************

La rechute du dinar algérien surprend les opérateurs
 
Par Samy Injar  Source : Les Afrique - le 01 Mai, 2009
http://www.lematindz.net/news/2599-la-rechute-du-dinar-algerien-surprend-les-operateurs.html

Le dinar est fortement reparti à la baisse depuis cinq semaines. La monnaie algérienne a perdu 12% de sa valeur après avoir atteint des cotations de 1 euro pour 87 dinars et 1 dollar pour 62 dinars en octobre dernier puis à la fin du mois de février. Il fallait 96,53 dinars pour acheter un euro et 73,47 dinars pour acheter un dollar au fixing du 14 avril sur le marché interbancaire des changes. La parité commerciale du dinar face à l’euro et au dollar est encore plus faible. Elle a frôlé le seuil psychologique d’un euro pour 100 dinars la semaine du 03 au 10 avril. Les importateurs n’ont pas encore répercuté cette « inflation par le taux change », mais les domiciliations bancaires pour les importations du mois d’avril « donneront des prix plus élevés des produits distribués dans huit à dix semaines, le délai moyen de la mise sur le marché » explique Rachid Bradja, distributeur de marques européennes de chocolat. La chute de la valeur du dinar a prix le marché à contre-pied après un deuxième semestre 2008 ou la tendance était au raffermissement du dinar face aux deux principales devises du commerce extérieur algérien. Ainsi après une moyenne du taux au 1er trimestre 2008 de 99,43 dinars pour un euro et une parité de 103,18 en fin de période, le dinar s’est sensiblement redressé en seconde moitié d’année pour afficher 91,80 dinars pour un euro en moyenne du troisième trimestre et 87,34 en fin de période. La courbe d’évolution est semblable du dinar face au dollar lequel nécessitait en moyenne 66,43 dinars à l’achat au début de l’année pour ne valoir que 61,28 dinars au troisième trimestre. « Certains opérateurs parmi les plus avertis comme les distributeurs d’automobile ont anticipé la poursuite du redressement du dinar en 2009 et l’ont inclue en réduisant leurs marges dans les prévisions » explique Rachid Bradja qui dit avoir « échappé à cette tentation ».

Recommandation du FMI mais en sens inverse

L’accès de faiblesse du dinar est complet avec une chute également sur le marché parallèle ou continue de se financer une part, certes déclinante, mais toujours significative, entre 10% et 15 % des transactions : petites importations au noir, évasion fiscale, voyages, opérations de services non couvertes par la banque d’Algerie, etc… Un cambiste d’El biar, quartier résidentiel des hauteurs d’Alger, vendait le jeudi 16 avril l’euro pour 123, 40 dinars. Il était redescendu à 94 dinars lorsque, en octobre dernier, le taux officiel en banque était à 87 dinars pour un euro. La baisse significative de la parité du dinar a d’autant surpris les acteurs de marché qu’à l’automne le FMI avait exercé des « pressions amicales » sur l’Algérie pour qu’elle laisse la valeur du dinar s’apprécier compte tenu des réserves de change accumulés après la montée des cours du pétrole. La banque d’Algérie avait répliqué d’un communiqué homérique qui affirmait en substance que la valeur du dinar était proche de la réalité des performances de l’économie algérienne. « La banque d’Algérie qui comme chacun le sait manipule le flottement du dinar supposé donner sa valeur, a appliqué les recommandations du FMI, mais en sens inverse. Elle a bloqué l’appréciation du dinar lorsque les excédents en devises enflaient, et elle a lâché le dinar lorsque, comme depuis six mois, le prix du pétrole a dangereusement baissé » explique un ancien ministre algérien des années 90.

Equilibre budgétaire et économie « low cost »

Les explications de « cette option » du dinar « encore plus faible » ne sont pas encore claires pour les observateurs. Pour le marché parallèle, « nous savons qu’il est moins approvisionné en euros à cause de la crise mondiale, les transferts des non résidents ont sérieusement baissé et l’équilibre entre l’offre de l’euro et les porteurs de dinars s’est rompu » affirme Mourad, un cambiste au Crédit Populaire Algérien (CPA). Dans le cas du taux officiel, « c’est l’incompréhension ». L’Algérie a importé pour 39,8 milliards de dollars de biens en 2008. La parité du dinar détermine le prix de vente final de l’équivalent de plus de 18 milliards de dollars de biens destinés soient à la revente en l’état soit au traitement: agro-alimentaire, médicaments, automobiles, électroniques, demi-produits et matières premières. « La baisse de la valeur du dinar arrange les affaires du gouvernement sur le front de l’équilibre budgétaire. La fiscalité pétrolière dégagera 10% de plus avec l’actuel contre valeur en dinar si elle devait s’installer dans la durée de l’année 2009. Cela est une réponse de courte vue face à la baisse des cours du pétrole, car dans le même temps les salaires seront durement frappés par l’inflation importée » explique l’ancien ministre. Pressés de réévaluer le dinar, les autorités algériennes avaient également cité la volonté de rester compétitif avec un dinar « sous-évalué » pour attirer les investisseurs étrangers. Le débat est retombé entre partisans d’un dinar réévalué pour soulager les algériens et ceux d’un dinar faible pour soutenir une destination « low cost » pour les investisseurs étrangers. La rechute inattendue du dinar en ce début d’année 2009 promet de le relancer dans l’urgence.

********************************

Pendant que les bons de caisse du trésor américain aient baissé de 10% depuis la fin de 2008
L’Algérie perd 10 milliards de dollars de ses intérêts en Amériques


10-05-2009 - Par : Hafid Soualili / Rubrique Traduction
http://www.elkhabar.com/quotidienFrEn/?ida=156173&idc=105

Les bons de caisse à moyen et à long terme du trésor américain ont accusé une régression d’environ 10% depuis le mois de décembre 2008, influencé en cela par plusieurs facteurs dont le recours du trésor américain à la récupération d’un grand nombre d’entre eux. La baisse a, par ailleurs, continué,  hier et avant-hier, cette fois pour les bons du trésor a moyen et court terme.

Apres la décision du gouvernement américain d’arrêter le retrait des bons du trésor a long terme « 30ans » a partir du 31 octobre 2001, la plupart des pays, dont l’Algérie, se sont concentrés sur placement de l’argent des réserves sous formes de bons de trésor de 10 dix ans jusqu'à la remise en vigueur des bons de  trésor de 30 ans en février 2006.Ces bons ont connu quelques perturbations depuis décembre 2008, puis un recul qui a eu une influence négativement sur le montant de la recette de la réserves de changes mensuelles Algérienne.

Il est clair d’après les chiffres annoncés par la banque d’Algérie que la valeur et les taux de bénéfices et de rendement des réserves de changes algérienne ont reculé entre la fin de l’année 2007 et le début de l’année 2009, suite a la crise financière mondiale et ce même s’ils ont continué a se développer, puisqu’il est apparu que La valeur des réserves avait atteint 100.18 milliards de dollars a la fin de l’année 2007 et qu’il avait augmenté a 123.46milliards de dollars durant le premier trimestre 2008 soit de plus de 13 milliards de dollars en l’espace de trois mois, puis il avait continué a grimpé a 133.24 milliards de dollars mais avec un taux de bénéfices moindre soit moins de 10 milliards de dollars durant le deuxième trimestre 2008.
Signaler au modérateur   Journalisée

radar
Jr. Member
**
Hors ligne

Messages: 89



« Répondre #101 le: 03/11/2009 - 16:21:04 »

Le FMI a vendu 200 tonnes d'or à l'Inde

le 03/11/2009
http://www.agefi.fr/articles/Le-FMI-vendu-200-tonnes-or-Inde-1113861.html

Le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé lundi soir avoir vendu 200 tonnes d'or à la Reserve Bank of India, la banque centrale indienne, pour 6,7 milliards de dollars (4,55 milliards d'euros), qui représente la moitié des cessions de métal jaune prévues par l'institution.

***************************

Fièvre indienne sur l'or
par Bill Bonner  Vendredi 06 Novembre 2009
http://www.la-chronique-agora.com/articles/20091106-2256.html

▪ Après avoir passé une semaine à tenter de comprendre comment faire tourner un ranch en pleine nature sauvage ici, en Argentine, et après avoir passé quelques jours avec nos vieux cow-boys, Doug Casey, Rick Rule et Porter Stansberry... nous voilà de retour dans la civilisation.

Attendez... vous appelez ça la "civilisation" ? D'après moi, ça ressemble plus à Bulle Land !

L'or se dirige vers les 1 100 $ l'once...

Les obligations sont faibles... le dollar aussi...

▪ En parlant de vieux amis, Marc Faber a dit qu'il était haussier sur le dollar. Il pense que le dollar est survendu et qu'il pourrait gagner 10% sur le dernier trimestre.

Mais la Fed a annoncé hier qu'elle allait maintenir des taux bas pour une "période prolongée". Il n'y a donc aucun signe d'un quelconque changement radical de politique qui pourrait faire remonter le billet vert.

Nous allons devoir attendre que la bulle éclate !

Le pétrole dépasse les 80 $...

Les Républicains gagnent les élections...

Faites donc la fête comme si on était en 2006...

Le Dow Jones remonte aussi... tout comme les marchés du monde entier... entraînés par les actions asiatiques. La Chine explose... avec un marché boursier qui grimpe quatre jours de suite...

▪ Comme nous le dit aujourd'hui Dan Denning, la hausse de l'or arrive au moment où la Banque centrale indienne fait ce qu'il faut. Les banques centrales ont besoin de réserves. Et d'un point de vue historique, la seule réserve sur laquelle une banque centrale peut compter, c'est l'or. Amasser des dollars dans votre coffre-fort – au lieu d'y mettre de l'or – c'est comme compter sur une réserve de salades pour vous faire tenir une année de mauvaises récoltes. Imaginez ce qui se serait passé si Pharaon avait constitué une réserve de radis au lieu d'une réserve de céréales ? Ces sept années maigres auraient été bien plus maigres qu'elles ne l'ont été.

Les Chinois ont vu ce qui se passait quand on comptait sur le dollar en tant que réserve. Vous vous retrouvez coincé. Parce que vos réserves peuvent flétrir très vite.

Les Indiens ont une bien meilleure idée – ils achètent de l'or.

Voici ce qu'en dit Bloomberg :

"L'or a atteint un niveau record après que la Banque centrale indienne a acheté 200 tonnes du métal au Fonds monétaire international, intensifiant ainsi les spéculations sur d'autres achats officiels".

"Cela va encourager les autres pays et les autres investisseurs -- surtout les Indiens, qui sont de toutes façons de gros acheteurs -- à sauter dans le marché", a affirmé Leonard Kaplan, le président de Prospector Asset Management à Evanston, dans l'Illinois.

▪ La Banque de Réserve indienne a payé 6,7 milliards de dollars pour les lingots qu'elle a achetés entre le 19 et le 30 octobre. C'est "le plus gros achat de la part d'une banque centrale sur une période aussi courte que nous avons connu depuis au moins 30 ans," a déclaré Timothy Green, auteur des Ages de l'Or. Le seul événement comparable à celui-ci, ce sont les achats réguliers des Etats-Unis entre les années 30 et les années 40.

"C'est un achat refuge",a expliqué Frank McGhee, "l'or s'éloigne du dollar, ce qui peut le rendre encore plus haussier".

Le métal a surperformé les actions et les obligations cette année en fonçant vers son neuvième bénéfice annuel. Le S&P 500 a augmenté de 15% en 2009 jusqu'à avant-hier, alors que les bénéfices sur les bons du Trésor américain à 10 ans ont baissé de 5,7%.

L'or pourrait atteindre une moyenne de 1 125 $ en 2010, "avec une demande d'investissement solide appuyée par un environnement de taux d'intérêt réel négatif et de probables achats de la part des banques centrales", ont déclaré dans un rapport les analystes de Desjardins Securities Inc. basés à Toronto.

************************

Les banques centrales s'affirment comme acheteuses nettes d'or
Par Alexandre Garabedian    le 04/11/2009
http://www.agefi.fr/articles/article.aspx?id=1113846

Le rachat par l'Inde de 200 tonnes du FMI confirme l'appétit des pays émergents et le retournement d'un des fondements du marché

Une vente d’or symbolique à plus d’un titre. Le Fonds monétaire international a annoncé la vente de 200 tonnes de métal jaune à la banque centrale indienne pour 6,7 milliards de dollars. Au prix élevé de 1.045 dollars l’once en moyenne, et à raison de transactions hors marché menées dans la deuxième quinzaine d’octobre, la Reserve  Bank of India a mis la main sur la moitié des ventes d’or prévues par le FMI. L’institution internationale a décidé en septembre de céder le huitième de ses réserves, soit 403,3 tonnes, pour accroître sa capacité d’intervention.

Cette opération illustre l’un des facteurs de soutien à la hausse spectaculaire du métal jaune. Traditionnellement vendeuses d’or, les banques centrales sont passées à l’achat (voir graphique). Au deuxième trimestre 2009, elles sont même devenues acheteuses nettes d’or, avec une demande excédant l’offre de 14 millions. Si le solde reste négatif sur le premier semestre en raison de ventes nettes de 52 millions de janvier à mars, il devrait cette année être en territoire positif.

Les banques centrales les plus actives sont celles des Bric : Brésil, Chine, Russie, et l’Inde, donc, qui a surpris le marché hier par l’ampleur de son appétit. La démarche répond à une volonté de diversification des réserves de change. L’or bénéficie aujourd’hui de sa réputation de protection contre l’inflation et des liquidités abondantes qui se déversent sur les autres matières premières et actifs cotés en dollars, liés à la baisse du billet vert. Le phénomène a également provoqué au premier semestre une demande massive d’or de la part des fonds indiciels cotés (ETF). Mais si des annonces telles que celle d’hier constituent un soutien au marché, la logique financière qui sous-tend la hausse de l’or l’expose aussi à une correction.
Signaler au modérateur   Journalisée
yaniben
Newbie
*
Hors ligne

Messages: 2


« Répondre #102 le: 13/03/2010 - 22:55:02 »

Que la politique est compliquée...

Un site très intéressant:  http://www.youtubealgerie.com
Signaler au modérateur   Journalisée
radar
Jr. Member
**
Hors ligne

Messages: 89



« Répondre #103 le: 18/05/2010 - 21:09:06 »

Euro : l’hypothèse du pire
par Jean-Michel Vernochet* 18 mai 2010 Depuis Paris (France)
http://www.voltairenet.org/article165451.html

La crise budgétaire grecque, devenue crise de l’euro, n’est pas la conséquence fatale d’une autorégulation des marchés, mais d’une attaque délibérée. Pour Jean-Michel Vernochet, elle participe d’une guerre économique conduite, depuis Washington et Londres, selon les mêmes principes que les guerres militaires actuelles : recours à la théorie des jeux et stratégie du chaos constructeur. L’enjeu final est de contraindre les Européens à s’intégrer dans un Bloc atlantique, c’est-à-dire dans un Empire où ils payeront automatiquement le déficit budgétaire anglo-saxon par le biais d’un euro dollarisé. Un premier pas a déjà été franchi avec l’accord conclu entre l’Union européenne et le FMI, accordant au Fonds une tutelle partielle sur la politique économique de l’Union.

L’attaque financière lancée contre la Grèce en raison de sa dette souveraine et de son insolvabilité potentielle, s’est vite révélée être en fait une offensive contre l’Euro et n’avoir qu’un rapport lointain avec les tares et déficits structuraux de l’économie hellénique elle-même. Des « vices » au demeurant largement partagés par la plupart des pays post industriels qui ont pris la très mauvaise habitude de vivre au-dessus de leurs moyens et à crédit ; d’où une inflation galopante de la dette, une « bulle » comme une autre vouée in fine  à l’éclatement.

Or tout semble indiquer que derrière la brutalité de l’attaque et qu’au-delà d’une simple ruée au pillage des économies européennes, se profilent d’autres objectifs, d’ordre géopolitique notamment, et ceux-là mûrement réfléchis. Car, en aucun cas, les appétits, aussi aiguisés soient-ils, de prédateurs financiers anonymes ne peuvent expliquer l’intensité dans la durée d’une offensive qui, à court terme, menace de faire voler en éclat la zone euro, l’Union des vingt-sept, voire bien au-delà…

La multiplication des crises ces deux dernières décennies aidant, une lecture rapide du déplacement des pions sur le Grand échiquier eurasiatique laisse à penser que l’Europe est actuellement le théâtre d’une bataille dans le cadre d’une guerre géoéconomique (guerre au sens propre et entier), une bataille qu’elle a d’ailleurs déjà potentiellement perdue.

En effet, l’adoption d’un plan européen — sur les instances pressantes de la Maison-Blanche — pour le renflouement de la dette publique des Etats membres de l’Union ne constitue non seulement pas une panacée, un remède durable à la crise budgétaire structurelle qui affecte désormais « tous » les États occidentaux, mais va dans le sens désiré par le mentor états-unien d’une intégration rapide de l’Union européenne, préalable obligé à la constitution d’un bloc occidental soudé.

Un plan européen qui répond à une crise de confiance, de solvabilité (largement artificielle au départ, mais devenue contagieuse et faisant boule de neige), par la recapitalisation des États comme s’il s’agissait d’une simple crise de liquidités. Un plan européen de 750 milliards d’euros supérieur au plan Paulson d’un montant de 700 milliards de dollars destiné, après la débâcle des établissements financiers américains de septembre 2008, à les renflouer sur fonds publics. Une solution dont on voit les effets à présent en ce que la recapitalisation du secteur privé financier a eu pour conséquence aberrante d’accroître lourdement la dette des États des deux côtés de l’Atlantique.

Ainsi, la crise financière née aux États-unis, après avoir déclenché la récession c’est-à-dire désamorcé la pompe économique, a depuis, par voie de conséquence, tari les ressources fiscales des États rendant plus difficile encore le service d’une dette de plus en plus considérable. Or l’Union européenne vient d’ajouter de la dette à la dette avec ces quelque 750 milliards d’euros qui vont grever plus encore ses budgets nationaux (le taux moyen d’endettement de la zone euro étant actuellement de 78 %), ceci en vue d’hypothétiquement « rétablir la confiance des marchés »…

Pour ce faire l’UE vient — volontairement — de se placer sous la coupe du Fonds monétaire international qui va lui consentir des prêts à hauteur de 250 milliards d’euros. FMI qui avait jusqu’à présent plutôt vocation à soutenir les économies chancelantes du Tiers-Monde à grands coups de matraque assénés au moyen de ses plans dits d’ajustement structurel. C’est donc une entité supranationale à vocation « mondialiste » qui va en quelque sorte chapeauter, voire superviser plus ou moins directement les structures de gouvernance économique dont l’UE va assurément se doter si la zone euro ne se disloque pas spontanément entre temps.

Des structures intégratives réclamées à cor et à cri par Paul Volcker, directeur à la Maison-Blanche du Conseil pour la reprise économique (aux Etats-Unis), qui depuis Londres tance vertement les dirigeants européens exigeant la relance de l’euro dont Etats-uniens et Britanniques ont un besoin essentiel pour maintenir leur économie à flot.

Notons au passage que c’est vraisemblablement la mort dans l’âme que la chancelière allemande s’est résignée à souscrire à ce plan pharamineux de soutien aux pays défaillants de la zone euro alors que son homologue français — d’après une rumeur persistante — la menaçait de revenir au Franc si elle n’obtempérait pas. Mais s’il est vrai que « la fourmi n’est pas prêteuse », le retour au Deutsch Mark équivaudrait à signer l’arrêt de mort de l’économie allemande dont la monnaie trop forte ne lui permettrait plus alors d’exporter sa production industrielle, fondement de son économie. Un levier de chantage suffisant pour obliger Berlin d’accepter volens nolens, contrainte et forcée, de passer sous les fourches caudines dressées par l’administration Obama.

Oukases états-uniennes qui conduisent à un piège grand ouvert : les capitaux empruntés sur le marché ou prêtés par le FMI pour le sauvetage des « PIIGS » [1] menacés de cessation de paiement, doivent s’appuyer sur des structures garantissant la solvabilité à terme de l’euro ! Monnaie dont la solidité ne pourra être assurée que par ces institutions fédérales dont Jacques Attali se fait l’inlassable promoteur dans nos médias en réclamant « la création d’une Agence européenne du Trésor, immédiatement autorisée à emprunter au nom de l’Union, et d’un Fond budgétaire européen, immédiatement mandaté pour contrôler les dépenses budgétaires des pays dont la dette dépasse les 80 % du PIB ».

Il s’agit en fin de compte, ni plus ni moins, d’imposer la mise sous tutelle économique des États sous couvert de sauver la zone euro condamnée — paraît-il — à une inéluctable faillite… puisque l’abandon de la monnaie unique est un tabou intransgressible auquel nul ne songe apparemment à toucher.

Certains projets vont plus loin qui prévoient déjà que les budgets des Etats de la zone euro soient entièrement contrôlés et décidés par un triumvirat composé de la Commission de Bruxelles, de la Banque Centrale Européenne et de l’Eurogroupe. À ce stade quid de la volonté populaire et du Parlement de Strasbourg ?

Or nul ne se soucie de dénoncer le sophisme ou le paralogisme que constitue cette mise en équation de l’intégration économique et du retour à la confiance des marchés. D’abord pourquoi les marchés imposeraient-il leurs lois, eux et eux seuls ? En outre, ne serait-il pas temps de remettre en question le capitalisme actionnarial, anonyme et versatile, capable de ruiner les nations selon son bon plaisir ou ses calculs ?

La gouvernance économique européenne n’est à ce titre pas plus la panacée que l’inondation de liquidités n’est la solution à la crise actuelle. Le surendettement induit par le « plan » est à n’en pas douter une fausse solution imposée de l’extérieur avec pour finalité de nous enchaîner toujours davantage, nous autres Européens, aux marchés des capitaux et à leur dictature indicible.

L’idée de la gouvernance économique procède de la même démarche car elle est à proprement parler un non-sens en ce qu’elle ignore tous les différentiels sociétaux intervenant à tous les étages de la construction européenne : types ou modèles de croissance, régimes fiscaux et sociaux, et cætera. Une « idée » qui n’en est pas une, et parce qu’elle est de nature foncièrement idéologique… un projet derrière lequel se tiennent en embuscade nombre d’arrière-pensées tout à fait étrangères à la prospérité économique et au bien-être des peuples de l’Union.

D’aucuns ont bien vu que la crise n’était que le moyen et le prétexte de précipiter l’instauration d’un système fédéral dur pour les Vingt-sept en dépit et au mépris des volontés populaires auxquelles le Traité de Lisbonne a été imposé de la plus sournoise façon. Une crise qui est et demeure — gardons ce fait capital présent à l’esprit — artificielle, fabriquée, en un mot le contraire d’une « fatalité » inhérente à ce qui serait une vie autonome et désincarnée des marchés dirigés par une « main invisible ». Un processus réputé « machinal » mais qui pour être anonyme n’est pourtant pas moins constitué de la chair et des os de ces grands manieurs d’argent et autres donneurs d’ordre qui font la pluie et le beau temps sur les Bourses.

C’est pour cette raison que les Etats-Unis parlent un double langage par le truchement d’une double voix. Celle des « marchés » et celle de son président qui intervient pour tancer les Européens et les presser impérativement de stabiliser leur monnaie, autrement dit les politiques économiques européennes indissociables de la santé, bonne ou mauvaise, de leur monnaie. Cependant n’allez pas imaginer un seul instant que cela ressemble de près ou de loin à de l’ingérence dans les affaires de l’Europe continentale. Représentez-vous Mme Merkel et M. Sarkozy enjoignant la Maison-Blanche de faire le ménage à Manhattan ?

L’autre voix appartient à ceux qui font la pluie et le beau temps sur les marchés… bref, les donneurs d’ordre anonymes, inidentifiables pour les gouvernements eux-mêmes comme l’a piteusement avoué le ministre français des Finances, Mme Lagarde. Ceux qui jouent au yoyo avec les Bourses comme le chat joue avec la souris, anticipant les baisses et les hausses qu’ils suscitent de toutes pièces.

Ces oligarques se recrutent en premier lieu parmi les représentants de la haute finance, des complexes militaro-industriels, des méga groupes du pétrole et la chimie ou du génie génétique, mais également parmi les idéologues et théoriciens attachés à la légitimation du « système », les nouveaux clercs (prêtres) de la religion du profit comme nouveau monothéisme, celui du marché. Or ces gens-là ont un tout autre discours en acte.

Car comment expliquer l’évidente contradiction existant entre les inquiétudes exprimées par le président Obama — légitimes au demeurant, car les É-U ont besoin d’un euro fort pénalisant les exportations européennes, mais avantageant de cette manière les industries américaines ; un bonus utile au regard de déficits abyssaux (1400 milliards de dollars) et surtout nécessaire pour soutenir l’effort des guerres en cours, Irak, Afghanistan et Pakistan — et la poursuite de la déstabilisation en profondeur des économies occidentales par des attaques réitérées des marchés contre l’euro ?

Aussi voraces, inconséquents voire irrationnels soient-ils, les « opérateurs » sont conscients que la poursuite de l’offensive contre l’euro met en péril le système dans son ensemble et risque de précipiter l’économie mondiale dans une nouvelle phase de chaos. Alors pourquoi cette danse au bord de l’abîme ? Nul ne nous fera croire à cette billevesée selon laquelle les marchés vivent de leur vie propre, qu’ils sont incontrôlables et que tout cela ne serait dû qu’à un emballement de la machine économique… Bref, que tout cela serait « la faute à personne » , mais la simple conséquence d’une impossibilité à gérer les acteurs et les dérapages irrationnels des marchés ?

Alors disons-le tout net, le risque d’effondrement systémique est au cœur même de la partie qui se joue actuellement. Les grands joueurs, froids calculateurs, sont des adeptes manifestes de la « théorie des jeux » (de Neumann et Morgenstern), construction probabiliste à la base de ce qui fut la doctrine de la dissuasion nucléaire… Celui qui gagne est celui qui va le plus loin dans la surenchère létale. Un cas de figure qui correspond trait pour tait à ce que nous vivons actuellement : une déstabilisation croissante des économies européennes, avec des incidences non négligeables outre-Atlantique.

Ajoutons que le chaos financier, monétaire et économique, des deux côtés de l’Atlantique est une indéniable aubaine, pour ceux, répétons-le, qui prospèrent dans le ressac des cours de Bourse, provoquant et anticipant les mouvements de panique et d’euphorie pour jouer indifféremment les courants ascendants et descendants sur des marchés rendus hystériquement erratiques.

Au début du XXe siècle, l’économiste Werner Zombart théorisait pour sa part la « destruction créatrice » (reprise ensuite par Joseph Schumpeter). Depuis cette idée a fait son chemin via, entre autres, la théorie mathématique du Français René Thom (théorie dite des « catastrophes »). Revue et corrigée par Benoît Mandelbrot, celle-ci s’appliquera via la géométrie des fractales à la vie des marchés dès lors perçus comme relevant d’une théorie du chaos, décidément très à la mode.

Entre-temps l’économiste Friedrich Von Hayek, l’un des théoriciens du néolibéralisme, prétendit hisser l’économie libérale au statut de science exacte. Ainsi, selon son hagiographe Guy Sorman « le libéralisme converge avec les théories physiques, chimiques et biologiques les plus récentes, en particulier la science du chaos formalisée par Ilya Prigogine. Dans l’économie de marché comme dans la Nature, l’ordre naît du chaos : l’agencement spontané de millions de décisions et d’informations conduit non au désordre, mais à un ordre supérieur »… On ne saurait mieux dire, car a priori nous détenons là la clef d’interprétation de la crise.

À la fin des années 90, les néoconservateurs adeptes de Léo Strauss vont porter à son paroxysme logique le nouveau dogme du désordre supérieur en se faisant les chantres du chaos constreur comme légitimation a priori de toutes les guerres de conquête du XXIe siècle. De ce point de vue, chacun peut voir le chaos à l’œuvre dans le Greater Middle East comme il peut le voir à l’œuvre aujourd’hui en Europe.

Gageons que le nouvel ordre régional que les grands agenceurs de chaos entendent faire sortir de la crise actuelle, sera une Europe unifiée, centralisée et fédérative, placée sous la coupe directe des États-unis par le truchement de la Réserve fédérale américaine dont la Banque centrale européenne ne sera plus qu’une succursale, et sous le regard vigilant du FMI, représentant ou émanation d’un pouvoir mondial émergent, aussi déterritorialisé que tentaculaire.

On comprend assez vite que la déification du marché associée à l’idée d’un « chaos constructeur » lui-même complétée par un usage intensif de la théorie des jeux maniée par des adeptes de la démolition, constitue un mélange assez détonnant en passe de nous sauter au visage. Un constat s’impose ici : à savoir que le « chaos » (intentionnel) est à ce jour un mode de gouvernement, de transformation sociétale et de conquête sans coup férir. Une version dure du divide et impera (diviser pour régner) dussent les Nations périr et les peuples avec.

Car le jeu en vaut la chandelle si à l’arrivée l’Europe se trouve mise à genoux. La Grèce — certes l’un des ventres mous de la zone euro mais pas tellement plus que l’Italie, l’Espagne, l’Irlande, le Portugal — a été jusqu’ici une sorte d’électron libre contrariant une pleine intégration des Balkans dans le maillage géostratégique états-unien.

En guise de conclusion provisoire, si l’Union européenne, à l’occasion de la crise, avance à marche forcée vers une gouvernance économique fédérative, une étape sera franchie conduisant vers l’attribution d’un pouvoir quasi discrétionnaire à la Commission européenne pour l’essentiel composée de technocrates non élus et recrutés pour une allégeance atlantiste inoxydable. En clair, cela signifiera l’effacement des États-nations européens.

De facto plus rien ne s’opposera plus à l’intégration de l’Europe au sein d’un Bloc transatlantique. À terme la fusion de l’euro et du dollar scellera la réunion de l’Ancien monde et Nouveau monde. Il ne s’agit évidemment pas de pures spéculations mais d’une simple projection des tendances architectoniques visiblement à l’œuvre dans le cadre un d’un processus de redistribution ou de recomposition géopolitique, de la carte mondiale. Autant dire que si la zone euro n’éclate pas, le sort des peuples européens semble définitivement scellé, c’est-à-dire enchaîné pour le meilleur et pour le pire à la « Destinée manifeste » des Etats-Unis. Cela indépendamment d’une réforme du système économique mondial. Les financiers y laisseront peut-être également des plumes si la Communauté internationale s’entend pour brider leurs appétits en réglementant les marchés, il n’en reste pas moins que les promoteurs du chaos constructeur auront partie gagnée en créant les conditions de nouveaux embrasements.

Car le « pire », souvent évoqué en France par des hommes d’influence tels Bernard Kouchner et Jacques Attali, est ce qu’il y de moins improbable lorsque les gouvernements, le dos au mur, se voient réduits à la fuite en avant. Au Koweït en 1991, en Irak en 2003 parmi les buts de guerre à peine voilés se trouvaient en bonne place la relance du moteur économique par les chantiers prévus de reconstruction… Ceci pour ne pas mentionner d’autres intérêts plus évidents et plus immédiats tels les énergies fossiles, les ventes d’armes et tous les marchés qui en sont dérivés.

Quels que soient les accords sur l’enrichissement d’uranium à usage médical passés entre la Turquie et l’Iran, quels que soient les contrariétés diplomatiques que ces rapprochements entre alliés et ennemis des États-unis procurent au Département d’État, il suffit de relire le fabuliste Jean de La Fontaine pour savoir que la rhétorique du loup l’emporte toujours sur celle de l’agneau ! Attendons-nous, dans le contexte actuel d’extrême fragilité de l’économie mondiale, à une sortie de crise par la douloureuse porte du chaos constructeur.

Jean-Michel Vernochet : Ancien journaliste au Figaro Magazine et professeur à l’École supérieure de journalisme (ESJ-Paris). Dernier ouvrage paru : Europe, chronique d’une mort annoncée (Éditions de l’Infini, 2009).

[1] Jeu de mot des financiers anglo-saxons : l’acronyme de Portugal-Italy-Ireland-Greece-Spain (Portugal-Italie-Irlande-Grèce-Espagne), PIIGS se prononce comme « pigs » (les cochons).


:::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::

La crise européenne en 9 points
par F.Salenko  mercredi 12 mai 2010
http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/la-crise-europeenne-en-9-points-74824

Je vous propose un petit récapitulatif des derniers évènements de la crise européenne en essayant d’expliquer au mieux les termes économiques qui viennent compliquer l’explication.

Comment la situation d’un petit pays comme la Grèce arrive-t-elle à affoler la planète entière ?

Depuis que l’euro s’est formé, la proportion des échanges a beaucoup évolué ces dernières années. En Europe, on échange beaucoup et partout. De facto, beaucoup de pays ont contracté des dettes dans la monnaie européenne - qui bien que ne représentant pas un concurrent direct au dollar - s’est répandu sur tout le globe (Chine, États-Unis, Inde, Australie).

Par conséquent, quand un pays de la zone euro fait face à des difficultés économiques, les investisseurs prennent peur et réclament leurs dettes impayées dans leurs monnaies respectives (ce qui est le cas actuellement avec la Grèce). S’en sont suivi les effets de la loi du marché. La demande pour la monnaie européenne plonge tandis que l’offre augmente : les investisseurs étrangers souhaitent se débarrasser de ces contrats signés en euros pour utiliser à nouveau leurs argents à des fins moins risquées. Plus d’euros disponibles dit un euro moins cher.

Pourquoi la contagion ?

Dans cette crise un peu particulière, la contagion a deux facettes.

La première est économique. L’instabilité grecque qui trouble les marchés financiers peut compliquer les exportations et les importations des autres pays de la zone euro : si par exemple, il fallait environ 12 euros pour obtenir 20 dollars américains il y a un an, il en faut aujourd’hui presque 16 pour obtenir le même montant. Cette variation nuit notamment aux importations qui représentent des masses colossales. Les matières premières pour lesquelles l’Europe n’est pas autosuffisante (pétrole, gaz, fer) sont les premières affectées.

L’autre aspect est psychologique, c’est une crise de confiance. Les investisseurs sont toujours à la recherche de la moindre information pour conduire leurs prévisions. L’échec de l’euro en Grèce est synonyme d’un échec européen critiqué ouvertement notamment par les prix Nobel J. Stiglitz ou P. Krugman. Par conséquent, les marchés se raidissent et voient au travers de l’Europe quelqu’un de peu fiable et à qui il n’est pas bon de prêter. Les agences de notations ont d’ailleurs qualifié les emprunts grecs de "pourris".

1re réponse, les 110 milliards de dollars.

L’Allemagne qui a d’abord voulu temporiser la crise, a demandé en priorité une réponse politique stable à Geórgios Papandréou pour stabiliser sa situation économique à l’échéance de son prêt.

En réponse le gouvernement grec a mis en place un plan que l’on pourrait qualifier de social pour son économie :

- La suppression du 13e et 14e mois pour tous les fonctionnaires.

- Gel des salaires pendant trois ans.

- Hausse de la TVA jusqu’à 23%

- La durée de cotisations retraites sera portée de 37 à 40 annuités en 2015.

L’Allemagne, qui au départ fustigeait le manque de clarification de la part du gouvernement grec sur les réformes qui allaient entre mises en place, a récemment qualifié par la voix d’Angela Merkel ce projet d’austérité comme ambitieux.

L’avenir de l’Europe politique.

C’est l’un des points clefs de la crise. Si les avis divergeaient quant à l’application de loi sur la réglementation économique des pays, incluant notamment des sanctions, aujourd’hui les pays sont unanimes pour définir des règles fédérales sur les dépenses des pays.

Le manque de régulation - qui d’ailleurs tend à se maintenir comme sujet d’actualité - renforcé par cette nouvelle crise sera débattu prochainement autour de la prochaine conférence européenne.

La régulation avec les accords de Bâle III

C’est également un rendez-vous à ne pas manquer. L’impact d’une économie relativement modeste comme la Grèce montre l’interdépendance des économies d’aujourd’hui. Si l’Union européenne (et le FMI dans une certaine mesure) a permis d’imposer une nouvelle vision de confiance à court terme aux marchés "stabilisant" de manière autonome sa crise, ce ne sera plus possible en cas de désunion européenne. Les différents pays, livrés à eux-mêmes, devront faire le dos rond pour maintenir leurs notes chez les agences de notation et ainsi obtenir des liquidités à bas prix.

Revenons à Bâle ; qui pose la question du rôle des banques (encore) dans cette crise. Finançant sans retenu les demandes d’emprunts sans prendre le temps d’assainir le risque de leurs investissements (faute reconnue par le gouvernement grec d’avoir caché une partie de son déficit), les gouvernements se retrouvent à renflouer ces organismes de crédits, les fameux "2B2F - too big to fail. » Leurs faillites entrainant celles des activités économiques que ces entreprises hébergeaient. Si demain la BNP faisait faillite, les épargnes deviendraient insolvables ou extrêmement difficiles à recouvrir.

Une Europe plus économique.

Des voix s’élèvent pour la création d’un "Bond" européen (financement dit "sans risque" exit la Grèce évidemment, que contractent les États. Le plus fiable étant le Bund Allemand qui lui autorise d’emprunter à 0.8% sur deux ans. Par comparaison, la Grèce est actuellement cotée à 15.3%, l’Angleterre à 1.2% et le Liban à 3.5%).

Ces emprunts gouvernementaux seraient prononcés par la seule voix européenne (même s’il a été décidé que ça ne s’appellera pas bond et que cela se fera par la BCE) où les investisseurs ne pourraient plus faire la différence entre une émission grecque ou allemande. Les pays auraient alors plus d’initiatives pour résoudre leurs déficits économiques.

Pourquoi l’Allemagne a dit oui ?

Il ne restait plus qu’à convaincre l’Allemagne de perdre en crédibilité (en acceptant que l’emprunt européen existe) malgré tous ses efforts pour maintenir son économie pérenne.

En effet, sujet tabou depuis la création de l’euro, le bond européen permettrait d’endiguer le risque de contagion en évitant de couper la machine à crédit, mais parallèlement mettant en jeu la solvabilité allemande puisqu’on ne pourra plus dire à qui est destiné l’argent contracté par la BCE.

Un moindre mal face à ce qu’elle aurait dû prévoir. N’oubliant pas que si l’Allemagne se porte bien grâce à ses exportations, nous représentons en Europe ses principaux clients ! La faillite d’un pays aurait donc un très lourd impact sur son économie (Automobile Volkswagen, pharmaceutique Bayer)

D’où viennent ces 750 milliards d’euros ?

Principalement des marchés financiers qui comptent parmi ses acteurs ces mythiques Hedge Fund. Reste à savoir à combien ces montants vont se négocier (entre 1 et 2%) et pour combien de temps (un, deux ou dix ans). La BCE qui va donc maintenant racheter les dettes dites insolvables au secteur privé comme au public jouera dorénavant le gardien du temple de la monnaie européenne nous rapprochant un peu plus du système américain.

Pourquoi la situation a mis du temps à se stabiliser ?

Plusieurs réponses à cette question :

- La première vient du peuple grec qui acceptera ou n’acceptera pas ce plan d’austérité. En cas de soulèvement ou de révolution, la Grèce n’aura d’autre choix que de se déclarer en défaut de paiement et ainsi quitter la zone euro pour dévaluer sa monnaie et renouer avec la compétitivité. (Si le prix ses marchandises est coté moindre, tout le monde investira à nouveau en Grèce faisant repartir la machine à capitaux.) Parallèlement, cette action entrainera la ruine de ses investisseurs que nous sommes d’ailleurs aujourd’hui.

- Deuxième raison, les PIIGS (Portugal, Irland, Italia, Greece and Spain). Le Portugal, par exemple, qui ne souffre pas des 13% des déficits de la Grèce est pourtant dans la ligne de mire des marchés qui s’inquiètent de sa potentielle instabilité. Ajouter à cela que l’Irlande, l’Espagne et l’Italie sont dans des situations similaires. Pour finir, on pourrait ajouter que l’économie des pays dits forts (comme la France) ne font pas face à une forte croissance ces derniers mois. Ainsi, peu d’arguments penchent dans la balance de la crédibilité économique européenne, aux yeux des marchés tout du moins.

- Et enfin, les attaques spéculatives. Quand on veut on peut : La vente massive d’actifs cotés en euro qui continue de s’effectuer alors même qu’on vient de donner tort aux agences de notations qui considéraient la Grèce comme insolvable prouvent que les marchés refusent de croire à un regain.

Qui plus est, après le feu vert donné par l’Union européenne pour permettre à la Grèce de se maintenir, une rumeur circula sur l’Espagne annonçant son intention d’emprunter à son tour 295 milliards d’euros faisant chuter les indices boursiers européens à plus de 5 points.

Loin de vouloir alimenter le débat conspirationniste financier anti-euro, l’idée qu’il existe des investisseurs qui font un pari extrêmement fort sur sa chute prochaine n’est plus un secret pour personne.

Post-scriptum. Toutes les informations de cet article proviennent en grande partie des echos.fr. Je vous invite à les rechercher au travers de leur site internet.

:::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::

"L'euro est en danger" (Merkel)
19.05.2010 | 10:58    
http://www.challenges.fr/actualites/europe/20100519.CHA4093/leuro_est_en_danger_merkel.html

La chancelière allemande veut que l'Europe adopte une "nouvelle culture de stabilité" et veut proposer un examen des programmes de stabilité par la BCE ou un institut indépendant.

La chancelière allemande Angela Merkel veut que ses partenaires européens prennent modèle sur son pays en adoptant "une nouvelle culture de stabilité", mettant en garde contre "les conséquences incalculables" pour l'Europe et au-delà de l'indiscipline budgétaire.

"L'euro est en danger", a déclaré mercredi 19 mai la chancelière, qui défendait devant les députés du Bundestag, chambre basse du Parlement, le projet de loi sur la participation de l'Allemagne au vaste plan européen de plusieurs centaines de milliards d'euros de soutien à la zone euro.

Le niveau de la dette de plusieurs membres de la zone euro refroidit les marchés, et fragilise la monnaie unique.
"Si nous ne parons pas ce danger, les conséquences pour l'Europe sont incalculables et les conséquences au-delà de l'Europe sont incalculables", a ajouté Mme Merkel, "et les conséquences politiques ne sont même pas imaginables".

Un test existentiel pour l'Europe

"La crise à laquelle l'euro est confrontée actuellement est le test le plus important pour l'Europe depuis des décennies, en fait depuis la signature du Traité de Rome en 1957", a encore lancé la chancelière. "C'est un test existentiel. Si l'euro échoue, l'Europe échoue".

L'Allemagne a introduit dans sa Constitution un plafond d'endettement, une mesure que Berlin aimerait voir étendue à ses partenaires européens.

Parmi les autres propositions allemandes, qui seront présentées vendredi à Bruxelles par le ministre des Finances Wolfgang Schäuble à ses homologues, Angela Merkel a cité un blocage de l'accès aux fonds structurels européens pour les mauvais élèves en matière budgétaire, un retrait des droits de vote dans les instances européennes, l'élaboration d'une procédure de mise en faillite ordonnée des Etats membres.

L'Allemagne va en outre s'engager pour une taxation des activités financières dans le cadre du G20, a-t-elle répété, sans en préciser la forme.

"Il ne s'agit plus de détails techniques", mais de corriger "les excès du marché", selon la chancelière, et d'introduire "une portion d'équité" dans cette sphère.

Les députés commençait ce mercredi l'examen de ce texte. Son adoption, vraisemblablement en fin de semaine, ne faisait aucun doute, la coalition dirigée par Angela Merkel détenant la majorité.

:::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::

Geopolintel interroge Pierre Charasse au sujet de la crise européenne
Jean-Michel Vernochet   Mardi 25 Mai 2010
http://www.alterinfo.net/Geopolintel-interroge-Pierre-Charasse-au-sujet-de-la-crise-europeenne_a46511.html


Que dire aujourd’hui de la crise ? La fin de semaine dernière, les 8 et 9 mai, alors que les Européens négociaient un plan de sauvetage des pays en difficulté – Grèce, Italie, Espagne, Portugal, Irlande - les consultations téléphoniques se sont multipliées entre le président américain Barak Obama et ses homologues allemand et français, Mme Angela Merkel et M. Nicolas Sarkozy. De votre point de vue, cette concertation est-elle purement formelle ou va-t-elle plus loin que de simples échanges de vues ? Dans ce dernier cas peut-on parler d’ingérence de la part des Etats-Unis dans les Affaires européennes ?

Pierre Charasse : Il faut resituer cette crise dans le cours des événements de ces 20 dernières années et dans une perspective géopolitique à moyen et long terme. La crise grecque et ses derniers développements ont confirmé, si c’était nécessaire, que l’Europe politique n’existe plus. L’Europe a projeté l’image de sa désunion et a révélé sa faiblesse au reste du monde. La monnaie européenne aurait dû être l’expression la plus forte d’une union politique achevée. Phénomène incroyable, on a instauré l’Euro sans créer un gouvernement économique. Entre les présidents de la BCE, de l’Eurogroupe, de la Commission, du Conseil, la présidence semestrielle (Espagne) et les “poids lourds Européens” Sarkozy, Merkel, c’est une belle cacophonie !
Il est ahurissant que les gouvernements de la zone euro se soient interdits de contrôler leur monnaie ! Aucun pays au monde, même le plus libéral, n’applique avec autant de zèle le dogme ultra-libéral du “laisser-faire”. La BCE ne répond à personne, les gouvernements sont impuissants, mais apparemment satisfaits de l’être, car aucun ne propose de remettre la BCE et l’euro sous contrôle ! La nature ayant horreur du vide, à partir du moment où l’on demande au FMI de participer au plan d’aide à la Grèce, on place l’Europe sous la coupe des Etats-Unis, puisque aucune décision du FMI ne peut se prendre sans l’accord des américains. La réforme des droits de vote au FMI annoncée au G20 va réduire le poids des européens, mais les Etats-Unis conservent intacte leur minorité de blocage (16% des votes).

Donc, la concertation entre les présidents Obama, Sarkozy, et la chancelière Angela Merkel s’inscrit tout à fait dans le cadre d’un transfert du pouvoir de décision aux Etats-Unis puisque les Européens ne peuvent plus rien faire sans l’accord de Washington. C’est pourquoi le Président Obama se sent tout à fait autorisé à prescrire aux pays en crise les conditionnalités de l’aide : réduire les dépenses publiques, diminuer les retraites, les salaires des fonctionnaires etc. Lui, au moins exerce sans états d’âme le pouvoir que lui donne l’architecture financière mondiale. Et nos gouvernements se disent soulagés que les Etats-Unis, enfin, les « prennent en charge » ! C’est sans doute ce qu’ils entendent par « gouvernance mondiale ».
N’est-il pas d’une certaine façon “humiliant” que le FMI vienne au secours de l’UE ? Son intervention ne procède-t-elle pas de ce qu’il convient aujourd’hui d’appeler “un embryon” de gouvernance mondiale, le FMI supervisant en quelque sorte les politiques des Etats, mais également, en bloc, celle d’ “Organisations régionales” émergentes ? Autrement dit le FMI semble avoir désormais élargi sa sphère de compétences laquelle ne couvre plus seulement le monde en développement mais englobe à présent les pays postindustriels du Nord ? Organisation régionale désignant ici l’UE en ce qu’elle n’est encore qu’un conglomérat d’États nationaux sans expression identifiable d’une quelconque souveraineté collective !

PC : La situation serait humiliante pour l’Europe si ses gouvernants avaient encore deux doigts d’amour propre. Mais ce n’est pas le cas. Depuis quelques années et particulièrement avec le Traité de Lisbonne, le pouvoir politique européen, dans les différents pays, a choisi de se placer dans le sillage ou sous la coupe des Etats-Unis. Les gouvernants pensent qu’ils sont « mandatés » pour suivre cette ligne, qu’ils ont été élus sur ce programme, le seul possible, et c’est pourquoi ils n’ont pas le sentiment de trahir les intérêts européens. D’une part ils sont convaincus qu’ils incarnent le désir conscient ou inconscient des européens de se sentir de plus en plus américains.
D’autre part, ils pensent que « soudés » aux Etats-Unis ils seront plus forts pour faire face à la montée en puissance des pays émergents non-européens ou aux éventuelles « menaces » réelles ou supposées contre l’ordre occidental du monde. Dans ces conditions, on ne peut même pas définir l’UE comme une organisation régionale. C’est un espace politique, économique, financier et militaire européen subsidiaire du territoire nord-américain. Paradoxalement, avec la crise de l’euro cet ensemble transatlantique achève de se structurer au moment où les Etats-Unis s’enfoncent dans une crise profonde et où leur leadership mondial est contesté. Avec le traité de Lisbonne on a confié à l’OTAN la défense de l’Europe, maintenant c’est la monnaie qui passe sous contrôle américain : défense et monnaie sont les deux attributs fondamentaux de l’indépendance auxquels l’Europe a renoncé. La politique américano-britannique a finalement atteint son objectif de torpiller le projet d’une Europe politiquement et économiquement forte et indépendante.

Quelles conséquences voyez-vous à la crise ? D’abord pour l’Euro, puis pour l’avenir proche de l’Europe elle-même ?

PC : Avec une Europe contrôlée par les Etats-Unis il me paraît logique que l’Euro tende progressivement vers la parité avec le dollar, c’est à dire que l’on s’achemine vers une dollarisation de la zone euro. Dans la logique économique et financière dominante, ceci conviendrait à la fois à l’Europe car elle retrouverait la compétitivité qu’elle a perdue avec un euro fort et aux Etats-Unis qui parachèveraient ainsi leur main mise sur l’Europe. Le poids de l’Europe dans le commerce mondial diminue rapidement, et face à l’irruption de nouveaux acteurs commerciaux comme la Chine, l’euro ne pourra pas conserver sa place de grande monnaie d’échange à côté du dollar. Il faut aussi se souvenir qu’avec l’élargissement à l’Est de l’UE dans les années 90, les nouveaux venus se sont ouvertement prononcés pour la dollarisation de l’Europe. Leur aspiration profonde est d’appartenir à la zone dollar, ce qui « verrouillerait » le dispositif de sécurité au sens large que leur donne leur appartenance à l’OTAN : ils souhaitent un double parapluie américain, la défense et la monnaie. Pour eux l’euro c’est bien, mais le dollar c’est mieux ! Et peu importe si l’économie américaine est en ruine. Ce sont des restes des traumatismes de la guerre froide et de leur perception de la « menace » que constitue toujours pour eux la Russie.

Le plan de « sauvetage » euro-américain fera d’une pierre deux coups :

- d’une part il permettra de consolider le leadership américain face aux BRIC et en particulier à la Chine, qui est la véritable obsession des américains. L’Europe comme centre de pouvoir mondial pouvant faire contrepoids aux Etats-Unis dans la « famille » occidentale » est rayée de la carte. La consigne est donc de faire bloc derrière le leader naturel du monde occidental, c’est ce qu’Obama a demandé à ses alliés européens dès son élection, pour tenter d’enrayer une perte inexorable d’influence dans le monde. Mais de la part des européens c’est une politique à courte vue, une fuite en avant, qui nie la réalité des nouveaux rapports de force qui se mettent en place dans le monde.

- D’autre part, il donnera le coup de grâce à ce qui reste du modèle social européen en généralisant le tatcherisme à tout le continent. Pourtant il n’y avait aucune fatalité dans cette évolution de l’Europe, elle a été délibérément décidée. Au risque de paraître nostalgique et ringard, je pense que l’Europe aurait dû et pouvait suivre un autre chemin que celui de sa dissolution/désintégration dans le bloc occidental. Mais y-a-t-il aujourd’hui une majorité d’européens pour partager cette aspiration ? Les élections qui ont lieu dans les différents pays n’indiquent pas que les européens demandent un changement de cap. Malgré les mouvements sociaux qui commencent à se manifester, les gouvernements n’auront pas d’autre choix que de se plier aux injonctions du FMI et du marché. Les « socialistes » au pouvoir ou dans l’opposition acceptent comme inévitable le traitement de choc imposé par leur ami Dominique Strauss-Khan…

Pouvez-vous formuler un commentaire sur la gestion de la crise, les solutions retenues et surtout sur la place attribuable à chacune des têtes de file de l’Union, Allemagne, France et Royaume-Uni, ce dernier pays s’étant distingué par sa capacité à se défausser de toute responsabilité ?

PC : Je suis frappé par l’influence qu’exerce, pas toujours discrètement, et souvent avec cynisme, la Grande-Bretagne. Elle ne fait pas partie de la zone euro, mais son poids dans toutes les discussions financières est énorme. En général toutes ses décisions s’inscrivent dans la continuité de sa politique atlantiste. Elle a su habilement tirer profit de son appartenance à l’UE tout en gardant les mains libres. Son déficit public est colossal, mais elle invente l’expression péjorative des « PIGS » pour désigner les parias de l’Europe (en majorité méditerranéens). Elle ne participe pas au sauvetage de la Grèce, et bloque toute tentative de réguler les fonds spéculatifs situés dans leur grande majorité à la City de Londres. Très fort ! L’Allemagne est aussi très proche des Etats-Unis mais défend des intérêts qui lui sont propres. Quand au Président Sarkozy, sa crédibilité est très faible. Tout en prétendant peser sur les grands débats mondiaux et « refonder le capitalisme », il accepte en réalité que tout continue comme avant. La réforme du système financier international est en panne, ses grandes déclarations contre les spéculateurs ou les excès du marché ne sont suivis d’aucun effet. Au-delà de nos frontières, son discours n’est pas pris au sérieux et ses gesticulations paraissent bien dérisoires.

 1
Entretien mené par Jean-Michel Vernochet pour Geopolintel
Notes
(1) Ancien ambassadeur de France, Pierre Charasse a passé l’ensemble de sa carrière au Ministère des Affaires Etrangères de 1972 à 2009. Il a occupé différents postes dans les ambassades de France à Moscou, au Guatemala, à La Havane et à Mexico. Il a été conseiller technique au cabinet de Claude Cheysson, Ministre des relations extérieures, et de Pierre Joxe, ministre de l’Intérieur de 1984 à 86. Il a été également Consul Général à Naples et Barcelone, ambassadeur en Uruguay, au Pakistan et au Pérou et ambassadeur itinérant chargé de la coopération internationale contre la criminalité organisée et la corruption de 2000 à 2003 ; et, chef de la délégation française à la Conférence des Nations Unies sur le commerce illicite des armes légères et de petit calibre (New-York, 2000-2001) ; Secrétaire général de la Conférence ministérielle « les routes de la drogue de l’Asie Centrale à l’Europe »(avril 2003) et Ministre Plénipotentiaire à partir de 1998. Il est en retraite depuis août 2009.

:::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::

Crise financière en Grèce : Faut-il sauver le soldat grec et risquer de perdre l’euro ?

Le 18 mai 2010 - Pr Chems Eddine Chitour : École Polytechnique enp-edu.dz
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=19217


«Il faut prendre l’argent où il se trouve, c’est-à-dire chez les pauvres. Bon, d’accord, ils n’ont pas beaucoup d’argent mais il y a beaucoup de pauvres.» Alphonse Allais

     Cette boutade du grand humoriste est malheureusement vraie et ce sont en fait et toujours les petits, les sans-grade qui paient la facture des errances des grands. Le prix Nobel Joseph Stiglitz parlant de la crise financière de 2008-2009 dit que les banques ont réussi à mutualiser leur pertes avec les contribuables mais qu’ils privatisent leurs bénéfices au profit des actionnaires. Maurice Allais, Prix Nobel de sciences économiques 1988, a bien raison d’écrire alors que «par essence, la création monétaire ex nihilo que pratiquent les banques est semblable, je n’hésite pas à le dire, pour que les gens comprennent bien ce qui est en jeu ici, à la fabrication de monnaie par des faux-monnayeurs, si justement réprimée par la loi».

      On dit que 850 milliardaires sont plus riches que l’Afrique avec ces 850 millions. Qu’un Luxembourgeois (50.000 dollars par an de PIB) gagne en trois jours ce que gagne un Africain du Sahel en une année! C’est cela la libre entreprise et la mondialisation -laminoir. L’Europe est dans la tourmente; elle pensait avoir vaincu la crise déclenchée par la quasi-faillite dont la dette décuplait de semaine en semaine. Il y a un mois, elle était autour de 20 milliards d’euros puis 120 milliards. On découvre maintenant qu’elle serait autour de 350 milliards en attendant le pire si on s’installe du côté des «Grecs d’en bas», eux qui passeront à la caisse et ressentiront dans leur chair cette faillite dont ils ne sont pas responsables. Maintenant, si on s’installait du côté des Traders des banques des requins de la Bourse tout est bénef et, dit-on, c’est de bonne guerre.

«Qui s’engrèce sur le dos du peuple grec?» est le titre d’une publication avec un jeu de mots amusant si ce n’était pas tragique pour les Grecs. Lisons cette contribution:

«Le programme dit de "rétablissement des comptes" exigé par l’Union européenne et le FMI se résume en un superplan d’austérité, une "première" pour les pays de la zone euro, un chantage contre le peuple grec, des mesures considérées par la plupart des commentateurs en France comme un "mal à surmonter", comme s’ils nous préparaient à subir le même sort. Qui va souffrir (...) sinon les plus pauvres? Avez-vous remarqué que dans les mesures annoncées par le gouvernement grec, aucune ne concerne directement les grandes fortunes? Or, ces prédateurs sont à l’origine des difficultés de la Grèce. Ils volent au fisc chaque année 20 milliards d’euros. Le New York Times en faisait récemment la caricature en signalant que 324 résidents d’Athènes avaient déclaré avoir une piscine alors qu’un survol aérien fixait le chiffre à 16.974. Il y a plus grave. Le Telegraph annonçait que depuis le mois de janvier dernier, d’importants mouvements de fonds étaient enregistrés depuis les banques grecques vers des banques internationales telles Hsbc ou encore la Société Générale. Plusieurs milliards d’euros de nouvelles liquidités ont pris le chemin de ces banques internationales, les transferts à 5 milliards d’euros au mois de janvier, 3 en février. Au mois de mars, les transferts ont frisé, selon d’autres sources, les 6 milliards d’euros. La Suisse, la Grande-Bretagne et Chypre sont les principales destinations de ces fonds. Comment expliquer le silence entretenu sur ces mouvements de fonds? Les grandes fortunes grecques planquent leur fric et n’ont pas d’inquiétude quant à leur sort. Les pauvres paieront la note.»(1)

    Essayons de comprendre le mécanisme des opérations en Bourse. On sait en règle générale que les traders surveillent les affaires qui paraissent sans risque surtout si la victime visée est sans défense. Pour Jim Rickards: « Goldman Sachs peut créer des CDS 10 fois plus vite que l’Europe peut créer de la monnaie». Définissons rapidement sans être spécialiste et habitué de ce langage ésotérique des banques, nous empruntons l’explication suivante:

 « Les crédits default swaps (CDS) sont l’instrument permettant de spéculer contre le risque de défaut d’un Etat. (...) Un CDS s’apparente à une assurance qui permet de transférer le risque de défaut à un autre opérateur. Selon la définition du Que Sais-je, "Les 100 mots des produits dérivés". Le premier CDS aurait été proposé en 1995 par la banque JP Morgan. Jim Rickards démontre en effet que toute tentative par l’Europe de se sortir d’affaire en imprimant de la monnaie est condamnée par avance. Regardez ce que Soros a fait à la Banque d’Angleterre en 1992. Il s’est attaqué à la livre sterling. La Banque d’Angleterre avait un nombre limité de dollars. Soros vendait de la livre sterling et achetait du dollar, et la Banque d’Angleterre achetait des livres sterling et vendait du dollar pour défendre la parité livre / dollar. Tout ce que Georges Soros avait à faire pour gagner était de vendre plus de livres que la Banque d’Angleterre n’en avait. La différence est qu’à l’époque il avait besoin de vrais dollars pour ce faire. Aujourd’hui, pour briser une banque centrale, vous n’avez pas besoin d’argent mais seulement de vendre de l’euro synthétique à découvert ou des CDS. La BCE vient de lancer un plan de renflouement d’un trillion de dollars. Goldman Sachs peut créer et vendre facilement 10 trillions de dollars d’euros synthétiques. Et donc Goldman Sachs domine de très loin tout ce que les gouvernements peuvent faire. Pour simplifier, Goldman Sachs peut créer et vendre des euros plus vite que la BCE ne peut créer de l’argent. » (2)

L’exemple indien

   En fait, on constate que les investisseurs doutent de plus en plus des capacités de croissance de certains pays de l’Europe, alors que des politiques de rigueur budgétaire se mettent en place, qui vont réduire les capacités de consommer. Ces craintes incitent les investisseurs à se porter sur des valeurs refuges comme l’or. Ce dernier reste d’ailleurs, proche de son plus haut historique à 1248,15 dollars l’once. Justement, à propos de l’or monnaie refuge, s’il en est, ne fait que grimper. Depuis moins de deux ans l’once d’or a augmenté de 70%. Il y a moins de 11 ans, l’once était à 253 $, elle a été multipliée par cinq pour atteindre 1250 $, soit 40 $ le gramme, le louis de 10frs était à 50 euros en 1999, il est maintenant à 188 euros. C’est dire à titre d’exemple si l’Algérie avait pu prendre exemple sur l’Inde qui a acheté fin octobre 2009 pour 200 tonnes de dollars d’or au FMI, au prix de 820 $ l’once, soit pour un total de 6,7 milliards de dollars, en moins d’un an et demi elle a dégagé une plus-value de 2,2 milliards de dollars. Si elle avait placé cet argent dans les bons du Trésor à 2%, elle aurait gagné en un an et demi, 200 millions de dollars! Dix fois moins. Cherchez l’erreur en comparant avec nos réserves de change qui dorment dans les banques américaines. Nos gouvernants doivent savoir que depuis un an, le FMI veut mettre en vente 1//3 de ces 3217 tonnes d’or, soit 1070 tonnes...Imaginons que nous achetons cet or.

      Que fait l’Europe pour porter secours à la Grèce après avoir laissé l’Irlande se faire laminer? Il y a plus de deux mois pendant que la situation n’était pas aussi catastrophique, Angela Merkel a pris la tête d’une croisade contre la Grèce disant que le contribuable allemand n’allait pas payer pour les Grecs qui sont insolvables; il y eut même du chantage; Daniel Cohn- Bendit accuse le gouvernement français d’avoir forcé les Grecs à acheter du matériel militaire contre un appui de Paris. Deux mois après, c’est la débâcle et la théorie des dominos se met en marche. Non seulement le déficit de la Grèce devient abyssal, mais d’autres pays sont montrés du doigt par les agences de notation comme Moodys et prêts à être donnés en pâture aux requins des Bourses.  Pour Philippe Vassé:

« La crise de l’euro, reconnue par tous dorénavant comme une expression aiguë de la crise mondiale en cours, est passée à un niveau supérieur. C’est un fait admis très largement maintenant. Après l’échec du fameux plan de soutien à la Grèce, voilà que les politiques européens, paniqués et déboussolés, mais appuyés par le FMI (Fonds monétaire international), ont présenté un deuxième plan, censé sauver toute la zone euro du désastre, le tout avec un montant maximum utilisable de.....750 milliards d’euros! (...) Si la situation ne menait pas à la catastrophe des centaines de millions de citoyens en Europe, et derrière, dans le monde, on pourrait rire de la réaction de ces politiques à l’appréciation première des spéculateurs de leur plan: les politiques sont étonnés que les marchés tout d’abord la capitulation sans condition des Etats, via les dirigeants politiques, devant leurs souhaits!!! (...) Ce ne sont plus les producteurs de richesses matérielles, capables de nourrir, loger, améliorer l’existence des 6,5 milliards d’habitants de la Terre, ce sont la spéculation à travers ses banques et leurs "produits financiers". La spéculation et ses "produits financiers" vampirisent toute l’économie réelle, et aussi maintenant les ressources publiques des Etats, ce qui conduit inévitablement à la spoliation sociale et économique des peuples, par le chômage, la misère, la baisse du niveau de vie, les reculs civilisationnels évidents, la dureté de l’existence du plus grand nombre.»(3)

Un cri du cœur celui de Mikis Theodorakis l’illustre compositeur de « Zorba le Grec » , il s’interroge su les forces du mal qui en veulent  à son pays. Ecoutons le :

«  Qui veut détruire la Grèce ? Les USA ?  Le compositeur et ancien ministre grec Míkis Theodorákis ne croit pas que son pays soit responsable du malheur financier qui l’accable. Il décèle derrière cette crise la main de Washington et dénonce le rôle du FMI. Avec le sens commun dont je dispose, je ne peux pas expliquer et encore moins justifier la vitesse à laquelle notre pays a dégringolé à partir de 2009, au point de faire appel au FMI, perdant ainsi une partie de sa souveraineté nationale et passant à un régime de tutelle.    J’entends parler d’une dette de 360 milliards, alors qu’en même temps je vois les mêmes dettes, voire de plus grandes, dans de nombreux autres pays. Par conséquent, celle-là ne peut pas être la cause essentielle du malheur. Ce qui me pose problème également, c’est l’exagération des coups internationaux dont notre pays est la cible, d’une telle coordination quasi-parfaite contre un pays d’une économie insignifiante, ce qui finit par être suspect. Ainsi suis-je conduit à la conclusion que quelques uns nous ont culpabilisé et nous ont fait peur, de manière à nous conduire au FMI, qui constitue un facteur essentiel dans la politique expansionniste des Etats-Unis et tout le reste concernant la solidarité européenne est de la poudre aux yeux.(…) »

 « Pour servir quels plans et quels objectifs ? (…) Je soupçonne que derrière tout ça se cache la politique états-unienne avec ses projets suspects, qui concernent notre espace géographique, l’existence de gisements sous-marins, le régime de Chypre, la mer Egée, nos voisins du nord et l’attitude arrogante de la Turquie, (…)  Il faudrait ainsi que nous soyons éliminés en tant que peuple et c’est ce qui arrive exactement aujourd’hui. (..) Je crois qu’il n’existe pas d’autre explication logique en dépit du complot international, auquel ont participé les européens pro-US du type Merkel, la Banque Européenne, la presse réactionnaire internationale, tous ensemble ont participé au ” grand coup ” de la dévalorisation d’un peuple libre à un peuple soumis. (…)  En tout cas, je voudrais préparer l’opinion publique et souligner que si mon analyse est juste, alors la crise économique (laquelle, comme je le dis, nous a été imposée) n’est que le premier verre amer d’un repas de Lucullus qui suivra et que cette fois-ci viendront aussi des questions nationales cruciales, dont je ne veux pas imaginer où elles nous conduiront.  Je souhaite avoir tort ».(4)  


Est-il aussi  trop tard pour l’euro ?

   Qu’on se représente déjà le chiffre, écrit John Lloyds: Le new deal de Roosevelt, c’était 50 milliards en dollars d’aujourd’hui, et le plan Marshall, 100 milliards d’aujourd’hui. Mais se rend-on compte que cette somme fabuleuse, 750 milliards, l’intervention la plus démentielle de tous les temps, et de loin, ne représente qu’à peine plus de 10% de la dette de la zone euro, qui est de 7000 milliards d’euros? Se rend-on compte aussi que sur cette somme, où l’intervention du FMI doit être considérée comme complémentaire de l’intervention européenne, plus de la moitié des 750 milliards, soit 440 milliards, doivent être considérés comme «mobilisables», c-a-d qu’ils n’existent pas encore? Et pourtant! Cette somme si folle fait si pâle figure! Pour Frederic Lordon: « Un plan de sauvetage de l’Espagne seule a été estimé par Natixis à un ordre de grandeur de 400-500 milliards d’euros, et l’on ne parle encore ni de l’Italie ni de l’Irlande» (...) Ce qu’on oublie allégrement de dire dans cette affaire, c’est que l’actuelle crise n’est pas une crise du déficit budgétaire de la Grèce, mais bel et bien une crise des banques européennes, et l’opération de sauvetage n’était pas destinée à la Grèce, mais aux banques européennes (...) C’est donc d’un nouveau hold-up dont il s’agit, au crédit de la spéculation et au débit de la dette publique, qui vient de s’opérer. (...) Il s’agit d’une permutation de créancier. Le contribuable européen se substitue aux banquiers qui récupèrent ainsi leur mise. C’est-à-dire le reste de l’Europe va emprunter à des banques pour «sauver» les banques qui ont prêté à la Grèce et que la Grèce ne peut pas payer le 19 mai!(5)  

     La question est de savoir s’il n’est pas déjà trop tard et si le plan, au-delà de la réaction positive initiale observée lundi matin sur les marchés, sera en mesure de ramener durablement le calme. D’abord, annoncer la création d’un fonds de 750 milliards d’euros pour aider des pays défaillants, c’est, d’une certaine manière, entériner que l’Espagne et le Portugal vont connaître de très graves difficultés au cours des prochains mois. La division commence à s’installer au sein de l’Europe. Comme l’écrit l’économiste irlandais David McWilliams:

« Il y a quelques semaines, nous avions fait remarquer à quel point l’Irlande était passée de la démocratie à la "bancocratie". Par le biais de l’Etat, en effet, les richesses étaient transférées des "non-initiés" - en l’occurrence, le peuple - vers les "initiés" de notre système bancaire. (...) Qu’on ne s’y trompe pas, le sauvetage de la Grèce, qui nous coûtera 1,3 milliard d’euros, ne sauvera pas le peuple grec, mais les banques qui ont prêté de l’argent à la Grèce. Ce n’est pas un prêt, non plus: c’est un cadeau. Ce qu’on a présenté comme le sauvetage d’un Etat en faisant appel à notre sentiment de solidarité européenne, n’est rien d’autre qu’un transfert direct d’argent, de votre poche à celle des créanciers étrangers de banques françaises et allemandes. (...) La bancocratie est désormais transnationale. (...) On nous demande de nous serrer la ceinture, pendant que les pays au coeur de la zone euro jouissent d’un relâchement du crédit. (...) C’est la recette de la division et de l’instabilité (...) L’euro nous vaudra-t-il le même sort? C’est possible. Afin de le sauver, les politiques doivent prendre l’argent des pauvres pour renflouer les riches, en présentant l’opération comme un geste de solidarité européenne. Ça suffit comme ça!»(6)

     A peine bouclé, le plan de sauvetage déjà périmé? L’euro n’en finit pas de plonger; ven-dredi 14 mai, il a chuté jusqu’à 1,2380 dollar pour la première fois depuis dix-huit mois. La zone est condamnée à se réformer sous peine d’une «possible désintégration de l’euro», selon les termes mêmes de Paul Volcker, conseiller économique du président américain, Barack Obama. « De toute évidence, je pense que l’on peut dire que l’euro a échoué et est tombé dans un piège qui était manifeste depuis le début», pointant l’absence de politique budgétaire commune. «L’Europe va devoir décider si elle veut être plus ou moins intégrée, et cela remet l’euro en question», a-t-il poursuivi. Comme le titrait l’hebdomadaire britannique The Economist, la monnaie unique est peut-être «sauvée, mais pas guérie».(7)

C’est en définitive un « sauve qui peut qui se profile à l’horizon en Europe, L’Euro a du plomb dans l’aile .  Après la « menace » voilée de la France de retire ses billes  c’est autour de l’Allemagne : un sondage nous apprend que les Allemands sont réticents à rester dans l’euro. Mieux un grand économiste néerlandais demande à ce que les Pays bas sortent officiellement de l’Euro et se rapprochent de la monnaie suisse…

      Au risque d’être politiquement incorrect en terre d’Occident, la question qui se pose est la suivante: la finance islamique autorise-t-elle de telles situations où on voit des Etats ruinés du jour au lendemain, où la sueur, les larmes et la détresse des travailleurs grecs mais pas seulement par une véritable théorie des dominos macabres? Ce sont les Espagnols, les Portugais d’en bas, voire les Français d’en bas qui risquent d’être les prochaines victimes de cette hydre qui ne s’enrichit que dans le malheur des plus vulnérables. La finance islamique aurait  une vertu morale qui permet de partager les risques et a priori rien de tel ne peut arriver si les produits dérivés, les produits toxiques ne l’atteignent pas par effet de mimétisme, l’appât du gain étant le même sous toute latitude, il faudra une grande dose de morale pour s’arrêter au fil du rouge à partir duquel tout est permis puisque rien n’arrêtera le loup «Homo lupus homo» dit-on. Cette devise s’applique admirablement à Goldman Sachs qui, l’année dernière, appelait à l’aide too big to fall, trop grosse pour couler, a amené le gouvernement américain de venir à son aide avec l’argent du contribuable, par contre en 2010, elle déclare 92% de bénéfice que naturellement elle ne mutualisera pas avec les contribuables qui l’ont remise à flot. Il n’y aura que les traders qui en profiteront. Ainsi va le monde de la libre entreprise.

Notes

1. http://canempechepasnicolas.over-blog.com/article-qui-s-engrece-sur-le-dos-du-peuple-grec-49837276.html  

2. http://www.boursorama.com/forum-politique-jim-rickards-goldman-sachs-peut-creer-399044808-1, 14 mai 2010

3. Philippe Vassé: Crise de l’euro: Agoravox 12 mai 2010

4. Míkis Theodorákis, Crise en Grèce: Une déclaration de Mikis Theodorakis  

5. John Lloyds, 750 Milliards: chroniques d’une fin non annoncée, Agoravox 13 mai 2010

6. David McWilliams: Aveuglés par notre confiance en l’euro. Irish Independent, 10.05.2010

7. Marie de Vergès: Trichet: « La situation la plus difficile » Le Monde.fr, 15.05.2010

:::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::


L’effondrement de l’Euro est inévitable selon un analyste de la SG
Mercredi 17 Février 2010
http://www.alterinfo.net/L-effondrement-de-l-Euro-est-inevitable-selon-un-analyste-de-la-SG_a42751.html

C’est un analyste de la Société Générale, un des plus prestigieux de la banque, Albert Edwards, qui a jeté le pavé dans la marre. Cet oiseau de mauvais augure avait déjà annoncé en 2009 qu’il fallait s’attendre à « voir les marchés mondiaux plonger à un nouveau plus bas en 2010 » (1). Mais il y a quelques jours, il s’est montré d’un pessimisme qui aurait fait pâlir Cioran : « ma vision est qu’il n’y a que peu d’aide autre que temporaire qui puisse être offerte à la Grèce par les pays de l’eurozone […] N’importe quelle aide apportée à ce pays ne peut que reporter l’éclatement de la zone Euro » (2)

L’effondrement de l’Euro est inévitable (3), martèle l’expert ! Il faut dire que les coulisses de ce qui pourrait devenir l’Eurogate commencent à laisser apparaître derrière la Grèce des sous-marins si complémentaires qu’on pourrait presque y déceler une harmonie de destruction programmée : des ministres des finances européens, les agences de notation et Eurostat qui auraient tamponné l’imprimatur à des montages dont le but était de maquiller la dette grecque en y coulant une chape de crédits à long terme présentés en CDS par Goldman Sachs, selon Jorion (4) et comme l’indique le NYT (7), voilà qui présagerait d’une nouvelle stratégie de la prédation financière, après la destruction de la concurrence à Wall street, Goverment Sachs s’attaque aux états.

Cela est-il étonnant ? Toujours selon Albert Edwards (5), l’actuelle croissance mondiale n’a été obtenue que grâce au sacro-saint système pyramidal, et les dettes des états ne peuvent plus être monétisées ; en raison de bilans abyssaux (bilans à -470% pour l’Europe, -500% pour les Etats-Unis, -800% pour la Grèce), c’est la planète qui est devenue insolvable et le G7 est appelé à s’effondrer (6). Dès lors, pourquoi se priver de l’opportunité, bien organisée semble-t-il, de facturer à une nation, par l’intermédiaire bancaire, une bouée de sauvetage à 6%, quand les banques se font refinancer à moins de 1%, emprunts qui seront également plus chers aux canards boiteux que sont les PIGS (7) ?

Les récentes gesticulations des chefs d’états autour du cadavre grec masquaient mal non seulement leurs craintes d’une éventuelle explosion de la zone euro, mais aussi leurs craintes sur les menaces d’une contagion sur la base d’imbrications financières importantes : « Les banques européennes ont prêté plus de 252 milliards de dollars à l’économie grecque, selon les chiffres de la Banque des règlements internationaux datant de septembre 2009. Les établissements français sont les plus exposés, avec 75 milliards de dollars (55 milliards d’euros) d’encours. Les établissements suisses ont investi 63 milliards de dollars (46 milliards d’euros), les Allemands 43 milliards (31 milliards d’euros) […] Les banques françaises et allemandes cumulent plus de 115 milliards de dollars (84 milliards d’euros) d’exposition en Grèce et six fois plus dans l’ensemble de l’Europe du Sud. L’Espagne, probable prochaine cible des marchés, inquiète beaucoup plus » 8.

Les banques européennes auraient-elles prêté, en toute connaissance de cause, à un pays, dont la dette abyssale a été soigneusement maquillée par Government Sachs ? Vont-elles jouer la sainte innocence en jurant leur grand Dieu que le monde financier est vraiment pourri, qu’elles n’étaient au courant de rien, qu’elles ne pouvaient imaginer qu’une telle trahison de déontologie était possible, et qu’on ne les y reprendra plus ?

Ce n’est donc pas la Grèce qui fait peur, pays dont l’Europe se contrefiche, disons les choses crument. Ce qui fait peur, c’est le spectre de la contagion. Selon Helga Zepp-Larouche, « les deux choix qui s’offrent à l’UE, tant qu’on s’enferme à l’intérieur du système actuel, sont celui d’une austérité draconienne à la Hjalmar Schacht et celui, en faisant tourner la planche a billets de la BCE, d’un renflouement bancaire provoquant une hyperinflation à la Weimar. Ces deux choix nous conduisent vers encore plus de crise et peut-être la guerre » (9).

D’ores et déjà, la BCE se prépare à rompre avec l’Euro (10). L’Europe vient de poser un revolver sur la tempe grecque pendant 30 jours (11), mais le premier fils maudit de l’Euro en reste au bras d’honneur, un dialogue de sourd (12) augurant probablement une crise politique européenne majeure. Rendez-vous à l’ultimatum, le 16 mars, date à laquelle Jean-Claude Juncker a prévu d’éventuelles « mesures déterminées et coordonnées […] Nous ne pensons pas qu’il serait sage d’avoir une discussion publique sur de tels instruments »
 
LIENS :

(1) http://weinstein-forcastinvest.net/albert-edwards-societe-generale-nous-demeurons-dans-un-marche-structurellement-baissier/

(2) http://www.maxtie.com/fr/Market/mc_fc9181e826b0de3b0126c2abf34f155d.html

(3) http://www.dailymail.co.uk/news/worldnews/article-1250433/Greece-debt-bailout-EU-leaders-split-euro-crisis.html

(4) http://www.pauljorion.com/blog/?p=8148

(5) http://weinstein-forcastinvest.net/albert-edwards-avec-des-bilan-de-500-les-etats-sont-deja-en-faillite/

(6) http://www.zerohedge.com/article/albert-edwards-500-net-liabilities-gdp-it-too-late-prevent-collapse-g-7-greece-irrelevant-we

(7) http://www.nytimes.com/2010/02/14/business/global/14debt.html?pagewanted=2&ref=business

8 http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2010/02/12/04016-20100212ARTFIG00395-grece-ce-que-risquent-les-banques-.php

(9) http://www.solidariteetprogres.org/article6348.html

(10) http://weinstein-forcastinvest.net/la-bce-prepare-les-bases-juridiques-d%E2%80%99une-rupture-avec-l%E2%80%99euro/

(11) http://www.lepoint.fr/actualites-economie/2010-02-16/l-ue-pousse-la-grece-a-prendre-de-nouvelles-mesures/916/0/424585

(12) http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20100216trib000476545/la-tension-montre-entre-la-grece-et-les-autres-pays-de-la-zone-euro.html

Signaler au modérateur   Journalisée
radar
Jr. Member
**
Hors ligne

Messages: 89



« Répondre #104 le: 25/05/2010 - 20:35:18 »

Aucune monnaie ne résiste au rouleau compresseur de l'or
Simone Wapler  Lundi 24 mai 2010
http://www.edito-matieres-premieres.fr/1248/metaux-precieux/or/etf-gld-soros-paulson.html

L'or a battu un record absolu en euro, à plus de 1 000 euros l'once (1 once=28,35 grammes d'or à 24 Carats = 99,99 % d'or).

L'or progresse dans toutes les grandes monnaies fiduciaires. En livre, en euro, en yen, en dollar, et même en franc suisse.

Seule les "monnaies matières" résistent

Comme prévu, c'est seulement dans les monnaies "matières premières" comme les dollars canadien ou australien et le real brésilien que sa progression est la plus faible. Le marché commence à n'apprécier que les monnaies adossées à des actifs tangibles et non des dettes.

Côté indicateurs

Il y a quelques semaines, je me suis appuyée sur 3 de mes 5 indicateurs pour vous dire que l'or terminait sa consolidation. Depuis l'or a à enregistré un nouveau record : 1 250 $ US et 1 000 euros l'once.

Parmi mes indicateurs, le stock de l'ETF américain SPDR Gold (symbole GLD sur le New York Stock Exchange). Au début de l'année, le stock physique de GLD a très légèrement décru, passant de 1 112 tonnes d'or à 1 107 tonnes. Mais voici que les capitaux afflux à nouveau massivement et que le stock repart à la hausse, à 1 186 tonnes. Avec une hausse de 20 tonnes dans la seule journée du 5 mai.

Les gourous, toujours acheteurs sur l'or

Signalons que le fonds de Georges Soros (Soros Fund Management LLD) s'est, en fin d'année 2009, porté acquéreur de 6,2 millions de certificats pour une contrevaleur de 663 millions de dollars. Même si Soros parle de la "bulle ultime de l'or", il reste acheteur.

John Paulson détient quant à lui une position cinq fois supérieure.

Mes indicateurs ?

Concernant mes autres indicateurs : le ratio or/pétrole s'améliore. Le cours des actions minières a suivi sans exagération la hausse de l'or. Le ratio or/argent est redescendu de son niveau de presque panique. De 70 il est revenu un peu au-dessus de 65, dans l'espoir d'une solution de la crise grecque. Enfin, le nombre de positions spéculatives à la baisse des traders commerciaux du Comex américain est repassé sous le niveau de 50% des positions ouvertes.

Difficile de ne pas aimer l'or en ce moment

Il est difficile en ce moment de trouver une bonne raison pour ne pas aimer l'or. A chaque début de consolidation une foule ardente se presse vers le métal fin.

La société Edmond de Rothschild commentait dans sa note trimestrielle : "l'or nous semble toujours sous détenu dans les patrimoines individuels et les portefeuilles d'actifs financiers" et conclut sur une persistance de la demande d'or d'investissement pour 2010.

Du côté de l'offre, le recyclage et la production minière stagnent.

Où est l'effet de levier des minières ?

Comme le mois dernier, je considère que le point d'entrée sur les minières aurifères reste favorable.

Cependant, une dépêche de Bloomberg commentait le parcours décevant des minières de l'indice Standard & Poors par rapport à l'once d'or.

L'agence de notation américaine attribue cette sous-performance au fait que les investisseurs ont maintenant la possibilité de détenir des ETF.

Auparavant, ceux qui étaient éloignés du marché de l'or physique se rabattaient sur les actions minières "par défaut".

Maintenant, dans le marché haussier actuel, ils ont délaissé les minières pour se porter sur ces nouveaux instruments que sont les Exchange Traded Funds (ou Exchange Traded Gold) qui se sont lancés en 2006.

Il me semble que cette explication n'est pas suffisante

Tout d'abord, le gros du bataillon des ETF est encore formé d'investisseurs institutionnels qui ont facilement accès à tous les marchés.

Ensuite, la philosophie de l'investissement dans les minières ou dans le métal physique est très différente.

Dans le métal physique, il s'agit d'un placement et non d'un investissement. Le placement vise avant tout la préservation du capital et non le rendement.

Inversement, investir dans la mine c'est investir sur le business de l'or, chercher du rendement quitte à prendre des risques.

Enfin et surtout...

Je pense que l'explication se trouve tout bonnement dans la gestion décevante des grosses minières. Durant les 20 années (1981-2001) de traversée du désert avec des prix de l'or en recul, les grosses minières n'ont pas investi en prospection et développement et se sont couvertes par des contrats de vente à terme.

Les grosses capitalisations paient 20 ans d'inertie

Lorsque la hausse de l'or s'est accélérée, les investisseurs ont vu que la production de ces grosses minières ne pouvait tout simplement pas suivre et que ce qui était produit était vendu à des tarifs désavantageux puisque les contrats à terme couraient toujours. D'où les piètres performances boursières des Barrick, Newmont et autres grosses entreprises.

Le rendement n'étant pas au rendez-vous, les investisseurs n'avaient donc aucune raison de prendre des risques.
Signaler au modérateur   Journalisée
Pages: 1 ... 4 5 6 [7] 8 9 |   Haut de page
  Imprimer  
 
Aller à:  

Propulsé par MySQL Propulsé par PHP Powered by SMF 1.1.19 | SMF © 2006-2011, Simple Machines
SMFAds for Free Forums
XHTML 1.0 Transitionnel valide ! CSS valide !
website security
Page générée en 1.252 secondes avec 21 requêtes.